La Chapelle de la Sainte-Famille

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 Meditations et Homelies

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etienne lorant

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mer 13 Avr - 9:51

La Joie, compagne de la foi mûre


Le mercredi de la 3e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 8,1b-8.
Le jour de la mort d’Étienne, éclata une violente persécution contre l’Église de Jérusalem. Tous se dispersèrent dans les campagnes de Judée et de Samarie, à l’exception des Apôtres. Des hommes religieux ensevelirent Étienne et célébrèrent pour lui un grand deuil.
Quant à Saul, il ravageait l’Église, il pénétrait dans les maisons, pour en arracher hommes et femmes, et les jeter en prison.
Ceux qui s’étaient dispersés annonçaient la Bonne Nouvelle de la Parole là où ils passaient.
C’est ainsi que Philippe, l’un des Sept, arriva dans une ville de Samarie, et là il proclamait le Christ.
Les foules, d’un même cœur, s’attachaient à ce que disait Philippe, car elles entendaient parler des signes qu’il accomplissait, ou même les voyaient. Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs, qui sortaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris.
Et il y eut dans cette ville une grande joie.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,35-40.
En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif.
Mais je vous l’ai déjà dit : vous avez vu, et pourtant vous ne croyez pas.  Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors.
Car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé.
Or, telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour.
Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
»


Cy Aelf, Paris

C'est le zèle de Saul, zèle excessif, qui l'emporte au-delà du raisonnable qui le fera tomber afin de se relever converti.  Et le zèle qui l'aura fait brûler de haine envers les premiers chrétiens, le consumera d'amour envers Jésus.

Ce type d'homme, Dieu les aime d'un amour particulier, car ils se trompent d'ennemis, tout en étant sincères, sans mélange dans le cœur. En ce sens, Saul ressemble beaucoup à Pierre, prompt à manifester sa foi avec fougue - ce qui ne l'empêchera pas de renier trois fois son Maître....  Cela signifie, plus largement, que le Seigneur prend chaque homme tel qu'il est sans forcer sa nature - ce qui est très réconfortant.

Ainsi, l'oeuvre que le Seigneur accomplit parmi nous, ne tient plus du tout du jugement, mais du salut gratuit. Dans  l'ancienne alliance, la Loi, qu'il fallait appliquer jusque dans  le moindre petit précepte, avait conduit les hommes à manipuler et abuser des règles pour un profit égoïste. Mais "à vin nouveau, outres neuves !" - et c'est la conversion qui produit cela.

Notre prêtre, ce matin, a insisté sur la nécessité de franchir, en nous-mêmes, le pas de la simple obéissance et de découvrir la joie du don. Car le meilleur indice d'une foi mûre est la Joie qui déride et délivre du souci -et cette joie intérieure, cette "jubilation" est véritablement la compagne de la foi mûre.

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etienne lorant

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Jeu 14 Avr - 10:38

Le Seigneur est Présent

Le jeudi de la 3e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 8,26-40.
En ces jours-là, l’ange du Seigneur adressa la parole à Philippe en disant : « Mets-toi en marche en direction du sud, prends la route qui descend de Jérusalem à Gaza ; elle est déserte. » Et Philippe se mit en marche. Or, un Éthiopien, un eunuque, haut fonctionnaire de Candace, la reine d’Éthiopie, et administrateur de tous ses trésors, était venu à Jérusalem pour adorer. Il en revenait, assis sur son char, et lisait le prophète Isaïe. L’Esprit dit à Philippe : « Approche, et rejoins ce char. »
Philippe se mit à courir, et il entendit l’homme qui lisait le prophète Isaïe ; alors il lui demanda : « Comprends-tu ce que tu lis ? » L’autre lui répondit : « Et comment le pourrais-je s’il n’y a personne pour me guider ? » Il invita donc Philippe à monter et à s’asseoir à côté de lui. Le passage de l’Écriture qu’il lisait était celui-ci : Comme une brebis, il fut conduit à l’abattoir ; comme un agneau muet devant le tondeur, il n’ouvre pas la bouche. Dans son humiliation, il n’a pas obtenu justice. Sa descendance, qui en parlera ? Car sa vie est retranchée de la terre. Prenant la parole, l’eunuque dit à Philippe : « Dis-moi, je te prie : de qui le prophète parle-t-il ? De lui-même, ou bien d’un autre ? »
Alors Philippe prit la parole et, à partir de ce passage de l’Écriture, il lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus. Comme ils poursuivaient leur route, ils arrivèrent à un point d’eau, et l’eunuque dit : « Voici de l’eau : qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? » […] Il fit arrêter le char, ils descendirent dans l’eau tous les deux, et Philippe baptisa l’eunuque. Quand ils furent remontés de l’eau, l’Esprit du Seigneur emporta Philippe ; l’eunuque ne le voyait plus, mais il poursuivait sa route, tout joyeux.
Philippe se retrouva dans la ville d’Ashdod, il annonçait la Bonne Nouvelle dans toutes les villes où il passait jusqu’à son arrivée à Césarée.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,44-51.
En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père.
Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit. Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »


Cy Aelf, Paris

Les textes de ce matin m'ont rappelé ces étranges "distorsions", dans l'écoulement du temps, que j'ai pu percevoir en l'une ou l'autre occasion. Je me suis souvenu du jour où toutes les chaînes de radio déconseillaient de prendre la route. Mais désireux d'être fidèle à mon eucharistie matinale, je m'étais mis en route malgré tout. Or, plutôt que de parvenir en retard à ma destination, il m'a semblé que j'y étais parvenu plus tôt ! Ou bien était-ce st-ce que tous les autres avaient pris du retard ? En une autre occasion, je me suis rendu à une boutique un jour férié et, contre toute logique, je suis entré et j'ai été servi, sans que le patron ni moi n’ayons échangé la moindre remarque. Bref, je ne me pose plus la question de savoir si l'espace et temps peuvent réserver quelques surprises !

