La Chapelle de la Sainte-Famille

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 13 novembre 2015 Père Gourrier : appel aux évêques et aux prêtres

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Marthe

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MessageSujet: 13 novembre 2015 Père Gourrier : appel aux évêques et aux prêtres    Mar 17 Nov - 18:21

17 novembre 2015      14:15

13 novembre 2015 Père Gourrier : appel aux évêques et aux prêtres


Suite aux attaques du 13 novembre, le Père Gourrier appelle les évêques et les prêtres au "jeûne et à la prière en ce temps de crise", à "sortir du discours sociologique et humaniste", pour "avoir un discours spirituel", et nous recommande particulièrement à l'intercession de Saint Michel Archange.

Merci au Père Gourrier.
http://christroi.over-blog.com/2015/11/13-novembre-2015-pere-gourrier-appel-aux-eveques-et-aux-pretres.html


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"Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos.Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau, léger.» (Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,28-30)

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Marthe

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MessageSujet: Re: 13 novembre 2015 Père Gourrier : appel aux évêques et aux prêtres    Mar 17 Nov - 18:25

Excellente initiative
Mais qui aurait dû être prise dès le départ, alors que nos frères Chrétiens, ailleurs dans le monde, tombaient sous les coups de cette organisation maléfique ou d'autres organisations d'ailleurs

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"Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos.Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau, léger.» (Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,28-30)

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Pearl
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MessageSujet: Re: 13 novembre 2015 Père Gourrier : appel aux évêques et aux prêtres    Mar 17 Nov - 20:53

probleme... le Pere Gourrier, malheureusement, n'est pas tres suivi par bien des personnes dans son diocese (Poitiers)... qui est encore un diocese bien en proie au 'progressisme' ce progressisme qui a infiltre dans les annees 60/70... nos seminaires !!! et souvent trop abandonne a des laics sans aucune formation religieuse 'solide'



Patrice Gourrier. 53 ans. Prêtre de Saint-Porchaire.
Psychologue. Grande gueule à ses «heures perdues», le chouchou des médias ne laisse personne indifférent. Vient de réchapper de la mort une deuxième fois. Veut désormais se «recentrer sur l’essentiel».

Dans le long tunnel blanc qui mène à l’au-delà, il a opéré un demi-tour spectaculaire. En salle de déchoquage, il avait pourtant reçu l’extrême onction de l’un de ses confrères, s’était confessé en bonne et due forme. D’après les médecins, Patrice Gourrier aurait dû quitter son enveloppe corporelle pour rejoindre une autre forme d’existence, victime d’une occlusion sur bride foudroyante. A croire que le curé de Saint-Porchaire est « protégé ». Une nouvelle fois, le père Gourrier a éprouvé l’expérience de la finitude, « une souffrance extrême ». Comme en 2000, avant de se glisser dans les habits de serviteur de Dieu.

Quinze jours d’hospitalisation ont achevé de le convaincre qu’il ne devait « plus perdre son temps », mais plutôt épurer son ministère des « réunions inutiles » et autres querelles intestines. D’autant qu’il va devoir apprendre à vivre avec cette « bombe dans le ventre » dont il ne détient pas le code rouge. « Elle peut se déclencher à tout moment, m’emporter n’importe quand. Je suis en sursis depuis mon retour parmi les vivants. » Parce que « rien ne vaut la vie », la future ex-grande gueule de RMC va désormais se consacrer à 200% au service de Dieu et des hommes. Qu’importe le temps que le grand architecte lui accordera…

« S’ouvrir à la différence »

Plus que jamais, l’ancien étudiant en droit brillant de Panthéon-Assas, à Paris, abhorre l’hypocrisie, la vanité et la futilité. De « son » Eglise, d’abord, coupable à ses yeux de « ne pas assez s’ouvrir à la différence ». Lui cultive les « excentricités », quitte à déranger l’ordre établi. A l’image de cette relation épistolaire avec un jeune… salafiste, née d’une conversation au long cours sur RMC. « Au-delà de nos différences, nous sommes unis par quelque chose de plus grand, l’amour de Dieu », estime le curé de Saint-Porchaire.

S’il loue les qualités du nouveau Pape François Ier, mu par « une simplicité et une authenticité remarquables », le père Gourrier n’épargne pas l’institution.

