La Chapelle de la Sainte-Famille

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 Meditations et Homelies

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etienne lorant

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Lun 6 Juin - 10:32

Béatitudes pour notre temps



Le lundi de la 10e semaine du temps ordinaire

Premier livre des Rois 17,1-6.
En ces jours-là, le prophète Élie, de Tishbé en Galaad, dit au roi Acab : « Par le Seigneur qui est vivant, par le Dieu d’Israël dont je suis le serviteur, pendant plusieurs années il n’y aura pas de rosée ni de pluie, à moins que j’en donne l’ordre. » La parole du Seigneur lui fut adressée : « Va-t’en d’ici, dirige-toi vers l’est, et cache-toi près du torrent de Kérith, qui se jette dans le Jourdain. Tu boiras au torrent, et j’ordonne aux corbeaux de t’apporter ta nourriture. » Le prophète fit ce que le Seigneur lui avait dit, et alla s’établir près du torrent de Kérith, qui se jette dans le Jourdain. Les corbeaux lui apportaient du pain et de la viande, matin et soir, et le prophète buvait au torrent.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,1-12.
En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.


Cy Aelf, Paris


Comme il est réconfortant d'avoir entendu ces textes ce matin, car à peine étais-je parvenu à ma petite boutique, ce matin, que l'on m'a proposé de racheter toutes sortes de marchandises d'occasion - y compris un ordinateur récent ! C'est que désormais, il y a vraiment pénurie, mais pénurie d'abord liée à la dureté des cœurs à notre époque.

Dans la journée d'hier, comme je demandais de l'aide dans l'établissement de ma déclaration de revenus (qui n'aboutit qu'à la mention de deux chiffres - mais qui condensent en eux tous les chiffres de toute l'année considérée)... je me suis de nouveau fait rabrouer et renvoyer à mes calculs, avec une charge d'angoisse épouvantable - mais je suis tout de même venu à bout de ce "labeur".

En quoi ces "incidents domestiques" m'ont-ils aidé à mieux comprendre le rejet du prophète Élie ? En quoi ai-je mieux saisi que, par deux fois, la persécution est citée dans les Béatitudes ? C'est pourtant assez simple: de notre temps, personne ne vous persécutera - du moins de façon visible. Personne ne vous frappera, mais on vous privera du nécessaire. Vous pleurerez et ce sera une occasion de plus de faire rire autour de vous. Vous serez malades et hospitalisés, mais vous ne serez pas visités.

Il y a bien un lien direct entre tout ce que nous supportons individuellement, dans nos petites existences ignorées, et les grandes catastrophes, guerres, crues de fleuves, agressions, violences de toutes les sortes, que les télévisions diffusent sans arrêt. Faites donc comme moi : j'ai renoncé à la télé dès l'année 2008. Vous prierez mieux et plus régulièrement...

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Pearl
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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mar 7 Juin - 19:43

11e dimanche dans l'année C

C'est du péché dont il est question ce dimanche. Le péché de David d’abord, et puis celui de la pécheresse qui s’invite au repas de Simon le pharisien.

Le péché de David est bien réel. Il a vu une femme très belle, il l'a voulue pour lui, il a péché lucidement avec elle. Et puis, il fait assassiner son mari. Il ne faut rien nier de ce crime abominable, et pourtant il n'enlève rien à la droiture de David. Foncièrement il reste droit. Nous faisons tous l'expérience qu'il y peut y avoir une très grande bonté en nous, et parfois aussi une méchanceté véritablement diabolique. David est droit, parce que justement il va reconnaître sa faute avec simplicité. Souvent, lorsque nous avons fait le mal, nous tentons de nous excuser par mille raisons. C'est manquer de droiture, ce qui est beaucoup plus grave encore que le péché.

« David dit à Nathan : J'ai péché contre le Seigneur. » Il prend conscience que c'est vraiment le Seigneur qu'il a offensé. Quand je manque à une loi, ce n'est pas seulement à une loi que je manque mais à Celui qui m'a donné la Loi et qui me l'a donnée par amour. Je manque donc d'amour à celui qui m'a donné la Loi. David a déjà parfaitement saisi cela, mille ans avant Jésus.

Ne soyons jamais déçus, jamais étonnés de nous sentir capables de faire ceci ou cela. David est un homme qui s'accuse avec humilité. Ne serait-ce pas le manque de pauvreté spirituelle qui est la cause de nos difficultés à nous approcher du sacrement de pénitence ? Nous n'avons plus le sens du péché, nous ne croyons pas assez à la valeur du sacrement comme acte d'un Dieu amour qui vient nous aider…

« J’ai péché contre le Seigneur ! » On a dit très justement que le monde a perdu le sens du péché, parce que le monde a perdu le sens de Dieu. Moins nous aurons le sens de Dieu et moins nos manques d'amour nous apparaîtront comme des péchés. Moins nos péchés nous apparaîtront des manques d'amour, plus nous perdrons le sens de la confession. Le sacrement de confession offre l'occasion de se mettre davantage en présence du vrai Dieu de la Bible. Ce qui est important, ce n'est pas d'accuser x péchés, mais de rencontrer l'amour et d'y croire, d'être décidés - tout en sachant que nous retomberons peut-être le soir même -, d'être décidés à aimer. Il ne faut pas tellement se confesser pour changer mais pour rencontrer l'amour.

On va se confesser parce qu'on aime le Seigneur et qu'on a besoin du Seigneur pour continuer sa route. On sait très bien qu'on retombera ! Pourquoi ne pas accepter de rester pauvres ? Nous voulons être satisfaits de faire des progrès. Quand je médite qui est Dieu, je ne peux plus m'étonner d'être un pauvre. C'est parce qu'on ne connaît pas Dieu qu'on n'accepte pas d'être pauvre. Devant l'infinie sainteté, que voulez-vous que je sois sinon un pauvre ! C’est bien là l’erreur de Simon le pharisien, qui pense que ses mérites lui donnent des droits sur Dieu… Rien de notre pauvreté ne doit nous étonner, dans aucun domaine. Nous voyons bien que nous sommes orgueilleux quand des faiblesses nous étonnent : « Je n'aurais jamais cru que je pouvais en arriver là ! ». La plus grande force de notre vie spirituelle, c'est notre pauvreté. Le vrai pauvre est assez prudent pour ne jamais trop se séparer de son Dieu parce qu'il sait qu'il en a besoin. Il sait tellement que seule la force de Dieu peut l'aider.

C’est ce qu’a découvert cette pécheresse, dont Luc ne précise d’ailleurs pas la faute. Elle s’est sentie aimée par Jésus jusque dans son péché. Ce ne sont ni ses larmes ni le prix élevé du parfum qui l’ont fait aimée de Dieu. C'est parce qu'elle se savait totalement insolvable, c'est parce qu'elle était pauvre de tout, parce qu'elle était totalement vide d'elle-même, c'est parce qu'elle a fait confiance à Jésus que celui-ci lui a accordé son pardon. « Ta foi t'a sauvée. Va en paix ! ».

Thér&Retirez-moi de votre listeegrave;se de Lisieux disait : « La sainteté … consiste en une disposition du cœur qui nous rend humbles et petits entre les bras de Dieu, conscients de notre faiblesse, et confiants jusqu'à l'audace en sa bonté de Père » (Carnet Jaune).
kerit.be

_________________
« Tu es grand, Seigneur, et louable hautement… Tu nous as faits pour Toi et notre cœur est sans repos tant qu’il ne se repose pas en Toi » (saint Augustin).
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etienne lorant

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Jeu 9 Juin - 10:09

Quelle forme de Justice désirons-nous ?

Premier livre des Rois 18,41-46.
En ces jours-là, le prophète Élie dit au roi Acab : « Monte, tu peux maintenant manger et boire, car j’entends le grondement de la pluie. »
Acab monta pour aller manger et boire. Élie, de son côté, monta sur le sommet du Carmel, il se courba vers la terre et mit son visage entre ses genoux. Il dit à son serviteur : « Monte, et regarde du côté de la mer. » Le serviteur monta, regarda et dit : « Il n’y a rien. » Sept fois de suite, Élie lui dit : « Retourne. » La septième fois, le serviteur annonça : « Voilà un nuage qui monte de la mer, gros comme le poing. » Alors Élie dit au serviteur : « Va dire au roi Acab : “Attelle ton char et descends de la montagne, avant d’être arrêté par la pluie.” » Peu à peu, le ciel s’obscurcit de nuages, poussés par le vent, et il tomba une grosse pluie. Acab monta sur son char et partit pour la ville de Yizréel. La main du Seigneur s’empara du prophète ; Élie retroussa son vêtement et courut en avant d’Acab jusqu’à l’entrée de la ville de Yizréel.



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,20-26.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne commettras pas de meurtre’, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »

Cy Aelf, Paris

Là où il n'y a pas d'eau, il n'y a pas non plus de vie pour l'homme. L'eau, bien indispensable, plus forte que le feu, mais qui rend également possibles les cultures et l'élevage. Et pour tous les baptisés, l'eau est signe de délivrance et de victoire sur la mort.

C'est sous ce signe, de la délivrance, que notre prêtre a prêtre a placé, très simplement, son homélie : en effet, de fortes averses, dans la journée d'hier ont changé les projets de beaucoup de gens, hier après-midi ! Et des voisins qui se saluent à peine, se sont rencontrés pour parler météo - ne serait-ce que cela, quelle victoire sur l'individualisme de notre époque !

Il nous appartient à tous de rendre vie à l'onction de notre baptême. Allons donc puiser de l'eau à la source des sacrements, puis renonçons à la justice, car quiconque juge son prochain prépare le tribunal qui le jugera de même !

Dans cet Évangile, de saint Matthieu, le plus juif des évangélistes, lui qui sait fort bien combien ses compatriotes sont pointilleux en matière de justice, c'est toute la justice des hommes qui se retrouve au tribunal ! En effet, ce qui s'oppose à la justice humaine, c'est la justice divine, à l’œuvre d'abord par la Miséricorde.

Telle est la justice qu'il nous faut adopter. Or, cette année, c'est l’Église toute entière qui se souvient de cette parole de Jésus crucifié : "Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font"...

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etienne lorant

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Ven 10 Juin - 15:25

Reconnaître et vivre de l'amour de Dieu


Le vendredi de la 10e semaine du temps ordinaire

Premier livre des Rois 19,9a.11-16.
En ces jours-là, lorsque le prophète Élie fut arrivé à l’Horeb, la montagne de Dieu, il entra dans une caverne et y passa la nuit. Et voici que la parole du Seigneur lui fut adressée. Il lui dit :
« Sors et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur, car il va passer. » À l’approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre. et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d’une brise légère. Aussitôt qu’il l’entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne. Alors il entendit une voix qui disait : « Que fais-tu là, Élie ? » Il répondit : « J’éprouve une ardeur jalouse pour toi, Seigneur, Dieu de l’univers. Les fils d’Israël ont abandonné ton Alliance, renversé tes autels, et tué tes prophètes par l’épée ; moi, je suis le seul à être resté et ils cherchent à prendre ma vie. » Le Seigneur lui dit : « Repars vers Damas, par le chemin du désert. Arrivé là, tu consacreras par l’onction Hazaël omme roi de Syrie ; puis tu consacreras Jéhu, fils de Namsi, comme roi d’Israël ; et tu consacreras Élisée, fils de Shafath, d’Abel-Mehola, comme prophète pour te succéder.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,27-32.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu ne commettras pas d’adultère’. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne. Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne. Il a été dit également : ‘Si quelqu’un renvoie sa femme, qu’il lui donne un acte de répudiation’. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, la pousse à l’adultère ; et si quelqu’un épouse une femme renvoyée, il est adultère. »


Cy Aelf, Parus


Si quelqu'un parmi nous a le désir de la sainteté, qu'il commence par mettre de côté des images de Dieu qui sont selon la nature humaine ! C'est ainsi que le prophète Élie, tout inspiré qu'il soit, avait songé à une rencontre extraordinaire, fabuleuse, éblouissante, sur la montagne sainte. Il s'attend, de la part de "Dieu-tout-puissant", à une manifestation soudaine, extraordinaire de puissance et de gloire... mais en définitive Dieu tout-puissant se manifeste dans une "brise légère". Il ressemble bien à son ancêtre Moïse, lequel avait été intrigué par la vision d'un étrange buisson qui semblait en feu, mais qui ne se consumait pas - or, c'est là, de cette façon, que Dieu tout-puissant créateur du ciel et de la terre avait choisi de se manifester.

