La Chapelle de la Sainte-Famille

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 Meditations et Homelies

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etienne lorant

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Jeu 17 Mar - 10:09

"Jésus" - "Je Suis"

Le jeudi de la 5e semaine de Carême

Livre de la Genèse 17,3-9.
En ces jours-là, Abram tomba face contre terre et Dieu lui parla ainsi :
« Moi, voici l’alliance que je fais avec toi : tu deviendras le père d’une multitude de nations. Tu ne seras plus appelé du nom d’Abram, ton nom sera Abraham, car je fais de toi le père d’une multitude de nations.
Je te ferai porter des fruits à l’infini, de toi je ferai des nations, et des rois sortiront de toi.
J’établirai mon alliance entre moi et toi, et après toi avec ta descendance, de génération en génération ; ce sera une alliance éternelle ; ainsi je serai ton Dieu et le Dieu de ta descendance après toi.
À toi et à ta descendance après toi je donnerai le pays où tu résides, tout le pays de Canaan en propriété perpétuelle, et je serai leur Dieu. »
Dieu dit à Abraham : « Toi, tu observeras mon alliance, toi et ta descendance après toi, de génération en génération. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8,51-59.
En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs : Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. » Les Juifs lui dirent : « Maintenant nous savons bien que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : “Si quelqu’un garde ma parole, il ne connaîtra jamais la mort.”
Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi sont morts. Pour qui te prends-tu ? »
Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”,
alors que vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais et, si je dis que je ne le connais pas, je serai comme vous, un menteur. Mais je le connais, et sa parole, je la garde.
Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu, et il s’est réjoui. »
Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n’as pas encore cinquante ans, tu as vu Abraham ! » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. »
Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple.


Cy Aelf, Paris



Plusieurs fois déjà, au cours de cet enseignement final qu'il adresse aux juifs qui le harcèlent, Jésus pas hésité à prononcer devant eux, mais en termes voilés, le "JE SUIS", ce nom que Dieu a révélé à Abraham, mais que les prêtres du temple ne prononcent jamais. Ils utilisent plutôt la voie passive : "Comme il a été dit" ou bien "comme il est écrit" - mais c'est bien du Père, du Dieu créateur qu'il s'agit.

Mais à la fin de cet ultime débat, de cette dernière tentative visant à les rallier au dessein de son Père, Jésus ne va plus hésiter à s'attribuer le nom même que Dieu a donné à Abraham et en s'y associant ouvertement. Et cela donne cette extraordinaire conjugaison du temps:
"Avant qu'Abraham fut, moi Je Suis" ! Cette formulation est unique dans toute l'écriture et la concordance des temps dans une grammaire !

Du reste, s'il se tient hors de la foi, comment un homme pourrait-il adhérer à ce message : que le Christ ait "pré-existé" au patriarche Abraham, et qu'il puisse contenir et "ramasser" en lui-même" tous les temps du passé, du présent et de l'avenir ? Mais il y a mieux encore, car Jésus dévoile cet autre mystère : "Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour."

Les pharisiens et les prêtres du temple de Jérusalem tiennent désormais l'argument définitif pour mettre Jésus en accusation, le juger, le condamner et le faire mourir. Mais au lieu de contrarier le plan divin, cette infamie sera source jaillissante de foi, d'amour et d'espérance pour tous les peuples de tous les temps, et plus simplement: chacun d'entre nous.

Maranatha !

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Pearl
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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Jeu 17 Mar - 15:33

quelques Paroles du Seigneur a mediter en montant vers SA RESURRECTION



« La foi naît de ce que l’on entend ; et ce que l’on entend, c’est la parole du Christ » (Rm 10, 9-18)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains

Frère, si de ta bouche, tu affirmes que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé. Car c’est avec le cœur que l’on croit pour devenir juste, c’est avec la bouche que l’on affirme sa foi pour parvenir au salut. En effet, l’Écriture dit : Quiconque met en lui sa foi ne connaîtra pas la honte. Ainsi, entre les Juifs et les païens, il n’y a pas de différence : tous ont le même Seigneur, généreux envers tous ceux qui l’invoquent. En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Or, comment l’invoquer, si on n’a pas mis sa foi en lui ? Comment mettre sa foi en lui, si on ne l’a pas entendu ? Comment entendre si personne ne proclame ? Comment proclamer sans être envoyé ? Il est écrit : Comme ils sont beaux, les pas des messagers qui annoncent les bonnes nouvelles ! Et pourtant, tous n’ont pas obéi à la Bonne Nouvelle. Isaïe demande en effet : Qui a cru, Seigneur, en nous entendant parler ? Or la foi naît de ce que l’on entend ; et ce que l’on entend, c’est la parole du Christ. Alors, je pose la question : n’aurait-on pas entendu ? Mais si, bien sûr ! Un psaume le dit : Sur toute la terre se répand leur message et leurs paroles, jusqu’aux limites du monde.



Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens

Frères, que le Seigneur vous donne, entre vous et à l’égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant, comme celui que nous avons pour vous. Et qu’ainsi il affermisse vos cœurs, les rendant irréprochables en sainteté devant Dieu notre Père, lors de la venue de notre Seigneur Jésus avec tous les saints. Amen. Pour le reste, frères, vous avez appris de nous comment il faut vous conduire pour plaire à Dieu ; et c’est ainsi que vous vous conduisez déjà. Faites donc de nouveaux rogrès, nous vous le demandons, oui, nous vous en prions dans le Seigneur Jésus. Vous savez bien quelles instructions nous vous avons données de la part du Seigneur Jésus.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc


En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme.


Lecture du livre de Daniel le prophète


Moi, Daniel, j’avais l’esprit angoissé, car les visions que j’avais me bouleversaient. Je m’approchai de l’un de ceux qui entouraient le Trône, et je l’interrogeai sur la vérité de tout cela. Il me répondit et me révéla l’interprétation : « Ces bêtes énormes, au nombre de quatre, ce sont quatre rois qui surgiront de la terre. Mais ce sont les saints du Très-Haut qui recevront la royauté et la posséderont pour toute l’éternité. » Puis je l’interrogeai sur la quatrième bête, qui était différente de toutes les autres, cette bête terriblement puissante, avec ses dents de fer et ses griffes de bronze, qui dévorait, déchiquetait et piétinait tout ce qui restait. Je l’interrogeai sur les dix cornes de sa tête, et sur cette corne qui lui avait poussé en faisant tomber les trois autres devant elle – cette corne qui avait des yeux, et une bouche qui tenait des propos délirants – cette corne qui était plus imposante que les autres. Je l’avais vue faire la guerre aux saints et l’emporter sur eux, jusqu’à la venue du Vieillard qui avait prononcé le jugement en faveur des saints du Très-Haut, et le temps était arrivé où les saints avaient pris possession de la royauté. À ces questions, il me fut répondu : « La quatrième bête, c’est un quatrième royaume sur la terre, qui sera différent de tous les royaumes. Il dévorera toute la terre, la piétinera et l’écrasera. Les dix cornes, ce sont dix rois qui surgiront de ce royaume-là. Un autre roi surgira ensuite ; il sera différent des précédents, et il renversera trois rois. Il prononcera des paroles hostiles au Très-Haut, il persécutera les saints du Très-Haut, et il entreprendra de changer la date des fêtes et la Loi. Les saints seront livrés à son pouvoir pendant un temps, des temps, et la moitié d’un temps. Puis le tribunal siégera, et la domination sera enlevée à ce royaume, qui sera détruit et totalement anéanti. La royauté, la domination et la puissance de tous les royaumes de la terre, sont données au peuple des saints du Très-Haut. Sa royauté est une royauté éternelle, et tous les empires le serviront et lui obéiront. »


_________________
« Tu es grand, Seigneur, et louable hautement… Tu nous as faits pour Toi et notre cœur est sans repos tant qu’il ne se repose pas en Toi » (saint Augustin).
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etienne lorant

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Ven 18 Mar - 10:38

La justice divine déborde dans la miséricorde

Le vendredi de la 5e semaine de Carême

Livre de Jérémie 20,10-13.
Moi, Jérémie, j’entends les calomnies de la foule : « Dénoncez-le ! Allons le dénoncer, celui-là, l’Épouvante-de-tous-côtés. » Tous mes amis guettent mes faux pas, ils disent : « Peut-être se laissera-t-il séduire… Nous réussirons, et nous prendrons sur lui notre revanche ! » Mais le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable : mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas. Leur défaite les couvrira de honte, d’une confusion éternelle, inoubliable. Seigneur de l’univers, toi qui scrutes l’homme juste, toi qui vois les reins et les cœurs, fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras, car c’est à toi que j’ai remis ma cause.
.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 10,31-42.
En ce temps-là, de nouveau, des Juifs prirent des pierres pour lapider Jésus.
Celui-ci reprit la parole : « J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes qui viennent du Père. Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? »
Ils lui répondirent : « Ce n’est pas pour une œuvre bonne que nous voulons te lapider, mais c’est pour un blasphème : tu n’es qu’un homme, et tu te fais Dieu. »
Jésus leur répliqua : « N’est-il pas écrit dans votre Loi : J’ai dit : Vous êtes des dieux ? Elle les appelle donc des dieux, ceux à qui la parole de Dieu s’adressait, et l’Écriture ne peut pas être abolie. Or, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites : “Tu blasphèmes”, parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu”.
Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire. Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père. » Eux cherchaient de nouveau à l’arrêter, mais il échappa à leurs mains.
Il repartit de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où, au début, Jean baptisait ; et il y demeura. Beaucoup vinrent à lui en déclarant : « Jean n’a pas accompli de signe ; mais tout ce que Jean a dit de celui-ci était vrai. » Et là, beaucoup crurent en lui.


Cy Aelf, Paris

De l'homélie de notre prêtre, il ressort que la justice de Dieu n'est pas comme la justice des hommes, pour lesquels :"Dura lex sed lex", la loi est dure mais c'est la loi ! Mais cette forme de justice est en réalité limitée, tandis qu'en Dieu, la justice est constamment tempérée par la miséricorde. Et encore : lorsqu'un homme se repent sincèrement de ses fautes, celles-ci n'existent plus devant Dieu, ce qui signifie que Dieu en a effacé jusqu'au souvenir !

Les juifs vont donc poursuivre Jésus selon la justice humaine, pour laquelle toute faute constatée sera sanctionnée, quand bien même l'accusé montrerait des signes évidents de repentir. Et même s'il existe un proverbe pour dire: "Faute avouée à moitié pardonnée", la psychologie soutient que l'autre moitié engendre un sentiment de culpabilité qui demeure.