« Il faut davantage de mère Teresa, de sœur Emmanuel, de Guy Gilbert pour retrouver l’essentiel !
» Le curé des loubards et son homologue du très chic plateau de Poitiers partagent plus qu’une propension à aimanter les médias. Ces deux grandes gueules assumées remplissent les églises. Et mettent de l’humain là où d’autres érigent des barbelés théologiques. « Maladies, drames, décès… Nous sommes tous les jours confrontés au tragique. Sans avoir le syndrome du sauveur, il faut faire vivre l’espérance. Adoucir les blessures, poser des pansements. »

« Tout ce qui s’élève converge »


Dans quelques semaines, l’ex-directeur de la maison d’édition Gauthier-Villars -il a aussi travaillé dans la banque- se replongera dans l’univers radiophonique. D’aucuns vont encore lui reprocher ses extras sur RMC. Ceux-là mêmes qui ont voulu lui interdire la messe quotidienne à Saint-Porchaire. Ou ont vu d’un œil (très) noir sa conversion à la… psychologie, au début des années 2000. Il reçoit encore trois demi-journées par semaine. Peut-être le jeune bobo parisien, qu’il fut pendant longtemps, paye-t-il aujourd’hui le prix de sa propre différence. De ton. De carrière. De points de vue. Il préfère de loin « avoir tort dans l’Eglise que raison contre elle ».

Nouveau pavé dans la mare : « Je n’ai rien contre les gens qui manifestent contre le mariage gay. Mais qui manifeste dans la rue contre les gens qui crèvent de faim ? Qui ? »

Le questionnement a valeur d’admonestation à l’endroit des tenants de la bien-pensance. Il assume. Tout. Y compris cette amitié iconoclaste mais sincère avec Davina, l’ancienne égérie télé des années 80, reconvertie en nonne bouddhiste dans son monastère de Saint-Savin. Le père Gourrier a suivi ses enseignements à Chökhor Ling. « Tout ce qui s’élève converge », disait Theilard de Chardin. Avec Davina Gelek Drölkar, nous avons des discussions sur l’essentiel. Cette rencontre, je la vis comme un moment étoilé. » Une façon aussi de promouvoir la méditation, seul refuge où les pensées, l’imagination et l’intelligence restent à la porte. « L’être humain en est esclave ! », constate l’ecclésiastique. Le 4 avril, à Saint-Porchaire, il poussera le vice jusqu’à convier la nonne bouddhiste et le médecin psychiatre Christophe André à disserter sur le thème de la méditation, de la science et de la spiritualité (*). Patrice Gourrier adore brouiller les pistes. « J’aime les lignes de crête. Au moins, on voit de haut ! » Parole d’Evangile ?
http://www.7apoitiers.fr/enquete/870/grande-gueule-en-sursis

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Pearl
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MessageSujet: Re: 13 novembre 2015 Père Gourrier : appel aux évêques et aux prêtres    Mer 18 Nov - 20:57


« Le pape a brisé l'omerta »

PATRICE GOURRIER prêtre à Poitiers (Vienne)

Le Parisien | 12 Juin 2010, 07h00


Il s'en souvient comme si c'était hier ; c'était le 28mars, dimanche des Rameaux, jour d'affluence dans les églises où les chrétiens célèbrent la passion du Christ. A l'issue de la messe, des parents viennent saluer Patrice Gourrier, curé de l'église Saint-Porchaire à Poitiers (Vienne) et lui demandent d'embrasser leurs quatre enfants.

« L'espace d'une seconde, j'ai hésité en me disant : Si des gens me voient faire la bise à des bambins, ils vont penser que je suis pédophile ! » se souvient l'ecclésiastique, qui vient de publier « Curé qui es-tu ? »* Ayant perçu l'embarras du prêtre, les parents ont insisté : « Mon père, allez-y, on vous connaît ! »
Auteur du blog J'aime mon prêtre. com, qu'il a créé il y a trois mois pour «dénoncer les amalgames entre clergé et pédophilie, et rappeler qu'un prêtre est assassiné tous les dix jours dans le monde », Patrice Gourrier, 50 ans, se félicite de la demande de pardon de Benoît XVI, qui « conclut magnifiquement l'année sacerdotale ; c'est un encouragement pour tous les hommes d'Eglise à être fidèles à leur ordination ». Et de comparer la démarche du pape à celle de Jean-Paul II qui, « lors du passage à l'an 2000, avait demandé pardon pour toutes les fautes commises par l'Eglise au cours des deux premiers millénaires, notamment pour les croisades ».
Tout en se disant « brisé par la honte que des confrères aient pu commettre des actes pédophiles », Patrice Gourrier, malgré le soutien des fidèles, se déclare mal à l'aise face à la violence des critiques contre l'Eglise : «En tant que curé, je me sens attaqué. J'ai l'impression qu'on cherche à nous détruire. » Favorable à l'ordination d'hommes mariés, parce que « ça décoincerait l'Eglise sur la sexualité », ce curé, qui est aussi psychologue, estime qu'il n'y a « aucun rapport entre pédophilie et célibat ». Et d'expliquer : « J'accompagne des pédophiles en suivi thérapeutique sur injonction des cours d'assises. La grande majorité sont des hommes mariés, pères de famille. » Reconnaissant envers Benoît XVI qui a «brisé l'omerta » régnant autour des affaires de pédophilie dans l'Eglise, il observe que tous les milieux n'en ont pas fait autant.
Et de confier : «L'autre jour, une vieille dame que je ne connais pas est venue me dire que son petit-fils est abusé sexuellement par son père. Lorsqu'elle en a parlé à sa fille, la mère de l'enfant, celle-ci lui a répondu : Je le sais. Mais tais-toi ! Je veux sauver mon couple. Je l'ai incitée à tout faire pour lever ce secret de famille afin que justice soit rendue. »
* Editions Presses de la Renaissance, 17 €.