La brise légère - par laquelle le Tout-Puissant s'est manifesté à Élie, n'enlève certes rien à sa toute puissance Mais elle surprend d'autant plus ! Qui a inventé - ou exagéré - les notions de grandeur et de puissance ? Si Dieu est Amour, comment sa manifestation serait-elle mieux reconnue : dans la puissance dévastatrice ou bien - beaucoup plus sûrement : par sa miséricorde ?

Cependant, c'est avec une grande rigueur que Jésus prévient : pour un homme, il est tout à fait préférable de perdre un membre en cette vie, plutôt à que de se perdre tout entier du simple fait d'un abus des sens... Sur ce thème, notre prêtre a évoqué le bouleversement de vie d'un saint Augustin, mais aussi, plus proche de nous, les renoncements d'un saint François d'Assise, suivis de ceux du du bienheureux Charles de Foucault ?

Car le renoncement à soi-même voici ce qui permet une véritable rencontre du Seigneur.

Se renoncer, c'est bien accepter une forme de "mort" pour une extraordinaire forme de vie !

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etienne lorant

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Sam 11 Juin - 16:09

Livre des Actes des Apôtres 11,21b-26.13,1-3.
En ces jours-là, à Antioche, un grand nombre de gens devinrent croyants et se tournèrent vers le Seigneur. La nouvelle parvint aux oreilles de l’Église de Jérusalem, et l’on envoya Barnabé jusqu’à Antioche. À son arrivée, voyant la grâce de Dieu à l’œuvre, il fut dans la joie. Il les exhortait tous à rester d’un cœur ferme attachés au Seigneur. C’était en effet un homme de bien, rempli d’Esprit Saint et de foi. Une foule considérable s’attacha au Seigneur. Barnabé partit alors à Tarse chercher Saul. L’ayant trouvé, il l’amena à Antioche. Pendant toute une année, ils participèrent aux assemblées de l’Église, ils instruisirent une foule considérable. Et c’est à Antioche que, pour la première fois, les disciples reçurent le nom de « chrétiens ». Or il y avait dans l’Église qui était à Antioche des prophètes et des hommes chargés d’enseigner : Barnabé, Syméon appelé Le Noir, Lucius de Cyrène, Manahène, compagnon d’enfance d’Hérode le Tétrarque, et Saul. Un jour qu’ils célébraient le culte du Seigneur et qu’ils jeûnaient, l’Esprit Saint leur dit : « Mettez à part pour moi Barnabé et Saul en vue de l’œuvre à laquelle je les ai appelés. »  Alors, après avoir jeûné et prié, et leur avoir imposé les mains, ils les laissèrent partir.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,7-13.
En ce temps-là, Jésus disait aux douze Apôtres : « Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture. Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ. En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent. Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. »



Cy  Aelf, Paris


Ce qui a retenu mon attention, ce samedi  (pas de messe à la chapelle ce jour-là), c'est le rapport entre faiblesse humaine et petits moyens mis en oeuvre - ni argent, ni sac, ni bâton et pas même des sandales - et le succès de l'entreprise. Car on le voit dans la relation des multiples déplacements des apôtres dont on dirait aujourd'hui des vagabonds livrés à eux-mêmes. Mais en réalité, tout cela fonctionne à la perfection, en un mouvement perpétuel des apôtres qui, dans toutes les circonstances ne sont jamais découragés, ni décontenancés. L'Esprit les guide tout comme si J
Jésus était présents, en chair et en os, parmi eux.

Et je me dis : et moi, où en suis-je ?  Comme je doute encore souvent !  Comme je me laisse encore désorienter par la pauvret de ma petite entreprise de livres et bandes dessinées d'occasion - laquelle, de ce temps-ci, même avec un catalogue  sur le web - fonctionne au ralenti.

Mais cette lecture solitaire, ce matin, m'aide à reprendre courage.  Comme il est étrange ce doute concernant mes revenus et mon avenir !  N'est-ce pas une tentation ?  Comme j'écris ces mots, en cette circonstance, je constate que, oui je suis découragé, mais ce découragement est une tentation. Je dois me reprendre et le meilleur moyen de vaincre la tentation, c'est de me mettre à prier.  C'est ce que faisaient, aussi les disciples.  

Je peux conclure avec cette incitation à la prière.  Je choisis pour ma part la "Neuvaine irrésistible de Padre Pio", qui m'avait conduit à l'Eucharistie quotidienne ...

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Lun 13 Juin - 10:48

Comment vivre dans le monde sans être du monde

Le lundi de la 11e semaine du temps ordinaire

Premier livre des Rois 21,1-16.

En ce temps-là, Naboth, de la ville de Yizréel, possédait une vigne à côté du palais d’Acab, roi de Samarie. Acab dit un jour à Naboth : « Cède-moi ta vigne ; elle me servira de jardin potager, car elle est juste à côté de ma maison ; je te donnerai en échange une vigne meilleure, ou, si tu préfères, je te donnerai l’argent qu’elle vaut. »
Naboth répondit à Acab : « Que le Seigneur me préserve de te céder l’héritage de mes pères ! » Acab retourna chez lui sombre et irrité, parce que Naboth lui avait dit : « Je ne te céderai pas l’héritage de mes pères. » Il se coucha sur son lit, tourna son visage vers le mur, et refusa de manger. Sa femme Jézabel vint lui dire : « Pourquoi es-tu de mauvaise humeur ? Pourquoi ne veux-tu pas manger ? » Il répondit : « J’ai parlé à Naboth de Yizréel. Je lui ai dit : “Cède-moi ta vigne pour de l’argent, ou, si tu préfères, pour une autre vigne en échange.” Mais il a répondu : “Je ne te céderai pas ma vigne !” » Alors sa femme Jézabel lui dit : « Est-ce que tu es le roi d’Israël, oui ou non ? Lève-toi, mange, et retrouve ta bonne humeur : moi, je vais te donner la vigne de Naboth. » Elle écrivit des lettres au nom d’Acab, elle les scella du sceau royal, et elle les adressa aux anciens et aux notables de la ville où habitait Naboth. Elle avait écrit dans ces lettres : « Proclamez un jeûne, faites comparaître Naboth devant le peuple.
Placez en face de lui deux vauriens, qui témoigneront contre lui : “Tu as maudit Dieu et le roi !” Ensuite, faites-le sortir de la ville, lapidez-le, et qu’il meure ! » Les anciens et les notables qui habitaient la ville de Naboth firent ce que Jézabel avait ordonné dans ses lettres.
Ils proclamèrent un jeûne et firent comparaître Naboth devant le peuple. Alors arrivèrent les deux individus qui se placèrent en face de lui et portèrent contre lui ce témoignage : « Naboth a maudit Dieu et le roi. » On fit sortir Naboth de la ville, on le lapida, et il mourut.
Puis on envoya dire à Jézabel : « Naboth a été lapidé et il est mort. »
Lorsque Jézabel en fut informée, elle dit à Acab : « Va, prends possession de la vigne de ce Naboth qui a refusé de la céder pour de l’argent, car il n’y a plus de Naboth : il est mort. » Quand Acab apprit que Naboth était mort, il se rendit à la vigne de Naboth et en prit possession.



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,38-42.
En ce temps- là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Œil pour œil, et dent pour dent’. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.
Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui.À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! »


Cy Aelf, Paris

Extraordinaire rencontre de textes et de choses vécues ! Je m'explique : je n'ai jamais connue de "Jézabel", mais j'ai connu un Christian qui tenait, lui comme moi, un commerce d'articles d'occasions. Mais du fait que j'achetais plus cher les mêmes marchandises que lui, il a réagi à ma concurrence en m’envoyant un inspecteur corrompu pour me saisir tous mes compact-discs, en dépit du fait que mon registre d'achats était tout à fait en ordre. J'ai attaqué au tribunal, j'ai gagné, mais la somme payée à mon avocat durant trois ans - pour finalement m'entendre dire par le Juge : "Monsieur, je ne peux pas vous juger, vous n'avez pas été mis en examen, il n'y a pas de pièce à conviction, vous êtes acquitté, vous êtes libre". Bien évidemment, personne ne m'a remboursé les frais encourus pour ma défense, ni les médecins que j'ai consultés du fait de mon état nerveux endommagé... Bref, le cas de Jézabel et de Naboth est tout à fait courant.

Mieux vaut donc ne pas s'épuiser à résister aux méchants, comme le dit bien Jésus. Laissez tomber, détournez votre chemin, ne vous laissez pas piéger par Mammon, l'esprit du monde, des richesses, du système du plus malin et du plus fort. Demeurez libres en Jésus-Christ !

Et maintenant, je vous rapporte l'autre fait, lumineux, que j'ai vécu et qui illustre la parole de Jésus dans l'Evangile qui nous dit : si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. L'un quelconque des jours après ma conversion, une jeune étudiante qui venait me saluer, m'a dit : "Je ne peux pas risquer de rentrer seule dans mon quartier, le chemin est trop désert et je ne suis pas rassurée". Et moi, tout aussitôt (c'était chaque fois ainsi durant les trois mois qui ont suivi ma conversion) : "Peu importe, je t'accompagne !". Ce soir-là, j'ai marché trois kilomètres dans un sens et plus de huit pour rentrer chez moi. Mais quelle joie intérieure !

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etienne lorant

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mer 15 Juin - 10:34

Religion : relation à Dieu


Le mercredi de la 11e semaine du temps ordinaire

Deuxième livre des Rois 2,1.6-14.
Voici comment le Seigneur enleva Élie au ciel dans un ouragan. Ce jour-là, Élie et Élisée étaient partis de Guilgal. Arrivés à Jéricho, Élie dit à Élisée : « Arrête-toi ici ; et moi, le Seigneur m’envoie au Jourdain. » Mais Élisée répliqua : « Par le Seigneur qui est vivant, et par ta vie, je ne te quitterai pas. » Ils continuèrent donc tous les deux. Cinquante frères-prophètes, qui les avaient suivis, s’arrêtèrent à distance, pendant que tous deux se tenaient au bord du Jourdain. Élie prit son manteau, le roula et en frappa les eaux, qui s’écartèrent de part et d’autre. Ils traversèrent tous deux à pied sec.
Pendant qu’ils passaient, Élie dit à Élisée : « Dis-moi ce que tu veux que je fasse pour toi avant d’être enlevé loin de toi. » Élisée répondit : « Que je reçoive une double part de l’esprit que tu as reçu ! »
Élie reprit : « Tu demandes quelque chose de difficile : tu l’obtiendras si tu me vois lorsque je serai enlevé loin de toi. Sinon, tu ne l’obtiendras pas. » Ils étaient en train de marcher tout en parlant lorsqu’un char de feu, avec des chevaux de feu, les sépara. Alors, Élie monta au ciel dans un ouragan. Élisée le vit et se mit à crier : « Mon père !... Mon père !... Char d’Israël et ses cavaliers ! » Puis il cessa de le voir. Il saisit ses vêtements et les déchira en deux. Il ramassa le manteau qu’Élie avait laissé tomber, il revint et s’arrêta sur la rive du Jourdain. Avec le manteau d’Élie, il frappa les eaux, mais elles ne s’écartèrent pas. Élisée dit alors : « Où est donc le Seigneur, le Dieu d’Élie ? » Il frappa encore une fois, les eaux s’écartèrent, et il traversa.



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,1-6.16-18.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »



Le récit de la traversée du Jourdain à pieds secs, de même que l'enlèvement d’Élie sur un chariot de feu sont typique de la manière juive, dans l'ancienne alliance, de considérer la relation à Dieu. En effet, la traversée du Jourdain à pieds secs renvoie le lecteur au récit de la sortie d’Égypte; quant à l'enlèvement d’Élie sur un chariot de feu, le récit tient beaucoup du fait que la tombe d’Élie n'a jamais pu être trouvée.

En revanche, il certain qu’Élie fut un grand prophète, à une époque où l'on cherchait à former des prophètes, comme s'il était possible d'en éduquer sans intervention spirituelle particulière - il y avait déjà des castes de prêtres, des spécialistes des sacrifices, de la lecture des textes et de leur juste interprétation, des tribunaux, etc. Mais c'est ainsi que l'on procède toujours pour éviter de s'engager "corps et âme" dans la vraie vie spirituelle, qui suppose un engagement de tout l'être.

