La Chapelle de la Sainte-Famille

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 Dans l‘Eucharistie, l’Eglise avec Marie est comme au pied de la Croix

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Pearl
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MessageSujet: Dans l‘Eucharistie, l’Eglise avec Marie est comme au pied de la Croix   Mar 4 Aoû - 19:50

par Frère BRUNO-MARIE

http://annonciade.pagesperso-orange.fr/marieeucharitie.htm


«Dans l‘Eucharistie, l’Eglise avec Marie est comme au pied de la croix, unie à l’offrande et à l’intercession du Christ ». (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 1370)

On voit combien le réalisme sacramentaire de l’Eucharistie est connecté organiquement, intrinsèquement, avec le mystère de la Rédemption, historiquement développé il y a 2000 ans, au Golgotha où se tenait Marie. Pour vivre l’Eucharistie au quotidien, la référence est Marie au Golgotha vivant aussi le très saint sacrifice du Rédempteur qui fonde toutes les Eucharisties. Elle a vécu l’événement fondateur fondant toutes nos Eucharisties lesquelles sont « des » eucharisties seulement dans la mesure où elles nous restituent comme mémorial la réalité de ce premier et unique sacrifice du Golgotha.

I Eucharistie et pauvreté de coeur, à l’école de Marie. Nous interrogerons sa vie.

II Eucharistie et foi. La foi : premier ressort de notre sacerdoce baptismal - premier ressort du sacerdoce baptismal exemplaire de Marie. Ceci nous le contemplerons au Golgotha.

III Eucharistie et charité, à l’imitation de Marie, dans la première communauté de Jérusalem où Marie, évidemment, se trouvait.

Eucharistie et pauvreté de coeur. Je donnerai comme équivalence à ce titre : catéchèses préparatoires à la première communion eucharistique de Marie. Avant de faire sa première communion, on se prépare. Marie, peut-être, a-t-elle été préparée ? C’est intéressant de voir comment elle l’aurait été. Si elle a été préparée à la première Eucharistie, pourquoi ne pas suivre les mêmes catéchèses, du moins essayer de les retrouver dans notre vie ? Marie peut nous aider.

Eucharistie et foi - la foi, premier ressort qui nous fait vivre notre sacerdoce baptismal, Marie premier modèle vivant le sacerdoce baptismal. Là, je donnerai comme équivalence à ce titre : la « messe » de Marie car, le très saint sacrifice du calvaire, est l’événement fondateur de toutes nos Eucharisties.

Eucharistie et charité avec Marie dans la première communauté de Jérusalem. Comme équivalence à ce titre : la première communion eucharistique de Marie à Jérusalem. Nous ne pouvons pas dire que Marie ait communié au Cénacle : nous ne le savons pas. Ce n’est pas dit dans l’Evangile nous n’avons donc pas à le retenir comme hypothèse. Je pense que la première communion de Marie - c’est un avis personnel - a eu lieu à la Pentecôte, au moment où l’Eglise était née. Pourquoi ? Tout simplement, parce que Marie n’avait pas besoin de vivre de façon anticipée le sacrifice du Golgotha - qu’était la Cène du Jeudi Saint - car elle allait vivre la réalité fondatrice de la première eucharistie anticipée - qui était celle du jeudi Saint - au pied de la croix.

I

EUCHARISTIE ET PAUVRETE DE COEUR A L’IMITATION DE MARIE

ou bien Les catéchèses préparatoires à la première communion eucharistique de Marie

Les grands événements se préparent de loin ; quand il s’agit de Marie, ils se préparent de très loin, et de toujours. Ces catéchèses, qui les donne ? Le Saint-Esprit. Marie est comblée de grâce par l’Esprit Saint. Et Puis, Jésus auprès duquel Marie a vécu en intimité pendant 33 ans. Marie éduquait Jésus mais Jésus éduquait Marie : n’est-il pas bien connu que les enfants éduquent leurs parents. Qui reçoit ces catéchèses ? Marie, bien sûr. Sous quelle forme lui sont-elles données ? Difficile à préciser. Par beaucoup de modes sans doute. Mais sûrement par modes d’événements. Dieu s’adresse à l’homme par des paroles... Il lui parle aussi par les événements. Dans la Constitution Dei Verbum, du Concile Vatican II, sur la Révélation, il est expressément dit que la révélation divine à l’Eglise, aux hommes, s’est effectuée à travers l’Histoire Sainte, par les paroles et par les événements. Si la grande révélation à l’Eglise s’est effectuée de cette manière par Dieu, comment voulez-vous que les événements n’aient pas eu une part importante dans la pédagogie de Dieu, quand Dieu voulait conduire Marie vers « sa première communion » ?

Condition pour recevoir l’Eucharistie ? Condition de pauvreté de coeur. Voyons comment en Marie a été réalisée cette pauvreté de coeur par ce grand pédagogue qu’est l’Esprit Saint et que fut également Jésus. Cela peut nous aider dans notre quotidien.

A POUR UN DIEU, QUE D’ABAISSEMENTS...

Nous recevons, chaque fois que nous communions, le Seigneur de Gloire. Mais, le Seigneur de Gloire est aussi un grand pauvre. Il a voulu se manifester dans une très grande pauvreté. Humainement, sur terre, il a été, le Grand Pauvre. Marie, pour recevoir, pour être digne de recevoir Jésus à la Pentecôte dans son coeur, devra avoir le coeur pauvre. L’Esprit Saint va donc former le coeur de Marie à la pauvreté en mettant Marie à l’école du Grand Pauvre. Jésus et l’Esprit Saint se complètent dans leur pédagogie. Marie sera la première disciple à l’école du Coeur de Jésus alors que ce Coeur, elle le forme maternellement.

Quelle est la pauvreté du grand Pauvre ? Il s’est fait pauvreté. Il n’est pas seulement le Grand Pauvre, Il est la Pauvreté. Quelle est la première manifestation de cette pauvreté ? L’Incarnation.. Dieu est Dieu. L’homme est créature. Dieu rejoint la créature, en son état de créature. Dieu assume la condition humaine et la nature humaine afin de nous rejoindre. « Le propre de l’amour, c’est de s’abaisser ». Dans les anciens cantiques de Noëls, nous chantions les « abaissements » de notre Dieu...

Premier abaissement : célébré par St Paul dans sa lettre aux Philippiens. « Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais il s’abaissa lui-même, prenant condition d’esclave et devenant semblable aux hommes, s’étant comporté comme un nomme il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort et à la mort sur une croix. Aussi Dieu l’a-t-il exalté »... Puis c’est tout le mystère connexe de la glorification de Jésus après les humiliations de la Croix. Jésus est Seigneur Ressuscité. Il est le Christ Roi. Mais s’il ne s’était pas abaissé, il ne régnerait pas parce que le genre humain n’aurait pas été sauvé.

Trois pauvretés du Grand Pauvre sont à recevoir. La Kénose. Dans la lettre aux Phillipiens, nous avons le verbe « ekenosen » qui veut dire : il s’anéantit. La kénose est ce vide de soi, cette vacuité intérieure, cette pauvreté du coeur qui ne retient rien, qui est toute aptitude à recevoir.

Ce verbe me fait toujours trembler d’une émotion à la fois spirituelle et littéraire car dans le Prologue de St Jean on peut lire : « Et le verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous ». En grec : « il a planté sa tente parmi nous ». Dans le langage théâtral, vous avez le mot « scène », c’est-à-dire, l’endroit où les acteurs vont évoluer. Ainsi du Christ, « Il a planté sa tente », comme un acteur - acteur divin de la geste divine de l’amour -, il a pris corps, il a pris chair. Le verbe grec pour dire cela, contient en effet ce mot de « scène » . Jésus est le grand acteur de l’histoire humaine. Voici ce verbe : « eskenosen ». Il a planté sa tente parmi nous, Il a demeuré parmi nous. Ainsi : s’anéantir, s’abaisser, est « ekenosen » ; il a demeuré parmi nous, il a planté sa tente parmi nous, « eskenosen » . L’Esprit Saint sait choisir son vocabulaire !

Kénose de l’Incarnation, pauvreté de l’Incarnation. Kénose de la Rédemption : mort sur la croix. Kénose de l’Eucharistie, la plus confondante. Voilà pourquoi St François d’Assise disait que l’Eucharistie est une Incarnation prolongée. Si l’Incarnation est déjà une kénose, sa prolongation sera aussi une kénose. Le Seigneur a dit : « apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur ». Dans le mot « humilité » nous avons « humus » qui a donné l’humus en français qui est le sol que nous raclons à la surface, la terre, l’argile. Rien de plus humble que de se baisser pour ramasser un peu de terre. Jésus s’est fait « terre », il s’est fait corps. Il a été tiré de la même race qu’Adam. « Adamah », c’est le sol limoneux d’où l’Esprit de Dieu tire Adam. Il souffle sur ce petit amas de glaise et fait le chef- d’oeuvre d’un homme, d’une femme.

B « HEUREUSES LES ENTRAILLES QUI T’ONT PORTE... » (Lc 11,27)

Comment Marie s’est mise à l’école du Grand Pauvre ? Toute sa vie. Nous allons distinguer dans la vie de Marie deux parties. Première partie : de sa naissance jusqu’à la Pentecôte. Ce sont les préparations eucharistiques. Deuxième partie : de la Pentecôte à sa mort. Dans l’enceinte de l’Eglise, comme Mère de l’Eglise, Marie communie sous le mode eucharistique. Marie a dû faire « sa première communion » aux alentours de 50 ans.



Marie a été confiée et remise par Jésus comme un testament précieux, à St Jean qui venait d’être ordonné prêtre au Jeudi Saint. Le livre des Actes des Apôtres consigne que Marie était « assidue » aux prières, avec les apôtres au Cénacle, dans l’attente de l’Esprit Saint. Puis, quand St Luc décrit, après la descente de l’Esprit sur l’Eglise, les premiers traits de la première Communauté étonnante de ferveur qu’est la Première Eglise de Jérusalem, nous retrouvons le même mot « d’assiduité » ; cette fois le mot est appliqué aux disciples : ils étaient assidus aux prières, à la communion fraternelle, à la fraction du pain (= Eucharistie) et à l’enseignement des Apôtres. Nous pouvons être quasi certains que Marie a communié sous le mode eucharistique. Nous en verrons les raisons dernières plus loin.