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MessageSujet: Re: 13 novembre 2015 Père Gourrier : appel aux évêques et aux prêtres    Mer 18 Nov - 21:08


Lu pour vous : "Abba, dis-moi une parole !", par le P. Patrice Gourrier (IIème partie)

Publié le 13 Juillet 2012

II.- UN FOND DE CRISE DURABLE


Tout ouvrage apparaît dans et d’un certain contexte. Ce contexte peut n’être pas l’objet de l’ouvrage, et l’auteur ne l’avoir pas eu explicitement à l’esprit en l’écrivant. Cependant, sans lui, rien n’aurait été probablement écrit. Il est rare, dès lors, que tel ou tel aspect de ce contexte ne vienne pas éclairer en quelque façon les propos d’un auteur. Encore que celui que nous voulons mettre ici en évidence n'entre pas dans l'intention du P. GOURRIER, il nous a paru utile de le souligner, parce que, présent en son livre, il explique en partie les difficultés que rencontrent aujourd'hui les catholiques sur leur route spirituelle.



L’ouvrage du P. GOURRIER est d’un genre particulier. Ce n’est pas à proprement parler un dialogue, faute d’échanges réciproques entre les personnes concernées. Chaque chapitre présente une interrogation, intime, en quelques lignes résumées, comme un appel ; puis une réponse, intime, comme une main tendue. La réaction de l’interlocuteur à la réponse qu’il a sollicitée, si elle existe, est inconnue. L’Auteur porte ensuite questions et réponses au lecteur, afin qu’il s’interroge à son tour. « Que dois-je faire pour plaire à Dieu ? » ; « Ne vaut-il pas mieux parler que se taire ? » ; « Dieu nous a-t-il abandonnés ? » ; « Je n'arrive pas à prier » ou « Quels sont les stades de la vie spirituelle ? ». Mais aussi : « Toutes ces peintures et ces sculptures dans nos églises ne risquent-elles pas de nous détourner de l'essentiel ? » ; « A quoi sert la confession ? » ; « A quoi servent la fête de Noël... et le carême ? » ; « J'ai du mal à prier Marie, je ne crois ni à sa virginité, ni à son assomption » ; « Je ne comprends plus le mariage chrétien » ; « Pourquoi y a-t-il encore des chants en latin ? » ou « Pourquoi moins de 50 % des catholiques croient-ils à la résurrection ? »



Ainsi, à côté de questions fort classiques et au fond fort saines de la vie spirituelle, certaines autres, où se mêlent doutes, angoisses, relativisme et pertes de repères, révèlent dans le livre un contexte spécifique, celui de la crise qui, depuis plus de cinquante ans, affecte l’Église. Modalités et étapes de cette crise sont multiples. Ses traits essentiels, en revanche, sont toujours les mêmes. Hérités de la crise moderniste née à la fin du XIXème siècle et semés à foison dans les années 60-70 par un clergé indocile et immature, qui se piquait de jouer les prophètes de temps nouveaux, la désacralisation, le scepticisme et le mépris du passé ont répandu leurs fruits, qui n’étaient pas ceux de Dieu mais bien ceux de l’inimicus homo. Le sens de la foi et de l’Église d’un grand nombre de prêtres et de fidèles en a durement souffert. Ces dégâts ont été favorisés par un dévoiement forcené de la catéchèse et de la prédication. Il est pénible de constater à quel point certaines thèses qui étaient jadis le fait condamné d’un Sabatier, d’un Harnack ou d’un Tyrrell ont pu se distiller lentement dans la psychologie religieuse d’un grand nombre, clercs ou non, comme s’il s’agissait désormais d’un limon naturel de la vie chrétienne. L’Année de la Foi voulue par le Saint-Père permettra peut-être bientôt de le mettre davantage en lumière.



