La Chapelle de la Sainte-Famille

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 Un monde transparent de Dieu

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Pearl
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MessageSujet: Un monde transparent de Dieu   Jeu 10 Mai - 17:20

Un monde transparent de Dieu


"Dieu qui a fait l'homme pour que celui-ci le trouve...
Dieu que nous cherchons à saisir par le tâtonement de nos vies...
Ce Dieu nous enveloppe de partout comme le monde lui même..."
(Milieu Divin p.25)

La création est un grand livre constamment ouvert à la recherche et à la contemplation des hommes et elle n'a jamais cessé...et continue encore bien sûr avec et par nous...et après nous...

Seule la Vérité du coeur aidée de la Grâce est capable en présence du monde en mouvement...de découvrir avec certitude, derrière les forces de la nature...un Créateur...

Nous avons soif, soif d'Absolu, soif de voir et de connaître...comment ne pas comprendre que le monde...si nous acceptons d'interrompre nos rythmes fous et nos logiques d'enfermement...est TRANSPARENT de Dieu ?

Seule la Grâce permet avec la Prière et la Foi de s'en rendre compte...

Ce que nous appelons à la suite de Teilhard la DIAPHANIE...n'est autre que l'illumination du monde jusque dans ses zones les plus obscures par la Présence universelle de Dieu...( un enchantement du Vendredi Saint)

"le grand mystère du Christianisme c'est la Transparence de Dieu dans l'Univers...
pas votre Epiphanie Jésus...mais votre Diaphanie...
le Milieu Divin se manifeste à nous comme une incandescence des nappes intérieures de l'être... le Milieu Divin est une atmosphère toujours plus lumineuse et chargée de Dieu"

Ainsi Dieu conduit l'humanité à Le connaitre et à L'aimer...la Création étant toute entière une Parole et un signe de Dieu...jusque dans les aspects les plus abrupts ou les plus violents de son apparence...

"Croyons nous ?... et Tout s'illumine et prend figure autour de nous... le hasard s'ordonne...le succès prend une plénitude incorruptible...la douleur devient une visite et une caresse de Dieu...
Hésitons nous ?... et le rocher reste sec...le ciel noir...les eaux traitresses et mouvantes...et nous pourrions entendre le Voix du Maître en face de notre vie gâchée: " O hommes de peu de foi...pourquoi donc avez-vous douté ?" ( Etre plus P.88)

Le Monde dans la foi en Dieu vivant devient l'autel sur lequel tant par les forces qui font grandir la terre que par celles qui la font mourir, se réalise l'acte d'Union le plus lumineux et l'échange d'Amour le plus puissant :

"Celui qui aimera passionnément Jésus caché dans les forces qui font grandir la terre...la Terre maternellement le soulèvera dans ses bras de géant et lui fera contempler le visage de Dieu...
Celui qui aura aimé passionnément Jésus caché dans les forces qui font mourir la terre...la Terre en défaillant le serrera maternellement dans ses bras de géant...et avec elle il se réveillera dans le sein de Dieu..."( Le coeur de la matière p.151)

La Puissance spirituelle de la Matière

Pour Teilhard il n'y a point d'identité entre Esprit et Matière...mais point d'opposition non plus...
La Matière dans le Souffle Créateur de Dieu est le lieu paradoxal d'une fragilité due à sa multiplicité et à sa complexité...et d'une illumination liée à sa finalité spirituelle...
Ambiguité et Puissance...obscurité et lumière caractérisent cette Réalité fondamentale qui ne peut être comprise que dans un mouvement alliant l'ascendance et l'intériorisation... comme la chair du Christ en laquelle le Verbe éternel s'est inscrit, la Matière est support de la Révélation de Dieu et de Contemplation...

L' Hymne à la Matière que je vous invite à méditer maintenant constitue la fin du texte intitulé " La Puissance Spirituelle de la Matière"...méditation lyrique et symbolique à partir du second livre des Rois...

Le prophète Elie tout en mettant son disciple Elisée à l'épreuve de son départ, lui fait comprendre que le véritable signe prophétique est la Vision...
Ce qui est caché aux hommes est révélé au Prophète qui VOIT au travers des événements la Présence et l'Action de Dieu...
La vie spirituelle donne ainsi accès à l'invisible ...où certains voient ce que d'autres ne voient pas...( au gré de Sa Grâce...)