Tout le récit des Actes des Apôtres confirme que le Seigneur est bien présent à chacune et chacun d'entre nous, quoi que nous puissions vivre, et c'est très réconfortant, cela "réjouit" notre foi. Et lorsque Jésus nous parle du "dernier jour", est-il sensé de se rapporter d'office à la fin du monde, à l'Apocalypse ? "Qui mange de ce pain vivra éternellement", dit le Seigneur dans l’Évangile Eh bien, ce matin, à l'énoncé de cette Parole, avons-nous conscience de vivre déjà l'éternité promise ? Aujourd'hui, au moment de communier j'ai ressenti que, oui, effectivement, l'amour que Jésus nous porte, possède bien cette capacitnous projette littéralement dans l'éternité - et quelle joie !


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etienne lorant

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Ven 15 Avr - 10:55

Veille attentive à la parole de Dieu

Le vendredi de la 3e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 9,1-20.
En ces jours-là, Saul était toujours animé d’une rage meurtrière contre les disciples du Seigneur. Il alla trouver le grand prêtre et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s’il trouvait des hommes et des femmes qui suivaient le Chemin du Seigneur, il les amène enchaînés à Jérusalem. Comme il était en route et approchait de Damas, soudain une lumière venant du ciel l’enveloppa de sa clarté. Il fut précipité à terre ; il entendit une voix qui lui disait : « Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? » Il demanda : « Qui es-tu, Seigneur ? » La voix répondit : « Je suis Jésus, celui que tu persécutes. Relève-toi et entre dans la ville : on te dira ce que tu dois faire. » Ses compagnons de route s’étaient arrêtés, muets de stupeur : ils entendaient la voix, mais ils ne voyaient personne. Saul se releva de terre et, bien qu’il eût les yeux ouverts, il ne voyait rien. Ils le prirent par la main pour le faire entrer à Damas.Pendant trois jours, il fut privé de la vue et il resta sans manger ni boire. Or, il y avait à Damas un disciple nommé Ananie. Dans une vision, le Seigneur lui dit : « Ananie ! » Il répondit : « Me voici, Seigneur. » Le Seigneur reprit : « Lève-toi, va dans la rue appelée rue Droite, chez Jude : tu demanderas un homme de Tarse nommé Saul. Il est en prière, et il a eu cette vision : un homme, du nom d’Ananie, entrait et lui imposait les mains pour lui rendre la vue. » Ananie répondit : « Seigneur, j’ai beaucoup entendu parler de cet homme, et de tout le mal qu’il a fait subir à tes fidèles à Jérusalem. Il est ici, après avoir reçu de la part des grands prêtres le pouvoir d’enchaîner tous ceux qui invoquent ton nom. » Mais le Seigneur lui dit : « Va ! Car cet homme est l’instrument que j’ai choisi pour faire parvenir mon nom auprès des nations, des rois et des fils d’Israël. Et moi, je lui montrerai tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon nom. » Ananie partit donc et entra dans la maison. Il imposa les mains à Saul, en disant : « Saul, mon frère, celui qui m’a envoyé, c’est le Seigneur, c’est Jésus qui t’est apparu sur le chemin par lequel tu venais. Ainsi, tu vas retrouver la vue, et tu seras rempli d’Esprit Saint. »
Aussitôt tombèrent de ses yeux comme des écailles, et il retrouva la vue. Il se leva, puis il fut baptisé. Alors il prit de la nourriture et les forces lui revinrent. Il passa quelques jours à Damas avec les disciples
et, sans plus attendre, il proclamait Jésus dans les synagogues, affirmant que celui-ci est le Fils de Dieu.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,52-59.
En ce temps-là, les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui.De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi.
Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. » Voilà ce que Jésus a dit, alors qu’il enseignait à la synagogue de Capharnaüm.


Cy Aelf, Paris

La manière dont le Seigneur agit envers les hommes et les femmes qu'Il se choisit ne doit pas nous étonner. Et de la même façon, nous n'avons pas à rechercher, pour nous-mêmes, des manifestations "surnaturelles". Cependant, sans rechercher une définition du surnaturel, il est très simple de comprendre que le surnaturel est seulement un élément spirituel qui vient, momentanément, s'ajouter au naturel.

Faut-il un exemple ? Notre prêtre nous a longuement parlé du "Défenseur", qui agit par la bouche du croyant dans un moment précis, afin de résoudre une difficulté, un problème ou pour répondre à une accusation. Jeanne d'Arc, tout au long de son procès, donnait des réponses fulgurantes qui ne cessaient de désarçonner ses juges. On se souvient bien sûr de :

- "Jeanne, êtes-vous en état de grâce ?"
- "Si j'y suis, Dieu m'y garde ! Si je n'y suis pas, Dieu m'y mette !"
Et moi, devant un policier qui voulait me faire avouer quelque chose que je n'avais pas fait :
- " N'est-il pas écrit dans votre livre: "Faute avouée à moitié pardonnée". Mais sans avoir eu le temps de réfléchir, la réponse a fusé de ma bouche :
- "Ce que vous venez de dire, c'est un proverbe ! Mais ce que que dit
le livre, c'est "La vérité vous rendra libre - et puisque j'ai énoncé la vérité, je suis libre et je rentre chez moi
". Personne ne m'a retenu.