Si Jésus se retire à l'endroit où Jean le Baptiste avait prêché un baptême de conversion, c'est comme pour signifier que, de bout en bout, la grande œuvre qu'Il est venu accomplir, c'est bien de prendre sur lui "tous les péchés du monde" et obtenir pour tous, la miséricorde divine. En Jésus-Christ, pour tous ceux qui croiront, la malédiction des fils d'Adam est abolie.

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etienne lorant

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Lun 21 Mar - 10:20

Jésus à Béthanie

Le lundi saint

Livre d'Isaïe 42,1-7.

« Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice ; je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations : tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 12,1-11.
Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, qu’il avait réveillé d’entre les morts.
On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était parmi les convives avec Jésus.
Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie de l’odeur du parfum.
Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le livrer, dit alors :
« Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? »
Il parla ainsi, non par souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait. Jésus lui dit : « Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement ! Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. »
Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait réveillé d’entre les morts. Les grands prêtres décidèrent alors de tuer aussi Lazare, parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient en Jésus
.


Cy Aelf, Paris

Il est fascinant de songer que, chaque année, d'un même texte, l'on peut puiser des images, des pensées et des sentiments tout différents - une inspiration renouvelée. De sorte que, cette année, ce repas à Béthanie fait songer à une veillée funèbre.

Ainsi, le parfum versé sur les pieds de Jésus, c'est déjà, de manière anticipée, le rite de l'embaumement, celui-là même que les saintes femmes voudront accomplir "le premier jour de la semaine" - mais qui n'aura pas lieu. La présence de Lazare à ce repas est chargée du même "poids de sens". Et quant à l'attitude de Juda, qui a évalué directement la valeur monétaire du parfum, elle met en scène l'homme qui, devant un décès imminent, songe à capter l'héritage à son profit.

La foule, comme toutes les foules, est curieuse et partagée. Mais la mort plane sur toute cette scène où les Juifs du temple songent déjà à faire périr Lazare, un témoin de la résurrection... déjà trop dérangeant.
Ainsi, la scène de ce dernier repas est toute entière le reflet des pensées des hommes, de leurs jugements, mais aussi de leurs quêtes individuelles de vérité ...

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etienne lorant

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mar 22 Mar - 10:03

Apprenons à résister à l'Adversaire

Le mardi saint

Livre d'Isaïe 49,1-6.
Et moi, je disais : « Je me suis fatigué pour rien, c’est pour le néant, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces. » Et pourtant, mon droit subsistait auprès du Seigneur, ma récompense, auprès de mon Dieu.
Maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob, que je lui rassemble Israël. Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force.
Et il dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13,21-33.36-38.
En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage : « Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera. »
Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait.
Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait.
Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler.
Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? »
Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote.
Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. »
Mais aucun des convives ne comprit pourquoi il lui avait dit cela.
Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d’acheter ce qu’il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres.
Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt. Or il faisait nuit.
Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.
Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt.
Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. »
Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. »
Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! »
Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois.
»

Cy Aelf, Paris

Satan, l'Adversaire, présent à la dernière cène, pense l'avoir emporté sur Jésus et la petite troupe de ses disciples - mais sa haine est d'abord dirigée contre Dieu, Dieu qui est Amour - et qui seul peut nous sauver.
J'ai beaucoup apprécié l'homélie de notre prêtre, qui nous a mis en garde : ce n'est pas seulement Judas que le diable va faire tomber, mais aussi Pierre, qui le reniera trois fois - ainsi que Jean qui s'enfuira tout nu du Jardin des Oliviers - après avoir, tout comme ses frères, cherché refuge dans le sommeil.

Judas n'est donc pas seul à trahir - en réalité, chacun de nous trahit Jésus lorsqu'il préfère le sommeil à la veille, qu'il refuse une pièce de monnaie à un sans abri ou qui traverse la rue pour n'avoir, tout simplement pas, à voir le visage du pauvre Lazare...

Satan, aujourd'hui encore, cherche à troubler les esprits, à miner notre foi, à déraciner notre espérance, à nous faire renier notre baptême par l'abus des plaisirs et des boissons qui font tout oublier. Cependant,
venant d'apprendre par un client de passage les attentats en train de se produire dans la capitale de mon pays, je n'ai pas voulu - pour lire les nouvelles, reporter cette méditation - qui ne cessera jamais de me conférer la Joie. Méritons-nous le beau nom de fidèles ?

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etienne lorant

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mer 23 Mar - 10:21

Dernière cène, derniers pas vers Pâques

Le mercredi saint

Livre d'Isaïe 50,4-9a.
Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute.
Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats. Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. Il est proche, Celui qui me justifie. Quelqu’un veut-il plaider contre moi ? Comparaissons ensemble ! Quelqu’un veut-il m’attaquer en justice ? Qu’il s’avance vers moi ! Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense; qui donc me condamnera ?


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 26,14-25.
En ce temps-là, l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, se rendit chez les grands prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui remirent trente pièces d’argent. Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus : « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs pour manger la Pâque ? »
Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.” »
Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque. Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze.
Pendant le repas, il déclara : « Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. » Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour : « Serait-ce moi, Seigneur ? »
Prenant la parole, il dit : « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! »
Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C’est toi-même qui l’as dit ! »


Cy Aelf, Paris

Jésus savait, évidemment, qui, d'entre les disciples, le trahirait. Mais le sachant, il ne pouvait ni le dénoncer ouvertement aux autres, ni même l'écarter avec vigueur, car Il tenait à ce que tout s'accomplisse selon la volonté du Père. C'est pour cela que Jésus se montre très modéré envers Judas, tout en l'écartant du groupe de sorte qu'il n'assiste pas au lavement des pieds, et qu'il n'entende rien de ce que Jésus va dire encore et qui concerne les fondements spirituels de l’Église naissante.

C'est aujourd'hui que commence, pour chacune et chacun d'entre nous, le dernier effort pour atteindre Pâques. Dans nos familles, des hésitations, voire des divisions, vont se faire jour, comme au temps de Jésus.

Je dis ceci car, l'an dernier, après qu'il ait été convenu que nous irions en famille à la messe du dimanche de Pâques, je me suis finalement retrouvé, le samedi vers 20h30, à sortir de chez moi et commencer à marcher vivement vers une église où je savais que l'on ferait veillée avant de recevoir la première Eucharistie de Pâques dans ma ville.
Parvenu tout essoufflé, il m'a fallu toute une heure - sur les trois que durait l'office, avant de pouvoir me recueillir normalement.

Il n'y a rien à regretter dans les circonstances gênantes et inopportunes qui interviennent comme pour entraver nos derniers pas vers Pâques. Car après tout, n'est-il pas normal que les fidèles sincères dans leur démarche, aient à peiner dans les derniers jours qui précèdent à la fête ? En tout cas, pour moi, il en est ainsi chaque année - et, cette année d'autant plus après les attentats de Bruxelles.

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Pearl
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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mer 23 Mar - 13:04

Deuxième dimanche de Pâques C

De l'ombre de la mort...

L’ouverture du tombeau est le signe qu’on a enlevé le corps du Seigneur. Et, comme un cadavre ne peut pas se volatiliser, c’est qu’il a été déplacé. C'est ce que Marie-Madeleine, arrivée au tombeau vide, s'empresse d'annoncer aux apôtres : « On a volé le corps du Seigneur et nous ne savons pas où on l’a mis. » Pierre et Jean accourent dans le petit matin. Arrivé le premier au tombeau, Jean se penche à l’intérieur. Il voit alors le linceul, resté là. Qu’est-ce que cela signifie ? Pourquoi voler le corps en ayant pris le temps de le déshabiller ?

Pierre le rejoint et pénètre dans le sépulcre. Il constate alors un autre signe tout aussi énigmatique: le linge qui avait couvert la face de Jésus mort, n’est pas posé avec le linceul mais posé à part à sa place. Que signifie cette mise en scène ? Le corps a disparu mais les vêtements sont bien rangés, pliés et mis en place. Jean entre à son tour. Alors, nous dit l’Evangéliste, « il vit et il crut » !

A la lumière de la raison et du bon sens, nous vivons tous, comme Marie Madeleine, l’évidence de la mort. N’est-il pas bien visible qu’elle est le mot définitif de l’existence ? Et comme elle ne prévient pas toujours de son arrivée, nous vivons dans la peur qu’elle nous frappe à l'improviste ou qu’elle emporte brusquement ceux que nous aimons. Certes, le plus souvent, nous nous « divertissons », comme dit Pascal, nous tentons d’oublier. Mais au fond de nous l'angoisse nous tourmente. A quoi bon dès lors se dresser pour promouvoir la justice ? C’est un bon moyen de se faire tuer. Autant se conformer aux volontés des riches et des puissants qui mènent le monde. C’est plus sûr. A quoi bon prendre de risque. Autant sauver sa peau.
... à la clarté de la foi

Quel est ce « voir » du disciple, que Jésus aimait qui fait que, le premier de tous, « il croit » ? C’est que le premier, il se déprend d’une vision du monde qui donne raison à la mort comme étant le dernier mot de l’existence. Les témoins de la résurrection témoignent de l’insuffisance radicale des seules lumières de la raison ou du bon sens pour reconnaître la Vie. Il faut comprendre que « selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. » Le beau récit d’Emmaüs nous montre comment le Ressuscité nous donne la clé vivante des Ecritures.

« Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants » (Sagesse 1, 13). Dieu n’a rien à voir avec la mort. Il n’est pas contaminé par elle. Sa vie n’est pas en rivalité avec la mort. Dieu, en Jésus, a pris sur lui la mort, et par là, l’a privée pour toujours de sa nocivité. Saint Paul écrit aux Corinthiens : « La mort a été engloutie dans la victoire. Ô Mort, où est ta victoire ? Ô Mort, où est-il, ton aiguillon ? » (1 Corinthiens, 54-55).

En occupant l’espace de la mort, Jésus la prive de son « aiguillon », de son venin, Jésus nous révèle que Dieu n’est que vie. Nous voyons et nous croyons aussi comme Jean : lorsque les forces obscures de la mort nous touchent, à la suite de Jésus, nous dépassons nos raisons de lui donner raison. Nous apprenons alors progressivement à voir ce qui nous arrive, y compris la mort biologique, dans le sens de la Vie, à la suite des premiers disciples. Nous pouvons oser la confiance en la vie, oser la foi. Nous pouvons commencer à nous découvrir prenant part à l’intérieur d’un projet qui n’a pas de fin. Nous pouvons commencer à nous dresser pour la protection des plus faibles, des plus vulnérables, des exclus qu’on pousse vers la mort. Nous pouvons choisir de ne pas nous laisser envahir et détruire par la haine, mais choisir la vie.

