La Chapelle de la Sainte-Famille

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 Le Peche contre l'ESPRIT - Le Notre Pere - Le PARDON

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Pearl
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Date d'inscription : 12/02/2014

MessageSujet: Le Peche contre l'ESPRIT - Le Notre Pere - Le PARDON   Ven 6 Juin - 3:05

SERMON LVI. DE L'ORAISON DOMINICALE (1).


ANALYSE. — Avant d'admettre les Catéchumènes au Baptême, on leur apprenait et on leur expliquait le symbole; puis, huit jours seulement avant de leur conférer le sacrement de la régénération, l'oraison dominicale. Après avoir exposé pourquoi on enseignait le symbole avant l'oraison dominicale, saint Augustin rappelle qu'il y a deux écueils à éviter dans la prière : il est des êtres qu'il ne faut pas prier et il est des choses qu'il ne.faut pas demander dans la prière. C'est surtout pour régler nos désirs que le Sauveur nous a enseigné l'oraison dominicale. Saint Augustin explique ensuite chacun des articles qui la composent, il insiste particulièrement sur l'amour des ennemis.


1. En montrant que l'époque actuelle, l'époque où toutes les nations devaient croire en Dieu, avait été prédite par les prophètes, le bienheureux Apôtre cite le témoignage suivant : « Et il sera ainsi : Quiconque invoquera le nom du Seigneur, sera sauvé. (2) » Autrefois en effet les seuls Israélites invoquaient le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre; et les autres peuples imploraient soit des idoles muettes et sourdes qui ne les entendaient point, soit des démons qui les écoutaient pour faire leur malheur. Mais depuis qu'est venue la plénitude des temps, on voit s'accomplir cette prophétie: « Et il sera ainsi : « Quiconque invoquera le nom du Seigneur, sera sauvé. »

Mais les Juifs étaient jaloux devoir l'Évangile annoncé aux gentils; ceux-mêmes d'entre eux qui croyaient au Christ prétendaient qu'on ne devait pas porter la parole du Christ à quiconque n'était pas circoncis. C'est contre ces envieux que l'Apôtre Paul cite ce témoignage: « Et il sera ainsi : quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé; » afin même de démasquer davantage l'aveuglement de leur haine jalouse, il ajoute aussitôt : « Mais comment l'invoqueront-ils, s'ils ne croient pas en lui ? Et comment y croiront-ils, s'ils n'en ont pas entendu parler? Et comment en entendront-ils parler, si personne ne les prêche? Et comment les prêchera-t-on, si l'on n'est pas envoyé? (1) » Ainsi donc, à cause de ces paroles : « Comment l'invoqueront-ils, s'ils ne croient pas en lui ? » vous avez reçu d'abord, non pas l'oraison dominicale, puis le symbole; mais le symbole pour vous apprendre à croire, puis l'oraison pour vous apprendre à prier. Le symbole est l'expression de la foi, et l'oraison de la prière; car c'est celui qui croit qui est exaucé quand il prie.

2. Beaucoup néanmoins demandent ce qu'ils ne devraient pas demander, parce qu'ils ignorent ce qui leur est utile. D'où il suit qu'on doit dans la prière éviter deux écueils: et de solliciter ce qu'il ne faut pas, et d'implorer qui on ne doit pas. Il ne faut rien demander ni au diable, ni aux idoles, ni aux démons; mais à Jésus-Christ Notre-Seigneur et notre Dieu, lequel est en même temps le Dieu et le père des prophètes, des apôtres et des martyrs; mais au Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à Dieu qui a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu'ils contiennent, il faut demander tout ce qu'on doit demander.

Qu'on se garde donc bien de solliciter de lui ce qu'on ne doit pas requérir. On doit demander la vie, mais que sert de la demander à des idoles sourdes et muettes ? Que te servirait aussi de demander à notre divin Père qui est dans les cieux, la mort de tes ennemis ?

N'as-tu pas entendu, n'as-tu pas lu, dans le psaume prophétique où il est question de l'affreux traître Judas, cette prédiction qui le concerne : « Que sa prière même devienne un crime (1) ? » Crois-le donc, si tu souhaites le malheur de tes ennemis, ta prière aussi deviendra une iniquité.

3. Peut-être avez-vous pensé, en lisant les psaumes, que l'auteur sacré y fait souvent des imprécations contre ses adversaires. Sans aucun doute, dit-on, celui qui parle dans ces cantiques est un homme juste : mais pourquoi appelle-t-il de si grands maux sur la tête de ses ennemis? Il n'appelle pas le mal, il le prévoit; il fait des prédictions et non des imprécations. Ces auteurs inspirés connaissaient d'avance le bien et le mal qui devaient arriver à celui-ci, à celui-là; et ils le prédisaient simplement sous une forme optative.


Mais toi, sais-tu si celui à qui tu désires du mal, ne sera pas bientôt meilleur que toi ? —  Je sais qu'il est pécheur, reprends-tu. — Ne sais-tu pas que tu l'es aussi ? Tout en osant attribuer à autrui des dispositions que tu ignores, tu sais sûrement que tu es pécheur. N'entends-tu pas l'Apôtre dire de lui-même : « J'étais auparavant persécuteur, blasphémateur et outrageux; mais j'ai obtenu miséricorde, parce que j'ai agi par ignorance, dans l'incrédulité (2) ? »

Quand donc cet Apôtre persécutait les chrétiens, les enchaînait partout où il les trouvait et les conduisait devant les tribunaux pour les faire châtier, l'Église alors, mes frères, priait-elle pour lui ou contre lui ? Instruite par son Seigneur, qui disait du haut de la croix où il était suspendu « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font (3), » l'Église demandait pour Paul, ou plutôt pour Saul, le changement qui s'est produit. « J'étais dit-il lui-même, inconnu de visage aux Églises de Judée qui croient au Christ. Seulement elles avaient oui dire: Celui qui naguère nous persécutait annonce main« tenant la foi qu'il s'efforçait de détruire; et elles glorifiaient Dieu à mon sujet (4). » Pourquoi auraient-elles glorifié Dieu si auparavant elles n'avaient imploré la conversion de leur persécuteur?

4. Notre-Seigneur commence par supprimer les longs discours; il ne veut pas qu'on multiplie devant Dieu les paroles, comme si par ce moyen on cherchait à l'instruire. Ce qu'il faut dans la prière, c'est là piété et non la loquacité. « Car votre père sait vos besoins avant que vous l'imploriez. » Puisqu'il sait vos besoins, ne parlez donc pas beaucoup.

Mais s'il connait nos besoins, dira ici quelqu'un, pourquoi parler peu ou beaucoup ? pourquoi prier ? Il sait ce qui nous est nécessaire, qu'il nous le donne. — Non, mais il veut que tu pries pour accorder à tes désirs, et pour éloigner le mépris de ses dons. C'est lui d'ailleurs qui inspire ces désirs, et l'oraison dominicale enseignée par lui en est la forme. Il n'est permis de demander que ce qui y est exprimé.