Il dira quelque jours avant sa mort dans Le Christique : " Comment alors se fait-il que regardant autour de moi et encore tout grisé de ce qui m'est apparu, je me trouve quasiment le seul de mon espèce ? ...seul à avoir vu ?...incapable donc lorsque l'on me le demande de citer un seul auteur, un seul écrit où se reconnaisse clairement exprimée la merveilleuse "Diaphanie" qui pour mon regard a tout transfiguré?...
Et comment se peut-il surtout que "descendu de la montagne" et malgré la magnificence que j'emporte dans mes yeux, je me retrouve si peu meilleur...si peu pacifié et incapable de faire passer dans mes actes...et donc de communiquer effectivement aux autres la merveilleuse unité où je me sens plongé ? ( Le Coeur de la Matière p.115)

Mais revenons à nos textes

Puissance spirituelle de la matière ( pour ceux qui ont le temps...ou le prennent)
Hymne à la Matière ( méditaion brève)

(J'espère que vous saurez goûter , tout comme moi, la prose teilhardienne, ces textes étant de véritables symphonies , toutes faites d' expressives harmonies...seule façon d'exprimer, en vérité , l'ineffable...)

Christ universel et Milieu divin

Pour Teilhard croire en Jésus le Christ ne peut être une simple juxtaposition de convictions religieuses mais c' est avant toute chose un un acte libre culminant dans une Relation personnelle d'Amour:

" le Christ n'est pas un accessoire surajouté au monde, un ornement, un roi comme nous en faisons... un propriétaire....
Il est l'ALPHA et l'OMEGA...le principe et la fin ( de toute la création) la pierre du fondement et la clé de voute, la Plénitude et le Plénifiant.
Il est CELUI qui consomme et donne à tout sa consistance.
Vers LUi et par LUI...Vie et Lumière intérieure du monde, se fait dans la plainte et l'effort ...

Universelle convergence de tout le monde créé...
Il est le Centre Unique, précieux et consistant, qui étincelle au sommet à venir du monde...
à l'opposé des régions obscures, éternellement décroissantes où s'aventure notre Science quand elle descend la route de la matière et du passé..."
( Science et Christ p.60)

Dans un univers marqué dès son origine par une prodigieuse tranformation, que les scientifiques vont dénommer évolution on peut discerner plusieurs règles simples: une origine ou un élément déclenchant,une montée de la vie au travers des êtres de plus en plus complexes mais aussi de plus en plus "centralisés" ce qui a permit l'émergence de la pensée et de la conscience d'exister, une convergence enfin de tous les êtres vers un point ultime l'oméga...c'est dans cette perspective qu'il écrit :

"Plus on réfléchit aux lois profondes de l'évolution, plus on se convainc que le Christ Universel ne saurait apparaître à la fin des temps, au sommet du Monde, s'il ne s'y était préalablement établi en cours de route, par voie de naissance, sous la forme d'un élément..."

Ce Christ à la mesure de l'immensité du monde Teilhard l'appelle à la manière de Saint Paul " Christ Universel"...véritable synthèse du Christ "historique"et de l'Univers...un univers imprégné jusque dans sa moelle de l'influence transformante et illuminatrice du Christ...pénétrant tout ...

Aujourd'hui et pour toujours Christ est présent au monde et nous y révèle Dieu...en LUI tous les éléments de l'Univers se touchent en leur plus grande intériorité...IL unit les éléments et les personnes en les agrégeant à son Corps Mystique...
Etre uni au Christ c' est donc quitter ce qui n'est souvent que désolation de surface...

"Laissons la surface...et sans quitter le monde enfonçons nous en Dieu...
Là et de là, en Lui et par Lui nous tiendrons tout et nous commanderons tout.
Toutes les fleurs et les lumières que nous aurons dû abandonner pour être fidèle à la vie, un jour nous retrouverons là leur essence et leur éclat.
Les êtres que nous désespérions d'atteindre et d'influencer, ils sont là tous réunis par la pointe la plus vulnérable, la plus réceptive, la plus enrichissante de leur substance...et en même temps nous éprouverons que s'ordonne sans effort, au fond de nous mêmes, la plénitude de nos forces d'action et d'adoration" ( le milieu Divin p.138)

Un Christ...un Dieu incarné et compréhensible par la sructure vivante...Voilà l'image que nous présente Teilhard tout en précisant bien que ce Christ existe de tout temps ...