Ce qui compte, avec ou non intervention du surnaturel, c'est toujours que s'accomplisse la volonté de Dieu. Voici qui illustre les interventions du Seigneur auprès de Paul et d'Ananie.

Quant aux paroles données par Jésus à la synagogue de Capharnaüm, elles étaient volontairement choquantes mais elles devaient l'être afin de frapper les esprits d'une telle façon que tous s'en souviennent et établissent le lien, le moment venu, avec l'instauration de l'Eucharistie.

Jésus est toujours à l’œuvre dans nos vie, par les sacrements, par sa Parole, par les incitations à la prière, à un geste de miséricorde, à l'écoute patiente des personnes qui souffrent - et la bonne attitude est celle d'Ananie : "Me voici, Seigneur" .

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etienne lorant

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Sam 16 Avr - 10:03

Grandir dans la foi ou risquer de la perdre

Le samedi de la 3e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 9,31-42.
L’Église était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie ; elle se construisait et elle marchait dans la crainte du Seigneur; réconfortée par l’Esprit Saint, elle se multipliait.
Or, il arriva que Pierre, parcourant tout le pays, se rendit aussi chez les fidèles qui habitaient Lod. Il y trouva un homme du nom d’Énéas, alité depuis huit ans parce qu’il était paralysé. Pierre lui dit : « Énéas, Jésus Christ te guérit, lève-toi et fais ton lit toi-même. » Et aussitôt il se leva.
Alors tous les habitants de Lod et de la plaine de Sarone purent le voir, et ils se convertirent en se tournant vers le Seigneur. Il y avait aussi à Jaffa une femme disciple du Seigneur, nommée Tabitha, ce qui se traduit : Dorcas (c’est-à-dire : Gazelle). Elle était riche des bonnes œuvres et des aumônes qu’elle faisait. Or, il arriva en ces jours-là qu’elle tomba malade et qu’elle mourut. Après la toilette funèbre, on la déposa dans la chambre haute. Comme Lod est près de Jaffa, les disciples, apprenant que Pierre s’y trouvait, lui envoyèrent deux hommes avec cet appel : « Viens chez nous sans tarder. »
Pierre se mit en route avec eux. À son arrivée on le fit monter à la chambre haute. Toutes les veuves en larmes s’approchèrent de lui ; elles lui montraient les tuniques et les manteaux confectionnés par Dorcas quand celle-ci était avec elles. Pierre mit tout le monde dehors ; il se mit à genoux et pria ; puis il se tourna vers le corps, et il dit : « Tabitha, lève-toi ! » Elle ouvrit les yeux et, voyant Pierre, elle se redressa et s’assit. Pierre, lui donnant la main, la fit lever. Puis il appela les fidèles et les veuves et la leur présenta vivante.La chose fut connue dans toute la ville de Jaffa, et beaucoup crurent au Seigneur.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,60-69.
En ce temps-là, Jésus avait donné un enseignement dans la synagogue de Capharnaüm. Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? » Jésus savait en lui-même que ses disciples récriminaient à son sujet. Il leur dit : « Cela vous scandalise ? Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant !... C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. »
Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait. Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. » À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner.
Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »
Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu.
»


Cy Aelf, Paris


Pierre accomplit envers Dorcas une œuvre qui manifeste combien la foi est source de vie pour celles et ceux qui croient et, plus encore, qu'elle aboutit à à la résurrection promise. Sur ce point, combien d'entre les hommes hésitent toujours à croire !

Mais il y a pire. "De notre temps, a ajouté notre prêtre, les chrétiens voient leur foi battue en brèche par les autorités laïques qui instaurent des pratiques tout à fait contraires aux Vivants que nous sommes. Après l'avortement ont suivi l'euthanasie, le suicide assisté, les manipulations génétiques, le changement de sexe, la théorie du genre et toutes sortes d'inventions qui, autrefois, eurent été traitées comme autant de diableries. Il ne faut s'y tromper: il s'agit bien de nouvelles persécutions - on ne blesse plus les corps, mais on réduit les chrétiens à n'être que des esprits superstitieux, retardataires, inadaptés. C'est bien une forme de persécution "au nom de la liberté".

Après avoir parlé ainsi, le prêtre a directement cité l'Evangile : "C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien." Et si quelqu'un parmi les fidèles n'a pas vraiment saisi que c'est l'esprit qui donne la vie et qui fait vivre jusque dans l'éternité... alors ce croyant se mettra à douter et, sans le secours de l’Église, il se détournera de la foi pour adhérer à rien de plus qu'une culture de mort - laquelle passera à son tour.

Aujourd'hui comme du temps de Jésus, il y a dans l’Église elle-même, des âmes qui se laisseront séduire au point de renier la foi. Demeurons donc dans la foi par une pratique qui ne se limite pas à la messe du dimanche, mais qui transforme notre vie de chaque jour. Gardons la foi contre l'incrédulité, l'espérance devant la barbarie et la charité qui manifeste la miséricorde divine...