5. « Dites donc, ce sont ses paroles: Notre Père qui êtes aux cieux. » Ainsi, vous en êtes témoins, vous commencez à avoir Dieu pour Père. Mais après votre régénération il sera réellement votre Père, et maintenant même, avant votre naissance spirituelle, vous êtes conçus par sa vertu dans le sein de l'Église, qui doit vous enfanter sur les fonts sacrés. « Notre Père, qui êtes aux cieux. » Souvenez-vous donc que vous avez un Père dans les cieuxb , souvenez-vous qu'issus d'Adam pour mourir, vous devez être régénérés par Dieu pour vivre. Et ce que vous dites, dites-le du fond du coeur. Priez avec affection, et vous serez réellement exaucés.

« Que votre nom soit sanctifié. » Pourquoi demander que le nom du Seigneur soit sanctifié! N'est-il pas saint ? Pourquoi prier pour ce qui est déjà saint ? De plus, en demandant que ce nom soit sanctifié, ne sembles-tu pas implorer Dieu pour lui-même et non pour toi ? — Mais comprends bien et tu verras que c'est aussi prier ; pour toi. Que demandes-tu en effet ? Que ce qui en soi est toujours saint, soit sanctifié en toi-même. Qu'est-ce à dire : soit sanctifié ? Soit traité comme étant saint et ne soit pas méprisé. Tu vois ainsi que cette prière te regarde. Car le mépris que tu ferais du nom divin serait un malheur pour toi et non pour Dieu.

6. « Que votre règne arrive. » A qui parlons-nous ? Et si nous ne faisions pas cette demande, est-ce que le règne de Dieu n'arriverait pas! Mais il est ici question du règne qui suivra la fin des siècles. Dieu en effet règne toujours, et obéi par toutes les créatures, il n'est jamais sans empire. Le règne donc que tu désires, c'est celui dont il est écrit dans l'Évangile. « Venez, bénis de mon Père, recevez l'empire qui vous a été préparé dès le commencement des siècles. » Voilà le règne dont tu dis : « Que votre règne arrive. » Nous demandons à la fois, et que ce règne s'établisse en nous et qu'en lui nous ayons (265) place. Il arrivera sûrement; mais à quoi bon pour toi, si tu es à la gauche ? Ici donc encore c'est ton bien que tu demandes, c'est pour toi que tu pries. Ce que tu désires, ce que tu sollicites dans ta prière, c'est de vivre de façon à être du nombre des saints à qui doit être donné le royaume de Dieu; et c'est pour demander la grâce de vivre de la sorte, que tu répètes: « Que votre règne arrive; » faites que nous soyons de votre royaume ; que votre règne arrive pour nous, comme il doit arriver pour vos saints et vos justes.

7. « Que votre volonté soit faite. » Dieu ne fera-t-il pas sa volonté, si tu ne lui adresses cette prière? Rappelle-toi ce que tu as récité dans le symbole « Je crois en Dieu le Père tout-puissant. » S'il est tout-puissant, pourquoi demander que sa volonté s'accomplisse? Que veut donc dire: « Votre « volonté se fasse? » — Qu'elle s'accomplisse en moi, et que je ne lui résiste point. Ici donc aussi tu pries pour toi et non pour Dieu. Lors même que tu ne l'accomplirais pas, la volonté de Dieu s'accomplira en toi. Elle s'exécutera en effet, soit dans ceux à qui il dira : « Venez, bénis de mon Père, recevez le royaume qui vous a été préparé dès l'origine du monde; » car justes et saints ils entreront dans ce royaume; soit dans ceux à qui il dira aussi : « Allez au feu éternel préparé au diable et à ses anges (1); » car ils seront jetés dans ces flammes inextinguibles, comme le mérite leur méchanceté.

Autre chose est donc que la volonté divine se fasse par toi, et ce n'est pas sans motif que sollicitant son accomplissement en toi, tu demandes que ce soit pour ton bonheur. Car pour ton bonheur ou pour ton malheur elle s'exécutera en toi. Seulement, qu'elle s'exécute aussi par toi; — Pourquoi dire alors : « Que votre volonté soit faite au ciel et sur la terre? » Ne devrait-on pas dire: Que votre volonté soit faite par le ciel et par la terre ? C'est que Dieu t'ait en toi ce que tu fais et jamais tu ne fais rien qu'il ne le fasse en toi; tandis qu'il fait quelquefois en toi-même ce que tu ne fais pas, jamais tu ne fais rien sans lui.

8. Que signifie: « Au ciel et sur la terre; » ou bien: « sur la terre comme au ciel? » — Les Anges exécutent votre volonté; exécutons-la comme eux. « Que votre volonté soit faite sur la terré « comme au ciel. » Le ciel, c'est l'esprit; la terre, c'est le corps. Ainsi donc, lorsque tu dis, mais le dis-tu ? avec l'Apôtre : « J'obéis par l'esprit à la loi de Dieu; par la chair à la loi du péché (1); » la volonté divine s'accomplit dans le ciel, mais pas encore sur la terre. Et lorsque la chair sera soumise à l'esprit, lorsque la mort sera abîmée dans sa victoire ? et que l'esprit n'aura plus à combattre aucun désir charnel; lorsqu'il n'y aura plus ni discorde sur la terre, ni guerre dans le coeur et qu'on ne pourra plus dire : « La chair convoite contre l'esprit et l'esprit contre la chair; ils sont en effet opposés l'un à l'autre et vous ne faites pas ce que vous voulez (3) ; » lors donc que cette lutte aura cesse et que toute concupiscence sera devenue charité, l'esprit ne trouvera plus dans le corps rien à arrêter, rien à dompter, rien à comprimer, rien à écraser; tout marchera avec accord dans les voies de la justice , la volonté divine s'accomplira au ciel et sur la terre.

« Que votre volonté se fasse au ciel et sur la terre. » C'est un souhait de perfection. « Que votre volonté se fasse sur la terre comme au ciel » Dans l'Église les hommes spirituels sont le ciel, les hommes charnels sont la terre. « Que votre volonté se fasse, » donc « sur la terre comme au ciel. » Que les hommes charnels se convertissent et vous servent comme le font les hommes spirituels. « Que votre volonté se fasse sur la terre comme au ciel. » Voici un autre sens fort pieux. Il nous est recommandé de prier pour nos ennemis. L'Église est le ciel, les ennemis de l'Église sont la terre. Que veut dire alors : « Que votre volonté se fasse sur la terre comme au ciel ? » Que nos ennemis croient en vous, comme nous y croyons; qu'ils deviennent nos amis et en finissent avec leurs haines. Ils sont la terre, c'est pourquoi ils nous sont opposés; qu'ils deviennent le ciel, et ils seront d'avec nous.

9. « Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien » Il est clair ici que nous prions pour nous. Quand tu disais : « Que votre nom soit sanctifié; » nous avons dit t'expliquer que c'est pour toi que tu priais et non pour Dieu. Quand tu disais encore : « Que votre volonté se fasse » ; il a fallu te montrer encore que ce veau est à ton avantage et non à l'avantage de Dieu. Quand tu disais également : « Que votre règne arrive; » il a été nécessaire aussi de te faire observer que ce n'est pas dans l'intérêt de Dieu que tu demandais l'avènement de son règne. Mais à partir de ces paroles et jusqu'à la fin de l'oraison, il est évident que c'est pour nous que nous supplions.

« Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien : » c'est avouer que tu es le pauvre (le Dieu. N'en rougis point : quelque riche que soit un homme sur la terre, il n'en est pas moins le pauvre de Dieu. Le mendiant frappe à la porte du riche; et ce riche frappe à son tour à la porte d'un plus riche. On lui demande et il demande. S'il n'avait besoin, il ne s'adresserait point à Dieu dans la prière. Mais de quoi le riche a-t-il besoin ? Je l'ose dire, il a besoin de son pain de chaque jour. Pourquoi possède-t-il de tout en abondance? Pourquoi, sinon parce qu'il a reçu de Dieu ? Et qu'aurait-il si Dieu retirait sa main ? Combien se sont endormis riches et se sont éveillés pauvres? Si donc il ne lui manque rien, il en est redevable à la miséricorde de Dieu, et non à sa propre puissance.

10. Toutefois, mes bons amis, ce pain que nous mangeons et qui chaque jour restaure notre corps, vous voyez que Dieu le donne, non-seulement à ceux qui le bénissent, mais encore à ceux qui le blasphèment; il fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants, et pleuvoir sur les justes et sur les pécheurs. On le loue, il nourrit; on le blasphème, il nourrit encore. Il attend que tu fasses pénitence, mais si tu ne te convertis, il te condamne.

De ce que Dieu donne ce pain vulgaire aux bons et aux méchants, s'ensuit-il qu'il n'y a pas un pain spécial que les enfants savent demander et duquel le Seigneur disait dans l'Évangile : « Il n'est pas bon de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens (2)? » Ce pain existe sans aucun doute. Mais quel est-il et pourquoi l'appeler quotidien? C'est que ce pain aussi est nécessaire; sans lui nous ne pouvons vivre; nous ne le pouvons sans ce pain: Il y aurait impudeur à demander à Dieu des richesses ; il n'y en a pas à lui demander le pain de chaque jour. Autre chose est de solliciter de quoi s'enorgueillir, autre chose est de demander de quoi vivre. Néanmoins, comme ce pain visible et sensible se donne aux bons et aux méchants, il est un autre pain quotidien que demandent tes enfants. Ce pain est la divine parole qui nous est distribuée chaque jour. Voilà, le pain quotidien dont vivent nos âmes et non pas nos corps. Ouvriers employés à la vigne, nous en avons besoin maintenant, c'est notre nourriture et non pas notre salaire. L'ouvrier a droit de recevoir deux choses de la part de Celui qui le fait travailler à sa vigne — la nourriture pour ne pas succomber et la récompense pour en jouir. Or notre nourriture de chaque jour sur cette terre est la divine parole constamment distribuée aux  Églises; et la récompense de nos travaux se nomme la vie éternelle. Si de plus l'on entend; par ce pain quotidien ce que reçoivent les fidèles, ce qui vous sera donné après le baptême, nous avons encore raison de nous écrier : « Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien; » c’est demander la grâce de nous conduire de manière à n'être pas éloignés de cet autel.

11. « Et pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. » Il n'est point nécessaire d'expliquer que cette demande est en notre faveur. Nous demandons en effet qu'on nous remette nos dettes; car nous avons des dettes, non pas d'argent, mais de péchés. Et vous? demande peut-être ici quelqu'un. — Et nous aussi, répondons-nous. — Quoi! saints évêques, vous aussi vous avez des dettes? — Nous aussi nous avons des dettes. — Vous aussi? Mon Monseigneur, ne vous faites pas injure. — Je ne me fais pas injure, je dis la vérité; nous avons des dettes. « Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous trompons nous-mêmes, et la vérité n'est point en nous (1). » Et nous sommes baptisés, et nous avons des dettes. Ce n'est pas que le Baptême ait laissé en nous aucune faute à effacer, c'est que dans le cours de la vie nous commettons des fautes pour lesquelles il nous faut le pardon chaque jour. En sortant de ce monde après le baptême on n'a plus de dette, on va sans aucune dette. Mais lorsqu'ensuite on demeure dans cette vie mortelle, la fragilité même porte à des fautes qu'on a besoin de rejeter, si toutefois elles ne causent pas le naufrage; et si on n'a pas soin de s'en débarrasser, elles se multiplient bientôt jusqu'à faire sombrer le navire. En demander le pardon, c'est donc préserver du naufrage. Il ne suffit même pas de prier, il faut aussi faire l'aumône. Pour décharger le vaisseau et échapper à la ruine, n'emploie-t-on pas en même temps et les mains et la voix! Ainsi nous employons la parole quand nous disons : « Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. » Et nous employons nos mains lorsque nous accomplissons ce précepte : « Partage ton pain avec celui qui a faim, et reçois dans ta demeure l'indigent sans asile (2). — Enferme ton aumône dans le coeur du pauvre, et elle priera pour toi le Seigneur (1). »

12. Quelles ne seraient pas nos angoisses, si après avoir obtenu la rémission de nos péchés dans le sacrement de la régénération, nous n'avions pas reçu la grâce de nous purifier chaque jour par une sainte prière? L'aumône et l'oraison nous purifient de nos fautes, si toutefois nous n'en commettons point qui nous condamnent à être privés du pain quotidien, si nous évitons les crimes auxquels sont sûrement réservés les derniers supplices. Ne vous prétendez pas justes; ne croyez pas être, dispensés de dire : « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. » Tout en s'abstenant de l'idolâtrie, des pratiques de l'astrologie et des remèdes des enchanteurs; des séductions de l'hérésie et des divisions du schisme; de l'homicide, de l'adultère et de la fornication; du vol et de la rapine; du faux témoignage et des autres crimes que je ne nomme pas et dont les funestes effets vont jusqu'à faire éloigner de l'autel et lier à la fois sur la terre et dans le ciel, ce qui est fort dangereux, ce qui perd irrémédiablement, à moins qu'on ne soit absous en même temps sur la terre et dans le ciel; en évitant donc tous ces péchés, on ne laisse pas d'être exposé, à pécher encore.

On pèche en regardant avec plaisir ce qu'il faut ne pas voir. Mais qui peut maîtriser l'agilité du regard? Ne dit-on pas que c'est de là que l'oeil a pris son nom : oculus a velocitate ? Qui peut donc maîtriser l'ouïe ou la vue ? Il suffit de vouloir fermer les yeux, et ils se ferment; mais pour fermer les oreilles il faut des efforts et élever les mains jusqu'à elles. T'empêche-t-on d'y porter la main ? elles demeurent ouvertes et tu ne saurais les fermer aux paroles médisantes, impures, adulatoires et trompeuses. Or entendre, même sans le faire, ce qu'il ne faut pas, n'est-ce pas pécher, quand on écoute le mal avec plaisir? Que de fautes ne commet pas une mauvaise langue? Elles suffisent quelquefois pour éloigner de l'autel. C'est la langue qui est cause des blasphèmes; c'est elle qui dit une multitude de paroles vaines qui ne vont pas au but de la vie. Que la main s'abstienne du mal et que les pieds n'y courent pas ; que l'oeil ne se porte à aucune impureté; que l'oreille ne s'ouvre volontairement il aucune turpitude; que la langue ne profère rien d'indécent, mais qui peut comprimer ses pensées? Très souvent, mes frères, nous pensons à autre chose dans la prière; on dirait que nous oublions devant qui nous sommes debout ou prosternés.