« De commencements en commencements, par des commencements qui n’auront pas de fin », selon la magnifique formule de Grégoire de Nysse (8e homélie sur le Cantique des Cantiques), nous passons de l’ombre de la mort au clair-obscur de la foi. Nous apprenons à vivre de Pâque en Pâque, à vivre toute chose avec amour, dès maintenant jusqu’au jour où notre vie sera emportée sans cesse plus loin dans la lumière d’un Amour qui ne passera pas.


kerit.be

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« Tu es grand, Seigneur, et louable hautement… Tu nous as faits pour Toi et notre cœur est sans repos tant qu’il ne se repose pas en Toi » (saint Augustin).
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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Jeu 24 Mar - 10:55

Des signes pour notre foi

Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là, dans le pays d’Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : « Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois, il marquera pour vous le commencement de l’année.
Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël:le dix de ce mois, que l’on prenne un agneau par famille, un agneau par maison. Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, elle le prendra avec son voisin le plus proche, selon le nombre des personnes.
Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger. Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année. Vous prendrez un agneau ou un chevreau. Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois.
Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël, on l’immolera au coucher du soleil. On prendra du sang, que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera. On mangera sa chair cette nuit-là, on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères. Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c’est la Pâque du Seigneur. Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là; je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte, depuis les hommes jusqu’au bétail. Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements : Je suis le Seigneur. Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d’Égypte. Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.
Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain,on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?  Vous m’appelez “Maître” et Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »


Textes de l'Aelf, Paris

Pour quiconque sait lire en visualisant sa lecture, c'est-à-dire en concevant des images, il apparaît qu'au signe de protection, tracé par les juifs  - qui déposèrent du sang de l'agneau sur le linteau et les deux montants de leurs portes - correspond exactement à un signe de croix.

Vous souvenez-vous des images du 11 septembre ?   Ce jour-là, de très nombreux baptisés - qui ne pratiquaient plus - se sont pourtant signés du signe de croix, en posant la main sur le front , sur la poitrine et sur les deux épaules. Ce signe aura traversé tous les siècles, depuis l'Exode jusqu'à la croix du Christ - et ensuite, par le témoignage des fidèles, se sera répandu dans toutes les nations. Or, le signe de croix est un signe de protection de l'être devant le malheur qui menace.

Quant au lavement des pieds, pour toutes celles et tous ceux, de toutes les générations, c'est un besoin naturel de prendre soin régulièrement de ses pieds. Cependant, dans l’Évangile du jour, c'est le Christ lui-même qui procède au lavement des pieds de ses apôtres correspond aussi une "remise en état" de notre démarche de foi. C'est ainsi que le lavement des pieds est compris comme la préfiguration du sacrement de confession. En effet, il ne s'agit pas de se laver les pieds régulièrement, mais de se faire laver les pieds par autrui. Sommes-nous bien certains que notre démarche de chrétien est sans défaut ?

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Ven 25 Mar - 15:18

Célébration de la Passion de Jésus-Christ, notre Seigneur

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
Alors Pilate rentra dans le Prétoire ; il appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »
Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? »
Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »
Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. » Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité ? » Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs, et il leur déclara : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation..




Cy Aelf, Paris

C'est ce passage du très long récit de a Passion qui, cette année, a retenu mon attention, car à la question de Pilate, qui lui demande s'il est roi, Jésus répond que sa royauté, en quelque sorte, consiste à rendre témoignage à la vérité. A partir de ce point de ma lecture, je me
suis encore souvenu de cette autre parole que Jésus avait donnée aux juifs : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. (Saint Jean 8, 31-42)

A un moment de ma vie, en 1985, à l'âge de 29 ans, j'ai ressenti que l'ombre du malheur pesait non seulement sur ma vie, mais également sur celle de toutes les personnes que j'avais croisées et bien connues.
Ainsi, nous imaginions savoir beaucoup de choses... mais au-delà d'une relative réussite financière et une forme de reconnaissance par autrui. C'était en grande partie parce que nous nous cachions la vérité à nous-mêmes : ce n'est certes pas la parole du Christ que nous écoutions, mais plutôt "Mammon", le démon de la richesse !

Il était loin dans le passé le temps du catéchisme, ce temps, où en l'une ou l'autre occasion, nous avions ressentir un bonheur par le don plutôt que par la possession ! Bref, le passage de la trentaine m'a poussé, comme invinciblement, à remonter le temps vers mon enfance.
Et comme j'avais ce mouvement en moi, j'ai été contraint de remettre en question non seulement mon existence, mais aussi mon être. Ce fut sans doute la période la plus critique de toute ma vie. Car j'avais baissé ma garde, j'avais abandonné toutes mes défenses, je m'étais reconnu comme étant futile, avide d'argent, dédaigneux des pauvres et des malheureux... j'étais devenu mauvais, tout simplement, et je l'avais admis.

Mais le troisième dimanche d'août 1985, à mon réveil, dans la chambre où j'avais dormi durant mon enfance, j'ai levé les yeux vers un crucifix (qui n'avait jamais changé de place) et j'ai vu quoi ? Un Jésus tout droit - qui me regardait et semblait vouloir donner sa vie afin que je cesse de me noyer dans scepticisme. Ce seul regard posé sur moi m'a suffi et m'a véritablement rendu libre. Je témoigne que Jésus crucifié continue de regarder les hommes et les femmes avec ce même regard empli de miséricorde. C'est ainsi que je puis confirmer encore, près de trente ans plus tard : "C'est vrai : quiconque cherche la vérité la trouvera, et la vérité le rendra libre".

"Cherchez et vous trouverez. Demandez et vous recevrez, frappez et l'on vous ouvrira"

Joyeuse fête de Pâques !


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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Sam 26 Mar - 10:08

La leçon du matin de Pâques

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24,1-12.
Le premier jour de la semaine, à la pointe de l’aurore, les femmes se rendirent au tombeau, portant les aromates qu’elles avaient préparés.
Elles trouvèrent la pierre roulée sur le côté du tombeau.
Elles entrèrent, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus.
Alors qu’elles étaient désemparées, voici que deux hommes se tinrent devant elles en habit éblouissant.
Saisies de crainte, elles gardaient leur visage incliné vers le sol. Ils leur dirent : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité. Rappelez-vous ce qu’il vous a dit quand il était encore en Galilée : “Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite.” »
Alors elles se rappelèrent les paroles qu’il avait dites. Revenues du tombeau, elles rapportèrent tout cela aux Onze et à tous les autres. C’étaient Marie Madeleine, Jeanne, et Marie mère de Jacques ; les autres femmes qui les accompagnaient disaient la même chose aux Apôtres. Mais ces propos leur semblèrent délirants, et ils ne les croyaient pas. Alors Pierre se leva et courut au tombeau ; mais en se penchant, il vit les linges, et eux seuls. Il s’en retourna chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé
.


Cy Aelf, Paris

Dans l’Évangile selon saint Matthieu (chapitre 20, 17-28), Jésus avait bel et bien prédit sa résurrection. Mais devant l'horreur à laquelle ils ont assisté impuissants, les disciples sont comme des enfants perdus dans une forêt, à l'heure où la nuit tombe... Ils se cachent, ils se sont retirés dans une maison anonyme, ils demeurent dans une affliction lée de crainte. Ils n'osent certes pas se poser la question de ce qu'ils vont bien pouvoir faire. C'est une sorte d'état de choc.

Ce sont donc les saintes femmes, pour lesquelles il y a toujours une tâche à laquelle il faut s'adonner, qui iront au tombeau pour procéder aux rites funéraires de l'époque. La question n'est pas de savoir si elles croient ou ne croient pas - mais il s'agit simplement de faire ce qui doit être fait dans toutes les circonstances de la vie humaine.
Ainsi, il faut procéder aux rites funéraires prévus en pareil cas. C'est un devoir, c'est ce qui se pratique de génération en génération, cela ne se discute même pas : la vie continue...

Cette attitude, qui peut sembler terre-à-terre, elle est pourtant remplie de sagesse. Elle me fait souvenir qu'au lendemain de ma conversion, j'ai abandonné mes chaussures pour des sandales, car j'avais le sentiment très réel qu'étant plus proche du sol, j'étais aussi plus proche du ciel... je n'ai pas réfléchi sur le moment, et j'ai marché en sandales jusqu'au mois d'octobre.

A l'époque, personne ne s'était étonné (est-il possible que mes voisins m'aient pris pour un original, je n'en sais rien, car le "qu’en-dira-t-on" n'avait plus la moindre importance à mes yeux). Pour revenir à l’Évangile, les femmes ont donc rapporté ce qui leur était arrivé, et cela n'avait pas non plus la moindre importance que les disciples les croient ou non. Finalement, Pierre se "réveille" de son état de torpeur et aussi vite s'en va voir et revient tout étonné. Mais on note bien qu'il n'y croit pas encore, car même l'absence de corps ne suscite d'abord en lui qu'un grand étonnement, inexplicable.

La leçon qui se dégage donc de cet Évangile est, en définitive, celle de l'humilité : nous croyons savoir et nous ne savons pas. Mais devant l'inconnu, quelle est l'attitude la plus adéquate : fermer son esprit, ou bien chercher à savoir ?

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Lun 28 Mar - 9:44

LUNDI DE PÂQUES


Livre des Actes des Apôtres 2,14.22b-33.

Le jour de la Pentecôte, Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et leur fit cette déclaration : « Vous, Juifs, et vous tous qui résidez à Jérusalem, sachez bien ceci, prêtez l’oreille à mes paroles.
Il s’agit de Jésus le Nazaréen, homme que Dieu a accrédité auprès de vous en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes.
Cet homme, livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez supprimé en le clouant sur le bois par la main des impies.
Mais Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, car il n’était pas possible qu’elle le retienne en son pouvoir.
En effet, c’est de lui que parle David dans le psaume : Je voyais le Seigneur devant moi sans relâche : il est à ma droite, je suis inébranlable. C’est pourquoi mon cœur est en fête, et ma langue exulte de joie ; ma chair elle-même reposera dans l’espérance :
tu ne peux m’abandonner au séjour des morts ni laisser ton fidèle voir la corruption.

