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 Pape François et la théologie de la libération

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Pearl
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MessageSujet: Pape François et la théologie de la libération   Sam 18 Juil - 22:14


Le pape François et la théologie de la libération
: les liaisons dangereuses ?
FIGARO VOX Par Isabelle Schmitz M le 18/07/2015

FIGAROVOX/ENTRETIEN- Après le voyage du pape en Amérique du Sud, ses discours continuent de faire débat. Isabelle Schmitz nous rappelle quel fut le rapport du Cardinal Bergoglio avec la théologie de la libération.

Isabelle Schmitz est grand reporter au Figaro. En charge du Figaro Hors-Série elle a fait pendant des années de l'information religieuse notamment à Spectacle du Monde et à Radio Vatican. Elle est l'un des auteurs du Dictionnaire du Vatican (éditions Robert Laffont, collection Bouquins) notamment sur les sujets qui concernent la théologie de la libération. Elle participe régulièrement à l'émission La curiosité est un vilain défaut sur RTL.

Parmi les cadeaux remis au pape François par le président bolivien, Evo Morales, un Christ couché sur une croix en forme de faucille et de marteau a déclenché la polémique.

Le crucifix offert par le président bolivien Evo Morales est une réplique de celui en bois que tailla, dans les années 1970, le jésuite espagnol Luis Espinal, en forme de faucille et marteau, sur lequel il fixa le Christ de ses premiers vœux de religieux (il fut ordonné en 1962 en Catalogne). Il mena à partir de 1968, date de son arrivée en Colombie, un apostolat engagé auprès des pauvres, comme journaliste et réalisateur de films qui dénonçaient les injustices et les abus de la dictature militaire. Il participa également aux grèves des mineurs et des travailleurs. Le 21 Mars 1980, il fut enlevé, torturé, et finalement abattu sur ordre du dictateur luis Garcia Meza Tejada.

Avant son entretien avec le président Morales, le pape François alla se recueillir devant la croix érigée à l'entrée du quartier d'Achachicala, à La Paz, où fut retrouvé le corps supplicié du prêtre, et loua le courage de ce défenseur du droit des opprimés: «Il prêcha l'évangile, cet évangile qui nous apporte la liberté, qui nous rend libre, comme tout enfant de Dieu»

En recevant le cadeau, le pape a laissé paraître un certain embarras démenti le lendemain par son porte-parole, le père Federico Lombardi: selon les précisions du père Lombardi, ce crucifix n'aurait pas été, pour le père Espinal, un signe idéologique, mais le signe d'une réflexion intime sur le christianisme et le marxisme. «Il n'était pas communiste, mais c'était une manière de chercher le dialogue avec les ouvriers et les paysans, qui était selon lui absolument nécessaire», déclara le père Albo, jésuite, un ami proche d'Espinal. Ce crucifix «revisité» illustre l'influence que put avoir sur l'Eglise latino-américaine la théologie de la libération, apparue dans les années 1960 en réponse à des situations de grande instabilité politique et d'injustices sociales criantes.

Il mettait cependant en garde contre la tentation d'idéologiser le message évangélique par une « réduction socialisante », « une prétention interprétative sur la base d'une herméneutique selon les sciences sociales, (qui) recouvre les champs les plus variés : du libéralisme de marché aux catégories marxistes ».

En acceptant ce cadeau, et en allant de recueillir sur la tombe du père Espinal, le pape François aurait-il légitimé la théologie de la libération?