En amassant sur toi toutes ces fautes, si légères qu'elles soient, n'en seras-tu pas écrasé? Qu'importe d'être chargé de plomb ou de sable? Le plomb ne fait qu'une masse, le sable consiste dans des grains séparés, mais leur multitude accable. Tels sont les péchés légers. Ne vois-tu pas aussi que de petites gouttes d'eau suffisent pour gonfler les fleuves et entraîner les terres ? La légèreté est compensée par le nombre.

13. Disons donc chaque jour, disons du fond du coeur et en conformant nos oeuvres à nos paroles : « Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. » C'est une espèce d'engagement, c'est un pacte, un contrat que nous faisons avec Dieu. Pardonne et je pardonne, te dit le Seigneur ton Dieu. Tu ne pardonnes pas? C'est toi alors et non pas moi qui plaides contre toi-même.

Ah! mes très-chers enfants, je sais ce qui vous convient dans cette divine prière et principalement cet article : « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés : » écoutez-moi donc. Vous allez recevoir le baptême; pardonnez tout : que chacun pardonne de tout son coeur ce qu'il y ressent contre qui que ce soit. Entrez avec ces dispositions dans l'eau sainte et soyez sûrs que vous y serez purifiés de tous les péchés que vous avez contractés, soit en naissant de vos parents selon la chair avec le péché originel, péché qui nous fait recourir avec les petits enfants à la grâce du Sauveur; soit en ajoutant à ce. premier péché des péchés de paroles, d'actions et de pensées; oui, tout vous sera remis; et vous sortirez.du bain sacré déchargés de toutes vos dettes, comme si le Seigneur en personne vous les avait remises.

14. Quant à ces péchés quotidiens, dont je vous ai déjà parlé et des quels il est nécessaire de vous purifier en disant chaque jour : « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés; » que ferez-vous? Vous avez des ennemis; qui peut en effet vivre ici bas sans avoir d'ennemi? Appliquez-vous à les aimer. Non, aucun ennemi ne peut te nuire en te haïssant, autant que tu te nuis à toi-même en ne l'aimant pas. Il peut nuire à ta campagne, à tes troupeaux, à.ta maison, à ton serviteur, à ta servante, à ton fils, à ton épouse, et tout au (268) plus, s'il est puissant, à ta vie. Peut-il comme toi nuire à ton âme ? Atteignez à cette vertu; mes chère amis, je vous y engage.

Mais puis-je vous en faire la grâce? Celui-là seul vous l'a faite à qui vous dites : « Que votre volonté s'accomplisse sur la terre comme au ciel. » Ne croyez pas cependant la chose impossible; je sais et je sais par moi-même qu'il est des chrétiens qui aiment leurs ennemis. Si néanmoins vous estimiez ce devoir au dessus de vos forces; vous ne l'accompliriez pas. Mais persuadez-vous d'abord qu'il est possible de l'accomplir; priez ensuite pour que la volonté divine s'exécute en vous. Que te sert d'ailleurs le mal de ton ennemi? Il ne serait pas ton ennemi s'il n'y avait point de mal en lui. Désire-lui du bien, qu'il n'y ait plus de mal en lui, et il cessera de t'être opposé.

Ce n'est pas en effet la nature humaine; c'est la faute qui dans sa personne est ton ennemie. Est-il ton ennemi pour avoir une âme et un corps? Il est ce que tu es : tu as une âme, il en a une; un corps, ii en a un; il est de même nature que toi, formé de la même argile, animé du même souffle divin: Il est ce que tu es; regarde en lui ton frère. N'avons-nous pas les deux mêmes premiers parents, le même père et la même mère, Adam et Eve? Donc nous sommes frères. Mais laissons là cette première origine. Nous avons également Dieu pour père et l'Église pour mère; donc à ce titre encore nous sommes frères. — Mais mon ennemi est un païen, un Juif, un hérétique, un de ceux pour qui j'ai dit : « Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » — O Église, Église, ton ennemi est un païen, un Juif, un hérétique ; il est donc terre. Et toi, si tu es ciel, implore ton Père qui est dans les cieux, et prie pour tes ennemis. Saul était aussi un ennemi de l'Église, on pria pour lui de cette manière et il devint un ami: Non-seulement il cessa de la persécuter, il travailla encore à la soutenir. Enfin, si tu veux savoir la vérité, on pria contre lui; mais contre sa méchanceté, non pas contre sa nature. Prie aussi contre la méchanceté de ton ennemi: qu'elle meure et qu'il vive. Si lui-même venait à mourir tu serais son ennemi, mais tu n'aurais pas en lui d'ami; au lieu que si c'est sa méchanceté qui meurt, en perdant en lui un ennemi tu retrouves un ami.

16. Qui est capable de ce devoir, dites-vous encore, qui l'a accompli ? Ah ! que Dieu mette en vos coeurs ces dispositions. Je le sais, peu d'hommes y sont fidèles; il n'y a pour l'être que les caractères vraiment grands et spirituels. Doit-on regarder comme tels tous ceux qui dans l'Église s'approchent de l'autel, y reçoivent le corps et le sang du Christ? Si tous n'ont pas ces sentiments, tous disent néammoins « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. » Si Dieu leur répondait alors: Pourquoi me demandez-vous d'accomplir ce que j'ai promis, puisque vous n'accomplissez pas ce que j'ai prescrite. Qu'ai-je promis? De pardonner vos péchés. Qu'ai-je prescrit ? Que vous pardonniez aussi à ceux qui vous ont offensés. Et comment pouvez-vous leur pardonner, si vous n'aimez vos ennemis! Qu'allons-nous devenir, mes frères? Le troupeau du Christ va-t-il être réduit à cet extrême petit nombre?

Si pour pouvoir dire : « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, » il n'y a que ceux qui aiment leurs ennemis, que vais-je faire ? que vais-je dire? Vous dirai-je : Puisque vous n'aimez pas vos ennemis, ne priez pas? Dieu m'en garde, — je dirai plutôt: Priez afin d'obtenir de les aimer, Vous dirai-je au moins : Puisque vous n'aimez pas vos ennemis, omettez ces paroles de l'oraison dominicale: « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés? » Qui supposera que je parle ainsi ? En ne prononçant pas ces mots, vous n'êtes point pardonnés; et en les prononçant sans faire ce qu'ils disent, vous ne l'êtes pas non plus. Pour obtenir le pardon, il faut donc prononcer et faire.

16. Voici un motif de consolation que je puis offrir, non pas au petit nombre, mais à la multitude des chrétiens, et je sais combien vous désirez l'entendre. « Pardonnez afin qu'on vous pardonne, » a dit le Christ (1). Et vous, que dites-vous dans la prière que nous expliquons! « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. » Pardonnez-nous, Seigneur, comme nous pardonnons. C'est-à-dire: ô Père qui êtes aux cieux; pardonnez-nous nos péchés comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Voici en effet ce que vous devez faire, sous peine de vous perdre: pardonnez aussitôt que votre ennemi vous demande pardon. Est-ce encore trop pour vous ? C'était beaucoup pour toi d'aimer ton ennemi quand il te maltraitait: est-ce trop encore d'aimer un homme qui te supplie? Que réponds-tu ? Il me faisait du mal. Tu le haïssais alors. J'aimerais mieux que tu ne l'eusses pas fait; j'aimerais mieux qu'au moment où tu étais en proie à ses fureurs, tu te fusses rappelé cette prière du Seigneur : « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font (1). » Je désirerais donc bien vivement qu'à l'époque même où tu ressentais les coups de ton ennemi, tu eusses arrêté les yeux sur le Seigneur ton Dieu prononçant ces paroles.