Frères, il est permis de vous dire avec assurance, au sujet du patriarche David, qu’il est mort, qu’il a été enseveli, et que son tombeau est encore aujourd’hui chez nous.
Comme il était prophète, il savait que Dieu lui avait juré de faire asseoir sur son trône un homme issu de lui.
Il a vu d’avance la résurrection du Christ, dont il a parlé ainsi : Il n’a pas été abandonné à la mort, et sa chair n’a pas vu la corruption.
Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins.
Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père l’Esprit Saint qui était promis, et il l’a répandu sur nous, ainsi que vous le voyez et l’entendez. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 28,8-15.
En ce temps-là, quand les femmes eurent entendu les paroles de l’ange, vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.
Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »
Tandis qu’elles étaient en chemin, quelques-uns des gardes allèrent en ville annoncer aux grands prêtres tout ce qui s’était passé.
Ceux-ci, après s’être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme
en disant : « Voici ce que vous direz : “Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.”
Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. »
Les soldats prirent l’argent et suivirent les instructions. Et cette explication s’est propagée chez les Juifs jusqu’à aujourd’hui.



Cy Aelf, Paris

Nous n'étions plus que trois fidèles à la chapelle, ce lundi de Pâques. C'est qu'hier, il y a eu de grands repas en ville, tandis que, plus modestement, ma sœur et moi avons participé au repas festif de la maison de retraite où réside ma mère, Léa, toujours souriante et bien éveillée à l'âge de 92 ans. Une fois remis de leur abattement, les disciples se mettront à parler ouvertement

Les femmes du groupe des apôtres, qui avaient résolu de procéder aux rites funéraires de Jésus, ont bien reçus le message de l'ange et rencontré Jésus qui les a rassurés et leur a confié le tout premier message de la résurrection.

La lecture des actes des apôtres confirment bien que c'est au sujet du Christ que David avait prophétisé en déclarant : Il n’a pas été abandonné à la mort, et sa chair n’a pas vu la corruption. - et si l'on refuse de croire que cette prophétie concernait bien le Christ, il suffit de faire ouvrir la tombe de David pour constater que ses restes y sont toujours. Hors de la foi, la résurrection de Jésus demeure inexplicable hors de la foi. De ce fait l'explication imposée aux gardes du tombeau, suppose que, tout en dormant, ceux-ci aient pu identifier les disciples venus en nombre pour retirer la dalle, enlever le corps et le cacher en un lieu auquel aucune enquête n'aboutira...

Cette Eucharistie du lendemain de Pâque est une de celles qui me procurent une très grande joie. Je me suis souvenu que la salutation pascale est une coutume des chrétiens orthodoxes. Pendant la période pascale, depuis la nuit de Pâques jusqu'à la veille de l'Ascension, à la place des salutations habituelles ("Bonjour" ou autre), les orthodoxes se saluent de la manière suivante : l'un dit "Le Christ est ressuscité !", et l'autre répond "En vérité, Il est ressuscité !"

Alleluia !
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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mar 29 Mar - 10:52

Manifestation de Jésus par l'Esprit Saint


Le mardi de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 2,36-41.
Le jour de la Pentecôte, Pierre disait à la foule : « Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous aviez crucifié. »
Les auditeurs furent touchés au cœur ; ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres : « Frères, que devons-nous faire ? »
Pierre leur répondit : « Convertissez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ pour le pardon de ses péchés ; vous recevrez alors le don du Saint-Esprit.
Car la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont loin, aussi nombreux que le Seigneur notre Dieu les appellera. »
Par bien d’autres paroles encore, Pierre les adjurait et les exhortait en disant : « Détournez-vous de cette génération tortueuse, et vous serez sauvés. »
Alors, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre furent baptisés. Ce jour-là, environ trois mille personnes se joignirent à eux.




Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,11-18.
En ce temps-là, Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau.
Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.
Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. »
Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.
Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. »
Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître.
Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »
Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.



Cy Aelf, Paris

Dès la résurrection, le mode de relation entre le Christ et les femmes et les hommes qui adhèreront à la Parole, subit un profond changement. C'est que, de plus en plus, pour s'adresser au monde et appeler les hommes de tous pays et de toutes langues, c'est l'Esprit saint qui ouvrira les cœurs et les bouches afin de prêcher que le Royaume est tout proche de celles et ceux qui s'en remettront au Seigneur.

C'est ainsi que Jésus, d'emblée, s'adressant à Marie Madeleine, lui confie la toute première mission : d'annoncer aux apôtres ce qu'elle vient de vivre. Dans la première lecture, c'est bien Pierre qui s'adresse à la foule, mais il est évident que ce qu'il dit ne vient pas de lui-même: il n'est que le "porte-voix" de l'Esprit qui l'anime.

De la même façon, nous a dit le prêtre, non pas seulement les religieux, mais les simples laïques également, portent en eux les paroles de salut que l'Esprit du Seigneur leur inspire - mais aussi les gestes de miséricorde dont ils et elles ne seraient même pas cru capables ! "Fouillez dans vos souvenir", a conclu notre prêtre, et vous retrouverez de telles circonstances au cours desquelles vous avez dit des mots auxquels vous n'aviez pas songé, et accompli des actes précis dont vous ne vous étiez pas cru capables - mais n'oubliez pas de rendre grâce !

Courte homélie et cependant: pleine de vigueur !

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mer 30 Mar - 10:52

Reconnaître Jésus présent parmi nous

Le mercredi de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 3,1-10.
En ces jours-là, Pierre et Jean montaient au Temple pour la prière de l’après-midi, à la neuvième heure. On y amenait alors un homme, infirme de naissance, que l’on installait chaque jour à la porte du Temple, appelée la « Belle-Porte », pour qu’il demande l’aumône à ceux qui entraient. Voyant Pierre et Jean qui allaient entrer dans le Temple, il leur demanda l’aumône. Alors Pierre, ainsi que Jean, fixa les yeux sur lui, et il dit : « Regarde-nous ! » L’homme les observait, s’attendant à recevoir quelque chose de leur part. Pierre déclara : « De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche. » Alors, le prenant par la main droite, il le releva et, à l’instant même, ses pieds et ses chevilles s’affermirent. D’un bond, il fut debout et il marchait. Entrant avec eux dans le Temple, il marchait, bondissait, et louait Dieu.Et tout le peuple le vit marcher et louer Dieu. On le reconnaissait : c’est bien lui qui était assis à la « Belle-Porte » du Temple pour demander l’aumône. Et les gens étaient frappés de stupeur et désorientés devant ce qui lui était arrivé.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24,13-35.
Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. »
Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple :
comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux. Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna.
Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.


Cy Aelf, Paris

Les lectures de ce jour nous indiquent deux moyens sûr de reconnaître, auprès de nous, le Christ ressuscité. Le premier consiste à consulter les saintes écritures, non pas seulement l’Évangile, mais toutes les écritures, celles de l'ancien comme du nouveau Testament. Le second est de s'associer très concrètement à la vie de l’Église.

En effet, lors de leur rencontre avec Jésus ressuscité, les disciples d'Emmaüs commencent par recevoir de Jésus un rappel des écritures - qu'ils connaissent, bien sûr, mais sans pouvoir les relier concrètement aux aux événements de Jérusalem: la crucifixion de Jésus, la mise au tombeau, la disparition de son corps. Mais parvenus l'étape d'Emmaüs, le signe de la fraction du pain suffit à leur faire reconnaître le Seigneur.

Il ne reste plus qu'à reconnaître la place de la première lecture dans cet ensemble. Il est pourtant tout simple: tout comme Pierre et Jean témoignent de leur foi par la guérison de l'infirme de la Belle Porte, nous avons nous aussi à témoigner de notre foi, d'une façon ou d'une autre. Pour ma part, je peux témoigner qu'en rentrant chez moi le soir, j'ai croisé une dame en fauteuil roulant - unijambiste ! qui peinait pour se propulser à l'aide de sa seule jambe, vers son domicile. D'un moment à l'autre, je me suis à la pousser le fauteuil jusqu'au pas de sa porte, à un peu plus de cent mètres de chez moi...

Visible ou invisible, le Seigneur est toujours présent à celles et ceux qui placent en Lui leur espérance.

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Jeu 31 Mar - 11:05

C'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous

Le jeudi de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 3,11-26.
En ces jours-là, l’infirme que Pierre et Jean venaient de guérir ne les lâchait plus. Tout le peuple accourut vers eux au Portique dit de Salomon. Les gens étaient stupéfaits. Voyant cela, Pierre interpella le peuple : « Hommes d’Israël, pourquoi vous étonner ? Pourquoi fixer les yeux sur nous, comme si c’était en vertu de notre puissance personnelle ou de notre piété que nous lui avons donné de marcher ?
Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son serviteur Jésus, alors que vous, vous l’aviez livré, vous l’aviez renié en présence de Pilate qui était décidé à le relâcher. Vous avez renié le Saint et le Juste, et vous avez demandé qu’on vous accorde la grâce d’un meurtrier. Vous avez tué le Prince de la vie, lui que Dieu a ressuscité d’entre les morts, nous en sommes témoins.
Tout repose sur la foi dans le nom de Jésus Christ : c’est ce nom lui-même qui vient d’affermir cet homme que vous regardez et connaissez ; oui, la foi qui vient par Jésus l’a rétabli dans son intégrité physique, en votre présence à tous. D’ailleurs, frères, je sais bien que vous avez agi dans l’ignorance, vous et vos chefs.Mais Dieu a ainsi accompli ce qu’il avait d’avance annoncé par la bouche de tous les prophètes : que le Christ, son Messie, souffrirait.Convertissez-vous donc et tournez-vous vers Dieu pour que vos péchés soient effacés.
Ainsi viendront les temps de la fraîcheur de la part du Seigneur, et il enverra le Christ Jésus qui vous est destiné. Il faut en effet que le ciel l’accueille jusqu’à l’époque où tout sera rétabli, comme Dieu l’avait dit par la bouche des saints, ceux d’autrefois, ses prophètes. Moïse a déclaré : Le Seigneur votre Dieu suscitera pour vous, du milieu de vos frères, un prophète comme moi : vous l’écouterez en tout ce qu’il vous dira. Quiconque n’écoutera pas ce prophète sera retranché du peuple. Ensuite, tous les prophètes qui ont parlé depuis Samuel et ses successeurs, aussi nombreux furent-ils, ont annoncé les jours où nous sommes. C’est vous qui êtes les fils des prophètes et de l’Alliance que Dieu a conclue avec vos pères, quand il disait à Abraham : En ta descendance seront bénies toutes les familles de la terre. C’est pour vous d’abord que Dieu a suscité son Serviteur, et il l’a envoyé vous bénir, pourvu que chacun de vous se détourne de sa méchanceté. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24,35-48.
En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! » Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?
Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. »
Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds. Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux.
Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures.
Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins.