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etienne lorant

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Lun 18 Avr - 10:51

Le dessein de Dieu toujours en accomplissement


Le lundi de la 4e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 11,1-18.
En ces jours-là, les Apôtres et les frères qui étaient en Judée avaient appris que les nations, elles aussi, avaient reçu la parole de Dieu. Lorsque Pierre fut de retour à Jérusalem, ceux qui étaient juifs d’origine le prirent à partie, en disant : « Tu es entré chez des hommes qui ne sont pas circoncis, et tu as mangé avec eux ! » Alors Pierre reprit l’affaire depuis le commencement et leur exposa tout dans l’ordre, en disant : « J’étais dans la ville de Jaffa, en train de prier, et voici la vision que j’ai eue dans une extase : c’était un objet qui descendait. On aurait dit une grande toile tenue aux quatre coins ; venant du ciel, elle se posa près de moi. Fixant les yeux sur elle, je l’examinai et je vis les quadrupèdes de la terre, les bêtes sauvages, les reptiles et les oiseaux du ciel. J’entendis une voix qui me disait : “Debout, Pierre, offre-les en sacrifice, et mange !” Je répondis : “Certainement pas, Seigneur ! Jamais aucun aliment interdit ou impur n’est entré dans ma bouche.” Une deuxième fois, du haut du ciel la voix répondit : “Ce que Dieu a déclaré pur, toi, ne le déclare pas interdit.”
Cela se produisit par trois fois, puis tout fut remonté au ciel. Et voici qu’à l’instant même, devant la maison où j’étais, survinrent trois hommes qui m’étaient envoyés de Césarée. L’Esprit me dit d’aller avec eux sans hésiter. Les six frères qui sont ici m’ont accompagné, et nous sommes entrés chez le centurion Corneille. Il nous raconta comment il avait vu l’ange se tenir dans sa maison et dire : “Envoie quelqu’un à Jaffa pour chercher Simon surnommé Pierre. Celui-ci t’adressera des paroles par lesquelles tu seras sauvé, toi et toute ta maison.” Au moment où je prenais la parole, l’Esprit Saint descendit sur ceux qui étaient là, comme il était descendu sur nous au commencement. Alors je me suis rappelé la parole que le Seigneur avait dite : “Jean a baptisé avec l’eau, mais vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés.” Et si Dieu leur a fait le même don qu’à nous, parce qu’ils ont cru au Seigneur Jésus Christ, qui étais-je, moi, pour empêcher l’action de Dieu ? »
En entendant ces paroles, ils se calmèrent et ils rendirent gloire à Dieu, en disant : « Ainsi donc, même aux nations, Dieu a donné la conversion qui fait entrer dans la vie ! »



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 10,1-10.
En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis.
Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. » Jésus employa cette image pour s’adresser à eux, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait.
C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis.
Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance.
»


Cy Aelf, Paris

A l'époque où Jésus est venu partager dans son corps la vie des hommes, les seuls animaux familiers étaient les brebis. Certes pas les chiens, que l'on chassait, ni les chats dont on savait, bien sûr, que les Égyptiens les considéraient comme sacrés ! D'une manière générale, les viandes nommées dans la Bible sont le bœuf, le veau, le mouton, la chèvre, et la volaille. Du temps du roi David, on voyait figurer dans un repas : le froment, l'orge, le grain rôti, le pain, le vin, les fèves, les lentilles, l'huile d'olive, le bœuf, le mouton, le chevreau, le miel, le lait, le fromage, le raisin, la figue et les fruits secs. Les poissons péchés par Pierre faisaient partie des mets les plus communs sur les bords du lac de Tibériade, avec le pain et les œufs.

Dans ce contexte, on comprend mieux l'histoire rapportée dans les Actes des Apôtres. Personne parmi nous ne s'étonne plus qu'en Asie, les constituent des hosties à partir de riz plutôt que de blé ! Mais à l’époque de la première évangélisation, les petites révolutions suivaient logiquement la révélation au monde de Jésus-Christ, fils de Dieu.

Et l'on comprend d'autant mieux que Jésus se désigne comme berger et pasteur de son troupeau. Cependant, même sur le moment, en écoutant la parabole du bon pasteur, il est écrit que Jésus employa cette image pour s’adresser à eux, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait !
La conclusion principale des lectures d'aujourd'hui, c'est bien que, sans le Seigneur parmi nous, sans une dévotion docile et concrète, nous sommes tout autant que Pierre autrefois, déroutés par les desseins de Dieu sur nous. Mais ce dont nous sommes certains, c'est que la Miséricorde divine est à l'oeuvre, hier, maintenant, demain et jusqu'à la fin du monde, afin que nous ayons la Vie en abondance !


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Marthe

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Lun 18 Avr - 17:50

La miséricorde, atout cœur dans le jeu de Dieu
Pour ceux qui y étaient et ne rêvent que de le ré-entendre. Pour tous ceux qui, comme nous, n'ont pas pu être présents ce soir-là à Saint-Sulpice, voici l'enseignement donné par le Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine il y a quelques jours. A méditer sans modération !