Il a fait cela, diras-tu peut-être; mais c'est comme Dieu, comme Christ, comme Fils de Dieu, comme son Fils unique, comme Verbe fait chair. Moi au contraire, méchant et faible, de quoi suis-je capable? —  Il y a trop de disproportion entre ton Seigneur et toi ? Pense donc à cet homme qui fut, comme toi, son serviteur. On lapidait saint Etienne, et sous cette grêle de pierres il s'était agenouillé et priait pour ses ennemis. « Seigneur, disait-il, ne leur imputez point ce péché (2). » Ils lançaient des pierres, bien éloignés de demander pardon, et lui le sollicitait pour eux. Ressemble, efforce-toi de ressembler à cet homme. Pourquoi traîner toujours ton coeur sur la terre ? Elève, élève-le comme on te le dit; fais effort, aime tes ennemis. Si tu ne peux les aimer quand ils te frappent, aime-les au moins quand ils t'implorent. Aime l'infortuné qui te dit : J'ai mal fait, mon frère, pardonne-moi. En ne pardonnant pas alors, non-seulement tu effaces de ton coeur l'oraison dominicale, mais tu seras effacé du livre de Dieu.

17. Mais si tu pardonnes alors, si tu éloignes la haine, de ton coeur, tout en t'invitant à l'éloigner toujours, je ne demande pas que tu renonces à la justice. — Que faire, si je dois châtier cet homme qui implore ma clémence ? — Fais ce que tu voudras. N'aimes-tu pas ton fils, lors même que tu le punis? Parce que tu en veux faire ton héritier, tu t’inquiètes peu de ses larmes quand tu le frappes. Dépose donc tout ressentiment lorsque ton ennemi recourt à ton indulgence.

Il n'est pas sincère, il dissimule, dis-tu peut-être.  O juge du coeur d'autrui! Apprends-moi aussi les pensées de ton père; peux-tu me dire celles mêmes que tu avais hier ? Cet ennemi te conjure, il le demande pardon. Pardonne, oui, pardonne. En refusant, tu ne lui fais pas de mal, mais à toi. Il sait en effet ce qu il a à faire. Serviteur toi-même, tu ne veux pas pardonner à celui qui est serviteur comme toi ; il ira vers votre commun Seigneur, et lui dira : Seigneur, j'ai prié mon compagnon de me pardonner, et il a refusé : pour vous, pardonnez-moi. Le Seigneur ne peut il remettre les offenses à son serviteur? Celui-ci reçoit donc le pardon et revient absous, tandis que tu demeures lié. Comment lié ? Bientôt il te faudra prier, il te faudra dire « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés; » et le Seigneur te répondra : « Méchant serviteur, quand tu m'étais si redevable, tu m'as prié et je t'ai remis ta dette; ne fallait-il donc pas que tu prisses pitié de ton compagnon comme j’ai eu pitié de toi (1) » ? Ces paroles viennent de l'Evangile et non de moi.

Si au contraire tu accordes le pardon à qui te le demande, tu peux réciter la divine prière, et sans pouvoir aimer encore celui qui  te blesse tu peux dire néanmoins : « Pardonnes-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. »


18. « Et ne nous induisez pas en tentation. Pardonnez-nous, nos offenses comme nous, pardonnons à cour qui nous ont offensés; » voilà ce que nous disons en vue des péchés commis, quand il ne dépend plus de nous qu’ils ne le soient pas. Tu peux travailler à ne réitérer pas ce que tu as fait. Mais ne fais-tu pas aussi quelque chose pour effacer le mal commis ? Pour effacer ce mal voici un moyen ; « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, » Et pour éviter de retomber, quel moyen ? « Ne nous induisez pas en tentation, mais délivrez-nous du mal, c'est-à-dire de la tentation même.

19. Ainsi ces trois demandes : « Que votre nom soit sanctifié; que votre règne arrive ;  que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, » concernent toute la vie de l'homme. Toujours en effet le nom du Seigneur doit être sanctifié en nous, nous devons être sous son empire et toujours nous devoirs faire sa volonté; ces devoirs sont éternels, Nous avons maintenant besoin du pain de chaque jour, et le reste de la prière, à partir de cet article, se rapporte aux nécessités de là vie présente. Nous avons dans cette vie besoin du pain de chaque jour ; nous avons besoin aussi qu'on nous pardonne nos péchés.

Il ne sera plus dans l'autre, question d'offenses; ici on est tenté, ici on est exposé au naufrage, ici la faiblesse laisse pénétrer dans le navire ce qu'il en faut rejeter. Mais lorsque nous serons devenus égaux aux Anges de Dieu, à Dieu ne plaise que nous lui demandions pardon de nos fautes, puisqu'il n'y en aura plus! Ici donc le pain quotidien; ici le pardon de nos péchés; ici la victoire sur la tentation qui ne pénètre pas dans cet autre inonde; ici encore la délivrance du mal, puisque là ne sera aucun mal, mais le bonheur éternel.
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MessageSujet: Re: Le Peche contre l'ESPRIT - Le Notre Pere - Le PARDON   Mar 10 Mar - 8:18

Violence du Pardon

S’il est une chose bien difficile, pour laquelle nous devons nous faire violence, c’est demander pardon à son frère. On a beau faire tout ce qu’on peut pour ne pas blesser quelqu’un et donc pour ne pas avoir à demander pardon, de temps en temps, on ne peut, décidément, pas s’y dérober. Alors, on tergiverse, on hésite, on se dit que ça ne presse pas. Et puis, lui aussi pourrait bien le faire, après tout, il pourrait me donner l’exemple. On fourmille de mauvaises raisons de ne pas le faire, c’est presque aussi désagréable que d’aller se confesser. Et voilà, pas de chance, le Christ nous demande de le faire, toutes affaires cessantes. On devrait même partir au milieu de la messe, ou presque, pour aller demander pardon.

Que faire alors ? Sans doute déjà demander à Dieu qu’il nous aide, qu’il nous donne cette force de nous mettre en route, d’éclairer notre cœur et notre esprit pour rejeter tous les faux prétextes. Parfois, ce sera une longue attente avant de recevoir cette force de Dieu, mais restons ouverts au pardon même si nous sommes incapables aujourd’hui de le donner.

Ensuite, il faudra se faire un peu violence pour oser aller à la rencontre de son frère, lui parler et être prêt à écouter ce qu’il a sur le cœur. Risque de la parole donnée, risque de la parole rejetée, mais aussi possibilité de mettre fin à la logique de la violence et de retrouver la joie, cette joie profonde et exigeante qui est le visage de Dieu lui-même.
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Pour aller plus loin avec la Parole

« Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. Alors, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : “Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ?” Jésus lui répondit : “Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.”

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 18, versets 15 à 18, 21 à 22.

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MessageSujet: Re: Le Peche contre l'ESPRIT - Le Notre Pere - Le PARDON   Mar 10 Mar - 19:49

Notre Père, qui es aux cieux.

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 6, verset 9.