Première partie de la vie de Marie. Si Marie ne communie pas eucharistiquement, Elle est pourtant en état de communion. Comment qualifier le mode de communion de Marie avec Jésus, dans cette première partie de sa vie ? Il est difficile d’en rendre compte car nous ne sommes pas passés par ces expressions d’intimité de la Mère de Dieu avec son Dieu fait homme. Cela dépasse toute expression.

Mais pourtant... ce mode de communion, de communication, dans cette première partie de la vie de Marie, a comporté une dimension physique. Marie était une femme. Jésus était un homme parfait. Il y a donc dans ce rapport de communion une dimension physique qu’il ne faut pas oublier. Si on doit aborder l’Eucharistie avec un coeur de pauvre, si Marie doit préparer sa communion de Pentecôte et être comme son Fils une grande pauvre, il faut voir comment a pu se réaliser cet appauvrissement du coeur de Marie. Le dépouillement de jésus-Eucharistie est extrême. C’est avec une foi dépouillée à l’extrême que Marie rencontrera le Grand Pauvre de l’Hostie.

Commet a-t-elle été appauvrie ? Par Jésus, par l’Esprit Saint. Parce que nous sommes trop matérialistes, parce que le corps grève trop notre réflexion intérieure, nous attachons trop d’importance au mode physique de nos relations qui s’expriment en termes de sympathie, d’antipathie ... En principe les saints ne donnent pas audience aux sympathies, aux antipathies; autrement ils pulvérisent la charité. Par essence, la charité de Dieu est universelle. Dieu aime tous les hommes. Si nous épousons les moeurs de Dieu, notre charité doit être universelle et ne doit pas faire acception des personnes. Cela est très difficile. En raison même du mode physique de relation qui unit Marie à Jésus, il y a entre Mère et Fils une composante affective au coeur du jeu relationnel. Et c’est légitime, naturel, humain, dans le droit fil de l’Incarnation.

Pour nous, ce mode physique nous apparaît comme le mode de relation le plus comblant. Quand vous aimez un être qui se trouve à 3000 km de vous, vous sentez bien que sa présence physique ou son absence est un élément important de votre relation. Qu’un fiancé soit fiancé et que sa fiancée soit au loin : rien de très porteur. Bien sûr, l’absence éprouve l’amour, le fait grandir, mais, quand même, il réclame avec insistance la présence.. N’est-ce pas ce mode-là que nous souhaiterions avoir avec Jésus ? Pourquoi l’Eucharistie est-elle si dure à vivre ? Sinon, parce que nous n’avons pas l’expérience de cette dimension physique de notre relation avec Jésus. Ce mode de relations fait un peu l’objet de toutes nos envies quand nous regardons Marie, il y a 2000 ans. Marie ne pouvait-elle pas voir Jésus ? Le toucher ? Ne pouvait-elle pas plonger son regard dans le regard de Jésus ? Ne pouvait-elle pas sentir son coeur battre à l’unisson du coeur de Jésus ? Toutes choses comblantes, rassasiantes pour un coeur qui aime. Jamais une autre créature humaine que Marie n’aura été établie dans cette proximité inconcevable, dans cette familiarité de tous les instants, dans cette intimité avec son Fils. Elle a été la Femme élue entre toutes les femmes pour bâtir ce rapport avec le Dieu fait homme. Il n’y a pas de plus grande proximité que la proximité maternelle dans cette condition. Et pourtant... à la Pentecôte, comme nous, Marie n’aura devant les yeux que la blanche Hostie... en ses pauvres apparences;

Avant d’aborder ce « pourtant », je vous signale les trois moments de cette communion physique, particulièrement désirable qui fonde notre admiration : méditons un instant les 9 mois de la conception du plus beau des enfants des hommes dans le sein immaculé de Marie, « le fruit de ton sein est béni » ; méditons la Nativité, la naissance virginale à Béthleem avant que n’arrivent les bergers, les mages, avant que Jésus ne soit lancé sur la place publique ; méditons les 30 ans de vie cachée, donc d’intimité, entre le coeur de la plus parfaite des créatures et le coeur de notre Dieu très Beau qui se fait créature dans l’excès de son amour pour nous. « Le Puissant fit pour moi de grandes choses » .

Avant d’être l’ »Emmanuël » qui signifie « Dieu avec nous », indiquant donc très bien l’intimité d’amour d’un Dieu qui se fait homme, Jésus a été Dieu avec Marie. Ou mieux : en étant Dieu avec Marie, Jésus a été plus que jamais « Dieu avec nous » . Tout nous vient par Marie.

C IL FALLAIT QUE MARIE SOUFFRÎT DANS SA CHAIR POUR ENTRER DANS SA GLOIRE

Marie est donc riche ? Elle n’est pas pauvre ? Elle est très riche, Marie, elle a un trésor. Quand on a un trésor, n’est-on pas avare de son trésor ? On cherche à le préserver ; on est possesseur, captateur... Marie est donc riche de la relation physique avec son Dieu, son Enfant, avec le corps de son enfant qu’elle a tenu sur ses genoux, qu’elle a caressé, qu’elle a nourri, qu’elle a porté. Considérons la légitime fierté de cette jeune maman, cette humble fierté naturelle de Marie, riche de son trésor, Jésus qui est toute sa vie. « Là, où est ton trésor, Marie, là aussi est ton coeur; mais là, où tu as un trésor, Marie, qui s’appelle Jésus, tu es vulnérable en Jésus. Et si quelque chose ou quelqu’un atteint Jésus, tu es vulnérable en cette blessure qui frappe Jésus. Si tu es riche de la présence de Jésus, si on s’attaque à la présence de Jésus, si on l’enlève à ton amour, tu es vulnérable en ton coeur. Tu es donc riche, mais tu es susceptible d’appauvrissement ». C’est, là, toute la pédagogie des événements dont le St Esprit est le grand maître dans la vie de Marie, comme dans nos vies. Jésus, parce qu’il a fait le passage de sa Pâque ne cesse de passer dans nos vies pour que nos vies soient passages vers Lui.

L’Esprit Saint est le feu purificateur. Non pas que Marie ne soit pas très pure dans sa relation avec Jésus. Elle est toujours l’Immaculée. Mais elle peut progresser en toutes les vertus, si l’on peut dire. L’Esprit Saint sait que Dieu ne peut habiter que les coeurs pauvres. Le coeur de Marie est vulnérable en ce qu’elle aime Jésus. La foi de Marie va être purifiée au feu des événements pour être idéalement celle de l’Eglise. L’Esprit Saint est donc ce maître intérieur qui va éduquer Marie car il a la science des purifications. Quelle est la méthode de l’Esprit Saint ? Sa règle d’or en matière de pédagogie spirituelle ? Sa Règle d’or nous est donnée par Jésus : « qui veut sauver sa vie la perdra mais qui perd sa vie à cause de moi la sauvera ». Ce n’est pas évident à comprendre... Quel paradoxe !

Il y a vie et Vie. Qui veut sauver sa vie, c’est-à-dire préserver son vieil homme, avec ses tendances, ses conforts de péchés, cultiver son égoïsme, qui veut sauver la chair, les prudences de la chair, perdra la Vie, la Vie Eternelle. C’est la parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare... Qui veut sauver sa vie temporelle, qui fait du temps son ciel, qui fait des biens de la terre des idoles, perdra le Ciel, la Vie Eternelle. Qui veut être riche durant sa vie terrestre, sera dans l’indigence éternelle devant Dieu.

Appliquons cela à Marie. Il existe chez elle une affection charnelle légitime, un attachement sensible à Jésus. Mais Marie pour être parfaitement pauvre d’elle-même et riche de Dieu doit être détachée même de cet attachement sensible à Jésus. C’est par- là que Marie perd sa vie. Il faut qu’elle perde Jésus, d’une certaine façon. Elle doit perdre sa vie pour gagner la Vie. L’amour pour Jésus doit être tout spirituel car Dieu est Esprit. Or Dieu veut un culte « en esprit et en vérité » dit st Jean. Donc, Il l’attend, a fortiori, de son Epouse qui est Marie; Dieu, Esprit, attend de Marie, un culte en esprit et en vérité.

L’éducation de l’Esprit Saint, dans le sens d’un appauvrissement, est une éducation de la foi de Marie. Pauvreté de coeur, foi : ce sont deux vertus connexes. La foi est une expérience de pauvreté car il y a l’inévidence de la foi. On croit en un Dieu qu’on ne voit pas. Marie doit s’appauvrir de tout ce qu’il y a de trop sensible dans son affection pour Jésus afin de mieux trouver dans ce Verbe incarné le vrai Dieu, afin qu’elle puisse dire, comme st Thomas, « mon Seigneur et mon Dieu ».

L’apprentissage de la pauvreté du coeur par Marie, apprentissage au détachement, un apprentissage par lequel Marie va passer par des seuils, des nuits de la foi. Ces nuits de la foi sont des périodes dures à vivre pour les âmes. Par l’épreuve, sous une apparence du moins, se dégage finalement par la force de l’Esprit un plus d’amour et une avancée dans la voie spirituelle des âmes vers le Seigneur. Ainsi en fut-il de Marie, qui est en pèlerinage de foi comme nous le rappelle le St Père dans Redemptoris Mater, Marie qui a vécu sous le régime qui est le nôtre celui de la foi. Elle sera, devant l’Eucharistie, dans les mêmes conditions de foi que nous, d’une certaine façon. Elle sera, dans les mêmes conditions de foi au Golgotha et, là, nous avons à la rejoindre au Golgotha. Nous aussi, devant l’Eucharistie, nous connaissons quelquefois des nuits car la foi ne nous livre pas l’évidence du sacrement et de la Présence.

Si Marie n’avait entretenu avec Jésus qu’un langage de « chair », effectivement il aurait manqué beaucoup à Marie pour demeurer solide dans les grandes épreuves de la Passion du Christ. Il fallait donc cet apprentissage progressif, de manière à ce que les droits de la chair, chez Marie, ne prissent pas tout l’espace intérieur de son âme. Mais l’Esprit Saint ne se contente pas seulement du langage de la nature, chez nous, il veut un autre langage, celui de l’Esprit.