Paula Corbulon
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2016/04/la-mis%C3%A9ricorde-atout-c%C5%93ur-dans-le-jeu-de-dieu.html

_________________


"Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos.Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau, léger.» (Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,28-30)

"Pater dimitte illis non enim sciunt quid faciunt"
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etienne lorant

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mar 19 Avr - 10:33

Le nouveau temple : celui de notre âme


Le mardi de la 4e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 11,19-26.
En ces jours-là, les frères dispersés par la tourmente qui se produisit lors de l’affaire d’Étienne allèrent jusqu’en Phénicie, puis à Chypre et Antioche, sans annoncer la Parole à personne d’autre qu’aux Juifs. Parmi eux, il y en avait qui étaient originaires de Chypre et de Cyrène, et qui, en arrivant à Antioche, s’adressaient aussi aux gens de langue grecque pour leur annoncer la Bonne Nouvelle : Jésus est le Seigneur.
La main du Seigneur était avec eux : un grand nombre de gens devinrent croyants et se tournèrent vers le Seigneur.
La nouvelle parvint aux oreilles de l’Église de Jérusalem, et l’on envoya Barnabé jusqu’à Antioche.
À son arrivée, voyant la grâce de Dieu à l’œuvre, il fut dans la joie. Il les exhortait tous à rester d’un cœur ferme attachés au Seigneur.
C’était en effet un homme de bien, rempli d’Esprit Saint et de foi. Une foule considérable s’attacha au Seigneur.
Barnabé partit alors à Tarse chercher Saul.
L’ayant trouvé, il l’amena à Antioche. Pendant toute une année, ils participèrent aux assemblées de l’Église, ils instruisirent une foule considérable. Et c’est à Antioche que, pour la première fois, les disciples reçurent le nom de « chrétiens ».



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 10,22-30.
On célébrait la fête de la dédicace du Temple à Jérusalem. C’était l’hiver. Jésus allait et venait dans le Temple, sous la colonnade de Salomon. Les Juifs firent cercle autour de lui ; ils lui disaient : « Combien de temps vas-tu nous tenir en haleine ?
Si c’est toi le Christ, dis-le nous ouvertement ! »
Jésus leur répondit : « Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais, moi, au nom de mon Père, voilà ce qui me rend témoignage.Mais vous, vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main.
Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père.
Le Père et moi, nous sommes UN. »


Cy Aelf, Paris

Les juifs qui s'adressent à Jésus éprouvent toujours de très grandes difficultés pour assimiler comment Jésus peut être, tout à la fois, l'agneau pur et sans défaut du sacrifice, mais aussi le bouc émissaire, sur qui l'on fait reposer toutes les fautes du peuple afin de le faire périr.

Et pourtant, avec l'image de l'agneau "pur et sans défaut" immolé la veille de la sortie d’Égypte, mais aussi - plus ancienne encore et plus célèbre chez eux - l'affaire du sacrifice d'Isaac demandé à Abraham, source unique de toute la génération ... une telle incompréhension tient de l'idéologie, de l’idolâtrie et même de l’athéisme.

La mort et la résurrection de Jésus ont fait éclater littéralement le m ode de croyance en la divinité. Le Seigneur étant perpétuellement à l’œuvre en ses disciples - par le secours de l'Esprit Saint, il est clair que le temple de Jérusalem n'avait plus de raison d'être ... sauf au titre de musée ? Il sera détruit par les Romains comme l'avait annoncé Jésus. Et de nos jours encore, il n'a pas été reconstruit.

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mer 20 Avr - 15:09

Nous tous, apôtres !


Le mercredi de la 4e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 12,24-25.13,1-5.
En ces jours-là, la parole de Dieu était féconde et se multipliait.
Barnabé et Saul, une fois leur service accompli en faveur de Jérusalem, s’en retournèrent à Antioche, en prenant avec eux Jean surnommé Marc. Or il y avait dans l’Église qui était à Antioche des prophètes et des hommes chargés d’enseigner : Barnabé, Syméon appelé Le Noir, Lucius de Cyrène, Manahène, compagnon d’enfance d’Hérode le Tétrarque, et Saul. Un jour qu’ils célébraient le culte du Seigneur et qu’ils jeûnaient, l’Esprit Saint leur dit : « Mettez à part pour moi Barnabé et Saul en vue de l’œuvre à laquelle je les ai appelés. »
Alors, après avoir jeûné et prié, et leur avoir imposé les mains, ils les laissèrent partir. Eux donc, envoyés par le Saint-Esprit, descendirent à Séleucie et de là s’embarquèrent pour Chypre ; arrivés à Salamine, ils annonçaient la parole de Dieu dans les synagogues des Juifs. Ils avaient Jean-Marc comme auxiliaire.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 12,44-50.
En ce temps-là, Jésus s’écria : « Celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en Celui qui m’a envoyé ; et celui qui me voit voit Celui qui m’a envoyé.
Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres.
Si quelqu’un entend mes paroles et n’y reste pas fidèle, moi, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver.
Celui qui me rejette et n’accueille pas mes paroles aura, pour le juger, la parole que j’ai prononcée : c’est elle qui le jugera au dernier jour.
Car ce n’est pas de ma propre initiative que j’ai parlé : le Père lui-même, qui m’a envoyé, m’a donné son commandement sur ce que je dois dire et déclarer ;et je sais que son commandement est vie éternelle. Donc, ce que je déclare, je le déclare comme le Père me l’a dit. »



Cy Aelf, Paris

Il est écrit que Jésus s'écria.  Et il fallait bien qu'il s'écrie,  car certaines vérités doivent jaillir et marquer profondément les esprits de ceux qui écoutent. Et que dit-il ?  Ce que nous entendons encore chaque jour et ce que nous vivons: nous vivons aujourd'hui encore un temps de  ténèbres.  Comme au temps de César, les hommes et les femmes de notre époque se sont laissés corrompre. La vérité les intéresse beaucoup moins que le profit, que la jouissance dans leur chair, et ils en sont même venus à confondre les sexes... Les voici de nouveau plongés dans une sorte de contemplation de plaisirs et de pratiques mortifères, tandis que la misère et le sang versé s'étalent de nouveau sur la place publique, selon le bon plaisir de Satan. Qui sème le vent...