Il ne s’agit pas ici de rappeler autrement ces temps mauvais, qui en bien des lieux n’ont souvent laissé, sous prétexte d’ouverture au monde, qu’absence de prêtre, altérations de la foi, ruine de la culture chrétienne, oubli des richesses du passé, perte de mémoire. Cependant il n’est pas possible de ne pas rapporter les effets à leurs causes. L’ouvrage du P. GOURRIER évoque d'ailleurs lui-même cette époque, sous son aspect loufoque « de “Peace and Love”, durant laquelle on a favorisé chaque dimanche “l'inventivité” des communautés » (p. 180). Il le fait, cependant, en diluant un peu trop dans l’humour et le folklore soixante-huitard des circonstances à la réflexion graves et lourdes de conséquences. Ces dernières expliquent pourtant en bonne part la survenance de certaines des questions angoissées dont l’Auteur est aujourd’hui l’objet de la part de fidèles désorientés. Comment comprendre, sans la solution de continuité apportée par ces événements, que des fidèles puissent en particulier s'indigner avec « colère » de la persistance du latin (p. 177), s'interroger sur l'utilité de la prière à Notre-Dame ou sur sa virginité, sur l'utilité de la confession, de l’habit ecclésiastique, des sculptures ou peintures dans les églises ou se montrer incertains sur les attitudes à adopter pendant la messe, pour ne citer que ces seuls exemples ?



L’Auteur lui-même, d’ailleurs, qui raconte en ses réponses ses propres évolutions sacerdotales ou spirituelles, témoigne, indirectement, de ce dont ses aînés l’ont privé, sans peut-être d'ailleurs avoir claire conscience de cette privation. Ainsi, cherchant à convaincre l’un de ses interlocuteurs de la nécessité pour le prêtre de porter un habit ecclésiastique, il lui expose qu’il l’a découverte au hasard de ses lectures. Un réflexe assez excusable conduirait à penser que ce fut celle du canon 284 du Code de droit canonique (1983) ou du “Directoire pour le ministère et la vie des prêtres” (31-01-1994), tous deux antérieurs à son ordination sacerdotale, ou peut-être encore de la lettre du Pape Jean-Paul II au vicaire de Rome, le 8 septembre 1982, ou d’un texte analogue. Dans cette lettre en effet, le saint Pontife, soulignait « la valeur et la signification de ce signe distinctif, non seulement parce qu'il contribue à la bienséance du prêtre dans son attitude extérieure ou dans l'exercice de son ministère, mais surtout parce qu'il met en évidence au sein de la Communauté ecclésiastique le témoignage public que tout prêtre doit donner de sa propre identité et de son appartenance spé­ciale à Dieu (…) » et parce qu’il incite le prêtre « à réfléchir sur les réalités qu’il représente dans le monde et sur le primat des valeurs spirituelles qu’il affirme dans l'existence de l'homme ». Non, cette nécessité, l’Auteur, selon son propre aveu, ne l’a découverte qu’à la lecture de… Lacan (p. 28). La découverte est heureuse, les voies pour y parvenir sont plus tristes. Il est vrai que ses aînés, qui ont tant persécuté les prêtres fidèles en ce domaine, ainsi qu’en a témoigné Mgr Masson sur ce blogue, ne pouvaient lui enseigner ce qu’ils avaient eux-mêmes si résolument rejeté au nom de l’idéologie de la fusion dans le monde.



De même, s’agissant de la manière de célébrer les saints mystères. Bien des fois nous avons reçu l’aveu de prêtres, jeunes ou moins jeunes, de ce qu’ils ne l'avaient jamais apprise dans leur séminaire ou leur maison de formation, aussi étrange que cela puisse paraître. Bien des fois aussi, le spectacle donné par des gestuelles théâtrales et ridicules nous ont permis de vérifier qu’il en était bien ainsi. Ces prêtres en étaient alors réduits à se former, si l’on peut dire, sur le tas, par l’observation de ce que faisaient les plus anciens, eux-mêmes souvent antérieurement guidés par leurs propres inspirations, leur nonchalance ou leur goût de se donner en spectacle. Le P. GOURRIER apporte un témoignage identique : « Voilà dix ans que j'ai été ordonné et, durant toutes ces années, je me suis demandé comment tenir mes mains durant les célébrations » (p.181). Il a alors observé ses confrères, répond-il à une personne qui lui demande si l'Église donne des règles sur la manière de se tenir à la messe : certains avaient les mains jointes, d’autres les bras le long du corps. Lui-même a senti que les mains jointes convenaient mieux à ses dispositions spirituelles. Il rejoint ainsi une tradition des plus anciennes, mais comme par hasard, guidé par ses intuitions, sans l’avoir reçue de ses anciens, comme si les règles liturgiques n'existaient pas.