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MessageSujet: Re: Dans l‘Eucharistie, l’Eglise avec Marie est comme au pied de la Croix   Mar 4 Aoû - 19:52

D LA RUDE CATECHESE DES EVENEMENTS, RAVISSEURS DE TENDRESSE : LA FOI NUE, DEPOUILLEE...

Qu’est-ce qui se passe à l’Annonciation ? Cet enfant dont l’annonce est faite à Marie par la voix de l’ange, va combler le sens d’une maternité humaine et charnelle. Marie est comblée quand elle va porter ce enfant, d’autant plus que cette maternité est virginale, c’est-à-dire qu’en Elle l’homme n’a aucune part ; cette maternité s’effectue sans le concours de l’homme. Cet enfant, donc, était vraiment l’enfant de Marie, à un point extraordinaire, miraculeux. A ce moment-là, la voix toute naturelle de la chair pouvait s’élever très fort en elle. C’était « son » enfant. Mais Marie a eu tout de suite conscience que cet enfant était bien sûr d’elle, à elle mais qu’il lui venait d’ailleurs. Elle s’est rendue compte que ses droits de mère étaient « en concurrence » avec les droits d’un Autre qui était Dieu lui-même : « conçu du Saint Esprit ». Cela devait relativiser cet instinct maternel qui existait aussi chez Marie.

Les droits de la chair pouvaient se heurter - avec toute l’harmonie de ces heurts en Marie - aux droits de Dieu. Cet enfant était la part de Dieu autant qu’il était la part de Marie. Il était la part de Dieu avant d’être celle de Marie. Elle le savait. Il était Dieu, né de Dieu. Il ne pouvait donc pas être confisqué ; il fallait que Dieu, d’une certaine façon, récupérât ce qui lui appartenait. Cela ne pouvait advenir qu’au prix d’un arrachement.

Au moment de l’Annonciation, toutes les dimensions - joyeuses, douloureuses, glorieuses - sont au rendez-vous. Et ces dimensions sont au rendez-vous dans tous les mystères de notre Rosaire. Quand on médite bien les mystères du Rosaire, vous trouvez toujours l’alliance de trois registres. A l’Annonciation : c’est la joie, une joie immense, divine. Mais il y a l’ombre de l’épreuve qui se profile déjà. Car au 2 février, à la Présentation au Temple, sachant que cet enfant ne lui appartient pas mais qu’il appartient d’abord à Dieu, Marie va l’offrir à Dieu et à ce moment-là, sur ce mystère joyeux se profilera une ombre de tristesse pour l’avenir, une amorce de douleur, « un glaive de douleur te transpercera l’âme » On se rend compte, là, du délicat apprentissage de l’Esprit Saint, de sa catéchèse de purification. Car Marie, pour recevoir le très Saint et très Pur et très Spirituel Corps du Christ dans l’Eucharistie doit être elle-même le miroir parfaitement limpide, cristallin de l’Esprit.

Présentation au Temple : quand Marie, dans un geste d’offrande, prend cet enfant qu’elle tient dans ses bras et qu’elle le donne au Prêtre Zacharie, elle s’en détache. C’est un éloignement, un sevrage d’ordre spirituel. C’est déjà le don, le sacrifice, c’est déjà l’abandon de Marie à ce qui lui est le plus cher - l’abandon de l’Enfant-Dieu, par la Mère, aux hommes...

Le recouvrement au Temple. Mystère joyeux, certes, que celui de retrouver un enfant perdu. Mais.. , un mystère assorti d’un long temps de douleur, de tristesse : «Mon Enfant, ton Père et moi, tout affligés, nous te cherchions ». « Mon enfant » : il lui appartient bien, cet enfant. Nous sentons, dans cette interpellation tout ce cri de la chair douloureusement atteinte par une disparition de trois jours. Et cela était une catéchèse pour l’avenir car c’est une miséricorde qui est faite à Marie dans cette épreuve. Quand par la volonté Marie perd son enfant pendant trois jours, c’est une miséricorde pour l’avenir, c’est une préparation pour assumer la terrible séparation du Golgotha pendant trois jours.

Dieu, vis-à-vis de nos âmes, fait cela. Seulement, direz-vous, il y a des épreuves qui paraissent insurmontables, des épreuves qui sont des descentes vertigineuses, des chutes dans l’abîme ; tout cède et pourtant tout est sauvé. C’est un langage certes incompréhensible. Il y a parfois des vents violents qui déracinent et qui menacent d’abattre l’homme... C’est un langage dont on ne perçoit le sens que dans la foi. Cette foi, qui nous est donnée à notre baptême, nous permet d’étaler les grandes tempêtes de la vie. Mais Dieu, quand l’âme semble basculer dans l’abîme, recueil cette âme dans Ses Mains de Père....

Je reviens à Marie. Que ressort-il de toutes ces catéchèses de l’Esprit Saint ? Ici, quelque chose me revient à l’esprit. Vous vous rappelez de l’épisode où Jésus ressuscité va rencontrer Marie Madeleine qui l’attend au tombeau. Marie Madeleine, pour qui le geste essentiel a toujours été de chercher à capter l’humanité de son Seigneur, au moment où elle pleure toutes les larmes de son corps quand, chez le pharisien, elle ondoie de ses larmes les pieds de son Sauveur et les essuie avec ses cheveux. Marie Madeleine en cela seul s’est toute dite dans le côté profond de son être profond. Elle s’est toute livrée dans ce geste-là, un geste qui rappelle la pécheresse, un geste transfiguré qui manifeste l’immensité de cet amour très pur, cet amour revirginisé. Or, c’est cette même Marie Madeleine, devant le Seigneur ressuscité et le reconnaissant et ayant été reconnue qui est prête à renouveler ce geste ineffable. Elle se précipite sur le ressuscité et veut le saisir, le toucher. Que dit Jésus ? « Ne me touche pas ».

C’est un peu cette même leçon que les événements, guidés par l’Esprit Saint, semblent administrer aussi à Marie. L’instinct maternel dont nous parlons chercherait toujours à saisir Jésus, à le retenir. Une mère est faite pour protéger son enfant quel que soit son âge et elle est prête à donner sa vie pour cette protection. Il semblerait que l’Esprit ou Jésus dise à sa Mère : « Laisse-moi, laisse-moi aller, laisse-moi courir la course que le Père dans sa sagesse veut pour moi de toute éternité. C’est le Père qui m’a ordonné de parcourir cette course et que ta tendresse ne me soit pas obstacle, mais que ta tendresse serve cette course éternellement voulue par le Père ».

Chez St Paul, il cette parole étonnante que l’on peut appliquer aussi à Marie : « Si nous avons connu le Christ selon la chair, ce n’est plus sous le mode de la chair que nous voulons désormais le connaître ». Il y a une connaissance suréminente de Jésus-Christ qui ne vient pas de la chair mais qui est de l’Esprit. Telle est la pédagogie de Dieu.

L’événement suprême par lequel Marie va être instruite dans la voie du dépouillement et de la pauvreté, l’événement qui lui fait imiter la pauvreté du grand Pauvre, c’est évidemment le moment où le Grand Pauvre est effectivement le Grand Pauvre sur sa croix et que Marie doit, pour lui être fidèle, épouser cette même pauvreté en se tenant debout, dans la pauvreté apparente d’une totale et radicale impuissance. Elle ne peut rien pour sauver son enfant du terme terrestre de cette course divine qui est le Golgotha.

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MessageSujet: Re: Dans l‘Eucharistie, l’Eglise avec Marie est comme au pied de la Croix   Mar 4 Aoû - 19:52



II

EUCHARISTIE ET FOI

ou la Messe de Marie



Qui dit Messe, dit Immolation. Le Golgotha et le Calvaire : unique « Messe sur le monde ». Il n’y a pas des millions et des milliards de messes. Dans la mesure où toutes les eucharisties se réfèrent, comme à leur enracinement premier et à leur ensourcement premier, à l’unique sacrifice de Jésus sur la croix, il y a toujours une seule messe. Simplement, la miséricorde de Dieu fait que le mémorial est multiplié, ventilé à longueur d’histoire, de siècles et de millénaires et sous toutes les latitudes de la terre afin que tous les hommes soient sauvés car c’est le sacrifice de notre Rédemption. C’est cela qui doit alimenter notre acte de foi, notre regard de foi sur l’Eucharistie. C’est pourquoi, les sentiments de Marie - sentiments idéaux de tous baptisés - doivent être les nôtres. Nos sentiments devraient épouser ceux de Marie. Les sentiments de Marie devraient être les sentiments que nous devrions ressentir devant l’unique sacrifice qu’Elle a idéalement vécu. On ne prendra jamais assez la mesure de ce réalisme du Golgotha pour « nos » messes. Sommes-nous en « stabat » avec Marie ? Voilà qui ruinerait toutes nos routines.

Dans cette partie, je voudrais développer trois thèses ou trois grandes affirmations importantes.

Il n’est pas d’offrande eucharistique possible de la part des fidèles sans l’exercice de leur sacerdoce baptismal.

Il n’est pas d’eucharistie ni de sacerdoce baptismal sans immolation et sans victime .

Il n’est pas d’eucharistie ni de sacerdoce baptismal qui ne soient soulevés par le ressort de la foi.

Il n’est pas d’offrande eucharistique possible de la part des fidèles sans l’exercice de leur sacerdoce baptismal.

Marie, au très saint sacrifice du Calvaire, est donc la première fidèle de l’Eglise. On parle du sacerdoce baptismal des fidèles. Nous avons été devancés dans la messe unique de Golgotha par La Fidèle. Elle était bien seule à se tenir au pied de la croix dans une foi irréprochable. Marie, première fidèle de l’Eglise. Elle est donc la Mère de notre foi devant l’eucharistie. Elle est en train d’assister à la messe unique du Golgotha. Marie est le modèle exemplaire de notre participation à l’eucharistie - eucharistie et sacrifice du Golgotha étant un seul et même sacrifice. (Cf Concile de Trente n° 1370). Ce que Marie a fait, a été, ce qu’elle a éprouvé au pied de la croix, doit devenir notre lot spirituel. Nous avons donc tout à apprendre de Marie.