L’Évangile de ce jour a été choisi pour faire contraste entre l'ancienne et la nouvelle Alliance. Jésus nous parle d'une relation à Dieu, qui doit demeurer personnelle, intime, qui ne se vit pas dans l'intention de gagner un certain prestige auprès d'autrui. Il existe quelques fidèles, dans ma paroisse, dont je peux vraiment ressentir qu'ils demeurent en tout temps en relation avec le Seigneur.

C'est le cas de cette sacristine, que je croise depuis plus de quinze ans dont le visage me semble n'avoir jamais changé. Elle se déplace toujours en mini-vélo, nettoie et frotte les mêmes dalles d'une chapelle ou d'une église, ici et là, sans que je l'ai jamais entendu d'elle la moindre plainte sortir de sa bouche. Et j'ai compris un jour que, oui, telle doit être la relation au Seigneur : rien de visible à l'extérieur mais une perpétuelle attention à Dieu et au prochain. De telles femmes et de tels hommes évoluent parmi nous et qui seront saintes et saints sans jamais se retrouver dans un calendrier - ils n'en ont d'ailleurs nul besoin !

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Pearl
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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mer 15 Juin - 12:20

12e dimanche dans l'année C

Tout homme est à la recherche du bonheur. Notre foi nous dit que Dieu nous a créés pour un bonheur éternel. Le mot évangile signifie : « heureuse nouvelle ». Pourtant les déclarations de Jésus, aujourd’hui, ressemblent plus à une « mauvaise nouvelle » : il annonce qu’il va souffrir, être rejeté, broyé par la souffrance… tout ce qui va à l’encontre de nos désirs. Pourtant, c’est une bonne nouvelle, un passage qui nous fera passer de l’échec à la gloire, de la mort à la vie. Essayons de comprendre l’attitude de Jésus face à la souffrance.

Car Jésus est tout le contraire d’un philosophe stoïcien, qui se résigne à serrer les dents devant l’épreuve. Nous le voyons pleurer le deuil de son ami Lazare, verser des larmes devant les malheurs de Jérusalem qu’il pressent pour l’avenir. Il ne se cache pas pour supplier son Père de lui épargner la souffrance : « Que ce calice s’éloigne de moi. » Sur la croix, ce supplice abominable, il laisse échapper des gémissements et crie même sa douleur. Quel est donc son secret à lui, d’une si grande sensibilité, pour que la croix puisse devenir une « bonne nouvelle » ?

On peut dire d’abord qu’il s’y attend. La médecine nous fournit aujourd’hui toute une panoplie d’anesthésiants et de narcotiques qui suppriment beaucoup de souffrances physiques. C’est un bien certes, mais qui nous a rendu plus fragiles devant les difficultés qu’on ne peut éviter. L’homme de l’Antiquité, mais aussi les paysans des petits villages du sud de la planète, sont plus forts que nous devant la douleur. Ce qui ne veut pas dire qu’au temps de Jésus, les hommes, comme nous, ne cherchaient pas à éviter de souffrir. Et le Messie était attendu parmi ces populations occupées par les Romains comme celui qui allait apporter de manière merveilleuse une ère de prospérité sur terre. Jésus n’est jamais entré dans ces illusions-là. Il avertit qu’il est un messie tout à fait inattendu : « Le fils de l’homme doit beaucoup souffrir, être rejeté, être tué… » Le monde est comme un champ mêlé, pour l’instant, de bon grain et d’ivraie, où la souffrance ne peut pas être toujours retirée. Quand on s’y attend, on est plus fort.

Mais si Jésus annonce sa souffrance qu’il sent venir, sa sensibilité le rend extrêmement attentif à soulager celle qu’il rencontre sur son chemin. Il a généreusement et longuement ôté la croix de tous ceux qu’il voyait souffrir. Et il nous demande de nous battre résolument contre la souffrance qui meurtrit nos frères : « vêtir ce lui qui est nu, nourrir celui qui a faim, visiter celui qui est en prison… (Matthieu 25).

Lui, Jésus, qui guérisit les autres, il s’est laissé meurtrir et défigurer par la douleur jusqu’à crier : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Plus : c’est librement qu’il s’est avancé vers sa passion : « ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne. » (Jean 10, 18). D’où lui vient donc cette force ? D’un amour, plus fort que nos folies et nos horreurs, d’un amour radicalement non-violent qui se laisse atteindre dans toutes les ignominies qui dépravent l’humanité. Ce qui est un signe d’infamie, ce qui est destruction et humiliation systématique de la personne humaine, ce qui est une torture avilissante, une invention satanique, Jésus le retourne en signe plus, en symbole de l’avènement d’un monde nouveau par l’amour qui va jusqu’au bout : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (Jean 15, 13).

Jésus n’a pas disserté sur le problème du mal. Il a laissé venir la souffrance inévitable qui lui est tombée dessus. Il l’a dominée. Il ne s’est pas laissé détruire par elle. Il est resté debout sous ses coups terribles : il a souffert dignement, debout, jusqu’au pardon, sachant que sa souffrance n’était pas une absurdité, mais une réussite de l’amour. Ainsi nos épreuves, à nous aussi, ne sont pas forcément des choses ratées et perdues. Pour qui ose les vivre à la lumière de la croix de Jésus, elles deviennent force de vie, passage de résurrection.
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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Jeu 16 Juin - 10:37

Le don merveilleux du Notre Père


Le jeudi de la 11e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Ecclésiastique 48,1-14.
Le prophète Élie surgit comme un feu, sa parole brûlait comme une torche. Il fit venir la famine sur Israël, et, dans son ardeur, les réduisit à un petit nombre. Par la parole du Seigneur, il retint les eaux du ciel, et à trois reprises il en fit descendre le feu.Comme tu étais redoutable, Élie, dans tes prodiges ! Qui pourrait se glorifier d’être ton égal ? Toi qui as réveillé un mort et, par la parole du Très-Haut, l’as fait revenir du séjour des morts; toi qui as précipité des rois vers leur perte, et jeté à bas de leur lit de glorieux personnages ; toi qui as entendu au Sinaï des reproches, au mont Horeb des décrets de châtiment ; toi qui as donné l’onction à des rois pour exercer la vengeance, et à des prophètes pour prendre ta succession ; Toi qui fus enlevé dans un tourbillon de feu par un char aux coursiers de feu; toi qui fus préparé pour la fin des temps, ainsi qu’il est écrit, afin d’apaiser la colère avant qu’elle n’éclate, afin de ramener le cœur des pères vers les fils et de rétablir les tribus de Jacob…
Heureux ceux qui te verront, heureux ceux qui, dans l’amour, se seront endormis ; nous aussi, nous posséderons la vraie vie. Quand Élie fut enveloppé dans le tourbillon, Élisée fut rempli de son esprit, et pendant toute sa vie aucun prince ne l’a intimidé, personne n’a pu le faire fléchir. Rien ne lui résista, et, jusque dans la tombe, son corps manifesta son pouvoir de prophète. Pendant sa vie, il a fait des prodiges ; après sa mort, des œuvres merveilleuses
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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,7-15.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi :
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »


Cy Aelf, Paris

Rédigé plus d'un siècle après sa disparition, cet éloge du prophète Élie, ainsi que d’Élisée, permet à l'auteur du texte lu aujourd'hui - l'Ecclésiastique, d'asseoir d’emblée son discours... lequel est fort inspiré de préceptes de sagesse... La sagesse est un concept d'origine grecque et le Livre de l'Ecclésiastique y fait référence d’emblée puisqu'il pose, avant tout autre chose : "Toute sagesse vient du Seigneur Dieu; elle a toujours été avec Lui, et elle y est avant tous les siècles." Or , nous savons bien, toutes et tous, que la sagesse de Dieu a consisté en ce qui est folie pour les hommes. C'est ainsi que plus tard, dans son épître aux Corinthiens : Les Juifs demandent des miracles et les Grecs recherchent la sagesse; mais nous, nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les juifs, folie pour les païens.

Je me suis souvent demandé qui sont les personnes qui établissent, pour une année, le choix des textes de l'Ancien comme du Nouveau Testament. Non par curiosité intellectuelle, mais pour me réjouir d'autant plus de ce que je découvre jour après jour... !

Je le dis ainsi, puisque dépourvu de sagesse, j'ai la joie aujourd'hui de redécouvrir cette extraordinaire, inimitable et irremplaçable déclaration de Jésus dans le don du Notre Père. En effet, quiconque a pu percevoir et ressentir combien cette prière nous pose à notre juste place pour exprimer les demandes qui nous sont véritablement essentielles. Pour bien saisir à quel point cette prière du Notre Père est un don merveilleux, un trésor, je crois qu'il faudrait que tous commencent à chercher la vérité comme je l'ai fait - car en suivant les philosophe, ce n'est pas la sagesse que j'ai trouvée, mais un désarroi très proche du désespoir...

Gloire et louange soient rendues au Père, au Fils et au Saint-Esprit !

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Ven 17 Juin - 9:51

La lumière et l'oeil


Le vendredi de la 11e semaine du temps ordinaire

Deuxième livre des Rois 11,1-4.9-18.20.
En ces jours-là, lorsque Athalie, mère d’Ocozias, apprit que son fils était mort, elle entreprit de faire périr toute la descendance royale.
Mais Josabeth, fille du roi Joram et sœur d’Ocozias, prit Joas, un des fils du roi Ocozias, pour le soustraire au massacre. Elle le cacha, lui et sa nourrice, dans une chambre de la maison du Seigneur, pour le dissimuler aux regards d’Athalie ; c’est ainsi qu’il évita la mort.
Il demeura avec Josabeth pendant six ans, caché dans la maison du Seigneur, tandis qu’Athalie régnait sur le pays. Au bout de sept ans, le prêtre Joad envoya chercher les officiers des mercenaires et des gardes, et les fit venir près de lui dans la maison du Seigneur. Il conclut une alliance avec eux, leur fit prêter serment dans la maison du Seigneur, et leur montra le fils du roi. Les officiers exécutèrent tous les ordres du prêtre Joad. Chacun prit ses hommes, ceux qui entraient en service le jour du sabbat, et ceux qui en sortaient ce jour-là, et tous rejoignirent le prêtre Joad. Celui-ci leur remit les lances et les carquois du roi David, qui étaient conservés dans la maison du Seigneur. Les gardes se postèrent, les armes à la main, devant l’autel, du côté sud et du côté nord de la Maison, afin d’entourer le futur roi.
Alors Joad fit avancer le fils du roi, lui remit le diadème et la charte de l’Alliance, et on le fit roi. On lui donna l’onction, on l’acclama en battant des mains et en criant : « Vive le roi ! » Athalie entendit cette clameur des gardes et du peuple, et elle accourut vers le peuple à la maison du Seigneur. Et voilà ce qu’elle vit : le roi debout sur l’estrade, selon le rituel ; auprès de lui les officiers et les trompettes, et tout le peuple du pays criant sa joie tandis que les trompettes sonnaient. Alors, elle déchira ses vêtements et s’écria : « Trahison ! Trahison ! »
Le prêtre Joad donna cet ordre aux officiers : « Faites-la sortir de la Maison, à travers vos rangs. Si quelqu’un veut la suivre, frappez-le par l’épée. » En effet, le prêtre Joad avait interdit de la mettre à mort dans la maison du Seigneur. On mit la main sur elle, et elle arriva au palais par la porte des Chevaux. C’est là qu’elle fut mise à mort.
Joad conclut une alliance entre le Seigneur, le roi et le peuple, pour que le peuple soit le peuple du Seigneur ; il conclut l’alliance entre le roi et le peuple. Alors, tous les gens du pays entrèrent dans le temple de Baal et le démolirent. Ils mirent en pièces ses autels et ses statues et, devant les autels, ils tuèrent Matane, prêtre de Baal. Le prêtre Joad posta ensuite des gardes devant la maison du Seigneur.
Tous les gens du pays étaient dans la joie, et la ville retrouva le calme. Quant à Athalie, on l’avait mise à mort par l’épée dans la maison du roi.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,19-23.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites et les vers les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler.Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent, pas de voleurs qui percent les murs pour voler. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. La lampe du corps, c’est l’œil. Donc, si ton œil est limpide, ton corps tout entier sera dans la lumière ; mais si ton œil est mauvais, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elles seront grandes, les ténèbres ! »


Cy Aelf, Paris

De ces derniers temps, j'apprécie de plus en plus le choix des lectures, lesquels, après un temps de contemplation, mais aussi par l'écoute attentive du prêtre, me permettent de voir, de contempler et d'entrer pleinement en contemplation; ce qui m'ouvre le regard du cœur et réjouit mon esprit.