Le P. GOURRIER renvoie de même son interlocuteur, pour ses propres attitudes à la messe, aux inspirations de sa subjectivité (p. 181), comme s'il était acquis qu'aucune pédagogie objective ne devait désormais exister en ce domaine et comme si l’Église n'y était pas porteuse, par sa tradition évangélique, d'une expérience favorisant l'adoration et le recueillement.



Nous pensons spontanément à l'agenouillement.
Mais, là encore, ce n'est pour l'Auteur qu'une gestuelle dictée par l'inspiration personnelle : « Pour certains... pour d'autres... ».Traitant de cette question également à propos de l'assistance à la messe, il invite, pendant la consécration, à se mettre... debout, sous prétexte que le péché nous met à terre et que le Pain de Vie nous met debout (p. 22). Ce qui est frappant, ici encore, c'est que les questions posées ne portent pas l'Auteur à rechercher une lumière dans des règles objectives, telles qu'elles peuvent notamment résulter des normes ou des enseignements de l’Église, mais à privilégier les élans de la subjectivité, par un respect mal compris de la personne, en rattachant indûment son interprétation personnelle à la tradition.



« Jésus priait à genoux, rappelait pourtant le Pape Benoît XVI dans son homélie du Jeudi-Saint 2012. Les chrétiens, par leur agenouillement, entrent dans la prière de Jésus sur le Mont des Oliviers. Devant la menace du pouvoir du mal, eux, parce qu’ils sont agenouillés, sont droits devant le monde ». Tandis que le saint curé d'Ars, auquel ces mots font écho, disait que « l'homme n'est grand devant Dieu qu'à genoux », une partie notable du clergé s'est appliquée, depuis cinquante ans, à voir dans ce geste une attitude indigne de l'homme, par cette répulsion qu'ils partagent curieusement avec les païens de l'Antiquité.

Il faut lire à cet égard les réflexions décisives du Pape Benoît XVI, alors Cardinal, dans le chapitre 2 du livre 4 de “L'Esprit de la liturgie” (1), qui répondent si bien à l'interlocuteur du P. GOURRIER et aux termes utilisés par ce dernier. Le Cardinal y déclarait :


« On voudrait aujourd’hui nous détourner de l’agenouillement. Ce geste ne serait plus adapté, paraît-il, à notre culture, il ne conviendrait plus au chrétien adulte qui doit faire face à Dieu, debout ; ou encore il ne s’accorderait pas avec le statut de l’homme sauvé, car l’homme libéré par le Christ n’aurait plus à s’agenouiller », avant d'ajouter : « L’agenouillement (...) nous vient de la Bible et de sa conception de Dieu. Dans la Bible, le verbe “proskynein” [s’incliner jusqu’à terre après avoir ployé les genoux] apparaît 59 fois dans le Nouveau Testament, dont 24 fois dans l’Apocalypse – signe de l’importance que l’Ecriture attribue à ce geste ».


Et le Saint-Père concluait par ces mots, que l'on devrait donner à méditer dans tout séminaire : « Il se peut bien que l’agenouillement soit étranger à la culture moderne – pour la bonne raison que cette culture s’est éloignée de la foi. Elle ne connaît plus Celui devant lequel l’agenouillement est le seul geste adéquat, le seul geste nécessaire. La foi apprend aussi à nous agenouiller. C’est pourquoi une liturgie qui ne connaîtrait plus l’agenouillement serait intrinsèquement malade. Il faut réapprendre à nous agenouiller, réintroduire l’agenouillement partout où il a disparu, afin que, par notre prière, nous restions en communion avec les apôtres et les martyrs, en communion avec le cosmos tout entier, en union avec Jésus-Christ » (p 146-153).


(à suivre)

________________

(1) Cardinal J. Ratzinger, L'esprit de la Liturgie, Editions Ad Solem, 2001, 192 p.


http://hermas.over-blog.org/article-lu-pour-vous-abba-dis-moi-une-parole-par-le-p-patrice-gourrier-iieme-partie-108105180.html

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