Cy Aelf, Paris

L’Évangile sera proclamé à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. A la finale de l’Évangile du jour correspond directement la guérison miraculeuse de l'infirme au portique du temple de Jérusalem.
Ce qui frappe, évidemment, plus encore que la guérison par Pierre du paralytique, c'est le langage, bien assuré, sans hésitation, puissant et riche en rappels des Écritures que tient Pierre, l'ancien pêcheur de Galilée. En réalité, ce n'est pas lui qui parle, mais l'Esprit Saint qui gonfle le cœur et vivifie l'esprit.

Cette merveille qu'est la troisième personne de la Trinité s'est répandue en tous temps depuis la Pentecôte sur celles et ceux qui ont définitivement franchi le cap de la stricte rationalité et d'une logique binaire pour s'ouvrir à l'Esprit qui anime l'homme tout entier, non plus selon la loi de la mort, mais selon celle qui conduit à la vie éternelle. Le premier étonné, c'est bien celui qui se met à parler en ressentant une forme de chaleur au niveau du front et une très vive intuition, capable de renverser d'un mot un argument qui paraissait incontournable.
Ainsi ont parlé Jeanne d'Arc - lors de son procès, mais aussi la petite Bernadette de Lourdes, dont on trahissait les paroles en vue de pouvoir dénigrer son témoignage - mais la petite sainte rétablissait à chaque fois la vérité jusque dans les détails.

Avec les textes de ce jour, nous entrons déjà dans la période liturgique qui nous conduit directement à la fête de la Pentecôte.

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Ven 1 Avr - 9:58

Pierre face aux chefs des prêtres

Le vendredi de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 4,1-12.
En ces jours-là, après la guérison de l’infirme, comme Pierre et Jean parlaient encore au peuple, les prêtres survinrent, avec le commandant du Temple et les sadducéens ; ils étaient excédés de les voir enseigner le peuple et annoncer, en la personne de Jésus, la résurrection d’entre les morts.
Ils les firent arrêter et placer sous bonne garde jusqu’au lendemain, puisque c’était déjà le soir. Or, beaucoup de ceux qui avaient entendu la Parole devinrent croyants ; à ne compter que les hommes, il y en avait environ cinq mille. Le lendemain se réunirent à Jérusalem les chefs du peuple, les anciens et les scribes. Il y avait là Hanne le grand prêtre, Caïphe, Jean, Alexandre, et tous ceux qui appartenaient aux familles de grands prêtres.
Ils firent amener Pierre et Jean au milieu d’eux et les questionnèrent : « Par quelle puissance, par le nom de qui, avez-vous fait cette guérison? » Alors Pierre, rempli de l’Esprit Saint, leur déclara : « Chefs du peuple et anciens, nous sommes interrogés aujourd’hui pour avoir fait du bien à un infirme, et l’on nous demande comment cet homme a été sauvé. Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d’Israël : c’est par le nom de Jésus le Nazaréen, lui que vous avez crucifié mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts, c’est par lui que cet homme se trouve là, devant vous, bien portant. Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle.En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 21,1-14.
En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.
Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons.
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres. Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. »
Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson. C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples
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Cy Aelf, paris

On se souvient bien que, lorsque Jésus appela Simon le pécheur à devenir Simon l'apôtre, Il lui déclara : "Sois sans crainte, désormais, ce sont des hommes que tu prendras". Et ce qu'Il avait dit lors du premier appel, Jésus le confirme, après sa résurrection, en reproduisant la première pêche miraculeuse.

Il est intéressant de noter que c'est Jean d'abord, le disciple le plus sensible au surnaturel, qui conclut le premier : "C'est le Seigneur !" Cependant, pour conduire l’Église, c'est le "Pierre-qui-est-"pierre" qui a été choisi par Jésus, un homme qui a les pieds bien sur terre et qui ne se fiera pas à l'une ou l'autre intuition. Cette scène est d'autant plus remarquable que le même Pierre va, sans attendre, quitter le premier la barque pour aller à la rencontre de son maître. Il manifeste ainsi lui-même que le bon sens n'empêche nullement la fougue !

Chez Pierre, ce sont bien ces dispositions de caractère qui sont mises en évidence dans la réponse qu'il oppose aux grands prêtres. C de nouveau, de manière incompréhensible pour nous, les mêmes dignitaires vont rejeter l'évidence de la guérison miraculeuse, afin de préserver leur autorité sur le peuple. Mais, cette fois, cette attitude de rejet "contre-toute-évidence", va sceller le destin du temple, de la ville et de tous ceux qui se seront obstinés dans l'attitude du rejet systématique de l’Évangile ...

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MessageSujet: Méditation pour la Fête de la Miséricorde divine   Dim 3 Avr - 15:46






Ez.39 : 29 : "Et je ne leur cacherai plus ma face, Car je répandrai mon esprit sur la maison d'Israël, Dit le Seigneur, l'Éternel."

Sur la montagne, Dieu avait déclaré : "Nul ne peut me voir sans mourir". Mais n'est-ce pas à une "mort" de l'image que procède l'Esprit Saint dans nos cœurs ? Est-ce parce que le Christ nous a appris à appeler Dieu 'Notre Père' que nous ne le représentons comme une sorte de vieillard céleste qui plane au-dessus de nos têtes ? Le terme d'Abba ('papa') employé par Jésus est beaucoup plus évocateur de cet élan que j'ai connu... sans doute jusqu'à ma douzième année: il désignait pour moi... quelqu'un qui avait le pouvoir d'apporter une solution, quelle que soit la difficulté d'enfant que je traversais. Qu'il s'agisse d'une fièvre, d'un mal de dents, d'un désarroi inconnu jusqu'alors, même d'une désobéissance reconnue, peu importe car de toute manière, lui, papa, connaissait toutes les solutions: il était là pour cela, je n'en doutais pas. Ma mère n'était pas moins présente, mais elle avait le visage de la consolation absolue plutôt que celui dela solution absolue : je me souviens bien de cette distinction très nette.

De toute manière, ce que dit Dieu par la bouche d'Ezéchiel, c'est que Dieu se laisse connaître par son Esprit. C'est une rencontre hors de tout raisonnement, de toute pensée, de tout langage. L'Esprit-Saint n'est-Il pas comme le feu, et Jésus n'a-t-il pas désigné l'Esprit comme le feu qu'il est venu jeter sur la terre ? Jésus est venu jeter le feu de l’amour sur la terre. Et cet amour est une force qui pousse en avant, mais aussi un combat, une résistance jusqu’au sang, un courage pour affronter, s’il le faut, les adversaires de la justice et de la liberté. C'est un feu qui est mouvement comme une vague qui soulève et emporte vers l'avant. C'est bien ainsi, en tout cas à ma toute petite échelle, que l'Esprit-Saint me pousse à la connaissance de Dieu. Mais le mot de connaissance est encore trop riche et trop humain. Il faut dire: l'Esprit-Saint m'incite à sonder le mystère de Dieu. Oui, c'est mieux.

Or, ce mystère est insondable. Peu importe: les mystères de Dieu ne nous sont pas donnés pour que nous en trouvions la solution - certes non, l'Eternité n'y suffira pas !, mais pour que nous y plongions avec toutes nos capacités. Ce que je crois, c'est donc que, lorsque Dieu a répandu son Esprit sur le monde, l'Esprit n'a eu de cesse, et cela se poursuit toujours, de nous relever tous, chacun tel que nous sommes, pour que nous puissions participer, dès ce monde, à la contemplation continue des secrets de Dieu. Seigneur, comme je me réjouis de ce don ! Comme j'en étais indigne et comme j'en avais besoin ! Désormais, si je suis fort, c'est parce que je sais que ma force est hors de moi-même: si ma force est hors de moi-même, qui pourra me la prendre ? Et il en ainsi de ma Joie, ma vraie joie, et il en est de mon cœur, car mon cœur n'a de regard que pour la miséricorde divine.

L'illustration est de Florence Fiorini, laquelle avait tenu d'illustrer elle-même toutes mes méditations sur son blog.
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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Lun 4 Avr - 9:58

Solennité de l'annonciation à la Vierge Marie




Livre d'Isaïe 7,10-14.8,10b.
En ces jours-là, le Seigneur parla ainsi au roi Acaz :
« Demande pour toi un signe de la part du Seigneur ton Dieu, au fond du séjour des morts ou sur les sommets, là-haut. »  Acaz répondit : « Non, je n’en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l’épreuve. »  Isaïe dit alors : « Écoutez, maison de David ! Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel
car Dieu est avec nous. »



Lettre aux Hébreux 10,4-10.
Frères, il est impossible que du sang de taureaux et de boucs enlève les péchés.
Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps. Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ;
alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre. Le Christ commence donc par dire : Tu n’as pas voulu ni agréé les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les sacrifices pour le péché, ceux que la Loi prescrit d’offrir.
Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime le premier état de choses pour établir le second. Et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.




Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,26-38.
En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.
L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »
Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? »
L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu.
Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile.
Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.



Cy Aelf, Paris

Ce que l'on remarque en tout premier lieu, c'est que l'ange envoyé par Dieu, ne s'adresse pas à un homme mais à une femme, une très jeune fille, qui deviendra la "nouvelle Ève", et donnera vie au
"nouvel Adam", le Verbe de Dieu. En sorte que cette fête de l'Annonciation vient donner un éclat de plus à la fête de la Miséricorde divine, fêtée ce dernier dimanche. Cette année liturgique, jusqu'à là prochaine Pâques, nous apparaît donc placée sous le signe de Marie, la nouvelle Ève, qui touchera nos cœurs pour nous rendre dociles à l'enseignement de son Fils, Jésus notre Seigneur.

Nous vivons bien le temps de la Miséricorde dont sainte Faustine avait été la messagère. Notre monde est en plein bouleversement, il connaît - comme à l'époque où vécu la sainte, des bouleversements qui commencent à peine à se produire. Combien de personnes en ce monde, ce monde aujourd'hui, n'ont-ils pas déjà ressenti - que notre époque sera marquée par une nécessité absolue: les hommes doivent prendre conscience à tous niveaux combien ils sont solidaires entre eux, dans le bien comme dans le mal.