La première lecture, avec cet affreux complot de palais organisé par une femme avide de pouvoir, m'est apparu, à un moment donné, comme le tableau noir sur lequel, une fois effacé, l'on pourra écrire autre chose. Ou bien cette autre forme de comparaison: l'écran noir de la télévision ou la toile du cinéma avant que soient projetées les premières images.

C'est ainsi que les images sanguinaires de la tuerie pour garder le pouvoir dans les mêmes mains, mais aussi l'épisode de la revanche de l'héritier légitime... forment comme ce tableau noir où les mots de l’Évangile peuvent s'inscrire et être nettement visibles et compréhensible par le fidèle.

Et donc Jésus explique : "Ton œil n'est pas seulement l'organe de la vision, celle qui te permet de ne pas trébucher sur une racine qui traverse ton chemin, mais ton œil est la lampe de tout ton corps. D'un côté, tu peux voir où te conduit une action juste et bonne en soi; ou bien tu peux, puisque Dieu te le permet, tu peux concevoir de l'envie. Ainsi, certes tu peux arracher la belle petite fleur qui égaie ta marche, mais en faisant cela, tu la fera sûrement périr. Que choisis-tu donc : de garder ton œil dans la lumière, ou bien de le plonger dans les ténèbres ? C'est ici le point crucial car, effectivement : "Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elles seront grandes, les ténèbres ! »

Pour ma part, c'est avec envie que j'ai regardé la nouvelle voiture d'une proche parente, et cette envie m'a fait éprouver un sentiment d'injustice que la prière m'a permis de chasser avant qu'elle ne se transforme en jalousie, laquelle peut devenir féroce dans certains cas. N'est-ce pas tout à fait ce qui s'est passé lors de cette querelle de palais. On veut la justice pour soi et de cette justice-là, découlent des litres de sang versé...

Seigneur, à moi ! Garde mon cœur en tout temps dans Ta Lumière !

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Sam 18 Juin - 14:12

Nul ne peut servir deux maîtres


Le samedi de la 11e semaine du temps ordinaire

Deuxième livre des Chroniques 24,17-25.
Après la mort de Joad, les princes de Juda vinrent se prosterner devant le roi, et alors le roi les écouta. Les gens abandonnèrent la Maison du Seigneur, Dieu de leurs pères, pour servir les poteaux sacrés et les idoles. À cause de cette infidélité, la colère de Dieu s’abattit sur Juda et sur Jérusalem. Pour les ramener à lui, Dieu envoya chez eux des prophètes. Ceux-ci transmirent le message, mais personne ne les écouta. Dieu revêtit de son esprit Zacharie, le fils du prêtre Joad. Zacharie se présenta devant le peuple et lui dit : « Ainsi parle Dieu : Pourquoi transgressez-vous les commandements du Seigneur ? Cela fera votre malheur : puisque vous avez abandonné le Seigneur, le Seigneur vous abandonne. » Ils s’ameutèrent alors contre lui et, par commandement du roi, le lapidèrent sur le parvis de la Maison du Seigneur. Le roi Joas, en faisant mourir Zacharie, fils de Joad, oubliait la fidélité que Joad lui avait témoignée. Zacharie s’était écrié en mourant : « Que le Seigneur le voie, et qu’il fasse justice ! »
Or, à la fin de l’année, l’armée d’Aram monta contre le roi Joas et arriva en Juda et à Jérusalem. Ses hommes massacrèrent tous les princes du peuple et envoyèrent tout le butin au roi de Damas.
L’armée d’Aram ne comptait qu’un petit nombre d’hommes, et pourtant le Seigneur leur livra une armée très importante, parce que les gens de Juda avaient abandonné le Seigneur, Dieu de leurs pères ; et Joas reçut le châtiment qu’il méritait.Lorsque les Araméens partirent, le laissant dans de grandes souffrances, ses serviteurs complotèrent contre lui parce qu’il avait répandu le sang du fils du prêtre Joad, et ils le tuèrent sur son lit. Il mourut, et on l’ensevelit dans la Cité de David, mais non pas dans les tombeaux des rois.



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,24-34.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ?
Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?” Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine.
»


Les juifs, dans l'ancienne Alliance, étaient davantage préoccupés d'instaurer sur la terre un royaume à la manière humaine qui, leur semblait-il, leur serait offert sans trop de difficultés ni de souffrances.
Dieu n'avait-il pas frappé Pharaon jusque dans son fils premier-né, et n'avait-il pas ensuite englouti toute la cavalerie qui les avait poursuivis ? Que ne se sont-ils pas préoccupés plus tôt du précepte : "Tu ne tueras point" !

Dès lors, comme par contraste, l’Évangile nous montre Jésus se préoccuper du danger principal, toujours présent, de la confusion entre argent et bonheur. Cette seule parole renverse tous les arguments en la matière :

- Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent.

Dans le texte de l'Aelf, le terme d'argent, comme celui de la divinité, prend la majuscule. Ce simple signe nous indique à quel point l'homme, s'il ne place pas toute sa foi en Dieu, tombera sous l'emprise de l'Argent - lequel est aussi nommé Mammon, un démon, l'esprit de la richesse.

Notre prêtre s'est montré très clair: quiconque parmi nous s'achète des tickets de loterie à gratter, et qui accomplit ce geste régulièrement fait de l'argent un dieu auquel il rend un culte aussi régulièrement (une fois par semaine) que celui qu'il rend à Dieu le dimanche.

J'avoue, personnellement, que je n'avais guère songé à cela, mais que je vais en tenir compte désormais ! Le fait est que je jouais de temps à autre, lorsqu'un de mes clients me le proposait - mais jamais régulièrement ni de façon systématique. Cependant, j'ai bien remarqué que beaucoup d'hommes isolés, âgés, déjà malades, se sont tournés vers les loteries afin, disaient-ils, de pouvoir au moins "léguer quelque chose à mes enfants"... mais, à ma connaissance, du moins, cela ne fonctionne pas. La loterie, le tiercé, le "gain-pour-la vie", tout cela est dangereux. Pas vraiment pour le portefeuille, mais certainement pour l'âme, car celles et ceux qui jouent ainsi, privent aussi de l'aumône de nombreux pauvres auxquels le Seigneur s'identifie !

"Laissez-donc tomber de votre poche quelques-unes de ces pièces cuivrées qui finiront par trouer vos poches, et vous aurez semé en vue de la moisson finale"...

Du reste, vivre dans le souci du lendemain, très compréhensible, essayons de le combattre, afin d'offrir à toutes et tous un visage frais et joyeux comme est celui des disciples du Seigneur...

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Lun 20 Juin - 11:13

L'humilité : se reconnaître tel qu'on est



Le lundi de la 12e semaine du temps ordinaire

Deuxième livre des Rois 17,5-8.13-15a.18.
En ces jours-là, Salmanasar, roi d’Assour lança des attaques à travers tout le pays d’Israël, et monta contre Samarie, qu’il assiégea pendant trois ans. La neuvième année du règne d’Osée, il s’empara de Samarie et déporta les gens d’Israël au pays d’Assour. Il les fit habiter à Halah, sur le Habor, fleuve de Gozane, et dans les villes de Médie. Cela arriva parce que les fils d’Israël avaient péché contre le Seigneur leur Dieu, lui qui les avait fait monter du pays d’Égypte et les avait arrachés au pouvoir de Pharaon, roi d’Égypte. Ils avaient adoré d’autres dieux et suivi les coutumes des nations que le Seigneur avait dépossédées devant eux. Voilà ce qu’avaient fait les rois d’Israël.
En effet, le Seigneur avait donné cet avertissement à Israël et à Juda, par l’intermédiaire de tous les prophètes et de tous les voyants : « Détournez-vous de votre conduite mauvaise. Observez mes commandements et mes décrets, selon toute la Loi que j’ai prescrite à vos pères et que je leur ai fait parvenir par l’intermédiaire de mes serviteurs les prophètes. » Mais ils n’ont pas obéi et ils ont raidi leur nuque comme l’avaient fait leurs pères, qui n’avaient pas fait confiance au Seigneur leur Dieu. Ils ont méprisé ses lois, ainsi que l’Alliance qu’il avait conclue avec leurs pères et les avertissements qu’il leur avait donnés. Alors le Seigneur s’est mis dans une grande colère contre les tribus d’Israël et les a écartées loin de sa face. Il n’est resté que la seule tribu de Juda.




Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,1-5.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne jugez pas, pour ne pas être jugés; de la manière dont vous jugez, vous serez jugés ; de la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera. Quoi ! tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ; et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? Ou encore : Comment vas-tu dire à ton frère : “Laisse-moi enlever la paille de ton œil”, alors qu’il y a une poutre dans ton œil à toi ? Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »


Cy Aelf Paris


Bien évidemment, les textes de la liturgie de ce jour, opposent l'orgueil à l'humilité. Ce qu'on ne peut obtenir en usant "de force et de rage", peut s'obtenir très simplement par la reconnaissance de la vérité...

En effet, voici qui est clair : ce qu'Abraham avait obtenu par sa foi seule, le peuple l'a perdu par son manque de foi - et ,plus précisément, par le regard envieux que les juifs ont toujours porté à l'égard des peuples qu'ils croisaient sur leur chemin. C'est ainsi qu'ils ont désiré un roi et l'ont réclamé au prophète Samuel, qui ne parvint pas à les convaincre d'y renoncer. Il eut beau leur démontrer tout ce que leur coûterait une royauté, ils récriminèrent jusqu'à l'obtenir.

Dans l'épisode rapporté aujourd'hui, les juifs se retrouvent déportés et dispersés pour avoir - carrément ! - adoré d'autres dieux ! Ils récoltent ainsi ce qu'ils ont semé.

Mais prenons garde, nous aussi, de ne pas tomber dans la convoitise de ce que les autres possèdent, ni le reste de leur apparence: non seulement les vêtements qu'ils portent mais aussi leur aisance dans l'un ou l'autre domaine. Oui : malheureux sommes-nous lorsque nous nous laissons saisir par l'envie des qualités de telle ou telle personne proche ! Car de cette manière également, nous récriminons contre notre créateur....

A ce sujet, le texte de l’Évangile de ce jour est tout aussi clair - sauf que dans l’Évangile Jésus dénonce, non pas l'envie, mais le jugement péremptoire sur le prochain. Il suffit de si peu ! on voit un homme trébucher sur un trottoir : c'est un buveur ! Un autre rit très fort : c'est qu'il boit trop; une femme sourit-elle facilement : c'est une séductrice, etc. Mais dans la vérité, que savons-nous vraiment au sujet d'autrui, nous qui nous connaissons si peu nous-mêmes !

Nous, les fidèles, nous nous imaginons facilement qu'une pratique régulière à l'église nous préservera de toute maladie ... Or, certaines maladies, certaines crises, ne sont bien souvent que des des signes destinés à nous prévenir contre le mal et le malheur.

Mais les signes ne sont efficaces, pour notre bien, qu'à la condition de reconnaître notre pauvreté intérieure, notre faiblesse intime... Mais bienheureux et forts, celles et ceux qui se regardent eux-mêmes avec humilité, avec "esprit critique" plutôt que de se comparer à autrui... C'est ce qu'il y a de plus faible en nous qui nourrit la relation à Dieu. Soyons donc humbles et nous serons d'autant plus forts !

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Pearl
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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Lun 20 Juin - 18:38

13e dimanche dans l'année C

La page de l’évangile d’aujourd’hui nous présente trois visages différents de Jésus. Il décide de prendre la route vers Jérusalem; il renonce à toute violence; enfin, il propose des exigences très fortes à ceux qui le suivent.

Jésus, homme de courage

A partir de maintenant, dans l’évangile de Luc, les miracles se font plus rares, les paroles de Jésus se radicalisent. Il va « durcir » son visage et prendre résolument la route vers Jérusalem. Il s’avance vers le lieu de son combat, décisif contre la mort.