La méditation

Quand j’écoute le Père François, 90 ans, j’aimerais déjà être comme lui. Il me confie ses méditations autour d’un thé bien chaud :


« J’ai appris toute ma vie à dire le Notre Père. Jésus, Lui, est le Fils unique de Dieu : Il sait donc parfaitement qui est le Père. Mais ce que Jésus connaît spontanément, nous devons l’apprendre par toute notre vie. Jour après jour. Voilà pourquoi je prie souvent le Pater à l’envers. Pour repasser par toutes les étapes de mon baptême : la libération du mal et des tentations, le pardon donné et reçu, le pain quotidien vital, l’obéissance à la volonté de Dieu et le désir du Royaume jusqu’à la contemplation de la sainteté de Notre Père qui est aux cieux.

Le jour de mon baptême est donc le plus important de ma vie, car ce jour-là, j’ai été adopté pour toujours par le Père, je suis né pour la vie éternelle, le ciel où Dieu m’attend. Quoi que je fasse, Dieu ne reprendra pas sa Parole. Même si je suis infidèle à mon baptême, Dieu est là, toujours fidèle.

Chaque jour, depuis 65 ans, quand je célèbre la messe, je suis émerveillé par ce Dieu qui se remet humblement entre nos mains, corps et sang, et qui nous invite à nous donner à Lui. “Dieu a tellement aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle.”

* Jamais je n’aurais cru que ce serait si beau d’être chrétien et si merveilleux d’être prêtre. Quand le Seigneur viendra, aurai-je assez de l’éternité pour lui dire merci pour tout ce qu’Il a fait pour nous ? »


*Évangile selon saint Jean, chapitre 3, verset 16

Enregistrement dans les studios de RCF Touraine


Pour aller plus loin avec la Parole


« C’est pourquoi je tombe à genoux devant le Père, de qui toute paternité au ciel et sur la terre tient son nom. Lui qui est si riche en gloire, qu’il vous donne la puissance de son Esprit, pour que se fortifie en vous l’homme intérieur. Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l’amour, établis dans l’amour. Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur… Vous connaîtrez ce qui dépasse toute connaissance : l’amour du Christ. Alors vous serez comblés jusqu’à entrer dans toute la plénitude de Dieu. À Celui qui peut réaliser, par la puissance qu’il met à l’œuvre en nous, infiniment plus que nous ne pouvons demander ou même concevoir, gloire à lui dans l’Église et dans le Christ Jésus pour toutes les générations dans les siècles des siècles. Amen. »

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens, chapitre 3, versets 14 à 21.


(Dimanche dans la Ville)

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MessageSujet: Re: Le Peche contre l'ESPRIT - Le Notre Pere - Le PARDON   Dim 5 Juil - 19:09

ATTENTION ! meme si le texte est interessant, nous nous devons de preciser qu'il emane d'un site 'chretien' donc evangelique !!!
et pas Catholique.


Le pardon 1ère partie  ou  La libération par-don

Matthieu 6 :14

1ère Partie

Introduction
:

S’il est un sujet qui taraude bien les consciences, c’est assurément celui du pardon. Le pardon, dans toute sa complexité, met en évidence toutes nos difficultés relationnelles. Le pardon, dans son application pratique, est aussi varié, qu’il y a d’individus sur notre planète. Certes, les psychologues, psychothérapeutes, psychanalystes, tracent bien des pistes communes, mais au final, cela restera toujours une affaire personnelle. Entre le pardon attendu par les uns et le pardon refusé par d’autres, entre l’agresseur et l’agressé, le traître et le trahi, l’humilié et l’humiliant, il y a toute la panoplie des variantes enrobées de multiples ressentis.

Entre le simple pardon qui s’apparente à l’excuse, et le pardon impossible qui relève de l’impardonnable, toute la gamme des difficultés humaines s’étale au grand jour. Cela ne fait que révéler notre incapacité à bien vivre en relation avec autrui…

Se saisir de cette question relève du défi, car chacun de nous, un jour ou l’autre y sera confronté. Cela part du simple malentendu qui s’infecte, jusqu’aux chocs terribles des génocides, des viols, des agressions lourdes et irréversibles.

Dès lors faut-il tout pardonner ? Ou encore, est-ce que tout est pardonnable ? Peut-on parvenir à tout pardonner ? En tant que chrétien engagé, comment trouver un chemin de paix ?


C’est à la lumière des Saintes Ecritures et de l’exemple du Christ que nous allons aborder le sujet.

Développement :

Comme à notre habitude, précisons d’abord le sens du mot pardon. Pour éviter un   développement trop important, nous allons nous restreindre aux termes employés dans le Nouveau Testament. Il y a le substantif pardon et son verbe pardonner.

Le pardon
: αφεσις : peut être traduit par libération, rémission, remise.

Le dictionnaire grec-français de A. Bailly, p. 324, rappelle que le sens profane et premier du terme est littéralement : laisser aller, laisser partir, renvoyer (un esclave), répudier une femme, décharger du service militaire, remettre une dette, une faute.

Dans le contexte spirituel, c’est la notion de liberté qui prévaut.
C’est un peu comme si sortant de prison, nous étions remis en liberté non surveillée. Le verbe pardonner, qui traduit l’action du pardon, confirme cette dominance.

Pardonner : αφιημι : faire sortir ou partir, laisser de coté, négliger, omettre, remettre une dette, les offenses, laisser, quitter, abandonner. Dans le langage profane, le grec utilisait ce verbe pour renvoyer un esclave, ou laisser à quelqu’un son indépendance. L’action de procéder à une expulsion conduit à un concept de liberté.

Dans un contexte spirituel, c’est redonner un espace de liberté.

Théologiquement, le pardon recouvre une double réalité.

Il y a le pardon fraternel. C’est le pardon que l’homme accorde à un autre homme qui l’a offensé. Et il y a le pardon de Dieu : La source de tout vrai pardon est en lui et vient de lui. Cela nous renvoie à l’origine de la rupture de relation entre Adam et Eve et Dieu le Père. La volonté d’indépendance de nos premiers parents a créé un fossé que Dieu seul pouvait combler. (Cf. Genèse 3 : 9) Elle s’est transformée en opposition à Dieu. La décision de rupture de relation vient de l’homme (même s’il n’est responsable qu’en partie). Elle peut être considérée au premier degré comme une trahison. (Précisons que l’humain est invité à pratiquer le pardon, mais Dieu seul peut prononcer la rémission des péchés).

Tout est pardonnable dans la Bible à l’exception du péché contre le saint-Esprit
. En bref, de quoi s’agit-il ? Peut-on préciser le tragique méfait ? L’évangéliste Marc donne l’explication de ce cas exceptionnel. (Cf. Marc 3 :22-30)

Il s’agit d’une méprise intentionnelle qui consiste à identifier le Christ au prince des démons. Cette tragique confusion des scribes de Jérusalem, confusion qui inverse les données du bien et du mal, rendait inopérant le pardon de Dieu. En résumé, cette confusion ne permettait plus la réconciliation. Elle mettait en constat d’échec le plan du salut de Dieu, révélé par son fils Jésus-Christ. Le verset 30 atteste bien cette grave méprise.