Si l'élection du pape François, qui fit immédiatement le vœu d' «une Eglise pauvre et pour les pauvres», a été saluée par Leonardo Boff, l'une des figures éminentes de ce courant théologique, le pape argentin n'a jamais adhéré à la théologie de la libération telle que l'ont définie ses principaux leaders, (Gustavo Gutierrez en tête) dans le contexte tourmenté des années 1960: une «théologie contextuelle», qui, à partir d'une relecture marxiste de l'Evangile, conçoit l'histoire comme un processus de libération de l'homme, «qui conduit à une révolution culturelle permanente, à la construction d'un homme nouveau» et à l'établissement du le Royaume de Dieu sur terre sous la forme d'une société sans classes. Le Christ y est à la fois le libérateur du péché et le chef de file des révolutionnaires, parfois représenté, en croix, sous les traits de Che Guevara. Le pauvre de l'Evangile est entendu comme le prolétaire, considéré comme le seul interprète légitime de l'Evangile et comme le sacrement même du salut. C'est cette inversion fondamentale qu'exprimait le jésuite Joao B. Libanio, au IVe Congrès international de théologie (20 février-3 mars 1980) à Sao Paulo: «Avant, c'était le riche, ou l'Eglise, qui faisaient Grâce au peuple. Aujourd'hui, c'est celui qui réussit à s'approcher du peuple qui reçoit la grâce. Cette découverte: que le peuple simple, le pauvre, est le sacrement du Salut, est la grâce pour nous.»

Tout en luttant pour la défense et le respect des pauvres, le cardinal Bergoglio n'adhéra jamais à cette herméneutique marxiste, et il rappela avec force la primauté de la foi sur toute vision «idéologisée» de la réalité et de la figure du pauvre.

En 2007, il présida la rédaction du document final de la Ve la réunion de Conseil épiscopal latino-américain(CELAM) à Aparecida, dans lequel il insista sur l'urgence d'annoncer le Christ à tous, et sur la mission des chrétiens à «faire de ce continent un modèle de réconciliation, de justice et de paix».

Dans son discours au comité de coordination au CELAM, prononcé à Rio de Janairo le 29 Juillet 2013, le pape François rappelait la nécessaire conversion pastorale, qui impliquait de croire en Jésus Christ porteur du Royaume de Dieu, et de l'annoncer en adoptant «les joies et les espérances, les tristesses et les angoisses des hommes de notre temps, surtout des pauvres et de ceux qui souffrent». Il mettait cependant en garde contre la tentation d'idéologiser le message évangélique par une «réduction socialisante», «une prétention interprétative sur la base d'une herméneutique selon les sciences sociales, (qui) recouvre les champs les plus variés: du libéralisme de marché aux catégories marxistes».

La théologie du peuple dont s'inspire le pape François est-elle une excroissance de la théologie de la libération?

La «théologie du peuple», que l'on a beaucoup citée lors du voyage du pape en Amérique latine, émane de la théologie de la libération (elle est née dans son sillage mais se présente comme «autonome») en ce sens qu'elle recherche, selon les mots de Bergoglio en 2012, «les chemins de la libération intégrale de notre peuple, en mettent en avant la nouveauté évangélique, sans tomber dans les réductions idéologiques». En aucun cas elle ne prône la lutte des classes.

Elaborée par les argentins Rafael Tello et Juan Carlos Scannone (qui fut professeur de Bergoglio lors de son noviciat jésuite), elle porte une attention particulière aux pauvres et à la justice sociale, tout en se tenant «loin d'un idéalisme sur les pauvres, loin d'un paupérisme théologal», précise Bergoglio, mais accueillant la culture et la religiosité des gens ordinaires, leur piété, comme une richesse missionnaire et un don de Dieu.

Alors que les théologiens de la libération identifient le Peuple de Dieu au peuple comme classe, la théologie du peuple entend le «Peuple de Dieu» comme les peuples de la terre, chacun avec sa culture propre et son enracinement. En Amérique latine, les garants de la culture et des valeurs de chaque peuple sont avant tout les pauvres. Ce sont eux qui maintiennent vivante la notion de peuple, qui sont le plus attachés à leur culture. D'où une sollicitude et une attention supplémentaires aux pauvres. D'où l'importance, pour la théologie du peuple que prône le pape, de l'évangélisation de la culture, et de l'inculturation de l'Evangile. En plus de la justice sociale et de la lutte évangélique pour le respect des plus humbles.