Donnons-nous du temps pour, avec Jésus, évoquer nos difficultés, nos échecs, nos conflits de couple, nos incertitudes professionnelles, nos solitudes affectives. Au lieu de nous laisser aller, durcissons le visage pour tenir bon, à la suite du Christ.

Jésus, homme de non-violence

Jésus est courageux et décidé. Et pourtant, il est « doux et humble de coeur ». Un village de Samaritains a refusé de recevoir ces pèlerins juifs dans un réflexe raciste qui est de tous les temps. Jacques et Jean le « fils du tonnerre », indignés, proposent d’utiliser la manière du prophète Elie (2 Rois 1, 10) pour punir à coup de « feu du ciel » ce village qui n’est pas d’accord avec eux. N’est-ce pas là une tentation pour nous aussi : supprimer l’adversaire, se venger de ceux qui nous font du mal ?

Jésus refuse de d’imposer par une intervention spectaculaire et brutale. Il nous révèle ainsi le vrai Dieu, celui qui, ayant créé l’homme libre, respecte jusqu’au bout cette liberté. Comment Dieu détruirait-il les pécheurs ? Il les aime... Il veut les sauver. « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 33). Jésus est le non-violent même, qui arrête le cercle infernal du mal en le recevant sur lui, sans jamais le faire. Comme font les pauvres lorsqu’on les éconduit, ils partent vers un autre village. Devant le mal, en nous et chez les autres, demandons à Dieu sa divine patience.

Jésus, homme d’exigences radicales

Cette non-violence ne signifie pas du tout une sorte de molle tolérance, comme celle qui règne de nos jours, où il ne semble plus guère y avoir de frontière entre le mal et le bien. Car Jésus, au contraire, propose à ceux qui veulent le suivre, des exigences presque inhumaines. Il ne cherche pas à recruter à tout prix. Il souligne qu’il faudra accepter l’inconfort et l’insécurité pour le suivre. Rappelons-le nous dans nos fatigues physiques ou morales.

« Laisse les morts enterrer leurs morts. » Voici une des paroles les plus dures de tout l’évangile. Ceux qui n’ont pas voulu le rencontrer, Jésus ose les dire « morts ». Oui, pour le Christ, celui qui n’a pas le souci des choses de Dieu, ne vit pas au sens fort du terme. Voilà encore quelque chose que nous avons à entendre pour nous.

Enfin, il invite à le suivre sans prendre le temps de faire ses adieux à sa famille. Sous l’image orientale, découvrons le message : on ne peut pas le suivre en faisant passer nos propres affaires avant celles de Dieu : mon bronzage, mon entraînement, ma famille, mes copains... et après, s’il reste du temps, la messe... Paul, dans la deuxième lecture, nous invite à laisser tomber « les chaînes de nos anciens esclavages ».

kerit.be

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« Tu es grand, Seigneur, et louable hautement… Tu nous as faits pour Toi et notre cœur est sans repos tant qu’il ne se repose pas en Toi » (saint Augustin).
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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mar 21 Juin - 11:10

Vers une foi d'abandon et de confiance absolue


Le mardi de la 12e semaine du temps ordinaire

Deuxième livre des Rois 19,9b-11.14-21.31-35a.36.
En ces jours-là, Sennakérib, roi d’Assour, envoya des messagers dire à Ézékias : « Vous parlerez à Ézékias, roi de Juda, en ces termes : Ne te laisse pas tromper par ton Dieu, en qui tu mets ta confiance, et ne dis pas : “Jérusalem ne sera pas livrée aux mains du roi d’Assour !” Tu sais bien ce que les rois d’Assour ont fait à tous les pays : ils les ont voués à l’anathème. Et toi seul, tu serais délivré ? »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,6.12-14.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré ; ne jetez pas vos perles aux pourceaux, de peur qu’ils ne les piétinent, puis se retournent pour vous déchirer. Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes.
Entrez par la porte étroite. Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent. Mais elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent. »



Cy Aelf, Paris

Il était inutile de conserver le texte entier de la première lecture, puisque le passage cité, par lequel le roi d'Assur nargue Ezékias, roi de Jérusalem, pose une question à laquelle Jésus, dans l’Évangile, répond de manière tout à fait adéquate, cohérente et que Jésus confirme dans l’Évangile.

Le roi d'Assour, en bon stratège, montre son habileté en envoyant des messagers auprès d'Ezékias. Il s'est bien renseigné et connaissant la foi des juifs dans leur Dieu unique, il cherche à les démoraliser. Une manière de faire qui subsiste toujours lors de conflits entre nations: on fait défiler les troupes, on montre ses armes, on gonfle ses muscles devant l'adversaire pour lui faire perdre courage, pour saper son moral.

A n'en pas douter, ce simple message - de la soumission des autres royaumes déjà conquis, est en effet, calculé et effilé pour affaiblir le moral de l'ennemi avant la bataille.

Très judicieusement, notre prêtre nous a rappelé qu'en 40, les bombardiers "Stuka" ne constituaient certes pas des bombardiers lourds, mais c'était inutile : le seul son de leur sirène semait la panique parmi la troupe et semait la pagaille de manière encore plus efficace !

Pour notre prêtre, qui a connu cette époque, il est tout à fait clair que "La porte étroite, c'est la confiance totale en Jésus". Quand l'abbé a dit ces mots, je me suis tout de suite souvenu de l’oraison finale du petit chapelet de la Miséricorde divine. En effet, on conclut en effet le chapelet sur ces mots : "Jésus, j'ai confiance en Toi !" - comment se fait-il que, très longtemps, j'ai oublié cette finale ? Je réponds: très probablement parce que ma foi n'avait pas encore rejoint la confiance absolue... (Mais j'espère avoir changé en mieux !)

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https://www.youtube.com/watch?v=LCB8ZVxKqyI
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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mer 22 Juin - 10:44

On reconnaît un arbre à son fruit


Le mercredi de la 12e semaine du temps ordinaire

Deuxième livre des Rois 22,8-13.23,1-3.
En ces jours-là, le grand prêtre Helcias dit au secrétaire Shafane : « J’ai trouvé le livre de la Loi dans la maison du Seigneur. » Et Helcias donna le livre à Shafane. Celui-ci le lut. Puis, le secrétaire Shafane alla chez le roi et lui rendit compte de ce qui s’était passé. Il déclara : « L’argent trouvé dans la Maison, tes serviteurs l’ont versé et remis entre les mains des maîtres d’œuvre, préposés à la maison du Seigneur. »
Alors Shafane, le secrétaire, annonça au roi : « Le prêtre Helcias m’a donné un livre. » Et Shafane fit au roi la lecture de ce livre.
Après avoir entendu les paroles du livre de la Loi, le roi déchira ses vêtements. Il donna cet ordre au prêtre Helcias, à Ahiqam, fils de Shafane, à Akbor, fils de Mikaya, au secrétaire Shafane, ainsi qu’à Asaya, serviteur du roi : « Allez consulter le Seigneur pour moi, pour le peuple et pour tout Juda au sujet des paroles de ce livre qu’on vient de retrouver. La fureur du Seigneur est grande : elle s’est enflammée contre nous parce que nos pères n’ont pas obéi aux paroles de ce livre et n’ont pas pratiqué tout ce qui s’y trouve. » Le roi fit convoquer auprès de lui tous les anciens de Juda et de Jérusalem. Il monta à la maison du Seigneur avec tous les gens de Juda, tous les habitants de Jérusalem, les prêtres et les prophètes, et tout le peuple, du plus petit au plus grand. Il lut devant eux toutes les paroles du livre de l’Alliance retrouvé dans la maison du Seigneur. Debout sur l’estrade, le roi conclut l’Alliance en présence du Seigneur. Il s’engageait à suivre le Seigneur en observant ses commandements, ses édits et ses décrets, de tout son cœur et de toute son âme, accomplissant ainsi les paroles de l’Alliance inscrites dans ce livre. Et tout le peuple s’engagea dans l’Alliance.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,15-20.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, alors qu’au-dedans ce sont des loups voraces.
C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Va-t-on cueillir du raisin sur des épines, ou des figues sur des chardons ? C’est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l’arbre qui pourrit donne des fruits mauvais. Un arbre bon ne peut pas donner des fruits mauvais, ni un arbre qui pourrit donner de beaux fruits.Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupé et jeté au feu.Donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »


Cy Aelf, Paris

Nos pères n'ont pas obéi aux paroles de ce livre et n'ont pas pratiqué tout ce qui s'y trouve
. Cette parole du roi de Juda rencontre judicieusement la leçon que Jésus donne aux disciples au sujet des faux prophètes.

Le fait est que l'on ne saurait estimer juste ou mauvais un enseignement aussi longtemps qu'on n'a pas pu en vérifier les résultats concrets. De la même façon qu'il faut attendre qu'un arbre en fleurs - qui peut être très beau , ait commencé de porter des fruits pour savoir si ces derniers sont bons ou mauvais, bons à manger ou bien, au contraire, s'ils sont impropres à la consommation. Mais une critique s'élève : pourquoi attendre de pouvoir goûter les ces fruits ?

La réponse s'appelle prudence ! Jésus connait bien l'ardeur et le zèle de ses disciples qui risque bien . Voyez ce qui se passe lorsque l'on est trop prompt à vouloir estimer la valeur d'un homme. On trouve ceci dans l’Évangile selon saint Marc et quelque chose d'équivalent en saint Matthieu :

- Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. Et celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense.

Et donc la prudence recommande d'attendre qu'un arbre ait porté du fruit, afin de pouvoir goûter son fruit et de savoir s'il est amer, s'il provoque des indigestions, bref si l'on peut, ou non, le donner à consommer.

Voici la raison pour laquelle l’Église prend tout son temps pour prononcer un jugement sur les apparitions mariales, par exemple. Et l’Église est tout aussi patiente avant de déclarer qu'untel ou une telle, sont saints ou saintes. De sorte que, oui, la patience doit aller de pair avec la prudence.

Procéder ainsi n'est certes pas du goût de notre temps !, a conclu notre prêtre : tout doit aller vite, vite, et c'est ainsi que les hommes, souvent dans l'Histoire, se ont précipités à leur perte !

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Jeu 23 Juin - 15:36

Nous montrer dignes de notre baptême


Le jeudi de la 12e semaine du temps ordinaire

Deuxième livre des Rois 24,8-17.
Jékonias avait dix-huit ans lorsqu’il devint roi, et il régna trois mois à Jérusalem. Sa mère s’appelait Nehoushta, fille d’Elnatane ; elle était de Jérusalem. Il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur, tout comme avait fait son père.  En ce temps-là, les troupes de Nabucodonosor, roi de Babylone, montèrent contre Jérusalem, et la ville fut assiégée.
Le roi de Babylone vint en personne attaquer la ville que son armée assiégeait. Alors, Jékonias, roi de Juda, avec sa mère, ses serviteurs, ses officiers et ses dignitaires, se rendit au roi de Babylone, qui les fit prisonniers. C’était en la huitième année du règne de Nabucodonosor.
Celui-ci emporta tous les trésors de la maison du Seigneur avec ceux de la maison du roi. Il brisa tous les objets en or que Salomon, roi d’Israël, avait fait faire pour le Temple. Tout cela, le Seigneur l’avait annoncé. Nabucodonosor déporta tout Jérusalem, tous les officiers et tous les vaillants guerriers, soit dix mille hommes, sans compter tous les artisans et forgerons : on ne laissa sur place que la population la plus pauvre. Le roi Jékonias fut déporté à Babylone avec la reine mère, les épouses royales, les dignitaires, l’élite du pays : tous partirent en exil de Jérusalem à Babylone. Tous les soldats, au nombre de sept mille, les artisans et les forgerons au nombre de mille, tous ceux qui pouvaient combattre, furent déportés à Babylone par le roi Nabucodonosor. Celui-ci fit roi, à la place de Jékonias, son oncle Mattanya, dont il changea le nom en celui de Sédécias.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,21-29.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux.
Ce jour-là, beaucoup me diront : “Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons expulsé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?” Alors je leur déclarerai : “Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui commettez le mal !”
Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. » Lorsque Jésus eut terminé ce discours, les foules restèrent frappées de son enseignement,car il les enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes.