A NOUS SOMMES - AVEC MARIE - LE PEUPLE SACERDOTAL QUE DIEU S’EST ACQUIS...

« Chrétien, reconnais ta dignité (St Léon Le Grand). Chrétien, avec Marie, reconnais ta dignité sacerdotale. J’invoquerais successivement deux textes de l’Ecriture. Au lendemain du concile Vatican II, cette notion de sacerdoce baptismal, ce n’est pas l’Eglise qui l’a inventée parce qu’il fallait penser la religion en termes nouveaux. C’est un donné que véhicule la Tradition. On le trouve dans la première Tradition, la Tradition de Dieu aux hommes, c’est-à-dire la Révélation, dans la Parole de Dieu :

« Mais vous, vous êtes, une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis pour annoncer les louanges de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière » (1 lettre de St Pierre, ch 2, v. 9).

Nous entendons ces textes dans la liturgie. Mais tant que nous n’avons pas cherché à saisir ce que « l’Esprit dit aux Eglises », cela risque de demeurer lettre morte. Quel élan apostolique dans ce texte, chez le prince des apôtres. Et en même temps, quelle reconnaissance de notre dignité, à nous chrétiens, baptisés. Nous sommes un sacerdoce royal. Or, il ne s’agit pas d’imposer des vues de pouvoir à nos frères. Il s’agit du Royaume et du Règne du Christ. Il s’agit, à son imitation, d’être le serviteur souffrant. Le Christ règne parce qu’Il a été le serviteur souffrant. Marie est reine, parce qu’elle a été la Servante du Seigneur. Et nous, nous sommes des prêtres royaux quand notre sacerdoce de baptisés, notre consécration baptismale, nous engagent au service effectif de nos frères et de l’Eglise. Alors, servir c’est régner... Ce n’est pas la logique du monde... C’est la logique de Jésus Christ, la logique de Marie.

Le Christ Seigneur, le Grand Prêtre, a fait du peuple nouveau qu’il s’est acquis par son sang, un Royaume de prêtres, pour son Dieu et Père. (Apocalypse, 1,6 ; 5,9,10). Par le sacerdoce baptismal, nous rendons le culte parfait, spirituel, le culte en esprit et en vérité qui était demandé à Marie, et qui nous est demandé, à son imitation, pour rendre au Père tout honneur et toute gloire, dans les siècles des siècles.

Unique est le sacerdoce du Christ. Il n’est qu’un médiateur entre Dieu les hommes ; Il n’est qu’un seul Pontife qui opère le salut du monde : l’unique Grand Prêtre Jésus-Christ. Mais, me direz-vous, nous sommes un peuple de prêtres ? Y-aurait-il plusieurs médiateurs, plusieurs grands prêtres, plusieurs auteurs du salut ? Où en sommes-nous ?

Unique est le Sacerdoce du Christ, Unique le Grand Prêtre, mais il est des participations à ce sacerdoce unique du Christ. Il en est deux. Nous, baptisés, nous exerçons par participation le sacerdoce du Christ avec le Christ grand Prêtre. Nous sommes prêtres avec le Christ Prêtre. Notre sacerdoce est coulé dans Celui du Christ. Oui, nous avons part à l’évangélisation et au salut du monde dans la mesure où nous entrons dans l’exercice du Sacerdoce du Christ qui nous y appelle et qui nous appelant fait de notre service sacerdotal son propre service à Lui, conférant à notre service toute sa valeur infinie de mérite. Notre service n’est pas honorifique, mais il est vraiment effectif. Nous sommes partie prenante dans le grand drame de la Rédemption. Nous sommes avec Marie des corédempteurs dans la mesure où nous exerçons avec Marie cette participation qui est une dignité sacerdotale que Dieu, dans sa miséricorde, a voulu nous conférer. Dieu ne veut pas nous sauver sans nous. Et Il attend notre contribution, notre coopération. C’est cela notre sacerdoce baptismal.

B NOUS SOMMES PAR LE BAPTÊME DEPUTES A L’OFFRANDE DU SACRIFICE

Deux modalités, deux participations : le sacerdoce baptismal, le sacerdoce ministériel. Que dit le Concile Vatican II de ces deux sacerdoces participés de l’Unique sacerdoce du Christ.

D’abord pour nos prêtres, pour ceux qui ont reçu le sacrement de l’Ordre. Nous, nous avons reçu le sacrement du baptême et c’est de là que vient notre sacerdoce, d’où le nom de sacerdoce baptismal. Quand on parle de sacerdoce ministériel, il est conféré par un autre sacrement, celui que le Christ au jeudi Saint a conféré à ses apôtres, au soir de la dernière Cène, en leur disant : « Faites ce que j’ai fait, en mémoire de moi »., instituant ainsi la lignée du sacerdoce ministériel.

Notre dignité sacerdotale à nous consiste à concourir, avec le sacerdoce ministériel, avec le Christ, l’unique grand Prêtre, à l’offrande du sacrifice même du Christ. C’est l’acte essentiel de notre vie chrétienne. Offrir le sacrifice même du Christ, avec Lui, et recevoir dans l’eucharistie Celui qui s’est donné pour nous sauver. Ce sont des choses assez ineffables, auxquelles il ne faudrait pas s’habituer. Nous avons reçu, ce matin, ce Corps, ce Sang, très précieux de l’Agneau, vrai Corps, vrai Sang, né de la Vierge Marie, Marie au pied de la croix, est le modèle même de la Fidèle qui a vécu de façon idéale, parfaite, ce sacerdoce qui est le nôtre, ce sacerdoce baptismal. Je vous rappelle le texte de Vatican II : Les fidèles, de par leur sacerdoce royal concourent à l’offrande de l’Eucharistie, exercent leur sacerdoce par la réception des sacrements, par la prière et l’action de grâce, par le témoignage d’une vie sainte, par leur renoncement et par leur charité effective, c’est-à-dire par leur charité en actes, par leur charité vécue « . La foi, certes, mais la foi et les oeuvres. Marie exerce effectivement son sacerdoce parce qu’elle croit - première croyante - et elle est la première également à faire passer sa foi dans toute sa vie.

C AU STABAT, LA FEMME SACERDOTALE EXERCE EXEMPLAIREMENT, DE FACON NON COMMUNE, LE SACERDOCE COMMUN DES FIDELES

En quoi Marie est-elle ce modèle exemplaire de notre Sacerdoce baptismal - ce sacerdoce qui est un devoir vivre qui nous est commun avec Elle ? Selon Vatican II, l’acte essentiel, le point sommet, le couronnement de notre vie chrétienne c’est l’offrande de la Victime, l’offrande avec le grand Prêtre, l’offrande du Christ en croix avec toute l’église, avec Marie. Cette offrande, pour Marie, c’est l’offrande du très saint sacrifice du calvaire, l’unique messe sur le monde.

Qu’est-ce que cette offrande, cet acte central, ce point sommet ? C’est l’offrande de la victime, non pas comme Marie a pu le faire au pied de la croix, mais l’offrande de la victime dans l’Eucharistie sacramentelle. Pour que cette offrande ne soit pas un geste formaliste, un geste ritualiste, il nous faut comme Marie nous préparer à l’Eucharistie. Et nous avons parlé hier de ces catéchèses événementielles par lesquelles l’Esprit Saint préparait Marie à cette Messe du Golgotha et, ensuite, à la réception eucharistique de Pentecôte qu’Elle recevra dans la primitive Eglise. Pour Elle - qui est le modèle - comme pour nous, qui suivons Marie, notre modèle dans l’exercice du Sacerdoce baptismal, il y a des préparations à effecteur. C’est parce que nous nous préparons du mieux possible avec Marie, dans l’Esprit Saint à faire l’offrande de la victime sainte à la messe que, dans un retour normal, ce Christ Victime que nous avons reçu dans nos coeurs, nous aide à vivifier nos préparations aux prochaines Eucharisties. L’Esprit Saint nous prépare, comme Marie, à recevoir l’Eucharistie et Jésus que nous recevons dans l’Eucharistie, vivifie notre coeur dans le même Esprit Saint et avec Marie pour nous mieux préparer encore à Le recevoir. C’est un progrès indéfini qui fait que nous aussi, comme Marie, nous ne devons pas nous habituer à recevoir l’Eucharistie. Recevoir l’Eucharistie doit être toujours une première communion. Le moteur de toute rénovation dans la ferveur c’est l’Esprit Saint.

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MessageSujet: Re: Dans l‘Eucharistie, l’Eglise avec Marie est comme au pied de la Croix   Mar 4 Aoû - 19:53

D « QUE L’ESPRIT SAINT FASSE DE NOUS UNE ETERNELLE OFFRANDE » : AVEC MARIE DEVENIR EUCHARISTIE

Tout ce qui nous arrive dans notre vie, ne le séparons pas de l’offrande eucharistique. Tout ce qui nous advient dans le quotidien de nos journées est une préparation, quand nous l’offrons déjà dans notre coeur, à cette offrande totale que nous ferons à nos messes. Si nous connaissions le prix de tout ce qui nous arrive, nous n’établirions pas cette coupure entre notre vécu quotidien et cet acte de notre pratique baptismale qu’est la messe. Quelle vanité ce serait d’établir une telle rupture ! Quelle ruine de notre vie spirituelle ! Nos vies quotidiennes doivent être, comme pour Marie, une quotidienne Eucharistie, pas simplement à la messe, mais tous les actes, toutes les pensées inspirées par l’Esprit, tout cela doit être intégré dans un offertoire et remonter en action de grâce, en eucharistie - eucharistie voulant dire action de grâce très excellente - pur la plus grande gloire de Dieu et pour le salut de toutes les âmes dont nous sommes responsables avec Marie et avec le Christ. Telle est notre dignité sacerdotale.