http://www.lefigaro.fr/vox/religion/2015/07/17/31004-20150717ARTFIG00362-le-pape-francois-et-la-theologie-de-la-liberation-les-liaisons-dangereuses.php

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MessageSujet: ils accusent Pape Francois, car IL les derange dans leur amour de l'argent, qui leur donne le pouvoir   Sam 18 Juil - 22:24

Le radicalisme social du pape François lui vaut quelques ennemis


À deux mois d'un voyage aux États-Unis et après son encyclique dénonçant finance et multinationales, le pape François s'est encore fait des ennemis avec ses appels radicaux à changer le système économique mondial lors de sa tournée sud-américaine. Beaucoup de conservateurs américains, les « neocons », y compris catholiques, ne décolèrent pas à chaque fois que le pape se mêle d'économie et l'accusent à nouveau d'être marxiste.


Devant les mouvements populaires en Bolivie, le pape, il est vrai, n'y est pas allé par quatre chemins, dénonçant avec violence le « capital idole », « la logique du profit à tout prix » ou les « colonialismes anciens et nouveaux ».

Dans ce contexte, la visite du pape argentin en septembre aux États-Unis pourrait s'avérer le déplacement le plus difficile du pontificat, surtout depuis que le Vatican a confirmé que François ferait d'abord escale à Cuba.

La bénédiction de Raul Castro peut difficilement tenir de recommandation pour la droite américaine que Jorge Bergoglio rencontrera au Congrès, relevait ainsi un Vaticaniste. Le pape, à son retour lundi à Rome, a reconnu qu'il devait encore évaluer les critiques portées contre lui avant son voyage aux États-Unis. « J'ai entendu que quelques critiques ont été exprimées, mais je n'ai pas eu le temps de bien les étudier », a-t-il admis.


(Lire aussi : En Bolivie, le pape dénonce la culture du « rejet » et de la « consommation »)

http://www.lorientlejour.com/article/934913/le-radicalisme-social-du-pape-francois-lui-vaut-quelques-ennemis.html

si Pape Francois est critique, c'est parce qu'Il detient la VERITE face a tous les 'profiteurs' qui pronent 'ne touche pas a mon fric' evitant de reconnaitre qu'ils sont suppots du diable




« L'homme le plus dangereux »
Ces critiques, encore ténues il y a quelques mois, se sont nettement renforcées après la publication de l'encyclique « Laudato si » sur l'environnement, véritable manifeste en faveur de la planète dénonçant sans ambiguïté les excès du capitalisme. Un commentateur de la chaîne de télévision américaine Fox News, Greg Gutfeld, qualifiait alors le pape d' « homme le plus dangereux de la planète ». « Il ne lui manque plus que des dreadlocks pour manifester à Wall Street », ironisait-il.
« Disons-le : François est un théologien de la libération », juge de son côté le professeur américain de religion Mark Silk, du Trinity College (Connecticut), sur le site Religion News Service. « Il n'a cessé de critiquer le capitalisme global, il a nommé chef de la Congrégation pour la doctrine de la foi un défenseur de la théologie de la libération, le cardinal Gerhard Müller, il a sorti Gustavo Gutierrez, fondateur de cette théologie, de la disgrâce », a-t-il ainsi relevé. Le pape a toujours dit s'être rattaché à Buenos Aires à « la théologie du peuple », courante en Argentine, récusant les accents marxistes de la « théologie de la libération ».
Mais, nouvel objet de scandale : il est revenu à Rome emportant dans ses bagages une sculpture en bois figurant un crucifix fixé sur une faucille et un marteau, fabriquée par un jésuite d'extrême gauche assassiné en 1980, Luis Espinal, offerte par le président Morales. « Pour moi, ce cadeau n'a pas été une offense », a-t-il souligné.

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