"Les prodigieuses durées qui précédèrent le premier Noël ne sont pas vides du Christ, mais pénétrées par son influx puissant...
C'est l'agitation de sa conception qui remue les masses cosmiques et dirige les premiers courants de la Biosphère.
C'est la préparation de son enfantement qui accélère les progrès de l'instinct et l'éclosion de la pensée sur Terre.
Ne nous scandalisons plus, sottement, des attentes interminables que nous a imposées le Messie...
Il ne fallait rien moins que les labeurs effrayants et anonymes de l'Homme primitif... et la longue beauté égyptienne...
et l'attente inquiète d'Israël...
et le parfum lentement distillé des mystiques occidentales...
et la sagesse cent fois raffinée des Grecs pour que sur la tige de Jessé et de l'Humanité la Fleur pût éclore...
Toutes ces préparations étaient cosmiquement , biologiquement, nécessaires pour que le Christ prit pied sur la scène humaine.... Et tout ce travail était mû par l'éveil actif et créateur de son âme en tant que cette âme humaine était élue pour animer l'Univers.
Quand le Christ apparut entre les bras de Marie, Il venait de soulever le Monde . !"( Mon Univers 25 mars 1924)

Dans une telle vision de l'Univers et du monde créé quel est alors notre place ?

Teillhard répond par ces deux textes:

Vu avec un regard à la fois évolutioniste et spiritualiste, non seulement le Monde se charge, comme nous l'avons dit, d'une formidable responsabilité; mais encore s'illumine dès les stades les plus humbles de la croyance en Dieu, d'un irrésistible attrait.
En effet, ce n'est pas un petit nombre de créatures privilégiées qui se révèle alors comme susceptible de satisfaire, en chaque homme, son essentiel besoin de complément d'amour...
C'est à la faveur, et comme reflet de ces rares créatures, la totalité des êtres engagés en même temps que lui dans l'oeuvre unificatrice du Cosmos.
Chaque élément ne peut trouver finalement sa béatitude que dans sa réunion à l'ensemble et au Centre trancendant requis pour mouvoir l'ensemble...
Par conséquent , s'il ne lui est pas possible, psychologiquement, d'entourer chaque être de l'affection distincte et comblée qui caractérise les amours humains, au moins peut-il pour tout ce qui" est", nourrir cette passion générale ( confuse mais vraie) qui lui fera chérir dans chaque objet, au dessus et au delà de toute qualité expérimentale, l'Être lui-même...l'Être, c'est à dire cette portion indéfinissable et élue de chaque chose, qui devient peu à peu la chair de sa chair, sous l'influence de Dieu.

Un pareil amour n'est exactement comparable à aucun des attachements qui ont un nom dans les relations sociales ordinaires. Son "objet matériel" comme diraient les Scolastiques, est tellement immense, et son "objet formel" tellement profond, qu'il ne peut se traduire qu'en termes complexes d'épousailles et d'adoration.
En lui, toute distinction tend à s'effacer entre égoïsme et désintéressement. Chacun s'aime et se poursuit dans la consommation de tous les autres...et le moindre geste de possession se prolonge en effort pour atteindre, au plus loin de l'avenir, ce qui sera le "même en tous" (La vision du Passé )

L'auteur se fait plus précis dans cet extrait de " l'avenir de l'homme":

"Au sein d'un Univers de structure convergente, la seule façon possible pour un élément de se rapprocher des éléments voisins est de " reserrer le cône"...c'est à dire de faire se mouvoir dans la direction du sommet la nappe entière du Monde où il se trouve engagé...
Impossible dans un tel système, d'aimer le prochain sans se rapprocher de Dieu...et réciproquement du reste...
Mais impossible aussi d'aimer soit Dieu, soit le prochain sans avoir à faire progresser, dans sa totalité physique, la synthèse terrestre de l'Esprit...puisque ce sont précisément les progrès de cette synthèse qui nous permettent de nous rapprocher entre nous...tout en nous faisant monter vers Dieu.

On voit donc bien içi l'actualisation des paroles de Saint Paul sur notre participation au grand Corps Mystique du Christ où chaque être à sa place à tenir ...