Avant d’aborder les différentes étapes qui jalonnent la mise en place d’un vrai pardon, observons que ce sujet est en pleine actualité. On voit des peuples jadis opprimés réclamés une demande de pardon de la part de leurs agresseurs. Il y a même en Afrique du Sud une commission (appelée Vérité et Réconciliation) chargée d’étudier ces situations historiques. En Amérique les psy et travailleurs sociaux emploient le pardon pour aider les personnes à guérir et à se réconcilier. Au Canada, les pasteurs travaillent avec la justice pour mettre en présence, avant délibération de la cour, agresseurs et agressés. En France, les évêques français ont demandé pardon pour leur silence lors de la déportation des juifs vers l’Allemagne…

En bref, c’est la première fois dans l’histoire que l’on assiste à des demandes de pardon collectives et nationales. Nous sommes bien au cœur de l’actualité tant profane que spirituelle.

Après ces considérations générales, abordons le cœur du sujet :

Comment pardonner à ceux ou celles qui nous ont profondément trahis, blessés ou agressés ?


Poser la question, c’est déjà, pour certains, faire acte de faiblesse. Il est plus facile, apparemment, de rester droit dans ses bottes. Pour d’autres, il faut beaucoup d’audace et de persévérance. Quoiqu’il en soit, ceux qui ont expérimentés la pratique du pardon donné ou reçu, reconnaissent un soulagement, un mieux être, une libération. Déchargé d’un sac à dos trop lourd, leur marche est redevenue dynamique. Mais attention, le pardon ne s’impose pas facilement à notre esprit. Il est le résultat d’une longue réflexion sur soi. C’est l’apprentissage d’un processus de libération. Car, disons le d’emblée, pratiquer le pardon, c’est d’abord se libérer soi-même. Mais, on peut sincèrement désirer l’expérimenter, sans pour autant parvenir à le réaliser. C’est bien là toute la difficulté !

Comme il y a autant de pardons que d’agresseurs et de victimes, essayons de pointer les différentes étapes qui peuvent nous conduire au vrai pardon. Pour cela, tentons de mettre en correspondance les travaux de deux psychanalystes, Nicole Fabre et Gabrielle Rubin, avec le Nouveau Testament.

1) Reconnaître la réalité de l’agression :

Dans le contexte de résolutions de problèmes, le premier réflexe est de définir précisément quel est le problème. Méfions-nous de ce qui peut paraître clair. La question des évidences est souvent piégée. Il vaut mieux reformuler les faits plusieurs fois, que de se méprendre sur le diagnostic. Cela dit, il est évident que la situation est différente, suivant que l’on est agresseur ou agressé.

En tant qu’agresseur dans notre relation à Dieu, la Bible pose un diagnostic avec un mot précis : le péché. Dépouillé de tout poids de culpabilité, ce mot exprime une rupture de contrat relationnel avec notre Père céleste. De ce fait, c’est quand on se reconnaît pécheur (acte lié à la repentance) que le pardon de Dieu devient opérationnel. (Cf.Romains 2 :4)

Dans la relation au prochain, la plupart du temps notre douleur provient d’une agression (qu’elle soit mineure ou majeure). Il s’agit donc de déterminer ce qui, en soi, a été agressé : Notre corps ? Notre orgueil ? Notre amour-propre ? Notre honneur ? Là commence la difficulté.

Devant la gageure à mettre le pardon en action, le premier réflexe est de chercher à oublier l’offense. On voudrait pouvoir gommer le passé. C’est une démarche iconoclaste. Les psy disent qu’ à ce moment là, souvent un mécanisme de défense enfouit la souffrance, la haine et la rancœur quelque part dans l’inconscient. Malheureusement et heureusement, nous ne pouvons pas oublier. Entretenir la mémoire des faits alimente, soit un mécanisme de défense qui ravive la souffrance destructrice (plus qu’il ne l’apaise), soit renforce la crédibilité du pardon.

La première bonne réaction est de reconnaître les faits et de renvoyer à l’agresseur son agression. Quelques soient les circonstances, l’action subie est à dénoncer. Il ne faut surtout pas se taire !

Le christ, lors de son procès à Jérusalem, devant le souverain sacrificateur, a été giflé par un huissier de service. La raison invoquée était : avoir manqué de respect au souverain sacrificateur. Comment le Christ a-t-il réagi ? Qu’a-t-il dit à cet huissier de service ?

« Jésus lui dit : Si j’ai mal parlé, explique-moi ce que j’ai dit de mal ; et si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » Jean 18 : 22-23

Retourner l’agression à son agresseur, c’est non seulement se respecter soi-même, mais encore donner à l’autre l’occasion de prendre conscience de son agression. Certains parlent de renouer avec soi-même, afin de ne pas sombrer dans les maladies psychosomatiques.

2) Décider de ne plus souffrir :

Rompre avec la vengeance, le ressentiment profond, l’amertume et tous les cortèges d’aigreur n’est pas chose facile. Paradoxalement pour entamer un processus de guérison, il faut faire sortir le mal qui est en soi. On peut même l’exprimer avec colère, voire avec haine. Il est normal, dans un premier temps, que la victime exprime fort sa souffrance, car c’est déjà la reconnaître et la faire reconnaître. Les professionnels insistent sur le fait que l’on ne peut pas faire taire sa haine. Si on ne la canalise pas vers l’agresseur, c’est vers soi qu’elle se dirige. On s’autodétruit. Mais, comme dans bien des cas, il est impossible d’exprimer cette haine contre son agresseur, surtout si c’est un parent ou un être profondément aimé. Que faire alors ? Il peut être salutaire, après l’avoir exprimer verbalement à sa façon, de coucher cette haine sur une feuille de papier ou de trouver un autre moyen pour qu’elle sorte. On peut se confier à un ami, ou si l’on est croyant s’adresser à Dieu. Plusieurs exemples sont mentionnés dans la Bible. Job (Job 6), Moïse (Exode 17 :1-7), David (Psaume 141), Jonas (Jonas 4). Ils ont tous exprimé leurs sentiments d’incompréhension et de colère. Dieu a toujours accueilli, sans pour autant effacer les conséquences de leurs actes. Mais, en définitive la confiance a été rétablie. Or, elle sous-tend la notion de pardon. Dans les cas que nous venons de citer, que serait devenue leur marche avec Dieu, s’ils n’avaient pu exprimer fortement leurs ressentis ? N’est-ce pas aussi la possibilité de contester qui féconde la confiance ?

Décider de ne plus souffrir, c’est prendre la décision d’inverser le cours de son histoire, afin de ne pas se laisser envahir par le mal récurent du non-pardon.

3) Cesser de se sentir coupable ; se savoir pardonne, savoir se pardonner :


Si l’on n’a pas complètement évacué ses ressentiments négatifs, il se passe souvent quelque chose d’étrange. On finit par croire que c’est de notre faute. Dans le cas des agressions physiques, souvent les victimes arrivent à se sentir coupables. Coupables de ne pas avoir résister, coupables d’être passer là au mauvais moment, coupables d’avoir fait le choix d’aller à tel endroit etc.

Sur le plan spirituel, on peut tout autant se détruire en n’arrivant pas à se pardonner. La culpabilisation s’installe. Elle est tenace et perverse. Elle masque l’amour de Dieu et nous fait douter de sa bonté envers nous. Et pourtant, le fait de reconnaître la vraie nature de notre situation (de pécheur), ne devrait pas occulter l’autre réalité de se savoir pardonner en Jésus-Christ pour toute erreur ou faute reconnue. Cette prise de conscience est libératrice.