Qu’est-ce encore qu’exercer le sacerdoce baptismal ? Sinon, toujours et partout, essayer au mieux d’accomplir la volonté de Dieu. Voilà pourquoi le Notre Père est la prière des baptisés : Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Et quelle est cette volonté de Dieu qui doit être accomplie sur la terre ? La terre, c’est notre argile, l’argile de nos coeurs. Et notre coeur, voilà qu’il devient l’autel sur lequel nous pouvons, par notre offrande intérieure, réaliser déjà l’Eucharistie en prévision de l’Eucharistie sacramentelle qui récapitulera toutes ces offrandes de l’heure ou de l’instant et qui les sanctifiera dans l’acte même sacerdotal du Christ. Ce programme de vie - faire la volonté de Dieu - est destiné par Vatican II au peuple sacerdotal que nous sommes. Et, les fidèles que nous sommes, nous exerçons notre sacerdoce par la réception des sacrements, la prière, l’action de grâce, le témoignage d’une vie sainte, le renoncement, par une charité en actes.



Il n’est pas d’eucharistie ni de sacerdoce baptismal

sans immolation et sans victime



Marie du Calvaire, Marie de la Croix, Marie du Golgotha, Marie du Stabat est la parfaite Eucharistie, c’est-à-dire, la parfaite participation. Nous sommes aussi des participants du très saint Sacrifice, lequel, seul, peut être offert par le Christ. Nous sommes des participants de l’offrande même du Christ à son Père, pour le salut du monde. Marie est la parfaite eucharistie, au pied de la croix, dans son stabat lorsqu’elle se tient debout. Elle est la parfaite participante au très saint Sacrement avec laquelle il faut absolument vivre nos Eucharisties. Puisqu’Elle est la première des baptisées par son Immaculée Conception, nous pouvons établir une manière de raisonnement très bref mais assez expressif :

A PAS D’AMOUR VRAI SANS DON, SANS SACRIFICE

Nous, les baptisés, nous sommes un peuple de prêtres, un peuple sacerdotal. Or, dit l’épître aux Hébreux, le prêtre est établi, député, pour offrir des sacrifices - tels, les grands prêtres de l’Ancien Testament offrant des victimes, des holocaustes. Mais cela ne suffisait pas. Il a fallu que Jésus, Seconde Personne de la Trinité, descende du ciel sur la terre pour offrir, comme grand Prêtre Parfait, Unique, Le Sacrifice. Nous, peuple sacerdotal participant à son sacrifice, il faut que nous ayons quelque chose à offrir. Quelque chose ? Non pas, quelque chose, mais quelqu’un. Voilà le progrès entre l’Ancien et le Nouveau Testament.

Puisqu‘il n’y a pas d’Eucharistie sans immolation et sans victime, ce « quelque chose » à offrir, ce « quelqu’un » à offrir, prend une coloration victimale. Vatican II parlait de « renoncement ». Le renoncement ? n’est-ce-pas un sacrifice ? Tous nos sacrifices, nos petits sacrifices, ne sont-ils pas récapitulés dans le grand Sacrifice ? Et c’est ce Grand Sacrifice que le Fils de Dieu offre à son Père avec nous, avec notre concours. Notre dignité est donc de concourir à l’offrande de l’Eucharistie.

Voici maintenant un texte que je vous cite de l’épître aux Romains, chapitre 12, versets 1 et 2. Je vous cite ce texte car il est fondamental pour comprendre le sacerdoce qui est le nôtre. Si, vraiment, vous faisiez de ces deux versets de l’épître aux Romains, la charte fondamentale de votre vie chrétienne, vous seriez dans le sillage lumineux de Marie. Marie réalise l’épître aux Romains de façon exemplaire. Ce texte, comme par hasard, est cité dans les textes conciliaires quand il s’agit de la vie chrétienne des laïcs :

Je vous exhorte, mes frères, par la miséricorde de Dieu, à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu. C’est là le culte spirituel que vous devez rendre à Dieu. Et ne vous modelez pas sur le monde présent mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner qu’elle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui Lui plaît, ce qui est parfait.

Le programme de notre sacerdoce baptismal - Vatican II nous le rappelle - n’est-il pas pour nous laïcs une vocation universelle à la sainteté ? Vatican II ne fait que nous remettre en mémoire ce que la Parole de Dieu nous a fait entendre par St Paul.

Comment Marie réalise ce programme paulinien, en excellence, exemplairement au Golgotha ? Ce programme nous est commun avec Elle quand nous assistons à la messe. Marie, au pied de la croix, n’est-Elle pas à ce moment là un offertoire vivant ? Quand St Paul dit : offrir vos personnes en hostie vivante... que signifie le mot « hostie » ? Hostie signifie : la victime. Comment recevoir la Victime, sans être soi-même un peu victime ? Comment répondre à l’amour qui se donne sans être nous-mêmes amour ? Il n’y a pas d’amour sans sacrifice.

B L’IMMOLATION DU VOULOIR PROPRE, PREUVE D’UN AUTENTIQUE AMOUR : MARIE TOUTE OBEISSANTE

Marie est donc hostie avec l’Hostie, Marie est la brebis immolée avec l’Hostie avec la Victime, avec l’Agneau immolé. Marie au pied de la croix réalise la prophétie de Siméon : « Un jour, un glaive de douleur te transpercera l’âme ». Pour une mère, qu’est-ce que c’est ? Marie est donc le don d’elle-même, en communion d’abandon avec l’Abandonné : Père, Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Marie est le don avec Celui qui s’est donné. Elle est abnégation, oubli de soi, désapropriation, dépouillement absolu, pauvreté absolue. Elle est si pauvre d’elle-même, elle est si extravasée de son vase propre qu’elle est projection d’elle-même d’amour vers celui qui souffre, elle est projection hors d’elle-même, elle est morte à elle-même, elle se perd dans le don d’elle-même, elle est extase, elle est sortie d’elle-même, elle ne s’appartient plus, elle est toute une, elle est tout unie, toute communion, toute eucharistie avec la grande Eucharistie du Golgotha. C’est sa Messe. « Mon Fils, mon Fils, pourquoi m’as-Tu abandonnée « ? « Vous qui passez par le chemin, voyez s’il est douleur pareille à ma Douleur » ?

Alors, est-ce que ne résonne pas comme une ironie la Parole du Christ, lorsqu’il disait : celui qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera ? Où Marie trouve-t-elle sa vie alors qu’elle a tout perdu ? Mais, il est impossible que Jésus nous parle ironiquement. Donc, aucune ironie dans cette parole qui se vérifie. Car nous savons qu’au moment où Marie perd tout, Marie qui a tout perdu, en perdant Jésus, regagne tout et au centuple. En Jean, qui vient de lui être donné (« Femme voici ton fils »), en Jean qui est tout un peuple, Marie « recouvre » Jésus, le Corps Mystique de Jésus qui est l’Eglise.

Qu’y-a-t-il de victimal dans la messe de Marie ? Elle est vraiment la première assistante à la grande Messe Unique du Golgotha, qui n’a pas ce côté sacramentel, mais qui revêt un réalisme existentiel. C’est l’Unique Sacrifice qui fonde toutes nos eucharisties. Qu’y-a-t-il de victimal dans la messe de Marie ? Tout puisqu’elle est hostie avec l’Hostie ? En quoi Marie est-elle cette brebis immolée avec l’Agneau immolé ? Marie a suivi l’Agneau ; le disciple du Christ est celui qui suit le Christ. L’Apocalypse nous dit que le vrai disciple est un témoin, un martyr ; par conséquent, en tant que disciples, nous avons vocation au martyre, même s’il n’est pas sanglant mais en faisant la volonté de Dieu qui est un martyr au goutte à goutte. Marie, Elle, première disciple, disciple exemplaire suit l’Agneau partout où il va. Elle va donc partout où va l’Agneau, jusqu’à la croix, au pressoir de la croix, jusqu’à l’effusion du sang. Cette Mère voit couler le sang de son Fils et de quel Fils, l’Innocent qui vient d’ailleurs, Celui qui n’a pas commis de péché.

Voilà la souffrance que nous ne pourrons jamais sonder. Marie, qui est immaculée, qui n’a pas commis un péché, et qui sait de certitude certaine que son Fils est l’Agneau sans tache, n’ayant pas commis non plus le péché, se demande avec effroi comment il se peut que « l’Innocent » soit à la Croix ? Voilà comment la monstruosité du péché est sans doute apparue à Marie. Ce glaive de douleur qui lui transperce le coeur ce n’est pas simplement la vision des souffrances physiques d’un Fils qui meurt devant sa mère selon la chair, c’est la vision, combien dramatique, d’une mère immaculée, de la Mère du genre humain, qui porte avec l’Agneau le poids du péché du monde et qui en a le coeur labouré.

Il n’y a aucun dilettantisme, aucun amateurisme, il y a, chez Marie, une radicale détermination, celle de l’amour qui suit, quoi qu’il en coûte, l’Amour.

Si st Paul nous dit que, pour exercer notre sacerdoce baptismal et offrir bien, bellement, l’Eucharistie, si St Paul nous rappelle qu’il est des conditions à remplir, est-ce que Marie ne les a pas toutes observées, Elle qui est notre modèle ? N’a-t-Elle pas cherché à discerner, pendant toute sa vie, quelle était la volonté de Dieu sur elle ? Et l’ayant discernée, dans l’esprit, n’a-t-elle pas toujours souscrit à cette volonté de Dieu ? A-t-elle jamais contristé l’Esprit Saint qui lui signifiait où était la volonté de Dieu ? Vous ne pouvez plus vous étonner qu’avec une telle obéissance la foi l’ait conduite au pied de la croix.

Je voudrais vous lire, afin que nous prenions conscience, avec St Bernard, de l’atroce rigueur de ce glaive de douleur qui ne transperce pas un coeur de chair, mais qui transperce l’âme. Ces lignes pourraient être une méditation sur ce qu’a pu souffrir Marie pour le salut du monde, pour nous, aujourd’hui :

Ne vous étonnez pas, mes frères, qu’on puisse dire de Marie qu’elle a été martyre dans son âme. Mais qui donc es-tu, frère, (lui, Bernard) et d’où vient ta sagesse pour que tu puisses t’étonner davantage de la compassion de Marie que de la Passion même du Fils de Marie ? Lui, le Christ, a pu mourir dans son corps, et Elle n’aurait-Elle pas pu mourir avec Lui dans son coeur ? Voilà, dans la Passion du Christ ce qu’a accompli une charité telle que personne n’en a éprouvée de plus grande et voici dans la compassion de Marie ce qu’a accompli une charité qui, après celle de Jésus, n’a pas son pareil.