Cette intuition de Saint Paul qui fait de chaque être la cellule participante d'un immense Corps...incarnation de l'Esprit...actualisation d'un Christ universel est reprise par Teilhard sous la lumière de l'Evolution :

" Lève la tête Jérusalem...Regarde la foule immense de ceux qui construisent et de ceux qui cherchent...Dans les laboratoires, dans les studios, dans les déserts, dans les usines, dans l'énorme creuset social...les vois-tu ? ...tous ces hommes qui peinent ?
Eh bien ! tout ce qui fermente par eux, d'art, de science, de pensée...tout celà c'est pour Toi !"
( le milieu Divin )

PRIONS

Mon Dieu, Faites pour moi , dans la vie de l'Autre, briller votre visage...

Cette lumière irrésistible à vos yeux, allumée au fond des choses, elle m'a déjà jeté sur toute oeuvre à poursuivre, sur toute peine à traverser...
Donnez-moi de Vous apercevoir, même et surtout, au plus intime, au plus parfait, au plus lointain de l'âme de mes frères...

Le don que vous me demandez pour ces frères,
Le seul don qui soit possible à mon coeur,
ce n'est pas la tendresse comblée de ces affections privilégiées que vous disposez dans nos vies comme le plus puissant facteur créé de notre croissance intérieure...
c'est quelque chose de moins doux...mais d'aussi réel...et de plus fort...
Entre les hommes et moi vous voulez que , votre Eucharistie aidant, se manifeste la fondamentale attraction ...déjà obscurément pressentie par tout amour, dès qu'il est fort...qui fait mystiquement de la myriade des créatures une sorte de même Monade en Vous, Jésus-Christ !

AMEN



Le sens de la Croix
S'il est quelque chose de difficile à admettre pour les hommes d'aujourd'hui c'est le sens de la souffrance de l'échec... de l'abandon ...de la mort...et pourtant !...

Pour Teilhard , la Croix ne doit en aucun cas disparaître de l'horizon de la Foi...ni être atténuée dans ses conséquences dans l'evangélisation des temps nouveaux...Il faut bien sûr éviter qu'elle soit mal comprise ou incomprise et qu'elle devienne un obstacle dans l'annonce du Dieu vivant...même si elle restera toujours un scandale et une question ...il précise...

" il est parfaitement vrai que la Croix signifie évasion hors du monde sensible et même en un sens rupture avec ce monde...
Par les derniers termes de l'Ascension où elle nous convie, elle nous force en effet à franchir un palier, un point critique par où nous perdons pied avec la Zone des Réalités sensibles...
Cet "excès" final , entrevu et accepté dès les premiers pas, jette forcément un jour, un esprit particulier sur toutes nos démarches ...
Et voilà précisément où gît la folie chrétienne au regard des "sages" qui ne veulent risquer sur un total " Au-delà" aucun des biens qu'ils ont actuellement entre les mains.. ( Milieu Divin 118)

La Croix...symbole d'un mal nécessaire...rarement un auteur cfhrétien a osé s'affronter à la question du Mal...et lui donner des réponses à la fois chrétiennes et scientifiques...disons seulement à l'échelle de notre logique de compréhension...



Le mal : "déchet" naturel engendré par l'évolution...
Dans un organisme aussi vaste que l'Univers, une multitude de bonnes volontés et de ressources demeurent sans usage...et une foule d'avortements est le prix de quelques réussites...
Les obcurs, les inutiles, les manqués doivent se réjouir dans la supériorité des autres dont ils soutiennent ou paient le triomphe....et tout ceci est très dur !...
Le monde , l'assujetissement au Monde, le devoir de servir le Monde sont lourds à porter, comme une Croix...et c'est pour nous forcer à le croire que Jésus a voulu, dominant tous les chemins de la terre, se dresser en Crucifix, symbole où chaque homme eut à reconnaître sa propre et véridique image...

Nous voudrions pouvoir en douter, espérer que la douleur et la méchanceté sont des conditions transitoires de la Vie, que la Science et la Civilisation élimineront un jour...Soyons plus Vrai et ayons le courage de regarder l'existence en face. Plus l'Humanité se raffine et se complique, plus les chances de désordre se multiplient et leur gravité s'accentue...car on n'élève pas de montagnes sans creuser des abîmes et toute énergie est également puissance pour le bien et pour le mal...
Tout ce qui devient ,souffre ou pèche...la vérité sur notre attitude en ce monde c'est que nous y sommes en croix . ...

Dans ce très beau passage du "Milieu divin" Teilhard nous montre un Mal "voulu" par le Créateur...un mal nécessaire...