Ce constat n'est pas nouveau. Mais face à l'Adversaire, l'Esprit du Seigneur est lui aussi à l’œuvre. Il guérit les âmes sincères de leur faiblesse, Il réjouit les cœurs qui se détournent du nouveau paganisme  afin de se fortifier dans la Vérité. Il demeure chaque jour à l’œuvre auprès de ceux qui croient, afin qu'ils demeurent fermes dans la Vérité et ne se laissent pas effrayer le brouhaha des rumeurs et des mensonges. Le silence en nous est une écoute attentive et joyeuse !

Très bien inspiré ce matin, notre prêtre nous a parlé non pas comme à des pécheurs, mais comme a des disciples dociles à la Parole. C'est lorsque la messe est dite que nous sommes, toutes et tous, comme les apôtres, envoyés dans le monde afin de témoigner de la Vérité et de la manifester comme étant "vie par surcroît" !

Alleluia !

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Jeu 21 Avr - 10:42

Les chemins de l'Evangélisation


Le jeudi de la 4e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 13,13-25.
Quittant l’île de Chypre pour l’Asie Mineure, Paul et ceux qui l’accompagnaient s’embarquèrent à Paphos et arrivèrent à Pergé en Pamphylie. Mais Jean-Marc les abandonna pour s’en retourner à Jérusalem. Quant à eux, ils poursuivirent leur voyage au-delà de Pergé et arrivèrent à Antioche de Pisidie.
Le jour du sabbat, ils entrèrent à la synagogue et prirent place.
Après la lecture de la Loi et des Prophètes, les chefs de la synagogue leur envoyèrent dire : « Frères, si vous avez une parole d’exhortation pour le peuple, parlez. » Paul se leva, fit un signe de la main et dit : « Israélites, et vous aussi qui craignez Dieu, écoutez :
Le Dieu de ce peuple, le Dieu d’Israël a choisi nos pères ; il a fait grandir son peuple pendant le séjour en Égypte et il l’en a fait sortir à bras étendu. Pendant une quarantaine d’années, il les a supportés au désert et, après avoir exterminé tour à tour sept nations au pays de Canaan, il a partagé pour eux ce pays en héritage.
Tout cela dura environ quatre cent cinquante ans. Ensuite, il leur a donné des juges, jusqu’au prophète Samuel. Puis ils demandèrent un roi, et Dieu leur donna Saül, fils de Kish, homme de la tribu de Benjamin, pour quarante années. Après l’avoir rejeté, Dieu a, pour eux, suscité David comme roi, et il lui a rendu ce témoignage : J’ai trouvé David, fils de Jessé ; c’est un homme selon mon cœur qui réalisera toutes mes volontés.De la descendance de David, Dieu, selon la promesse, a fait sortir un sauveur pour Israël : c’est Jésus,
dont Jean le Baptiste a préparé l’avènement, en proclamant avant lui un baptême de conversion pour tout le peuple d’Israël.
Au moment d’achever sa course, Jean disait : “Ce que vous pensez que je suis, je ne le suis pas. Mais le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de retirer les sandales de ses pieds.” »


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13,16-20.
Après avoir lavé les pieds de ses disciples, Jésus parla ainsi : « Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie.
Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites.
Ce n’est pas de vous tous que je parle. Moi, je sais quels sont ceux que j’ai choisis, mais il faut que s’accomplisse l’Écriture : Celui qui mange le pain avec moi m’a frappé du talon. Je vous dis ces choses dès maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez que moi, JE SUIS. Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même ; et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé. »


Cy Aelf, Paris

S'il est quelque chose que nous révèle le livre des Actes des Apôtres, c'est que les juifs ne s'étaient pas contentés de vivre sur la terre que Dieu leur avait promise, mais qu'ils avaient établi, en pays étrangers, ce que l'on appellera des "comptoirs commerciaux". Les richesses de la terre promise à Moïse ne leur avaient donc pas suffi. Les juifs se considérant comme le peuple élu de Dieu, estimaient pouvoir étendre partout leur influence. Et donc, des synagogues avaient été érigées un peu partout sur les côtes de la Méditerranée. Le "peuple de l'Alliance" n'a-t-il pas toujours attendu plus de l'Alliance ?

Toujours est-il qu'après la résurrection de Jésus, toutes les routes de l'évangélisation du monde étaient déjà prêtes. Et tout naturellement, les apôtres, où qu'ils aillent, commençaient à proclamer la nouvelle Alliance comme ils l'avaient fait à Jérusalem après la Pentecôte. L'Esprit saint à l’œuvre dans l'enseignement des apôtres a ouvert les coeurs à l'amour de Dieu partout où ils passaient.

Tel est bien le lien des lectures de ce jour, puisque dans l’Évangile, la veille de sa passion, Jésus l'avait annoncé : si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même ; et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé.