Il n’est pas d’eucharistie ni de sacerdoce baptismal qui ne soit soulevé par le ressort des vertus théologales et particulièrement par le ressort de la foi.



Quand on canonise quelqu’un, on parle de l’héroïcité de ses vertus ; l’église s’interroge toujours sur le degré d’exercice des vertus et spécialement des vertus théologales. Puisque Marie est notre grand modèle, elle atteint à l’héroïcité des vertus théologales. Héroïcité de la foi de Marie au calvaire : c’est trop évident. Ces grandes évidences, que l’on sait, il faut les méditer. Car on les connaît d’une manière trop superficielle. On ne les a pas contemplées. Avons-nous contemplé en quoi la foi de Marie était une foi héroïque ?

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MessageSujet: Re: Dans l‘Eucharistie, l’Eglise avec Marie est comme au pied de la Croix   Mar 4 Aoû - 19:54

A MARIE DU CALVAIRE : LA « STATION DEBOUT » (STABAT) : PREUVE D’UNE FOI DEBOUT

« Stabat Mater », elle se tenait debout, la Mère ; elle se tenait debout, la foi personnifiée en Marie. Qu’elle est la vocation de Marie ?

Au pied de la Croix, il faut que Marie ait la foi, la foi non pas en quoi, mais en qui ? Nous avons parlé de la relation physique, naturelle, qui a toujours unie Marie à Jésus. Si Marie, au pied de la Croix, n’avait entretenu avec son Fils que cette relation charnelle, cette relation d’amour maternel envers Lui, Marie se serait écroulée. C’était absolument insoutenable. Dans l’histoire de l’Eglise, il y eut des périodes où, par une étrange théologie mariale, on a représenté Marie au pied de la croix, certes, non pas debout, mais évanouie, parfois agitée de spasmes. On a même introduit, temporairement, une fête du Spasme de Marie au pied de la croix. Ici, la théologie est un peu hérétique. L’Eglise n’a pas maintenu ce point de vue. Car, si Marie défaille physiquement, au pied de la croix, cela prouve qu’elle a défailli dans son âme, au niveau de la vertu théologale de foi. Il était absolument vital pour l’Eglise qui allait naître du côté transpercé, que Marie portât la Foi immaculée, intègre de l’Eglise à naître. Et l’Eglise ne pouvait naître - elle qui croirait dans le Christ et sa Rédemption - l’Eglise ne pouvait naître que si la première église, Marie, se tenait debout, sans broncher, dans la foi au Rédempteur.

Quelle est la matière de l’acte de foi de Marie au Golgotha ? Si Marie n’avait été qu’une femme comme les autres femmes, Elle aurait absolument oublié tout ce qui s’était passé dans sa vie. D’une certaine façon, elle n’avait devant les yeux qu’un condamné de droit commun dont la foule se moquait, et dans quel vacarme de blasphèmes. Marie entend cela. Si elle n’est qu’une femme, entre les femmes, dans la monstrueuse hypothèse où elle serait une faible femme, atteinte par le péché é, elle n’aurait donc qu’un condamné devant elle. Rappelez-vous le passage d’Isaïe du serviteur souffrant. Voilà ce que Marie avait devant les yeux :

De même que des multitudes avaient été saisies d’épouvante, à sa vue, car il n’avait plus figure humaine. Comme un surgeon il a grandi devant le Seigneur. Sans beauté, ni éclat pour attirer nos regards, sans apparence qui nous eût séduits, objet de mépris, abandonné des hommes, homme de douleur, familier de la souffrance, comme quelqu’un devant qui on se voile la face, méprisé, nous n’en faisions aucun cas. Ce sont nos souffrances qu’il portait et nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous le considérions comme puni, frappé par Dieu, objet de malédiction humilié. Il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes. Tous, comme des moutons, nous étions errants, chacun suivant son propre chemin. Et Yahvé a fait retomber sur lui nos fautes à tous. Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche comme l’agneau qui se laisse mener à l’abattoir, comme devant les tondeurs une brebis muette, il n’ouvre pas la bouche. Yahvé a voulu l’écraser par la souffrance. (Is, 53 passim)

Pour une mère ordinaire, il y avait de quoi perdre la foi à la vue de ce fils. Les grands mystiques qui ont vécu et qui continuent de vivre dans l’église la Passion du Christ sont eux aussi défigurés par les souffrances du Christ.

Pour les Romains, Jésus était un fauteur de troubles, pour les Juifs, un blasphémateurs, pour tout le monde, c’était un condamné de droit commun, qui méritait les derniers châtiments, celui des esclave, le supplice de la croix.

Alors Marie ? Marie, qui n’est pas cette femme ordinaire, dont la foi était immaculée parce qu’elle tenait dans son coeur la foi même de l’Eglise, se tient debout, au-delà des apparences, dans la force de l’Esprit Saint. l’Esprit Saint seul pouvait la maintenir debout : Marie se doit de voir, au moment de la grande défiguration de son Fils, elle doit toujours voir l’identité angéliquement et célestement dévoilée à elle au jour de l’Annonciation. Il faut qu’au pied de la croix, elle n’ait pas bronché sur l’identité qui lui avait été donnée par l’ange Gabriel au jour joyeux de l’Annonciation. Telle est la foi théologale. Je vous rappelle les termes de l’ange annonçant Jésus qui allait être conçu par le « fiat » de Marie :

Tu lui donneras le nom de Jésus, Il sera grand, on l’appellera le Fils de Très Haut, le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son Père, son règne n’aura pas de fin, l’enfant sera saint, il sera appelé fils de Dieu, il sauvera son peuple de ses péchés.

Il faut que Marie au Golgotha maintienne cet acte de foi qu’elle avait donné au jour de l’Annonciation et qui était déjà dur à donner en ce jour d’Annonciation. Il faut qu’elle le maintienne intégralement au pied de la croix. Cela, Marie l’a fait et, en notre nom, Marie le fait toujours à toute Eucharistie. Si, depuis 2000 ans les chrétiens que nous sommes assistent à l’Eucharistie en croyant à la Présence Réelle, devant un morceau qui a l’apparence du pain et quelques gouttes qui ont l’apparence du vin, n’allez pas me dire que notre acte de foi n’a pas été acheté par Marie, Mère de notre foi, au pied du Golgotha ? Si nous croyons aujourd’hui, si nous avons la capacité d’être martyrs, c’est parce que la Reine des martyrs a cru au degré que j’ai essayé de vous exprimer.

Nous avons peut-être pris un peu la mesure de l’éloquence du silence de Marie. Un seul mot : stabat. Et voyez combien nous a retenu ce mot. Je crois que des saints qui aiment Marie pourraient passer toute une vie à contempler le sens profond et le poids de vie qui sont dans ce mot. Je pense à un saint comme St Gabriel de l’Addolorata. C’était un religieux passioniste, un peu contemporain de ste Bernadette, vivant en Italie. Il a eu une dévotion étonnante aux douleurs de Notre Dame. Je crois simplement qu’il avait pris le meilleur des raccourcis vers l’objectif qui est le nôtre, la sainteté ! Marie, sainteté du sacerdoce baptismal.

St Louis-Marie Grignon de Montfort, le grand apôtre du traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge peut être aussi un bon patronage. Voilà un grand saint qui a passionnément aimé Marie. Il a eu l’éclairage, dans l’Esprit Saint, que Marie, - loin de s’interposer comme un écran, parce qu’elle était toute transparence de grâce, toute comblée de grâce, tout cristal divin, - ne pouvait être qu’un raccourci pour la lumière, pour nous entraîner vers le Soleil de Lumière éternelle. Voici un passage du traité de la vraie dévotion :

Remarquez, s’il vous plait, que je dis que les saints sont moulés en Marie. Il y a une grande différence entre faire une figure en relief à coups de marteau et de ciseaux et puis faire une figure en la jetant dans un moule. Les sculpteurs et les statuaires travaillent beaucoup à faire les figures dans la première manière. Il leur faut beaucoup de temps. Mais, à les faire dans la seconde manière, ils travaillent et les font en fort peu de temps.

St Augustin appelle la Sainte Vierge « forma Dei », le moule de Dieu, le moule propre à former et à mouler des dieux. Celui qui est jeté dans ce moule divin est bientôt formé et moulé en Jésus Christ et Jésus Christ en lui, à peu de frais et en peu de temps. Il deviendra Dieu puisqu’il est jeté dans le même moule qui a formé un Dieu.

Il me semble que je puis fort bien comparer ces directeurs et personnes dévotes qui veulent former Jésus Christ en soi ou dans les autres, par d’autres pratiques que celle-ci à des sculpteurs qui, mettant leur confiance dans leur savoir faire, leur industrie et leur art, donnent une infinité de coups de marteau et de ciseaux à une pierre dure ou une pièce de bois mal polie pour en faire l’image de Jésus Christ. Et quelque fois ils ne réussissent pas à exprimer Jésus Christ au naturel, soit faute de connaissance et d’expérience de la personne de Jésus Christ, soit à cause de quelques coup mal donné qui a gâté l’ouvrage.

Mais pour ceux qui embrassent ce secret de la grâce que je leur présente, je les compare avec raison à des fondeurs et mouleurs qui, ayant trouvé le beau moule de Marie où Jésus Christ a été naturellement et divinement formé, sans se fier à leur propre industrie, mais uniquement à la bonté du moule, se jettent et se perdent en Marie pour devenir le portrait au naturel de Jésus Christ. Oh ! La belle et véritable comparaison. Mais, qui la comprendra ? je désire que ce soit vous, mon cher frère, mais souvenez-vous qu’on ne jette au moule que ce qui est fondu et liquide, c’est-à-dire, qu’il faut détruire et fondre en vous le vieil Adam pour devenir le nouvel Adam, en Marie.