La trahison de Pierre est éclairante sur ce point. Malgré l’intimité de relation qui unissait Jésus et l’apôtre Pierre, ce dernier va le trahir à un moment crucial. Par trois fois Pierre renie son Seigneur et Maître. En conséquence «  Il pleura amèrement » Luc 22 :62. Imaginons les remords, les regrets, les demandes fortes de pardon qui sont montées vers Dieu ! Le temps passe… Puis vient le moment où les femmes viennent annoncer la résurrection du Seigneur. Les disciples doutent. Pierre et Jean se lèvent promptement et ils trouvent le tombeau vide. Surtout pour Pierre, toujours tenaillé par le remord, tout s’écroule. Il est dans la confusion la plus totale. Pourtant, en réalité, il n’est pas oublié, mais il l’ignore. Sa détresse quelque part est prise en compte. Mais le temps passe, et c’est seulement lors de sa troisième apparition, que Jésus donne à Pierre l’opportunité de réaffirmer son amour pour lui. Pierre découvre enfin le bonheur de se savoir pardonner. (Cf. Luc 24 :12 ; Jean 21 : 15-17)

S’il est bienfaisant de se savoir pardonner, il est tout aussi important de savoir se pardonner. Pourquoi est-ce essentiel de faire cette démarche ? Pourquoi avons-nous tant de mal à nous donner le droit à l’erreur ? Avons-nous la capacité de vivre toujours le bien, le bon, le parfait ? Devant la femme adultère, Jésus a dit :

« Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle » Jean 8 :7


L’apôtre Paul répond aussi au travers de son expérience :

« J’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas… Misérable que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ? Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur ! » Romains 7 : 18-19,24-25

La culpabilité qui consiste à nous maintenir la tête sous l’eau est l’œuvre du malin. De plus, nous ne sommes pas totalement responsables de tout ce qui nous arrive !

Personne n’a demandé à subir les conséquences de la faute d’Adam et Eve ! Arrêtons de nous sentir toujours coupables. D’un autre coté, ne prenons pas non plus ce prétexte pour faire tout et n’importe quoi. Engageons, comme l’apôtre Paul, notre responsabilité. Recnnaissons les travers de notre véritable nature. Présentons-les simplement au Seigneur. Dieu nous pardonne à travers son Fils et nous réconcilie avec lui, en vue d’une relation éternelle. (Cf. Romains 5 :10 ; 2 Corinthiens 5 : 18-20 ; Colossiens 1 : 21-23)

Bien que l’idéal que Dieu nous propose soit très élevé, voire inaccessible sans son aide, il nous appartient de nous détacher de ce « moi idéal » hérité de la culture judéo-chrétienne. Arrêtons de croire que la perfection est possible. Arrêtons de dire : «  je suis impardonnable d’avoir commis tel acte, ou d’avoir agi de cette façon ». Cessons de nous sentir coupables, donnons-nous le droit à l’erreur. Se pardonner d’abord à soi-même est essentiel dans le processus d’accueil du pardon de Dieu.

4) Comprendre celui ou celle qui nous a agressé :

La haine, la colère, le vif ressentiment, toutes les pensées négatives à l’encontre de l’agresseur doivent s’exprimer ponctuellement. Il y a nécessité à les « faire sortir », seulement on ne peut en rester là. Ce soulagement a une durée de vie limitée. Tout n’est pas résolu pour autant   dans le temps. Au contraire, le fait d’en prendre conscience augmente même notre souffrance. Une des pistes qui apporte un soulagement plus durable consiste à chercher à comprendre son agresseur. Comme le dit le philosophe français Paul Ricœur : «  il est important de ne pas limiter un homme à ses actes, aussi monstrueux soient-ils ». Cette démarche de compréhension n’a rien de commun avec le fait d’excuser l’agression. Chercher à comprendre, c’est se situer sur un même plan d’humanité. C’est dans ce sens qu’il faut entendre les paroles du Christ :

« Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent… » Matthieu 5 :44


Répondant aux questions de Simon Wiesenthal concernant les atrocités des camps de concentration, Simone Veil émet l’idée qu’accorder le pardon, c’est se prouver à soi-même que l’on a conservé un peu d’humanité. J’ai personnellement ressenti ce sentiment pendant la guerre d’Algérie, lorsqu’un 24 Janvier 1960, mon père a été mortellement blessé par le tir d’un C.R.S, alors qu’il venait porter secours à un homme blessé devant une barricade, à Alger. Comment peut-on tirer sur un homme sans arme, alors qu’il porte secours à un autre homme blessé, comme on tire un lapin en pleine campagne ?

Chercher à comprendre m’a aidé, non à excuser l’acte en lui-même, mais à mieux intégrer la misère de tous les humains que nous sommes. Misère qui nous conduit à nous entredéchirer dans des rapports de force, plutôt que de construire des liens d’humanité.

Nicole Fabre relate (dans son livre «  les paradoxes du pardon » p. 135) le souvenir que Simon Wiesenthal raconte dans son livre les fleurs du soleil. Alors qu’il était interné dans un camp de travail durant la seconde guerre mondiale, il fut conduit au chevet d’un officier allemand mourant. Cet officier nazi voulait confier ses crimes à un juif pour obtenir son pardon et partir en paix. Simon Wiesenthal l’a écouté attentivement en silence, puis s’est levé sans rien dire et a quitté le mourant. Cette rencontre l’a emmené à s’interroger… Aussi, à la fin de la guerre, il a décidé de retrouver la maman de ce nazi et a voulu la rencontrer. Ils ont parlé de ce fils, mais Simon Wiesenthal n’a pas eu la force de lui révéler les atrocités commises par son fils. A défaut de pardon, Simon Wiesenthal a effectué un geste d’apaisement. Il est allé au-delà du pardon ordinaire. Il a vécu un lien d’humanité. Il a renoué avec l’humanité. Cette démarche est d’essence spirituelle, elle en dit plus que des mots…

Prendre conscience des bassesses de notre humanité, c’est assumer ses limites, ses faiblesses, ses misères. Notre toute petite planète bleue, n’est-elle pas infiniment petite devant l’univers infini ? Sa beauté contraste avec notre misère humaine !

La bible confirme cette piste de réflexion : « Sentez votre misère… Humiliez-vous devant le Seigneur et il vous élèvera » Jacques 4 : 9-10

Dieu rappelle à Moïse qu’il a donné à l’homme « un cœur pour comprendre, des yeux pour voir, des oreilles pour entendre » Deutéronome 29 : 4

A suivre :

Prochainement les chapitres suivants seront développés :

Laisser du temps au temps ; les écueils du pardon ; les options du non-pardon ; le pardon un acte libérateur ; le travail des historiens et de la justice ; reprendre le contrôle de sa vie ; essai dans l’élaboration d’un protocole de pardon.

http://www.chretiens-en-marche.org/paroles-en-chemin/les-th%C3%A8mes-fondamentaux-du-christianisme/le-pardon-part-1/

                                     Jacques Eychenne

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« Tu es grand, Seigneur, et louable hautement… Tu nous as faits pour Toi et notre cœur est sans repos tant qu’il ne se repose pas en Toi » (saint Augustin).
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