"Que Dieu soit saisissable dans et par toute vie ceci nous paraît facile à comprendre. Mais Dieu peut-il se trouver aussi dans et par toute mort ?
Voilà qui nous déconcerte...et voilà pourtant ce qu'il faut arriver à reconnaitre sous peine de rester aveugle à ce qu'il y a de plus spécifiquement chrétien...et d'échapper au contact divin par une de ses faces les plus étendues et les plus réceptives de notre vie...

Voici la barrière qui arrête ou la muraille qui borne. Voici le caillou qui fait dévier ou l'obstacle qui brise. Voici le microbe ou le mot imperceptible par qui le corps est tué ou l'esprit infecté...
Incidents, accidents de toutes gravités et de toutes espèces...que d'interférences douloureuses ( gênes, chocs, amputations, morts) entre le Monde des "autres" choses et le Monde qui rayonne à partir de nous...
Et cependant lorsque la grêle, le feu,les bandits eurent enlevés à Job toutes ses richesses et toute sa famille, Satan put dire à Dieu: " Vie pour vie, l'homme se résigne à tout perdre pourvu qu'il garde sa peau. Touchez seulement au corps de votre serviteur, et vous verrez s'il vous bénira !".
C'est peu en un sens que les choses nous échappent car nous pouvons nous figurer toujours qu'elles nous reviendront...le terrible pour nous est d'échapper aux choses par un intérieur et irréversible amoindrissement...
Humainement parlant les passivités de diminution internes forment le résidu le plus noir et le plus désespérément inutilisable de nos années...
Les unes nous ont guettés et saisis à notre premier éveil: défauts naturels, infériorités physiques, intellectuelles ou morales, par qui s'est trouvé impitoyablement( limité, dès la naissance et pour toute la vie, le champ de de notre activité, de nos jouissances, de notre vision...
Les autres nous ont attendu plus tard, brutales comme un accident, sournoises comme une maladie....
Tous un jour ou l'autre nous avons pris ou nous prendrons conscience que l'un quelconque de ces processus de désorganisation s'est installé au coeur même de notre vie...
Tantôt ce sont des cellules du corps qui se révoltent ou se corrompent...tantôt les éléments même de notre personnalmité qui apparaissent se désacorder ou s'émanciper...Et alors nous assistons , impuissants à des affaissements, à des rébellions, à des tyrannies intérieures, là où aucune influence amie ne peut venir nous secourir...
Si par par chance nous évitons plus ou moins les formes critiques de ces invasions qui viennent, au fond de nous mêmes tuer irrésistiblement la force, la lumière ou l'amour dont nous vivons, il est une altérationlente et essentielle à laquelle nous ne saurions échapper: l'âge, la vieillesse, qui d'instant en instant nous enlèvent à nous même pour nous pousser vers la fin...
Dans la mort comme dans un océan viennet confluer nos brusques ou graduels amoindrissement...La mort est le résumé et la consommationde toutes nos diminutions: elle est le MAL...
Surmontons le Mal en y découvrant DIeu...et le divin se trouvera du même coup installé au coeur de nous-mêmes, dans le dernier recoin qui semblait pouvoir y échapper...
Deux temps sont nécessaires: le premier est celui de la lutte...le second de la défaite et de sa Transfiguration...( milieu divin p. 81)"



Le chrétien devant la douleur
Mais avant d'aller plus loin dans ce très beau texte du Milieu Divin...d'aller jusqu'à ce paradoxe où la douleur nous est utile, nécessaire, voire même indispensable à notre maturation ...voyons comment pour Teilhard le chrétien voit déjà de par sa Foi autrement la douleur

"La souffrance humaine...la totalité de la souffrance répandue , à chaque instant, sur la terre entière, quel océan immense !...
Mais de quoi est-elle formée, cette masse ?
De noirceur, de lacunes, de déchets ?...
Non pas... mais, répétons -le, d'énergie possible !
Dans la douleur est cachée, avec une intensité extrême, la Force ascensionnelle du monde...
Toute la question est de la libérer, en lui donnant la conscience de ce qu'elle signifie et de ce qu'elle peut !
Ah ! quel bond le Monde ne ferait-il pas vers Dieu, si tous les malades à la fois tournaient leurs peines en un commun désir que le Règne de Dieu mûrisse rapidement à travers la conquête et l'organisation de la terre...
Tous les souffrants de la Terre unissant leurs souffrances pour que la peine du monde devienne un grand et unique acte de Conscience, de Sublimation et d'Union..
.ne serait-ce pas là une des formes les plus hautes que pourrait prendre à nos yeux l'oeuvre mystérieuse de la Création ?( Union catholique des malades 1933)