Marie était devenue hostie, renoncement, pauvreté. Nous avons à faire de même. Il faut que nous soyons « liquides », « liquéfiés » ; il faut que les scories du péché aient fondues. Avez-vous résisté au péché jusqu’au sang ? Cette question de l’épître aux Hébreux n’est-elle pas une interrogation brûlante, lancinante, un vrai examen de conscience ? Le martyre au goutte à goutte est bien présent dans cette question. Ce sont les conditions d’exercice de notre sacerdoce baptismal, en vue de nous préparer à l’acte suprême qui nous glorifie et qui glorifie Dieu, l’offrande de l’Eucharistie qui est notre dignité sacerdotale.

Nous avons vu combien la foi théologale était une condition basique pour la cohérence de l’exercice du sacerdoce baptismal qui est notre partage : foi, espérance, charité. Marie a réalisé ce programme dans les circonstances les plus diverses, les plus joyeuses, les plus douloureuses, les plus glorieuses de sa vie.

Je voudrais, ici, insister toujours sur la foi théologale que l’Esprit Saint, dans sa grâce, nourrit en nous et nous devons Le supplier de la nourrir en nous. Je vais invoquer, alors, Notre-Dame de Pontmain, vous parle de la leçon de Pontmain.

B LE « CROISILLON » DE PONTMAIN ATTESTE LUI AUSSI UNE FOI QUI N’A PAS BRONCHE

L’apparition de Pontmain a duré 3 heures, dans la nuit d’hiver du 17 janvier 1871. La France est à genoux, occupée, absolument meurtrie par les armées prussiennes qui ont déferlé sur tout le territoire français. L’armée vient d’être battue au Mans. Les prussiens s’apprêtent à envahir la Bretagne et le commandement allemand veut entrer à Laval. Le 17 janvier 1871 se produit, au nord de la Mayenne, à quelques kilomètres de Laval, l’apparition de Pontmain. Trois heures d’apparition dans le ciel étoilé à quatre enfants : deux garçonnets et deux fillettes.

Je vais m’intéresser aux deux icônes les plus théologiques de votre image, les plus porteuses de sens, la 4è à gauche et la 5è à droite. La 4è à gauche est une icône retraçant une sorte de mémorial du Stabat de Marie au Golgotha. Tout est dramatique. La couronne de gloire de Marie est cernée par un liseré rouge, liseré de sang. A Pontmain, le rouge est couleur de sang. Sur la poitrine de Marie, vous avez une petite croix rouge qui n’est pas une décoration. Marie a vécu au Calvaire la transfixion de l’âme la douleur. C’est une plaie vive qui saigne et qui saignera jusqu’au retour de Christ. Et pourquoi son coeur saigne-t-il ? Parce qu’elle tient entre les mains l’épée même de douleur qui lui perce le coeur, c’est la croix même de Jésus crucifié, ondoyé de sang, baptisé de sang, la croix est rouge de sang, Jésus est inondé de sang et Marie est transpercée par ce crucifix sanglant. Or, cette Croix qu’elle tient entre ses mains, elle l’a arrachée de son coeur et elle l’incline vers l’église, vers les voyants en fixant de ses yeux le sommet de cette croix, semblant nous dire : « Mon itinéraire de souffrance, ma messe du Golgotha vous avez, vous, mes enfants, à la vivre vous aussi, vous avez à entrer dans mon sacrifice car ce sacrifice conjoint à celui de jésus Christ est la voie qui mène à la gloire de la résurrection ».

La 5è icône est une icône glorieuse. Le blanc est couleur de gloire. Vous avez deux croix blanches. Autant une mère est vulnérable dans son coeur - le coeur de Marie est transpercé dans la 4è icône - autant, dans la 5è icône, il s’agit de la Femme forte - Marie est la Femme forte, s’est tenue debout au pied de la croix - et elle est glorifiée par la croix même qu’elle porte avec son Fils. Voilà pourquoi, la femme forte porte sur ses deux épaules, deux croix glorieuses solidement fichées sur ses épaules qui sont toujours dans le corps humain le lieu de la force. Ces deux croix sont glorieuses et elles appartiennent bien à Marie car elles sont taillées dans un bois immaculé, blanc, et elles sont de part et d’autre de la couronne qui célèbre la gloire de Marie.

En d’autres termes : la gloire de Marie, éternellement, est d’avoir été la Coopératrice de la Rédemption ; il était normal que la croix glorieuse advienne à Marie au lendemain de la résurrection dans le temps de Pentecôte, une fois opérée son Assomption, au ciel, car : c’est par la croix que le monde est sauvé.

J’en viens à la grande croix de 50 cm de haut sur lequel Jésus en sang est étendu.. Selon les voyants, Marie la tient entre ses mains et elle nous la tend. Marie est toujours respectueuse des Ecritures : Marie médite toutes les choses de l’Ecriture en son coeur, Marie, parfaite lectrice de la Parole de Dieu et la fait passer dans sa vie. Or, Marie, quand elle apparaît à Pontmain, tient un crucifix qui se démarque de l’Evangile de St Jean.

Dans les péricopes qui précèdent le Stabat Mater, au chapitre 19 de St Jean, il est parlé de l’inscription et de l’écriteau que, par dérision on a appendus à la croix, quand les Juifs et les Romains se sont moqué de la royauté du Christ dans la scène du dallage. Là, on avait affublé le Fils de Dieu d’un manteau d’écarlate, tressé une couronnes d’épines qu’on lui a enfoncée par dérision sur la tête, on lui avait mis entre les mains un roseau, symbole de dérision du sceptre royal, alors qu’Il est le maître de l’histoire, de toutes les destinées du monde, le Créateur et le Sauveur du monde. Cette inscription de dérision signalée par St Jean est la suivante : Jésus, le Nazaréen, Roi des Juifs. (INRI)

Cet écriteau de dérision est écrit en trois langues afin que tous puissent se moquer de Jésus : on se moquera en grec, en hébreu, en latin. C’est donc la dérision et la moquerie universelles.

Sur le grand crucifix de Pontmain, tenu par Marie, il n’est pas question de cette inscription de dérision. Au-dessus des bras de la croix du crucifix de Pontmain, il y a un écriteau en bois blanc - couleur marial et couleur de gloire - où il est écrit : Jésus-Christ, en lettres rouges, en lettres de sang sur fond immaculé. Comment expliquer cela ? Marie, obéissante aux Ecritures, se permet de déroger aux Ecritures, dans une apparition reconnue par l’Eglise ? Marie... qui a agencé dans les détails l’Apparition, qui n’a rien laissé au hasard, se permet une telle liberté à Pontmain avec l’Ecriture, le récit johannique de la Passion ,

Ici, nous sommes en train de dire l’importance de la foi théologale dans l’exercice qui est le nôtre du sacerdoce baptismal, la foi qui vient de Dieu, qui est un don de Dieu.. Chez Marie ce don est celui de l’Esprit Saint dont elle est comblée. Au Golgotha, si elle se tient debout, c’est la preuve qu’elle est irréprochable dans son acte de foi prononcé pour l’Eglise, pour nous. A Pontmain aurait-elle une autre logique de foi ? Non. C’est la même logique de foi. Et c’est à nous de lire la leçon de foi qui s’exprime dans cet écriteau, qui est bien de Marie - couleur blanche - et parce que l’inscription, qui est d’elle, est en lettres de sang.

On a parlé ce matin d’héroïcité de la foi. Quand on parle d’héroïcité on est très proche du martyre. C’est toujours au nom de la foi que les martyrs ont versé leur sang. Le martyre moral, du texte de St Bernard lu ce matin, indique que Marie a connu un martyre du coeur, de l’âme, elle a résisté jusqu’au sang au péché. Comment lire Pontmain ? De la manière suivante : Marie ne pouvait pas, au nom même de ce caractère immaculé de son acte de foi au Golgotha, ratifier l’inscription de dérision. Si elle l’avait ratifiée, elle se serait alignée sur un monde de pécheurs, le nôtre. Si elle a tenu, irréprochable, l’acte de foi de l’Annonciation, c’est que l’identité, qui lui avait été révélée de son Fils, elle la maintient au pied de la croix, quoi qu’il arrive, quelque soit la dérision du monde, les moqueries du monde qui bafouent la victime. Marie nous donne, à Pontmain, le véritable acte de foi qu’elle a prononcé dans son Stabat silencieux. Je parlais de l’éloquence du Stabat. Voilà son dévoilement : Qu’est-ce que Marie avait-elle au fond du coeur quand elle se tenait, silencieuse, debout dans sa foi au pied de la croix ? Elle n’avait que ces deux mots et cela a sauvé le monde : « Celui-ci, disait-elle, est Jésus- Christ ». Elle, seule, lui restituait sa véritable identité divine : « Jésus, Dieu sauve, je crois : Amen ». Marie dit « Jésus » en lettres de sang. Elle ne peut proférer son acte de foi qu’en mots silencieux, sanglants : Jésus, Dieu sauve, je le crois. Jésus, trait d’union, Christ ; Christos, en grec, veut dire l’Oint du Seigneur, le Messie de Dieu, Christos, traduction du mot Messie - le choisi, l’élu, le Fils de dilection, celui qui a été choisi pour sauver le monde, qui a la plénitude des dons de l’Esprit qui repose sur Lui.

Marie porte bien notre foi, quand nous assistons à la Messe ; au Golgotha, c’était sa Messe, c’était la nôtre. Elle est toujours impliquée dans tout acte eucharistique. Quand nous recevons l’Eucharistie, Marie est impliquée dans notre réception du Corps du Christ. Quand nous adorons l’Eucharistie, elle adore l’Eucharistie avec nous. Quand nous bafouons l’Eucharistie, quand nous nous habituons à l’Eucharistie, quand nous sommes indifférents à l’Eucharistie, Marie n’est plus là. Plutôt, Elle est toujours là pour nous rappeler les exigences d’amour avec lesquelles nous devons nous approcher de la Victime.

Si nous savions le don de Dieu...