Pour notre prêtre, âgé de plus de 90 ans, ce qui se déroule en notre époque n'est qu'un "commencement des douleurs". Mais il nous conseille d'en tirer la juste leçon, laquelle ne consiste pas à désigner des ennemis parmi nos frères humains, mais de lutter contre le mal qui a depuis toujours pris le nom de l'Adversaire. Il nous a conseillé encore de ne pas négliger le chapelet, un instrument de choix qui nous a été donné pour nous préserver de la tentation de vouloir exercer notre propre justice laquelle n'est pas celle de Dieu. Il a conclu : que désormais nous puissions regarder vers le Christ avec les yeux  de Marie.

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mar 5 Avr - 10:42

Devenir docile à l'action de l'Esprit Saint

Le mardi de la 2e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 4,32-37.
La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun. C’est avec une grande puissance que les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grâce abondante reposait sur eux tous.
Aucun d’entre eux n’était dans l’indigence, car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient, et ils apportaient le montant de la vente pour le déposer aux pieds des Apôtres ; puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun.
Il y avait un lévite originaire de Chypre, Joseph, surnommé Barnabé par les Apôtres, ce qui se traduit : « homme du réconfort ».  Il vendit un champ qu’il possédait et en apporta l’argent qu’il déposa aux pieds des Apôtres.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,7b-15.
En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Il vous faut naître d’en haut.
Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. » Nicodème reprit : « Comment cela peut-il se faire ? »
Jésus lui répondit : « Tu es un maître qui enseigne Israël et tu ne connais pas ces choses-là ?
Amen, amen, je te le dis : nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage.
Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ? Car nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. »



Cy Aelf, Paris


A première vue, on se gratterait bien la tête pour comprendre le rapport qui est à établir entre le texte des Actes, avec la redistribution des biens selon les besoins - et ce que déclare Jésus à Nicodème au  sujet de l'homme qui est né de l'esprit !  Et pourtant, la réponse est toute simple, puisqu'elle est énoncée dans la question.

L'homme qui vit selon le monde aura toujours besoin d'argent et tout d'abord, de qu'il représente pour lui: la sécurité d'un logement qui lu! appartient, le moyen de se faire soigner en cas de maladie, mais encore un lieu pour recevoir et un autre  pour se mettre à l'abri d'autrui - avec, hélas, la crainte de venir à manquer qui est toujours présente mais dissimulée derrière un paravent de lieux communs...

La solution de toutes ces questions - qui nous préoccupent tous, Jésus l'a donnée à Nicodème. Il  est complètement libre l'homme qui se laisse inspirer par Dieu. Cet homme n'aura pas peur, comme Barnabé, dans le livre des Actes des Apôtres, de vendre son champ et d'en déposer la valeur monétaire aux pieds des apôtres. Car la foi chasse toute crainte.  Il faut se souvenir de la pauvre veuve qui, dans le tronc du temple, avait déposé deux petites pièces (en St Marc, chapitre  12, 37-44); Jésus l'avait citée en exemple parmi tous - et Il ne serait pas intervenu en sa faveur ?  

A la messe ce matin, je me suis souvenu du grand désir de mourir que l'Abbé Pierre avait connu toute sa vie et j'ai retrouvé ce témoignage :

En 1999, dans une biographie, il rapporte comment, à la mort de son grand-père, l'enfant qu'il était ne comprenait pas le chagrin de ses proches puisque, gentil comme il était, le vieux monsieur serait forcément bien accueilli au ciel. "Je crois que c'est de ce moment-là que date un désir qui ne m'a plus jamais quitté, le désir de ne pas tarder à aller le retrouver", ajoute-il. De maladies en accidents, sans compter les risques importants pris durant la Résistance, le fragile capucin a souvent flirté avec la mort.  En 1963, il fut même rescapé du naufrage d'un navire entre l'Uruguay et l'Argentine, au cours duquel beaucoup de passagers moururent pour avoir porté leur gilet de sauvetage à l'envers : "C'est incroyable, mais c'est ma soutane qui m'a sauvé la vie", avait-il expliqué. "Le poids de mes vêtements mouillés a lesté davantage mon corps et a évité que mon visage ne soit plongé dans l'eau".
"Le Bon Dieu n'a pas souhaité que je meure", concluait l'Abbé Pierre.

Persuadé que "le paradis ou l'enfer ne sont rien d'autre que le prolongement de nos actes sur terre", il ajoutait qu'"essayer d'aimer tout le monde, c'est déjà marcher vers le paradis"
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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mer 6 Avr - 10:00

Aimer, seul chemin pour le salut de l'homme


Le mercredi de la 2e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 5,17-26.
En ces jours-là, intervint le grand prêtre, ainsi que tout son entourage, c’est-à-dire le groupe des sadducéens, qui étaient remplis d’une ardeur jalouse pour la Loi. Ils mirent la main sur les Apôtres et les placèrent publiquement sous bonne garde. Mais, pendant la nuit, l’ange du Seigneur ouvrit les portes de la prison et les fit sortir. Il leur dit : « Partez, tenez-vous dans le Temple et là, dites au peuple toutes ces paroles de vie. » Ils l’écoutèrent ; dès l’aurore, ils entrèrent dans le Temple, et là, ils enseignaient. Alors arriva le grand prêtre, ainsi que son entourage. Ils convoquèrent le Conseil suprême, toute l’assemblée des anciens d’Israël, et ils envoyèrent chercher les Apôtres dans leur cachot.
En arrivant, les gardes ne les trouvèrent pas à la prison. Ils revinrent donc annoncer : « Nous avons trouvé le cachot parfaitement verrouillé, et les gardes en faction devant les portes ; mais, quand nous avons ouvert, nous n’avons trouvé personne à l’intérieur. »
Ayant entendu ce rapport, le commandant du Temple et les grands prêtres, tout perplexes, se demandaient ce qu’il adviendrait de cette affaire. Là-dessus, quelqu’un vient leur annoncer : « Les hommes que vous aviez mis en prison, voilà qu’ils se tiennent dans le Temple et enseignent le peuple ! » Alors, le commandant partit avec son escorte pour les ramener, mais sans violence, parce qu’ils avaient peur d’être lapidés par le peuple.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,16-21.
En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ; mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »


Cy Aelf, Paris

Désormais, le temps des hommes qui sont saisis "d'une ardeur jalouse pour la Loi" est achevé. Mais qu'est-ce que cela veut dire exactement ? C'est tout simplement que la Loi - que l'on adorait comme si la foi pouvait faire l'objet d'un "monde d'emploi" - complexe et rigoureux, est complètement révolu.

En effet, Jésus, en acceptant l’ultime épreuve de la condamnation, de la mort et de l'enfouissement, a parfaitement démontré, par sa résurrection, qu'une religion fondée strictement sur des règles, des rites, des obligations rigoureuses - mais aussi des sacrifices expiatoires, fortement inspirés du paganisme, est une religion destinée à disparaître.

Le verbe premier est d'aimer. Que l'on enferme des hommes qui ont l'amour dans leur cœur, cela ne les empêchera aucunement de vivre leur foi.

Le temps des ténèbres est achevé. Bien évidemment, la résistance de "l'ancien monde", celui où trônait Mammon, l'esprit des richesses, avec une kyrielle d'autres démons, feront que le sang des chrétiens va couler - mais chaque goutte de leur sang fera germer la terre d'autant plus de nouvelles pousses dans le jardin du Seigneur.

Désormais, en matière de religion, il y a : la foi, l'espérance et la charité.

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Jeu 7 Avr - 10:13

La conversion : une totale remise en question


Le jeudi de la 2e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 5,27-33.
En ces jours-là, le commandant du Temple et son escorte, ayant amené les Apôtres, les présentèrent au Conseil suprême, et le grand prêtre les interrogea :
« Nous vous avions formellement interdit d’enseigner au nom de celui-là, et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement. Vous voulez donc faire retomber sur nous le sang de cet homme ! »
En réponse, Pierre et les Apôtres déclarèrent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.
Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le suspendant au bois du supplice.
C’est lui que Dieu, par sa main droite, a élevé, en faisant de lui le Prince et le Sauveur, pour accorder à Israël la conversion et le pardon des péchés.
Quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. »
Ceux qui les avaient entendus étaient exaspérés et projetaient de les supprimer.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,31-36.
En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous, il témoigne de ce qu’il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage.
Mais celui qui reçoit son témoignage certifie par là que Dieu est vrai.
En effet, celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, car Dieu lui donne l’Esprit sans mesure.
Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main.
Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire le Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. »



Cy Aelf, Paris


Les textes de la Liturgie de ce jour sont, pour tous et pour chacun d'entre nous, une nouvelle occasion de remise en question - afin revenir au temps de notre conversion. Oui, car ce que disent les lectures aujourd'hui, c'est bien : et toi, es-tu encore capable de témoigner ouvertement de ta foi ? Es-tu de nouveau tout disposé, comme au matin de ta conversion, d'entreprendre de tout changer intimement dans ta vie, afin d'être le témoin de Jésus-Christ devant tous ?

Notre prêtre nous a fait remarquer que le personnage de Nicodème apparaît dès le troisième chapitre de l’Évangile le de Jean. Cet homme se pose des questions et ses questions ne vont cesser de le poursuivre et de hanter sa conscience. La question qu'il pose : "Un homme peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître de nouveau ?" nous montre à quel point il est comme ligoté par sa raison, par les idées reçues, par son éducation et ses propres études.

Car la vérité est bien celle-ci : la conversion est un bouleversement complet - un changement dans l'être profond qui peut paraître dangereux, car tout à fait "vital" ! Jésus lui répond d'ailleurs qu'un homme qui est né de nouveau, qui est de l'Esprit, abandonne librement le contrôle de son existence pour devenir "comme le vent": on entendra le son qu'émet son passage, mais on ne saura plus dire ni d'où il vient, ni vers où il va. Et se laisser entraîner dans un tel bouleversement, est-ce bien raisonnable ! Non, ce n'est pas raisonnable - est-ce que l'on aime "raisonnablement" ? Bien sûr que non: aimer vraiment, c'est se jeter à l'eau lorsque l'on ne sait pas encore nager ! Jésus va plus loin encore quant il illustre son propos en disant : "A vin nouveau, outre neuve !".