La douleur, le chrétien la sent comme les autres...Comme les autres il doit s'efforcer de la diminuer et de l'adoucir, non seulement par des prières suppliantes, mais par les efforts d'une Science industrieuse et sûre d'elle même...
MAIS l'heure venue où elle s'impose il l'utilise...
Par une merveilleuse compensation, le mal physique, humblement supporté consume le mal moral...Suivant des lois psychologiques définissables il épure l'âme, l'aiguillonne et la détache...
Enfin à la manière d'un Sacrement, il opère une mystérieuse Union du fidèle au Christ souffrant...( la vie cosmique p.55-57)

La consistance du divin...
Mais pourquoi offrir cette désagrégation...cette désorganisation ...cette douleur ?...ne peut -on pas offrir qu'un bien...et ici de quel bien s'agit-il ?

Dans une lettre des écrits de guerre au sortir d'épreuves oh ! combien sérieuses Teilhard s'étonne de son absence de tristesse mais au contraire d'avoir rencontré la Joie " insoupçonnée et glorieuse"...il s'en étonne...

"Pouquoi donc, Seigneur ?
Parce que dans cette faillite des supports immédiats que je risquais de donner à ma vie, j'ai expérimenté de manière unique que je ne reposais plus que sur Votre Consistance...
La jouissance et les épanouissements sont indispensables à l'éveil et à l'entretien du goût mystique...Mais leurs exaltations ne valent pas le froid d'une déception pour nous faire éprouver que Vous êtes solide- ô mon Dieu !...
C'est par la douleur et non par la joie, que votre Divinité acquiert peu à peu dans notre faculté de sentir, la Réalité supérieure qu'elle possède dans la nature des choses... mais qu'il est si difficile même aux plus initiés de lui donner dans leurs impressions " (Le milieu mystique p.146)

Le Mal comme seule manière d'éprouver la consistance de Dieu...admirable formule...
Il va détailler ici en donnant la principale composante de cette consistance: la Puissance... maisl'Amour en serait une autre...

"PLus que la liberté et la joie du succès, ce qui nous grise, nous autres hommes, c'est la Joie d'avoir trouvé une Beauté supérieure qui nous domine...c'est l'ivresse d'être possédés...
Or tant que je me meus et que je grandis conformément à mes désirs, je puis me croire mon maître....
Tant que je cours dans le sens de Votre action, je ne la sens pas... ma barque me paraît n'avoir ni gouvernail, ni voiles.
Viennent au contraire les sautes de vent, les arrêts brusques qui font cabrer, les virages qui inclinent à faire toucher l'eau...j'éprouve dans sa vigueur la Force qui me tient.
Ce n'est qu'en s'opposant à mes goûts et en les matant, que Votre Puissance , ô mon Dieu prend toute sa Réalité pour mon coeur et me marque au vif de la béatifiante empreinte de sa Domination...
Bénies soient donc les déceptions qui nous arrachent la coupe des lèvres, et les chaînes qui nous forcent d'aller là où nous ne voudrions pas !
Béni soit le Temps inexorable et son perpétuel assujétissement, l'inexorable esclavage du temps qui va trop lentement et irrite nos impatiences... du Temps qui va trop vite et qui fait vieillir... du Temps qui ne s'arrête et ne revient jamais !
Bénie soit surtout la Mort et l'horreur de sa retombée dans les énergies cosmiques..
A la mort, une Puissance aussi forte que l'Univers fond sur nos corps, pour les pulvériser et les dissoudre...une attraction plus formidable qu'aucune tension matérielle entraîne nos âmes, sans résistance, vers le Centre qui leur convient...la mort nous fait perdre pied complètement en nous mêmes, pour nous livrer aux Puissances du Ciel et de la Terre...
C'est là le dernier mot de son effroi...mais c'est aussi pour le Mystique, le comble de sa béatitude... l'accès définitif enfin ! dans le Milieu qui maîtrise...qui emporte ...et qui brûle..."( Milieu mystique p. 150)



La Mort vécue comme étape indispensable...
Le Mal et son aboutissement la mort sont pour Teilhard une étape absolument nécessaire à notre évolution d'homme car nous ne pouvons connaitre le divin qu'à ce prix...celui de l'Echec sur tous les plans...