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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Ven 22 Avr - 10:32

Comme une traînée de poudre


Le vendredi de la 4e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 13,26-33.
En ces jours-là, Paul vint à Antioche de Pisidie. Dans la synagogue, il disait : Vous, frères, les fils de la lignée d’Abraham et ceux parmi vous qui craignent Dieu, c’est à nous que la parole du salut a été envoyée.
En effet, les habitants de Jérusalem et leurs chefs ont méconnu Jésus, ainsi que les paroles des prophètes qu’on lit chaque sabbat ; or, en le jugeant, ils les ont accomplies. Sans avoir trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort, ils ont demandé à Pilate qu’il soit supprimé.
Et, après avoir accompli tout ce qui était écrit de lui, ils l’ont descendu du bois de la croix et mis au tombeau. Mais Dieu l’a ressuscité d’entre les morts. Il est apparu pendant bien des jours à ceux qui étaient montés avec lui de Galilée à Jérusalem, et qui sont maintenant ses témoins devant le peuple. Et nous, nous vous annonçons cette Bonne Nouvelle : la promesse faite à nos pères, Dieu l’a pleinement accomplie pour nous, leurs enfants, en ressuscitant Jésus, comme il est écrit au psaume deux : Tu es mon fils; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14,1-6.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : “Je pars vous préparer une place” ? Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi.
Pour aller où je vais, vous savez le chemin. » Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »


Ceux que les disciples appellent "ceux qui craignent Dieu" ne sont pas des juifs, mais des hommes et des femmes qui se sont sentis attirés par la croyance au Dieu unique. Il n'est pas possible pour un non-juif d'entrer véritablement dans l'Alliance, puisqu'on ne peut y venir que par la naissance. De nos jours encore, il en est ainsi. Ils peuvent obtenir une forme de reconnaissance, mais ils doivent se tenir à l'écart des célébrations les plus importantes et ne seront pas circoncis.
Se tenant à leur place, les "Craignant Dieu", constituaient parfois une proportion non négligeable des participants, car qui pouvait les attirer ainsi, sinon l'Esprit Saint ? Dans la suite du livre des Actes, la question de la circoncision fera rapidement l'objet du tout premier Concile.

Dans ce contexte, les mots de Jésus, dans le passage de l’Évangile d'aujourd'hui résonnent avec d'autant plus de bienveillance : "Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : “Je pars vous préparer une place ?

Nous vivons en une époque où tout doit toujours aller très vite - et toujours plus vite si c'est possible. Eh bien, entre le moment où les apôtres ont commencé de sillonner, sous la guidance de l'Esprit-Saint, les contrées situées hors d'Israël et ce premier concile - qui va précipiter la fondation de l’Église, il ne se sera écoulé que cinquante ans - tandis que la destruction du temple de Jérusalem n'aura lieu que vingt ans plus tard. On peut donc bien dire que la foi s'est répandue "commune traînée de poudre" dans le cœur des hommes, à partir de la résurrection du Christ.

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Ven 22 Avr - 19:02

Cinquième dimanche de Pâques C

24 avril 2016

L’Evangile de ce dimanche a un mot central dans chacune de ses deux parties.

- Le mot central de la 1ère partie est le mot GLOIRE. Quand Judas fut sorti, Jésus déclara : « maintenant le Fils de l’Homme est glorifié et Dieu est glorifié en Lui. Si Dieu est glorifié en Lui, Dieu, en retour, Lui donnera Sa propre gloire ». C’est une manière sémite de parler. Elle dit la réciprocité des relations entre le Père et le Fils ou, mieux encore, leur unité fondamentale. (Saint Jean l’a exprimé en d’autres formules : « qui m’a vu, a vu le Père ». « Moi et le Père, Nous sommes un ».)Dire que « le Fils de l’Homme » est glorifié ou que Dieu est glorifié en Lui, c’est dire que le Fils est le reflet du Père.

C’est donc au moment précis où Judas part dans la nuit pour trahir Jésus que lui, Jésus, accomplit sa mission d’être le reflet du Père. C'est à cet instant précis que commence la passion du Christ. Il a dit lui-même que « maintenant », à partir de cette minute là, il est déjà glorifié. Et Dieu est glorifié en lui. La gloire de Dieu et de son Fils rayonne tout au long de la Passion, et éclate au matin de Pâques.

C’est bien l’heure de la gloire de Jésus parce que le Fils trahi, abandonné de tous, persécuté par tous, persévère, Lui seul contre tous, à n’être qu’amour, bienveillance et pardon. Il révèle aux hommes jusqu’où va l’amour du Père, c’est-à-dire jusqu’à l’infini, sans limites.

- Le mot central de la 2e partie est le mot NOUVEAU . Jésus parle d’un commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres ». Le commandement était déjà présent dans la tradition juive qui recommandait l’amitié et le service mutuel. Ce qui est neuf, c’est de demander un amour qui s’étend jusqu’aux ennemis.

L’Evangile ne cessera de nous demander de bâtir un monde fraternel. Et la raison en est simple : c’est parce que Dieu est Amour, parce que Dieu n’est qu’Amour. « Aimez-vous comme je nous ai aimés » dit Jésus, c’est-à-dire le même Esprit qui est Celui du Père en même temps que Celui du Fils. Tant que cela n’est pas réalisé, ni en voie de l’être, nous fermons au monde le chemin vers Dieu.

On voit donc que dans notre évangile d’aujourd’hui les deux parties, la gloire et le commandement de l’amour, ne sont pas sans lien. Jésus dit : maintenant je vais révéler au monde jusqu’où va l’amour du Père et maintenant je vous donne un commandement nouveau, une mission neuve : c’est d’aimer de la même manière.

La nouveauté, nous la trouvons aussi dans l’Apocalypse, ce livre étrange rempli de visions et de symboles quelque peu ésotériques. Il n’est pas destiné à nous faire rêver. Il entretient en nous la certitude de la victoire finale du Christ sur toutes les puissances du mal. Les premiers chrétiens le lisaient pour y trouver le réconfort dont ils avaient besoin sous la persécution. Quand nous le lisons, nous y cherchons le même réconfort au milieu des épreuves de ce monde et de ce temps.