Voici un extrait des Actes du Martyre de St Ignace d’Antioche qui avait, je crois, connu l’apôtre St Jean, dans les dernières années de sa vie grâce, peut-être, à l’intermédiaire de l’évêque Polycarpe, de Smyrne, autre martyre. Ignace d’Antioche, qui mourra au Colisée, sous la dent des lions, à Rome, avait dû finalement connaître lui-même un des premiers évêques de Lyon, St Irénée. Il y a toute une filiation johanique, une sorte d’enracinement spirituel de l’acte de foi gallican, dans les Gaules, grâce à cette lignée de martyrs. « Le sang des martyrs est une semence de chrétiens »... Voici une lettre de ce grand évêque Ignace qui a une telle soif d’imiter le premier Martyr, Jésus. Il nous donne une sorte de vertige. C’est confondant de penser qu’un être de chair ait pu aspirer, à un tel degré, à imiter Jésus. Ignace n’avait qu’une hantise : être empêché, par les chrétiens de Rome, de subir son martyre. Il leur écrit :

Laissez-moi devenir la pâture des bêtes, grâce auxquelles on peut rejoindre Dieu. Je suis le froment de Dieu et je serai moulu par la dent des bêtes pour qu’on reconnaisse en moi le pain très pur du Christ. Implorez le Christ pour moi afin que, par l’action des bêtes, je sois une victime offerte à Dieu.

Vous voyez jusqu’où le sacerdoce baptismal, quand il est pris au sérieux, peut conduire une âme. Ils sont fils de Dieu ceux-là qui se laissent mener par l’Esprit de Dieu. Le vent souffle, tu ne sais ni d’où il vient, ni où il va. A l’amour qui te conduit, ne demande pas où il te mene....

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MessageSujet: Re: Dans l‘Eucharistie, l’Eglise avec Marie est comme au pied de la Croix   Mar 4 Aoû - 19:55

Nous arrivons à notre troisième partie, partie conclusive.

III

Eucharistie et charité, à l’imitation de Marie, dans la première communauté de Jérusalem où Marie, évidemment, se trouvait.

Ici nous voulons parler de la première communion eucharistique de Marie à Jérusalem

Je m’avance à pas feutrés, comptés, sur la pointe des pieds quand j’énonce ce titre. Rien dans les Ecritures n’est affirmé sur ce sujet. Mais tout, dans les Ecritures, dans les Actes des Apôtres, nous laisse supposer que Marie a communié sacramentellement.

Je voudrais peut-être vous donner quelques raisons de convenance. D’abord, les textes. Marie, dans son humilité, n’est signalée, dans les Actes des Apôtres - grande épopée de l’Eglise qui commence au lendemain de la Passion - qu’une fois, au Cénacle : tous les apôtres se tenaient en prière, d’un seul coeur, avec Marie assidue à la prière. (Ac 1,14)

Dans la description du début des Actes, retraçant la belle physionomie de la première Communauté de Jérusalem, au lendemain de la Pentecôte, il y a quatre versets où il est dit, en parlant des premiers chrétiens - les « saints » de la primitive Eglise : ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres, à la communion fraternelle, à la fraction du Pain (désignant l’Eucharistie). L’Eucharistie, instituée au Jeudi Saint, existe donc au lendemain de la Pentecôte. Les disciples n’ont pas tardé à mettre à exécution le commandement du Christ : Faites ceci en mémoire de moi. Alors ? Marie ? Tout le monde participerait à la fraction du pain, et pas Marie ? Elle ne communierait pas, alors que c’est le corps et le sang de Jésus, verum corpus natum de Maria Virgine ?

Or, cette première communauté de Jérusalem, qui est toute l’Eglise, qui est notre Eglise en première « maquette », le Christ l’a donnée à Marie au Golgotha, en son acte testamentaire quand il lui a dit : Femme, voici ton Fils, voici ta fille. Car, à travers Jean, c’est l’Eglise. Marie, selon Vatican II, est Mère de l’Eglise. En St Jean nous pouvons parler de la « fille » de Marie, c’est-à-dire, l’Eglise. Elle exerce sa maternité spirituelle sur toute l’Eglise, dès le Golgotha. Marie n’aurait-Elle pas pris sa charge au sérieux, alors qu’elle reçoit la plénitude de l’Esprit Saint qu’elle avait déjà reçue au jour de l’Annonciation ? Elle reçoit l’Esprit Saint à la Pentecôte.

L’Esprit Saint est destiné à rappeler toutes choses, tous les enseignements du Christ : Il vous rappellera toutes choses. Est-ce que l’Esprit Saint ne va pas rappeler à Marie - si elle était tentée de l’oublier... - son rôle de Mère de l’Eglise ?

Que veut dire être Mère spirituelle de l’Eglise pour Marie ? C’est être Mère de Famille. Quel est le rôle d’une mère de famille ? C’est d’aimer. Aimer, c’est-à-dire, vivre de charité, faire vivre de la charité. Le fruit de la charité ? C’est la communion fraternelle. Et le fruit de la Communion fraternelle ? C’est l’unité. Marie est Mère de l’unité par sa charité. Eucharistie et charité. L’Esprit Saint réalise l’Eucharistie. Il y a l’Epiclèse qui est l’appel à l’Esprit Saint. L’Esprit Saint rend présents le Corps et le Sang de Jésus. Marie qui a la plénitude de l’Esprit Saint à la Pentecôte, communie à chaque eucharistie où l’Esprit Saint a transmué les offrandes des fidèles. C’est à ce moment-là que, remplie de la présence de Jésus en elle, par l’Esprit, elle peut réellement être Mère spirituelle, c’est-à-dire engendrer le Christ dans les âmes. C’est au prix de cette génération spirituelle du Christ dans les âmes, grâce aux communions de Marie, dans la primitive Eglise, que les âmes des « Saints » de Jérusalem, sont en paix, en joie, en communion, sont en unité dans la grande famille Eglise.

Marie est cause de l’unité de l’Eglise, parce qu’elle reçoit Jésus Eucharistie. Elle est la Mère du Corps Mystique de Jésus. Elle enfante chaque cellule du Corps Mystique que nous sommes à la vie de Jésus. Comment voulez-vous qu’elle le fasse sans Jésus qui est la Tête de ce Corps ? Voilà pourquoi un théologien comme le Père de Lubac peut dire dans son beau livre sur l’Eglise : L’Eglise fait l’Eucharistie et l’Eucharistie fait l’Eglise. L’Eglise fait l’Eucharistie, c’est-à-dire le sacerdoce ministériel : les prêtres font l’Eucharistie. L’Eglise fait l’Eucharistie sur nos autels. Mais c’est l’Eucharistie qui fait vraiment l’Eglise, car la véritable Unité de l’Eglise c’est l’unité entre les hommes que le péché divise, c’est la communion des enfants de Dieu, c’est le retour du troupeau vers son Pasteur.

Comme autre raison de convenance, je voudrais invoquer un témoignage qui vous sera cher, puisque c’est celui du Bx Père Gabriel-Maria. Pour moi, la communion eucharistique de Marie à la Pentecôte était chose évidente. C’était une certitude, une conviction intime : je ne pouvais pas penser que Marie n’ait pas communié au lendemain de la Pentecôte. Un doute m’effleurait cependant : rien n’était affirmé dans l’Ecriture... Les saints, qui sont les relais de l’Esprit Saint, ont des intuitions qui viennent de Dieu. Le Père Gabriel-Maria a été reconnu Bienheureux par la tradition. Il ne l’aurait pas été si sa pensée avait été entachée d’hérésie. On peut donc invoquer le témoignage des saints. Et ce n’est pas tellement le témoignage de Gabriel-Maria, directeur spirituel de ste Jeanne de France, que je vais invoquer, mais Ste Jeanne de France elle-même dont le témoignage est relaté par son confesseur. En terminant, je vous lis des extraits qui, j’espère, vous iront droit au coeur, tout en vous affermissant dans cette conviction que, vraiment, Marie pour être notre Mère, se devait de recevoir Jésus son Fils dans l’Eucharistie :

Une fois qu’elle priait et demandait, selon son habitude, à la Vierge de lui enseigner comment lui plaire, ne demandant pas d’autre grâce que de lui plaire et, par elle, à la bienheureuse Trinité, elle entendit en elle-même, très consolée dans son coeur, la Vierge Lui dire :

Il y a trois choses qui me plaisent par-dessus tout et qui m’ont toujours beaucoup plu quand je vivais sur cette terre, ce sont celles qui se rapportent à la croix de mon Fils, et tu les posséderais si, avec St Paul, tu avais la pratique et la science de la croix.

La première : c’est d’écouter mon Fils, ses Paroles et ses enseignements. Pour les entendre, je Le suivais avec les autres femmes, à travers la Galilée et partout où c’était possible.

La seconde : c’est de méditer sur ses Blessures, sur sa croix, et sa Passion. C’est pourquoi, j’allais fréquemment, après son Ascension, dans les lieux où il avait souffert.

La troisième : c’est le très Saint Sacrement de l’Autel ou la Messe, pour laquelle j’eus les plus grands respects et dévotion. C’est pourquoi, j’entendais la messe chaque jour et j’y communiais.

On ne lance pas de telles paroles, quand on est sainte, à la légère, pour égarer les frères et les soeurs en Eglise. Si vraiment ste Jeanne de France est quelqu’un qui nous égare, où est sa sainteté ? Marie... L’Eucharistie : ce sont là des sujets inépuisables, pour vous comme pour moi. Ce sont de grands lieux de vie qu’il faut pouvoir intégrer, avec la grâce de l’Esprit Saint, en communiant au Corps et au Sang de Jésus - Corps et Sang de Celui qui a voulu naître de la Vierge Marie.
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Livres sur le sujet :

BOSSARD A., L’Eucharistie avec Marie. Ouvrage disponible aux Editions St Paul ou bien dans les maisons montfortaines.

LAURENTIN R. , N.D. de la Messe au service de la Paix du Christ, DDB, 1950.

http://annonciade.pagesperso-orange.fr/marieeucharitie.htm

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« Tu es grand, Seigneur, et louable hautement… Tu nous as faits pour Toi et notre cœur est sans repos tant qu’il ne se repose pas en Toi » (saint Augustin).
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Dans l‘Eucharistie, l’Eglise avec Marie est comme au pied de la Croix
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