"L'insuffisance que je découvre dans la Nature... presque jusqu'à en souffrir physiquement... c'est l'irrémédiable superficiel de l'expérience que nous en avons ici-bas...
Tout le nouveau que nous arrivons à découvrir ou à extraire est compris dans une zone limitée d'avance par nos facultés...
Dès que nous arrivons à une certaine profondeur, nous trouvons le roc...nous nous heurtons à un cercle infranchissable, qui ne peut être franchi que par un remaniement organique complet, tel que seul peut en apporter la Mort...
La nature nous donne envie de mourir pour aller enfin voir ce qui est en elle..."
( génèse d'une pensée p.277)

"En soi la mort est un scandale et un insuccès...Elle est la revanche aveugle que les éléments insuffisaments dominés prennent sur l'âme qui gêne leur autonomie...Elle s'introduit dans le monde comme la pire des faiblesses et des ennemies...
Cependant malgré cette tare originelle, elle peut trouver une utilisation et un sens inespéré dans les démarches de l'Union Créatrice...
Mourir pour un être, c'est normalement la retombée dans le Multiple...Mais ce peut être aussi, pour lui, le remaniement indispensable au passage sous la domination d'une âme plus haute...
Le pain que nous mangeons parait se décomposer en nous...et pourtant il devient notre chair...
Pourquoi n'y aurait-il pas des dissociations au cours desquelles les éléments ne cesseraient jamais d'être dominés par une Unité qui ne les disloque que pour les re-former ?
Pour que la mort physiologique ( reste en nous de la domination du Multiple) pût être transformé en moyen d'Union, il fallait ( de necessité physique) que les monades condamnées à la subir sachent l'accepter avec Humilité, Amour et surtout immense Confiance...
IL fallait que nous surmontions intellectuellement et vitalement, l'horreur que la destruction nous inspire...
En essayant sur soi la mort individuelle... en mourant saintement la mort du monde, le Christ a opéré ce retournement de nos vues et de nos craintes...Il a vaincu la mort...Il lui a donné physiquement la valeur d'une Métamorphose...
Et avec Lui , par elle, le Monde a pénétré en Dieu ..".
( Science et Christ p.90)



Le Mal comme élément de valeur...
Faire du Mal un bien voilà qui est paradoxal...mais c'est la conclusion à laquelle arrive Teilhard dans le Milieu Divin...

"Le problème du Mal, c'est à dire la conciliation de nos déchéances, même simplement physiques, avec la Bonté et la Puissance créatrices restera toujours pour nos esprits et nos coeurs, un des Mystères les plus troublant de l'Univers...
Pour être comprises les douleurs de la créature ( tout comme la peine du damné) supposeraient chez nous une appréciation de la nature et de la valeur de " l'être participé" que nous ne pouvons avoir faute de point de comparaison...
Nous entrevoyons cependant ceci :
d'un côté l'oeuvre entreprise par Dieu de s'unir intimement des êtres créés suppose chez ceux-ci une lente préparation au cours de laquelle ( déjà existants mais non encore achevés) ils ne peuvent échapper par nature aux risques ( aggravés par une faute originelle) del'imparfaite organisation du multiple en eux et autour d'eux..."

Nous ressemblons poursuit Teilhard à ces soldats qui tombent au cours de l'assaut dont sortira la Paix...nous paraissons succomber individuellement...mais Dieu n'est pas vaincu par notre défaite...le Monde en qui nous revivrons triomphe à travers notre mort...

Par essence Dieu ne peut pas intervenir dans un monde en voie de formation et de perfectionnement ( on se souviendra ici de la parabole du bon grain et de l'ivraie)...il ne peut semble -t-il que" tirer partie ...profiter du défaut "...comme un sculpteur sait utiliser les impuretés ou la dureté de la matière pour les utiliser à embellir son oeuvre...et à cette tranformation, ajoute-t-il, non seulement nos maux inévitables sont admis mais nos fautes mêmes les plus volontaires... si seulement nous les pleurons...

Omnia convertuntur in bonum...tout est susceptible de devenir bon pour qui cherche Dieu !.
http://rmitte.free.fr/suivre/teilhard/teilhard.htm

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« Tu es grand, Seigneur, et louable hautement… Tu nous as faits pour Toi et notre cœur est sans repos tant qu’il ne se repose pas en Toi » (saint Augustin).
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