Cy Aelf, Paris



Le dernier roi de Jérusalem s'est rendu sans même combattre. Il s'est rendu purement et simplement. En agissant ainsi, il a clairement manifesté qu'il n'aurait jamais dû régner. Sa royauté n'était vraiment qu'une imposture. Voici qui rejoint très simplement cette parabole de l'homme qui a bâti sa maison sur du sable, que la tempête a balayé et et emporté d'un seul coup.

Pour nous, la question est de savoir que les épreuves surviennent toujours, que personne n'est à l'abri du mal comme du malheur. Cependant, si la foi en nous est pure et sincère, elle ne faiblira pas devant l'épreuve.

Comme il arrive à beaucoup d'hommes après la cinquantaine, un soir, je suis tombé très malade : j'ai appelé un premier médecin, qui s'est trompé dans son diagnostic; une heure plus tard, du fait de la fièvre, j'ai appelé un autre médecin. J'ai donc payé deux fois.  Ensuite, la fièvre augmentant encore, j'ai fait baisser la température de mon corps en prenant une douche et en manipulant progressivement le mélangeur pour passer de l'eau chaude à l'eau froide. C'est ainsi que j'ai pu faire baisser la fièvre, sortir, prendre ma voiture et  me rendre à la pharmacie de garde avec ma prescription d'antibiotiques.

Et j'ai guéri... tout en gardant ce souvenir qu'aucun membre de ma famille n'est venu me voir à l’hôpital où j'ai demeuré plusieurs jours afin de subir la "batterie" d'examens que mon état réclamait. Le dernier jour, c'est une de mes connaissances de travail qui m'a reconduit chez moi. Je suis resté très attristé qu'en de telles circonstances seuls des étrangers à ma famille m'aient porté secours - mais je suis d'autant plus lucide et prudent.

Drôle de commentaire, me direz-vous. Mon témoignage est pourtant proche de l’Évangile de ce jour. Qui m'a inspiré de ne pas céder à la panique mais d'agir avec une volonté froide et déterminée pour accomplir tout ce qui devait l'être ?

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Ven 24 Juin - 10:36

"Dieu fait Grâce"


Nativité de saint Jean Baptiste, solennité

Livre d'Isaïe 49,1-6.
Écoutez-moi, îles lointaines ! Peuples éloignés, soyez attentifs ! J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom.
Il a fait de ma bouche une épée tranchante, il m’a protégé par l’ombre de sa main ; il a fait de moi une flèche acérée, il m’a caché dans son carquois. Il m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur. » Et moi, je disais : « Je me suis fatigué pour rien, c’est pour le néant, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces. » Et pourtant, mon droit subsistait auprès du Seigneur, ma récompense, auprès de mon Dieu. Maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob, que je lui rassemble Israël. Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. Et il dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »


Livre des Actes des Apôtres 13,22-26.
En ces jours-là, dans la synagogue d’Antioche de Pisidie, Paul disait aux Juifs : « Dieu a, pour nos pères, suscité David comme roi, et il lui a rendu ce témoignage : J’ai trouvé David, fils de Jessé ; c’est un homme selon mon cœur qui réalisera toutes mes volontés. De la descendance de David, Dieu, selon la promesse, a fait sortir un sauveur pour Israël : c’est Jésus, dont Jean le Baptiste a préparé l’avènement, en proclamant avant lui un baptême de conversion pour tout le peuple d’Israël. Au moment d’achever sa course, Jean disait : “Ce que vous pensez que je suis, je ne le suis pas. Mais le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de retirer les sandales de ses pieds.” » Vous, frères, les fils de la lignée d’Abraham et ceux parmi vous qui craignent Dieu, c’est à nous que la parole du salut a été envoyée. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,57-66.80.
Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël.

Cy Aelf, Paris

Jean, dont le nom signifie "Dieu fait grâce". Cette fête, qui coïncide cette année avec l'annonce du "Brexit" a bouleversé l'intention première de notre prêtre pour son homélie. Car nous aussi, nous pouvons nous demander : "Qu'adviendra-t-il ?" de tout ce qui se passe en Europe de notre temps ?"

Or, "Dieu fait grâce", nous est-il annoncé ce matin. Le temps que nous vivons est rempli de bouleversements dont les media se font l'écho chaque jour ? Qui peut prétendre en avoir une vision globale ? Comme les proches de la famille

Nous sommes tous appelés à sortir de notre fatalisme. Zacharie et Elizabeth étaient devenus trop âgés pour encore concevoir un fils, c'était certain ! Et cependant, Dieu fait grâce. Nous, nous sommes du monde et si nous n'écoutons que le langage du monde, seul le pire est toujours à envisager.

Dans la soirée d'hier, comme je rentrais à pieds, j'ai été surpris par un éclair - qui aurait bien pu me tuer, puisque d'un coup je me suis retrouvé sur le sol. J'ai appris par la suite que l'éclair est tombé sur le paratonnerre de l'hôpital tout proche. Mais je n'ai vraiment réagi que de retour, sain et sauf, chez moi: mes mains se sont mis à trembler, mais je les ai placée sous de l'eau froide et je m'en suis senti bien. Dieu m'a fait grâce à moi aussi.

Pour mon avenir, comme les témoins de la naissance de Jean, je vais prendre patience, car je suis persuadé qu'au moment où je devrai quitter l'ancienne maison familiale, et lorsque ma famille sera totalement dispersée, je trouverai un refuge en ville, proche d'une église et, après de nombreux bouleversements, je serai dans la Paix, puis que Dieu fait grâce.

J'ai tout à fait conscience que ce partage est inhabituel - ce doit être dû fait que nous vivons des situations tout à fait inhabituelles - et je ressens que beaucoup d'autres que moi, une multitude même, vivent une situation inhabituelle.

Jésus, j'ai confiance en Toi
!

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Sam 25 Juin - 9:48

Fausse et véritable pratique

Le samedi de la 12e semaine du temps ordinaire

Livre des Lamentations 2,2.10-14.18-19.
Le Seigneur a englouti sans pitié tous les pâturages de Jacob ; dans son emportement, il a détruit les forteresses de la fille de Juda ; il a jeté à terre et profané le royaume et ses princes.Les anciens de la fille de Sion, assis par terre, se taisent, ils ont couvert leur tête de poussière et revêtu des toiles à sac ; elles inclinent la tête vers la terre, les vierges de Jérusalem. Mes yeux sont usés par les larmes, mes entrailles frémissent ; je vomis par terre ma bile face au malheur de la fille de mon peuple, alors que défaillent petits enfants et nourrissons sur les places de la cité.À leur mère ils demandent : « Où sont le froment et le vin ? » alors qu’ils défaillent comme des blessés sur les places de la ville et qu’ils rendent l’âme sur le sein de leur mère. Que dire de toi ? À quoi te comparer, fille de Jérusalem ? À quoi te rendre égale pour te consoler, vierge, fille de Sion ? Car ton malheur est grand comme la mer ! Qui donc te guérira ? Tes prophètes ont de toi des visions vides et sans valeur ; ils n’ont pas dévoilé ta faute, ce qui aurait ramené tes captifs ; ils ont de toi des visions, proclamations vides et illusoires. Le cœur du peuple crie vers le Seigneur. Laisse couler le torrent de tes larmes, de jour comme de nuit, muraille de la fille de Sion ; ne ’accorde aucun répit, que tes pleurs ne tarissent pas ! Lève-toi ! Pousse un cri dans la nuit au début de chaque veille ; déverse ton cœur comme l’eau devant la face du Seigneur ; élève les mains vers lui pour la vie de tes petits enfants qui défaillent de faim à tous les coins de rue.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,5-17.
En ce temps-là, comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia : « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. » Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. » Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. »À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux, mais les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Et Jésus dit au centurion : « Rentre chez toi, que tout se passe pour toi selon ta foi. » Et, à l’heure même, le serviteur fut guéri. Comme Jésus entrait chez Pierre, dans sa maison, il vit sa belle-mère couchée avec de la fièvre. Il lui toucha la main, et la fièvre la quitta. Elle se leva, et elle le servait. Le soir venu, on présenta à Jésus beaucoup de possédés. D’une parole, il expulsa les esprits et, tous ceux qui étaient atteints d’un mal, il les guérit, pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : ‘Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies.’


Cy Aelf, Paris

A l'occasion de l'enlèvement au ciel d’Élie, sur un chariot de feu (tel que l'Ancien testament l'a représenté), il avait été fait mention de l'instauration, par les membres de l'élite juive, d'une école de prophètes. Tout comme si la prophétie pouvait devenir une fonction commune au sein de l'organisation de la société. Mais évidemment, ne devient pas prophète qui veut: c'est d'une vocation qu'il s'agit, d'un appel de Dieu - qui en garde toute l'initiative.

Une fois de plus, la tentation de pouvoir "enrégimenter" Dieu, (de nos jours on parlerait d'une forme d"instrumentalisation" ), avait prévalu sur la piété, l'humilité, la charité.

Notre prêtre nous a d'ailleurs mis en garde : "Ce n'est pas une pratique impeccable de tous les sacrements de l’Église que l'on obtient le salut, mais il faut également pratiquer la miséricorde à l'extérieur, dans notre quotidien. Bref, comme on le constate de nouveau dans les textes de jour, de telles formes de croyance éloignent de Dieu plus qu'elles nous en rapprochent... Combien de catastrophes, individuelles ou collectives, ont eu pour origine un détournement de la foi ?

A l'extrême opposé, on trouve la foi du centurion romain. C'est un représentant de la puissance occupante. Sa démarche auprès de Jésus, une fois entreprise, suscite en lui-même une oraison toute remplie de confiance : "Dis seulement une parole, et mon serviteur sera guéri". Et sa demande est aussitôt exaucée. Aujourd'hui encore, à chaque eucharistie, l’Église toute entière fait mémoire de cette extraordinaire proclamation de foi.

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mar 28 Juin - 17:15

Jésus caché, toujours présent


Le mardi de la 13e semaine du temps ordinaire

Livre d'Amos 3,1-8.4,11-12.
[b]Écoutez cette parole que le Seigneur prononce contre vous, fils d’Israël, contre tout le peuple qu’il a fait monter du pays d’Égypte : « Je vous ai distingués, vous seuls, parmi tous les peuples de la terre ; aussi je vous demanderai compte de tous vos crimes. » (...) C’est pourquoi, voici comment je vais te traiter, Israël ! Et puisque c’est ainsi que je vais te traiter, prépare-toi, Israël, à rencontrer ton Dieu. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,23-27.
En ce temps-là, comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent. Et voici que la mer devint tellement agitée que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait. Les disciples s’approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. » Mais il leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs, hommes de peu de foi ? » Alors, Jésus, debout, menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme.Les gens furent saisis d’étonnement et disaient : « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »

Cy Aelf, Paris


"Quand le chat est parti, les souris dansent", dit aussi un proverbe. Et les hommes de notre temps, comme ceux du peuple juif dans dans la première lecture agissent tout à fait de la même façon. "Pas vu, pas pris !" et "Ni vu, ni connu !" - mais encore : "La nuit, tous les chats sont gris !", etc. Pourquoi se gêner, puisque Dieu n'existe pas, les sciences ne l'ont-elles pas prouvé de mille et une façon ?

Les juifs que le Seigneur menace par la voix de son prophète, dans la première lecture, ont commis toutes sortes de graves péchés et ils en paieront les conséquences.

Dieu semble absent de notre monde, cependant il n'a jamais été aussi proche des âmes souffrantes, des cœurs brisés de toutes celles et tous ceux qui ont placé en Lui leur confiance. Oui, Jésus est dans notre barque - la mienne et la vôtre. Oui, Il est présent en tout temps; oui, il me voit en train de pianoter sur mon clavier. Oui, Jésus sait comme je me sens dénigré par le reste de ma famille, car va-t-on me fêter mes soixante ans bientôt ? " Ah non ! En plein mois de juillet, durant les congés ? Ah, non, ce sera pour plus tard - pour Noël, peut-être ? Mais non, depuis 2008, je réveillonne seul devant la jolie petite crèche qu'on m'avait offerte, il y a vingt ans...

Du reste, en juillet comme en août, lorsque toutes et tous seront au soleil, je serai présent pour veiller sur ma mère de 93 ans, tout comme le Seigneur veille sur moi en tout temps.

Bref, Jésus, pour chacun d'entre nous, Jésus semble dormir sur un coussin à l'arrière de notre barque, mais il est bien là ! Heureux parmi nous celles et ceux qui peuvent se souvenir, comment Jésus, l'Inattendu, l'Inespéré, nous a détournés d'un chemin apparemment séduisant, facile, qui nous rendrait riches, mais avec - tout au bout - un long séjour au purgatoire !