Pour ma part, je peux témoigner qu'étant déjà catholique, j'étais pourtant loin de l'amour de Dieu au moment de ma conversion ! Je suis réellement tombé les genoux sur le sol, ce matin-là, et je n'ai pas arrêté de verser des larmes sur mon passé jusqu'au moment où la Joie m'a envahi tout entier. Après coup, il m'a fallu plus de cinq mois avant de reprendre mon activité professionnelle. Le regard n'était plus du tout le même, mes clients étaient tous "mon prochain", et pouvais-je encore traiter mon prochain avec astuce, en le manipulant comme une simple source de bénéfice ?

Rien, dans les textes, ne nous assure d'une conversion tardive de Nicodème... Quant aux autres juifs, qui ont déjà fait crucifier Jésus, en dépit même de l'étonnement devant le langage tenu par les apôtre ("D'où sortent-ils tout çà" !) , ils sont déjà prêts à mettre à mort les disciples, pour en être débarrassés une fois pour toutes. Mais plus le sang des martyrs a coulé, plus la foi s'est répandue dans le monde....

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Pearl
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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Jeu 7 Avr - 11:36

Troisième dimanche de Pâques C

Voyons comment ce très beau récit qui conclut l’évangile de saint Jean vient nous rejoindre aujourd’hui. Ils avaient repris les tâches de leur métier de pêcheur, ces 7 disciples. La résurrection doit se vivre dans notre vie ordinaire.

Mais cette vie est souvent marquée par des temps d’obscurité. Comme les apôtres, nous avons l’impression d’être dans la nuit de nos soucis et de nos problèmes. Nous naviguons bien souvent sur une « mer agitée », enveloppée de ténèbres hostiles.
C’est alors qu’il faut tourner notre regard vers celui qui est sur la « terre ferme » dans la clarté de l’aube. Jésus se trouve désormais sur l’autre rive. Il nous attend par-delà cette « traversée » qu’il vient d’accomplir. Il est là, sur la rive de l’éternité. Comme les apôtres, nous ne le reconnaissons pas.

Il y a pourtant une exception. Un des sept disciples, Jean l’intuitif et le contemplatif, a reconnu Jésus dans l’inconnu au bord du lac. Parce qu’il est « le disciple que Jésus aimait » et qu’il est le disciple qui aime Jésus. Reconnaître quelqu’un, c’est d’abord une affaire d’amour. Si tu cherches Jésus avec amour, il te rejoindra dans la délicatesse d’une rencontre cœur à cœur. Mais es-tu amoureux de Jésus ? Désires-tu le Seigneur-Amour aussi sauvagement que le plongeur désire aspirer de l’air quand il remonte du fond de l’eau ? Pour devenir un vrai chrétien, pour déployer toutes les richesses de son baptême, il faut aimer d’un désir profond le Ressuscité qui nous attend.

La prière est le premier signe que nous voulons vraiment rencontrer le Christ. La preuve qu’on aime quelqu’un, c’est qu’on est prêt à prendre du temps pour lui. Prier, c’est donner du temps pour nous laisser aimer par Dieu et le lui rendre un peu.

Quand ils débarquent, les disciples trouvent un repas tout préparé. Aujourd’hui toujours, la fraction et le partage du pain sont pour les chrétiens le signe privilégié de la présence du Ressuscité. Oui, Jésus est bien sur une autre rive, où il nous attend, pour nous partager une vie nouvelle dans la fraction du pain. Il faut beaucoup aimer pour le rencontrer dans l’intimité de l’eucharistie.

Mais aimer en vérité signifie aussi oser agir. Après l’intuition amoureuse du contemplatif, Jean, il y a l’engagement de l’homme d’action, Pierre. C’est lui qui amène jusqu’à terre le filet rempli de 153 poissons. Vivre la rencontre de Jésus dans la prière et dans l’eucharistie nous donne la force de le rencontrer dans l’amitié offerte, la solidarité et le service fraternels.

Et c’est à ce Pierre, si impétueux et si fragile, que Jésus confie ses propres pouvoirs. Il change ce marin pêcheur en berger. Maintenant qu’il n’est plus présent « en chair et en os », il confie à Pierre ses agneaux. Mais, extraordinaire délicatesse de Jésus, il ne parle pas à Pierre de sa lâcheté. Il lui demande seulement une triple déclaration d’amour. « M’aimes-tu ? »

Cette même question, Jésus te la pose à toi, aujourd’hui. La foi, c’est croire à cet amour que Jésus te porte et s’appuyer sur lui. Parfois, on commet des erreurs, on glisse sur le chemin trop rude, mais à tout moment la main de Jésus est là, tendue, pour nous ressaisir.

« M’aimes-tu ? » M’aimes-tu encore, m’aimes-tu assez ? Mais si tu m’aimes oublie tes infidélités comme je les oublie et viens et « suis-moi »
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« Tu es grand, Seigneur, et louable hautement… Tu nous as faits pour Toi et notre cœur est sans repos tant qu’il ne se repose pas en Toi » (saint Augustin).
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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Ven 8 Avr - 10:14

Une bonne oeuvre demeure toujours discrète

Le vendredi de la 2e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 5,34-42.
En ces jours-là, comme les Apôtres étaient en train de comparaître devant le Conseil suprême, intervint un pharisien nommé Gamaliel, docteur de la Loi, qui était honoré par tout le peuple. Il ordonna de les faire sortir un instant, puis il dit : « Vous, Israélites, prenez garde à ce que vous allez faire à ces gens-là. Il y a un certain temps, se leva Theudas qui prétendait être quelqu’un, et à qui se rallièrent quatre cents hommes environ ; il a été supprimé, et tous ses partisans ont été mis en déroute et réduits à rien. Après lui, à l’époque du recensement, se leva Judas le Galiléen qui a entraîné beaucoup de monde derrière lui. Il a péri lui aussi, et tous ses partisans ont été dispersés.
Eh bien, dans la circonstance présente, je vous le dis : ne vous occupez plus de ces gens-là, laissez-les. En effet, si leur résolution ou leur entreprise vient des hommes, elle tombera. Mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez pas les faire tomber. Ne risquez donc pas de vous trouver en guerre contre Dieu. » Les membres du Conseil se laissèrent convaincre; ils rappelèrent alors les Apôtres et, après les avoir fait fouetter, ils leur interdirent de parler au nom de Jésus, puis ils les relâchèrent. Quant à eux, quittant le Conseil suprême, ils repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus. Tous les jours, au Temple et dans leurs maisons, sans cesse, ils enseignaient et annonçaient la Bonne Nouvelle : le Christ, c’est Jésus.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,1-15.
En ce temps-là, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade. Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades. Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples. Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche. Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? » Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire. Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. »
Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! » Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient. Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. »  Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture. À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. » Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul.

Cy Aelf, Paris

Ces deux textes se rejoignent pour indiquer aux âmes sincères un chemin de vie dans lequel le témoignage véritable s'accompagne aussi d'une nécessaire prudence. On se rappelle dans l’Évangile selon saint Matthieu : "Matthieu 7:6 Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu’ils ne les foulent aux pieds, ne se retournent et ne vous déchirent". Le conseil donné par le pharisien Gamaliel au Conseil suprême - qui prétend juger séance tenante Pierre et ses compagnons - est d'une prudence qui nous concerne nous aussi. En effet, nous n'avons pas à juger des motivations profondes de personnes qui, d'une façon ou d'une autre, accomplissent des œuvres qui sont bonnes - et trouvées telles par la simple évidence. Qu'un athée fasse preuve de miséricorde en venant au secours d'un blessé, doit-il être mis à l'écart ?  Non, car il a bien agi.  Et en prolongeant dans cette voie:  il ne convient certes pas de flétrir une telle personne ainsi qu'on fait les juifs envers Pierre et ceux qu'on avait conduit au tribunal avec lui. Pourquoi les flageller avant de les libérer ?  C'est un aveu d'impuissance et un signe de méchanceté gratuité.

La nécessité de faire preuve de prudence se retrouve elle aussi dans l’Évangile de ce jour, car juste après avoir nourri la foule et fait ramasser les restes de ce fabuleux, Jésus ne va certes pas  - comme le feraient beaucoup d'hommes - s'appuyer sur sa notoriété toute neuve pour se faire reconnaître, mais il fait tout le contraire: Il se retire dans la montagne.

Notre prêtre a conclu ce matin en nous incitant à l'humilité dans les œuvres  bonnes que nous pouvons accomplir. En effet, l'intention qui nous a poussés à un geste de miséricorde ne vient pas de nous-mêmes.  Notre récompense, certes, nous l'obtiendrons - mais réfugions-nous discrètement dans la joie afin de demeurer tout entiers disponibles aux inspirations venues d'En-Haut ! Et que ces discrets mouvements de nos âmes nous établissent fermement dans la foi et l'espérance !

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Sam 9 Avr - 9:46

La relation à Dieu se vit en toute occasion

Le samedi de la 2e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 6,1-7.
En ces jours-là, comme le nombre des disciples augmentait, les frères de langue grecque récriminèrent contre ceux de langue hébraïque, parce que les veuves de leur groupe étaient désavantagées dans le service quotidien.
Les Douze convoquèrent alors l’ensemble des disciples et leur dirent : « Il n’est pas bon que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables. Cherchez plutôt, frères, sept d’entre vous, des hommes qui soient estimés de tous, remplis d’Esprit Saint et de sagesse, et nous les établirons dans cette charge. En ce qui nous concerne, nous resterons assidus à la prière et au service de la Parole. »
Ces propos plurent à tout le monde, et l’on choisit : Étienne, homme rempli de foi et d’Esprit Saint, Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, un converti au judaïsme, originaire d’Antioche.
On les présenta aux Apôtres, et après avoir prié, ils leur imposèrent les mains.
La parole de Dieu était féconde, le nombre des disciples se multipliait fortement à Jérusalem, et une grande foule de prêtres juifs parvenaient à l’obéissance de la foi
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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,16-21.
Le soir venu, les disciples de Jésus descendirent jusqu’à la mer. Ils s’embarquèrent pour gagner Capharnaüm, sur l’autre rive. C’était déjà les ténèbres, et Jésus n’avait pas encore rejoint les disciples. Un grand vent soufflait, et la mer était agitée.
Les disciples avaient ramé sur une distance de vingt-cinq ou trente stades (c’est-à-dire environ cinq mille mètres), lorsqu’ils virent Jésus qui marchait sur la mer et se rapprochait de la barque. Alors, ils furent saisis de peur. Mais il leur dit : « C’est moi. N’ayez plus peur. »
Les disciples voulaient le prendre dans la barque ; aussitôt, la barque toucha terre là où ils se rendaient.