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mer 29 Juin - 11:30

Fête de saint Pierre et saint Paul, apôtres


Saint Pierre et saint Paul, Apôtres, solennité

Livre des Actes des Apôtres 12,1-11.
À cette époque, le roi Hérode Agrippa se saisit de certains membres de l’Église pour les mettre à mal. Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter. Voyant que cette mesure plaisait aux Juifs, il décida aussi d’arrêter Pierre. C’était les jours des Pains sans levain.Il le fit appréhender, emprisonner, et placer sous la garde de quatre escouades de quatre soldats ; il voulait le faire comparaître devant le peuple après la Pâque.Tandis que Pierre était ainsi détenu dans la prison, l’Église priait Dieu pour lui avec insistance. Hérode allait le faire comparaître. Or, Pierre dormait, cette nuit-là, entre deux soldats ; il était attaché avec deux chaînes et des gardes étaient en faction devant la porte de la prison.Et voici que survint l’ange du Seigneur, et une lumière brilla dans la cellule. Il réveilla Pierre en le frappant au côté et dit : « ève-toi vite. » Les chaînes lui tombèrent des mains.Alors l’ange lui dit : « Mets ta ceinture et chausse tes sandales. » Ce que fit Pierre. L’ange ajouta : « Enveloppe-toi de ton manteau et suis-moi. » Pierre sortit derrière lui, mais il ne savait pas que tout ce qui arrivait grâce à l’ange était bien réel ; il pensait qu’il avait une vision. Passant devant un premier poste de garde, puis devant un second, ils arrivèrent au portail de fer donnant sur la ville. Celui-ci s’ouvrit tout seul devant eux. Une fois dehors, ils s’engagèrent dans une rue, et aussitôt l’ange le quitta. Alors, se reprenant, Pierre dit : « Vraiment, je me rends compte maintenant que le Seigneur a envoyé son ange, et qu’il m’a arraché aux mains d’Hérode et à tout ce qu’attendait le peuple juif. »

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 4,6-8.17-18.
Bien-aimé, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse. Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. J’ai été arraché à la gueule du lion ;
le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 16,13-19.
En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »


Cy Aelf, Paris

Comment évoquer ensemble ce qui brille différemment ? Peut-être, comme notre prêtre l'a fait : en faisant l'éloge de la multitude de saintetés possibles dans au sein de l’Église, du plus humble fidèle, dont le nom ne sera jamais cité, jusqu'à saints Pierre et Paul. Bien évidemment, le récit de l'évasion est ce qui frappe le plus l'auditeur.
Cependant, avant même la résurrection de Jésus, il y eut celle de Lazare !

Au sein de l’Église, par le secours de l'Esprit-Saint, toutes sortes de "signes" sont possibles et les plus remarquables sont, par exemple, la conversion instantanée des ennemis du Christ : ce fut le cas de saint Paul - et de beaucoup d'autres. Il faudrait bien que tous lisent le récit de la conversion d'André Frossard.

Comme il disait cela, je me suis souvenu que j'avais l'histoire de cette conversion, et je l'ai retrouvée. Elle m'a fait sourire avec bonheur et, de ce fait, je n'hésite, je la rapporte ici:

" Mon père aurait voulu me voir rue d'Ulm. J'y suis allé à vingt ans, mais je me suis trompé de trottoir, et au lieu d'entrer à l'Ecole Normale Supérieure, je suis entré chez les religieuses de l'Adoration pour y chercher un camarade avec qui je devais dîner. Ce que je vais vous raconter n'est pas l'histoire d'une découverte intellectuelle. C'est le récit d'une expérience de physique, presque d'une expérience de laboratoire.

Poussant le portail de fer du couvent, j'étais athée. L'athéisme prend bien des formes. Il y a un athéisme philosophique, qui, incorporant Dieu à la nature, refuse de lui accorder une personnalité séparée et résout toutes choses dans l'intelligence humaine : rien n'est Dieu, tout est divin ; cet athéisme là finit en panthéisme sous la forme d'une idéologie quelconque.
L'athéisme scientifique écarte l'hypothèse de Dieu comme impropre à la recherche et s'emploie à expliquer le monde par les seules propriétés de la matière, dont on ne se demandera pas d'où elle vient.
Plus radical encore, l'athéisme marxiste non seulement nie Dieu mais lui signifierait son congé s'il venait à exister ; sa présence importune entraverait le libre jeu de la volonté humaine.
Il existe également un athéisme des plus répandus et que je connais bien, l'athéisme idiot ; c'était le mien. L'athée idiot ne se pose pas de question. Il trouve naturel d'être posé sur une boule de feu recouverte d'une mince enveloppe de boue séchée, tournant sur elle-même à une vitesse supersonique et autour d'une espèce de bombe à hydrogène entraînée dans la giration de milliards de lampions d'origine énigmatique et de destination inconnue. J'étais encore cet athée-là en passant par la porte de la chapelle, et j'étais toujours à l'intérieur. L'assistance à contre-jour ne me proposait que des ombres, parmi lesquelles je ne pouvais distinguer mon ami, et une espèce de soleil rayonnant au fond de l'édifice : je ne savais pas qu'il s'agissait du Saint-Sacrement. Cette lumière, que je n'ai pas vue avec les yeux du corps, n'était pas celle qui nous éclaire, ou qui nous bronze ; c'était une lumière spirituelle, c'est à dire comme une lumière enseignante et comme l'incandescence de la vérité. Elle a définitivement inversé l'ordre naturel des choses. Depuis que je l'ai entrevue, je pourrais presque dire que pour moi Dieu seul existe, et que le reste n'est qu'hypothèse.

On m'a dit souvent : - Et votre libre arbitre ? On fait décidément de vous ce que l'on veut. Votre père était socialiste, vous êtes socialiste. Vous entrez dans une chapelle, vous voilà chrétien. Si vous étiez rentré dans une pagode, vous seriez bouddhiste ; dans une mosquée, vous seriez musulman. A quoi je me permets parfois de répondre qu'il m'arrive de sortir d'une gare sans être un train
."
Source : André Frossard, Dieu en question (DDB, 1990)

Cependant, parmi tous, c'est bien vers Pierre qu'il faut tourner nos regards, et prier pour le Pape. A ce sujet, notre prêtre nous a fait souvenir du renoncement du Pape Benoît XVI, lequel est survenu à peine quelques mois avant le commencement des "multiples tribulations" que nous connaissons. Le Pape Benoît XVI a certainement saisi dans sa prière que son effacement (devenu total : qui en parle encore ?) servirait au mieux le dessein de Dieu. Cette dernière pensée m'a beaucoup ému, d'autant plus que j'ai lu "Les bouffons de Dieu "de Morris West :

Le pape français Grégoire XVII a reçu une terrible révélation : la fin du monde est proche, et l'heure du Second Avènement est arrivée. Il voudrait l'annoncer dans une encyclique. Grégoire XVII est-il un mystique, un fou ou un fanatique avide de puissance ? La Curie, devant les dangers d'une telle proclamation, le contraint à abdiquer et l'expédie dans un monastère. La crise internationale se précise et le pape, sorti de son exil, cherche désespérément à prévenir l'holocauste. Trop tard, d'autres forces sont à l'oeuvre...

http://www.senscritique.com/livre/Les_Bouffons_de_dieu/379033#
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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Jeu 30 Juin - 10:52

Selon la grâce ou selon la loi ?

Le jeudi de la 13e semaine du temps ordinaire

Livre d'Amos 7,10-17.
En ces jours-là, Amazias, le prêtre de Béthel, envoya dire à Jéroboam, roi d’Israël : « Amos prêche la révolte contre toi, en plein royaume d’Israël ; le pays ne peut plus supporter tous ses discours, car voici ce que dit Amos : “Le roi Jéroboam périra par l’épée, et Israël sera déporté loin de sa terre.” »Puis Amazias dit à Amos : « Toi, le voyant, va-t’en d’ici, fuis au pays de Juda ; c’est là-bas que tu pourras gagner ta vie en faisant ton métier de prophète. Mais ici, à Béthel, arrête de prophétiser ; car c’est un sanctuaire royal, un temple du royaume. » Amos répondit à Amazias : « Je n’étais pas prophète ni fils de prophète ; j’étais bouvier, et je soignais les sycomores. Mais le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : “Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël.” Écoute maintenant la parole du Seigneur, toi qui me dis : “Ne prophétise pas contre Israël, ne parle pas contre la maison d’Isaac.” Eh bien, voici ce que le Seigneur a dit : Ta femme devra se prostituer en pleine ville, tes fils et tes filles tomberont par l’épée, la terre qui t’appartient sera partagée au ordeau, toi, tu mourras sur une terre impure, et Israël sera déporté loin de sa terre. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,1-8.
En ce temps-là, Jésus monta en barque, refit la traversée, et alla dans sa ville de Capharnaüm.
Et voici qu’on lui présenta un paralysé, couché sur une civière. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Confiance, mon enfant, tes péchés sont pardonnés. » Et voici que certains parmi les scribes se disaient : « Celui-là blasphème. » Mais Jésus, connaissant leurs pensées, demanda : « Pourquoi avez-vous des pensées mauvaises ? En effet, qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien dire : “Lève-toi et marche” ? Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés… – Jésus s’adressa alors au paralysé – lève-toi, prends ta civière, et rentre dans ta maison. » Il se leva et rentra dans sa maison.
Voyant cela, les foules furent saisies de crainte, et rendirent gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes.




Cy Aelf, Paris

Les textes de ce jour, opposent très judicieusement la vie selon la Loi et la vie selon la grâce. La vie selon la Loi, les juifs la connaissent et ils en vivent afin d'être justifiés par elle. Mais ce qui se déroule en réalité, durant tout l'Ancien Testament, n'est qu'une suite ininterrompue de désobéissances aux règles qu'ils savent pourtant réciter "par cœur" mais sans le cœur.

Chez les enfants aussi, il existe de jeunes étudiants qui sont très fiers de pouvoir réciter un texte "par cœur" - mais ce texte, le comprennent-ils vraiment ?

Et un pianiste, lorsqu'il peut déchiffrer toutes les notes de sa partition... est-il pour autant le pianiste qu'on ira écouter de préférence à tout autre ? Mais il existe des interprètes qu'on qualifie de "géniaux" car leur jeu dépasse de loin les données de la partition.

Les juifs vivaient donc entièrement selon le système la loi - mais ils l'interprétaient souvent à leur seul profit ! Le repos du Sabbat devait être respecté à la lettre, mais c'est au point qu'ayant guéri un homme à la main desséchée, Jésus s'exclame : «Est-il permis de faire du bien le jour du sabbat ou de faire du mal ?»

Le système de la Loi demeure inefficace sans la grâce. Et c'est ainsi que le roi Jéroboam, dans la première lecture, est tout étonné qu'un prophète vienne lui dire que sa fin est proche, par absence d'un véritable repentir... Or, c'est justement au pardon des fautes que Jésus procède d'abord lors de sa rencontre avec le paralytique. La grâce avant la Loi, le pardon des fautes avant la guérison du corps. Et, ainsi, l'harmonie du corps et de l'esprit est pleinement rétablie.