Cy Aelf, Paris

Les lectures de ce samedi nous montrent le Seigneur présent parmi les hommes, mais non pas comme un chef qui publierait des directives pour l'organisation et le bon fonctionnement d'une entreprise. C'est par son esprit qu'il est présent, non pas seulement pour l'efficacité mais pour que chacune et chacun s'accomplissent dans leurs cheminements personnels. C'est ainsi qu'apparaît dans le récit le disciple Étienne qui sera aussi le premier martyr. Sa propre expérience manifeste, dès le commencement de la communauté chrétienne, que la sanctification d'une âme peut très bien s'accomplir dans l'anonymat le plus complet et pas seulement dans le témoignage suprême du martyre.

Ce qui nous paraît extraordinaire sur le plan humain est en réalité très simple sur le plan divin - cependant, sans le consentement humain, de chacune et chacun d'entre nous, rien ne serait possible. L'épisode des disciples rassemblés dans la barque, qui luttent longuement contre les éléments contraires, finit pourtant par nous convaincre, pour peu que nous ayons foi, que le Seigneur est bien présent à chacune de nos activités quotidiennes.

Cette présence de Jésus, voilée mais réelle, doit nous remplir de confiance. Il nous faut simplement apprendre à exercer en nous l'attitude de la veille. Tandis que les vagues secouent notre barque, mais aussi quand un vent contraire risque de nous faire retomber dans l'incrédulité, il nous appartient de faire preuve de courage et de confiance. En réalité, la meilleure des prières, dans de telles circonstances (qui ne sont pas extraordinaires), c'est l'attitude de confiance et d'abandon.

Cette année, nous fêtons la Miséricorde divine. Eh bien, le message de la miséricorde divine est passé par une toute simple religieuse, qui n'avait guère fait de longues études et dont la présence, au sein même de sa communauté, ne laissait rien apparaître de ce qui - cependant, s'accomplissait dans l'adhésion complète à la volonté divine. Avec sainte Faustine, je répète aujourd'hui ces mots que nous avons parfois si difficiles à prononcer : "Jésus, j'ai confiance en Toi"...

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Lun 11 Avr - 10:24

Le témoignage d'Etienne


Le lundi de la 3e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 6,8-15.
En ces jours-là, Étienne, rempli de la grâce et de la puissance de Dieu, accomplissait parmi le peuple des prodiges et des signes éclatants. Intervinrent alors certaines gens de la synagogue dite des Affranchis, ainsi que des Cyrénéens et des Alexandrins, et aussi des gens originaires de Cilicie et de la province d’Asie. Ils se mirent à discuter avec Étienne, mais sans pouvoir résister à la sagesse et à l’Esprit qui le faisaient parler.  Alors ils soudoyèrent des hommes pour qu’ils disent : « Nous l’avons entendu prononcer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu. » Ils ameutèrent le peuple, les anciens et les scribes, et, s’étant saisis d’Étienne à l’improviste, ils l’amenèrent devant le Conseil suprême. Ils produisirent de faux témoins, qui disaient : « Cet individu ne cesse de proférer des paroles contre le Lieu saint et contre la Loi.
Nous l’avons entendu affirmer que ce Jésus, le Nazaréen, détruirait le Lieu saint et changerait les coutumes que Moïse nous a transmises. » Tous ceux qui siégeaient au Conseil suprême avaient les yeux fixés sur Étienne, et ils virent que son visage était comme celui d’un ange.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,22-29.
Jésus avait rassasié cinq mille hommes, et ses disciples l’avaient vu marcher sur la mer. Le lendemain, la foule restée sur l’autre rive se rendit compte qu’il n’y avait eu là qu’une seule barque, et que Jésus n’y était pas monté avec ses disciples, qui étaient partis sans lui.
Cependant, d’autres barques, venant de Tibériade, étaient arrivées près de l’endroit où l’on avait mangé le pain après que le Seigneur eut rendu grâce.
Quand la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples, les gens montèrent dans les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus.
L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés.
Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. » Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? »
Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »


Cy Aelf, Paris

L'exemple donné par Etienne est important, au premier chef, parce qu'il manifeste comment un homme, que la faveur divine a touché, peut très rapidement devenir saint et accomplir des signes de la présence divine - exactement comme les douze en accomplissaient.  Mais en ce qu concerne Etienne, ce débordement de la grâce le conduira très rapidement à donner sa vie à l'image du Maître qu'il adore. Le martyre, que vivront la plupart des premiers disciples de Jésus, Etienne l'accomplira sans avoir un instant mesuré ses paroles:  mais il était prêt car il accomplissait des signes et des prodiges - dit le texte - qui ne pouvaient que le conduire rapidement au témoignage suprême.

Tout cela échappe à notre logique et c'est très bien ainsi, car la logique joue souvent pour faire de nous des sceptiques.  Face à des signes éclatants, peut très bien correspondre chez les hommes des rejets massifs, sans nuance, lesquels aboutissent en actes de violence : tuer est certes la manière la plus radicale de manifester son désaccord !

Jésus a été confronté plusieurs fois à ces formes de crise d'incrédulité. Certains ont voulu s'emparer de lui pour le proclamer roi, d'autres l'ont fait passer en jugement et crucifié, d'autres encore l'ont poursuivi - comme dans l’Évangile du jour - parce qu'ils considèrent que comme un extraordinaire fournisseur de pains !   Mais  en réalité, tous les signes donnés aux hommes, le sont afin de les conduire à la foi. Le signe suprême est le martyre, et avec Etienne, le temps des martyrs va commencer d'éroder peu à peu la logique strictement humaine.

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mar 12 Avr - 10:46

Joie suprême devant les cieux ouverts

Le mardi de la 3e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 7,51-60.8,1a.
En ces jours-là, Étienne disait au peuple, aux anciens et aux scribes : « Vous qui avez la nuque raide, vous dont le cœur et les oreilles sont fermés à l’Alliance, depuis toujours vous résistez à l’Esprit Saint ; vous êtes bien comme vos pères ! Y a-t-il un prophète que vos pères n’aient pas persécuté ? Ils ont même tué ceux qui annonçaient d’avance la venue du Juste, celui-là que maintenant vous venez de livrer et d’assassiner. Vous qui aviez reçu la loi sur ordre des anges, vous ne l’avez pas observée. »
Ceux qui écoutaient ce discours avaient le cœur exaspéré et grinçaient des dents contre Étienne.

Mais lui, rempli de l’Esprit Saint, fixait le ciel du regard : il vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. Il déclara : « Voici que je contemple les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. »

Alors ils poussèrent de grands cris et se bouchèrent les oreilles. Tous ensemble, ils se précipitèrent sur lui, l’entraînèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. Étienne, pendant qu’on le lapidait, priait ainsi : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » Puis, se mettant à genoux, il s’écria d’une voix forte : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché. » Et, après cette parole, il s’endormit dans la mort. Quant à Saul, il approuvait ce meurtre.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,30-35.
En ce temps-là, la foule dit à Jésus : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ? Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »  Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. »
Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »



J'ai lu et relu, plusieurs fois, durant des années, le récit de la mort d'Etienne. Mais jusqu'à ce matin,   je n'avais pas été plus loin que de choisir mon second prénom (Etienne) comme "nom de plume" pour
signer mes partages.  Mais comment est-il possible que j'en sois toujours, jusqu'à ce matin, demeuré à la considération qu'adopter mon second prénom comme "nom de plume".  C'est incroyable, à mes propres yeux, de constater combien j'ai pu être assez inattentif pour en demeurer à cette homonymie !  Mais ce matin, enfin, tandis que notre prêtre s'était lancé dans une longue explication sur la place des diacres dans l'Eglise, de mon côté, tout d'un j'ai eu cette révélation: saint Etienne est mort non en souffrant, mais en étant envahi, submergé et enlevé par sa joie !

Pour ma part, je suis loin d'avoir à me plaindre d'avoir subi une grande persécution après ma conversion de 1985. Comme je l'ai écrit ici et là, à mon réveil ce matin-là, j'avais tourné mon regard  vers le crucifix oublié dans ma chambre d'ancien étudiant.  Il y était resté, il m'avait attendu et ce jour là, parce que j'avais résolu, la veille, de ne plus rien faire d'autre que rechercher la vérité sur l'homme et sa destinée... ce crucifix n'était plus le même.  La tête de Jésus n'était plus penchée dans l'abandon de la mort, mais elle était relevée, elle était toute droite et me regardait !  Et sans qu'aucun discours m'eût été adressé, j'ai saisi que le Christ me montrait qu'au Golgotha, c'était bien pour moi - pour moi aussi - qu'Il avait donné sa vie !  En effet, j'avais difficile (avec ma seule raison) de passer ce cap-là ! Mais cette expérience de conversion avait changé ma vie.

Pourquoi en reparler aujourd'hui ?

C'est du fait qu'après cette expérience et durant plusieurs jours, j'ai désiré mourir.

La vision de ce matin-là m'avait gonflé le cœur d'une joie d'une telle puissance que, réellement, je n'avais plus besoin de continuer ma marche ici-bas.  Oui, vraiment, la joie l'emportait sur tout le reste, tellement que j'aurais voulu mourir, à l'instant ! Et ce désir a perduré plusieurs mois.

Eh bien, tout ceci pour conclure  que, j'en suis sûr, c'est dans une joie extraordinaire, fabuleuse, une joie inexprimable et "inextinguible", que saint Etienne est mort. D'autres martyrs après lui sont morts dans une joie inconcevable et pour en terminer ce matin, je voudrais citer ce passage du martyre de saint Laurent :

... le préfet entra en fureur, et, croyant intimider le saint diacre, il lui dit que les tortures qu'il aurait à souffrir seraient prolongées et que sa mort ne serait qu'une lente et terrible agonie. Alors ayant ordonné qu'on dépouillât Laurent de ses habits, il le fit d'abord déchirer à coups de fouet, puis étendre et attacher sur un lit de fer en forme de gril, de manière que les charbons placés au-dessous et à demi allumés ne devaient consumer sa chair que peu à peu. Au milieu de ses horribles tourments, le saint martyr, sans faire entendre une plainte, pria pour l'église de Rome. Quand il eut un côté tout brûlé, il dit au juge : "Je suis assez rôti de ce côté, faites-moi rôtir de l'autre." Bientôt, les yeux au Ciel, il rendit l'âme."

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