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Ven 1 Juil - 10:38

Est justifié qui se reconnaît pécheur

Le vendredi de la 13e semaine du temps ordinaire

Livre d'Amos 8,4-6.9-12.
Écoutez ceci, vous qui écrasez le malheureux pour anéantir les humbles du pays, car vous dites : « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix et fausser les balances.Nous pourrons acheter le faible pour un peu d’argent, le malheureux pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment ! »

Ce jour-là – oracle du Seigneur Dieu –, je ferai disparaître le soleil en plein midi, en plein jour, j’obscurcirai la lumière sur la terre. Je changerai vos fêtes en deuil, tous vos chants en lamentations ; je vous obligerai tous à vous vêtir de toile à sac, à vous raser la tête. Je mettrai ce pays en deuil comme pour un fils unique, et, dans la suite des jours, il connaîtra l’amertume. Voici venir des jours – oracle du Seigneur Dieu –, où j’enverrai la famine sur la terre ; ce ne sera pas une faim de pain ni une soif d’eau, mais la faim et la soif d’entendre les paroles du Seigneur. On se traînera d’une mer à l’autre, marchant à l’aventure du nord au levant, pour chercher en tout lieu la parole du Seigneur, mais on ne la trouvera pas.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,9-13.
En ce temps-là, Jésus vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.
Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient à ses disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : ‘Je veux la miséricorde, non le sacrifice’. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »


Cy Aelf, Paris
[color=#000000]
J'ai scindé la première lecture pour mieux relever ce qu'a dit notre prêtre au sujet de cette quête de la parole de Dieu, rendue aussi essentielle, aussi vitale que la nourriture et la boisson. Car de nos jours encore, qui prétendra, avec les problèmes mondiaux que nous connaissons et subissons, combien une parole plus élevée que nos raisons, serait utile ! Mais on a rejeté le Jubilé - cette parole de Dieu qui figure en toutes lettres au Lévitique chapitre 25.8-22). Qui s'en souvient ? (De nous jours, l'on produit toutes sortes de marchandises en plus de quantité que nécessaire, afin de faire baisser les coûts de production - et l'on produit ainsi des déchets en parfait état !)

Les juifs, du temps de Jésus, estimaient - évidemment - que l'impôt instauré par les l'occupant romain, ne devrait pas être payé, puisqu'ils forment l'unique peuple de l'Alliance !

Voici pourquoi, dans l’Évangile, avec un brin d'ironie, Jésus répond aux juifs venus lui faire reproche de ses "mauvaises fréquentations" : "Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades." En effet, un malade qui refuse de reconnaître son état, pourquoi se rendrait-il à une consultation ?

Et donc, quoi que nous vivions, en nous reconnaissant pécheurs, nous ouvrons toutes grandes les portes de la miséricorde divine. Profitons bien du Jubilé en cours !

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mer 6 Juil - 17:00

Dieu, fidèle en toutes ses oeuvres

Livre d'Osée 10,1-3.7-8.12.
Israël était une vigne luxuriante, qui portait beaucoup de fruit. Mais plus ses fruits se multipliaient, plus Israël multipliait les autels ; plus sa terre devenait belle, plus il embellissait les stèles des faux dieux. Son cœur est partagé ; maintenant il va expier : le Seigneur renversera ses autels ; les stèles, il les détruira. Maintenant Israël va dire : « Nous sommes privés de roi, car nous n’avons pas craint le Seigneur. Et si nous avions un roi, que pourrait-il faire pour nous ? » Ils ont disparu, Samarie et son roi, comme de l’écume à la surface de l’eau. Les lieux sacrés seront détruits, ils sont le crime, le péché d’Israël ; épines et ronces recouvriront leurs autels. Alors on dira aux montagnes : « Cachez-nous ! » et aux collines : « Tombez sur nous ! » Faites des semailles de justice, récoltez une moisson de fidélité, défrichez vos terres en friche. Il est temps de chercher le Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne répandre sur vous une pluie de justice.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,1-7.
En ce temps-là, Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, nommé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas l’Iscariote, celui-là même qui le livra. Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains.
Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. »



Cy Aelf, Paris

L'austérité en religion peut sembler un risque potentiel pour la qualité de foi de ceux qui adhèrent à la religion. Comment admettre un mode de vie exempt de distractions, au milieu d'un monde qui en regorge ? Et cependant, pour notre prêtre, le péché qu'Israël a commis aux temps de sa prospérité a pour parfait équivalent celui qu'il a commis aux temps de l'exode, de la traversée du désert, ou de l'exil à Babylone.

Comment expliquer ce paradoxe ?

En vue d'une authentique vie spirituelle, l'âme bien établie se reconnaît au fait qu'elle n'est pas liée aux conditions de l'existence, lesquelles peuvent changer d'un jour à l'autre. Rien ne peut ni la distraire, ni la désorienter, ni la plonger dans le doute.

Cependant, dans les carnets intimes de grands saints et de saintes, on trouve "passages-à-vide" de l'âme, tels qu'il leur semblait avancer comme "mécaniquement" dans un couloir sombre jusqu'à l'opacité complète - mais avec, comme recours, le respect absolu des règles établies. Jusqu'au moment où tout un coup, la Joie rejaillit et ne cesse d'irriguer la vie de l'âme.

Et donc, le seul message que les premiers apôtres ont a diffuser autour d'eux, c'est que le temps qui vient est celui du soulagement, de l'allégresse, de la rencontre avec Dieu. Car le Royaume est tout proche en Jésus-Christ.

Si le témoignage des premiers apôtres est d'abord destiné aux "brebis perdues de la maison d'Israël", c'est du fait que Dieu est fidèle en toutes ses œuvres. Le message de la miséricorde divine est donc d'abord destiné au peuple de l'Alliance. Mais il ne tardera pas à déborder largement au-delà des frontières historiques : c'est bien l'humanité tout entière et de tous les temps à qui le message de la bonne nouvelle est adressé.

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Ven 8 Juil - 10:51


Vivre en disciple, est-ce possible ?


Le vendredi de la 14e semaine du temps ordinaire

Livre d'Osée 14,2-10.
Ainsi parle le Seigneur : Reviens, Israël, au Seigneur ton Dieu ; car tu t’es effondré par suite de tes fautes. Revenez au Seigneur en lui présentant ces paroles : « Enlève toutes les fautes, et accepte ce qui est bon. Au lieu de taureaux, nous t’offrons en sacrifice les paroles de nos lèvres. Puisque les Assyriens ne peuvent pas nous sauver, nous ne monterons plus sur des chevaux, et nous ne dirons plus à l’ouvrage de nos mains : “Tu es notre Dieu”, car de toi seul l’orphelin reçoit de la tendresse. » Voici la réponse du Seigneur : Je les guérirai de leur infidélité, je les aimerai d’un amour gratuit, car ma colère s’est détournée d’Israël. Je serai pour Israël comme la rosée, il fleurira comme le lis, il étendra ses racines comme les arbres du Liban. Ses jeunes pousses vont grandir, sa parure sera comme celle de l’olivier, son parfum, comme celui de la forêt du Liban. Ils reviendront s’asseoir à son ombre, ils feront revivre le froment, ils fleuriront comme la vigne, ils seront renommés comme le vin du Liban. Éphraïm ! Peux-tu me confondre avec les idoles ? C’est moi qui te réponds et qui te regarde. Je suis comme le cyprès toujours vert, c’est moi qui te donne ton fruit. Qui donc est assez sage pour comprendre ces choses, assez pénétrant pour les saisir ? Oui, les chemins du Seigneur sont droits : les justes y avancent, mais les pécheurs y trébuchent.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,16-23.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes.
Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens. Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort. Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Amen, je vous le dis : vous n’aurez pas fini de passer dans toutes les villes d’Israël quand le Fils de l’homme viendra. »



Les temps messianiques - que nous vivons encore en ce jour - ne sont pas exactement à l'image de la félicité tranquille prophétisée dans le Livre d'Osée ! Et c'est une occasion qui m'est donnée de reconnaître qu'au cours de mon adolescence, à un moment donné, j'ai remis en question le discours du prêtre qui nous avait fait suivre le catéchisme. J'étais pourtant en accord profond avec l'essentiel, ce qui m'a permis de recouvrer la foi et de revenir à l’Église doué d'une foi plus mûre et plus assurée. Ce qui m'est arrivé ensuite, c'est que je me suis véritablement retrouvé en conflit avec l'autre enseignement : celui du monde, celui de Mammon, l'esprit des richesses.

Il me semble que ce peut être une illustration toute actuelle des difficultés et des souffrances rencontrées par les premiers disciples, et dès lors : je raconte ce que j'ai vécu.

Lors de mon premier engagement, au sein du Service des Travaux de ma ville, je me suis étonné ouvertement à mon supérieur direct : "Je suis étonné que mon travail consiste à envoyer des demandes de dossiers de devis à des entrepreneurs - puisque j'entends dire chaque jour: pour la construction de cette piscine, nous allons travailler avec la firme Untel, c'est excellent !" Alors, pourquoi adresser des devis à une dizaine d'autres entreprises ?" Eh bien, je me suis fait reprendre sévèrement : ce n'étaient pas mes oignons !

Dans l'usine où j'ai travaillé ensuite, mon chef direct a tout fait pour saborder une première promotion. Comme ce fut facile ! Il m'avait dit avec gentillesse: "Reste près du téléphone, je t'appellerai quand ce sera ton tour de parole !" J'étais spécialisé dans la recherche de clientèles outre-Atlantique. Vous devinez ce qui s'est passé: je ne fus jamais appelé et j'ignorais jusqu'au local où se déroulait la réunion ! Ensuite, il y eut une compagnie d'assurances, des examens pour tel et tel services de l’État - devenir fonctionnaire nommé est toujours très recherché - mais ici encore, il était très "recommandé" de se politiser, mais c'était contraire à mes idées - et ça l'est toujours.

J'ai finalement trouvé ma voie dans l'achat et la vente de livres d'occasion qui m'a permis de mettre en œuvre toutes mes capacités. Je n'envie certes pas d'anciennes connaissances qui sont déjà à la pension, retraités de l'administration publique, mais qui m'ont dit : "Travailler fut m'ennuyer huit heures pas jour en regardant l'horloge durant toutes ces années...". Ils ont confirmé sans le savoir le mot de Coluche à ce sujet (des dossiers peuvent disparaître, mais l'horloge jamais: tout le monde la regarde !")

Ma compréhension est celle-ci : moi non plus, je n'ai pas eu à parcourir toutes les villes d'Israël avant que tout soit accompli - et dans une Joie intérieure très profonde.

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Sam 9 Juil - 17:16

Chercher à demeurer dans la grâce


Le samedi de la 14e semaine du temps ordinaire

Livre d'Isaïe 6,1-8.
L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ; les pans de son manteau remplissaient le Temple. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux pour se couvrir le visage, deux pour se couvrir les pieds, et deux pour voler. Ils se criaient l’un à l’autre : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur de l’univers ! Toute la terre est remplie de sa gloire. » Les pivots des portes se mirent à trembler à la voix de celui qui criait, et le Temple se remplissait de fumée. Je dis alors : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l’univers ! » L’un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu’il avait pris avec des pinces sur l’autel. Il l’approcha de ma bouche et dit : « Ceci a touché tes lèvres, et maintenant ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. » J’entendis alors la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? » Et j’ai répondu : « Me voici : envoie-moi ! »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,24-33.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur. Il suffit que le disciple soit comme son maître, et le serviteur, comme son seigneur. Si les gens ont traité de Béelzéboul le maître de maison, ce sera bien pire pour ceux de sa maison. Ne craignez donc pas ces gens-là ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »



Cy Aelf, Paris

Avant que lui soit confiée la mission de parler aux Juifs de la part de Dieu, le prophète a besoin d'être délivré de ses fautes. Or, en tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous avons nous aussi à prendre conscience de nos fautes et y remédier. Pratiquement, du fait d'un manque de prêtres, il n'est plus si simple de se confesser - et encore moins de se faire guider par lui dans sa vie spirituelle. Pour ma part, durant des années, j'ai eu la chance de pouvoir visiter régulièrement un prêtre âgé, lequel avait reçu, le premier, le témoignage de ma conversion.

Ce que l'on peut conseiller, c'est de communier le plus régulièrement possible, se confesser à l'occasion de Pâques, et invoquer régulièrement l'Esprit Saint en de nombreuses occasions de la vie quotidienne. Tout récemment, j'ai dû "élever la voix" car je ne veux pas que ma mère, âgée de 93, se retrouve, dans la maison de repos, à l'étage où sont confinés les cas d’Alzheimer. J'ai demandé qu'on la change d'étage. Comme je voyais les infirmières détourner l'entretien, je me suis rendu chez le directeur de l'établissement. Eh bien, les arguments que j'ai avancés, non je n'ai pas eu à les préparer avant d'entrer dans son bureau - car ils me sont "tombés dans la bouche" sur le moment-même. Et il en a été de même lorsqu'il est passé à une contre-argumentation. Parce que je me connais facilement timide, je suis certain d'avoir été inspiré dans ma foi.

Ce qui est un signe - sûr pour moi, que je bénéficie toujours de la grâce. J'en suis heureux dans une époque qui m'apparaît de plus en plus malheureuse, violente, une époque où les démons sont acharnés à la perte des âmes. Invoquons la miséricorde divine - c'est le bon moment !

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