« J’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle. Alors Celui qui siégeait sur le trône déclara : Voici que Je fais toutes choses nouvelles ». La grande nouveauté dont il s’agit, c’est la proximité totale et définitive de Dieu avec les hommes.

- Cette proximité que Dieu a tout fait pour la réaliser en envoyant Son Fils parmi nous.
- Cette proximité que par distraction, négligence ou péché, nous empêchons de nous atteindre.
- Cette proximité ne connaîtra pas d’obstacles. « Je donnerai gratuitement à celui qui a soif l’eau de la source de vie ».

Telle est la certitude que le livre de l’Apocalypse veut solidement planter en nous, pour nous rendre capables de témoigner que Dieu nous comblera, surtout auprès de ceux que les épreuves amènent au découragement et au désespoir.

C’est cette assurance qui se manifeste enfin tout au long des Actes des Apôtres dont la liturgie nous propose de larges extraits durant ce temps pascal. Le Livre des Actes n’est pas terminé. Nous en écrivons sans cesse de nouveaux chapitres.
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« Tu es grand, Seigneur, et louable hautement… Tu nous as faits pour Toi et notre cœur est sans repos tant qu’il ne se repose pas en Toi » (saint Augustin).
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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Sam 23 Avr - 10:23

Le Verbe de Dieu toujours à l’œuvre

Le samedi de la 4e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 13,44-52.
Le sabbat qui suivait la première prédication de Paul à Antioche de Pisidie, presque toute la ville se rassembla pour entendre la parole du Seigneur.
Quand les Juifs virent les foules, ils s’enflammèrent de jalousie ; ils contredisaient les paroles de Paul et l’injuriaient. Paul et Barnabé leur déclarèrent avec assurance : « C’est à vous d’abord qu’il était nécessaire d’adresser la parole de Dieu. Puisque vous la rejetez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les nations païennes. C’est le commandement que le Seigneur nous a donné : J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »
En entendant cela, les païens étaient dans la joie et rendaient gloire à la parole du Seigneur ; tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle devinrent croyants. Ainsi la parole du Seigneur se répandait dans toute la région.
Mais les Juifs provoquèrent l’agitation parmi les femmes de qualité adorant Dieu, et parmi les notables de la cité ; ils se mirent à poursuivre Paul et Barnabé, et les expulsèrent de leur territoire.
Ceux-ci secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds et se rendirent à Iconium, tandis que les disciples étaient remplis de joie et d’Esprit Saint.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14,7-14.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »
Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres.
Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.
Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père, et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai. »


Cy Aelf, Paris

Parmi les juifs qui se sont établis hors d'Israël, se reproduit exactement le même mouvement de rejet du message du Salut qu'avait supporté Jésus - de même que l'indécision temporaire, manifestée par Philippe dans l’Évangile du jour.

Non seulement les juifs d'Antioche rejettent sans nuance les paroles des apôtres, mais ils s'efforcent de soulever contre les apôtres les "craignant-Dieu" - lesquels, stupéfaits, découvrent, par la réponse des apôtres, que ce Dieu qu'ils craignaient est bel et bien venu à leur rencontre !

N'est-il pas extraordinaire que le message de l'amour de Dieu pour tous les hommes se heurte, encore de nous jours, à des refus catégoriques ou des manipulations trompeuses ? C'est le jeu du diable : son temps est compté et il le sait.

La grande œuvre de la parole de Dieu dans l’Église s'accomplit quoi qu'il advienne. Refusée par les uns, elel est accueillie avec émerveillement par les autres.

De nos jours encore nous assistons à des signes de réconciliation au sein de l'église universelle. Aux yeux des politiciens et des hommes de pouvoir, il ne se passe rien - mais, pour nous, cet événement récent est pleinement rempli de sens. Je cite ici le Figaro :

"Parfois l'histoire a le chic d'offrir des raccourcis fulgurants. Un sourire, une poignée de mains, quelques petites secondes et s'effritent des siècles de conflits. Ainsi du sommet historique, vendredi soir 12 février à Cuba, entre le pape catholique et le plus puissant des responsables orthodoxes, Kirill, patriarche de Moscou.
Dans un des salons de l'aéroport Jose Marti de La Havane, ils se sont chaleureusement salués et embrassés. François, les traits tirés après ses douze heures de vol depuis Rome, était visiblement ravi d'être là. Kirill, d'ordinaire le visage fermé, était, lui aussi, extrêmement souriant. «Finalement!» a lancé le pape François en s'approchant de Kirill qui, très bienveillant, lui a rétorqué «les choses seront plus faciles à présent…». Et le pape catholique d'observer, devant l'immense crucifix fixé derrière les deux fauteuils où ils devaient s'entretenir, «nous sommes tous des hommes. Il est très clair que cette rencontre est la volonté de Dieu
». (*)

Je ne pouvais trouver mieux pour illustrer cette méditation.


(*) Le Figaro du 13/02/2016
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/02/12/01016-20160212ARTFIG00449-tete-a-tete-historique-entre-le-patriarche-russe-et-le-pape.php

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Lun 25 Avr - 10:33

Fête de saint Marc, Evangéliste et apôtre

Fête de saint Marc, évangéliste

Première lettre de saint Pierre Apôtre 5,5b-14.
Bien-aimés, vous tous, les uns envers les autres, prenez l’humilité comme tenue de service. En effet, Dieu s’oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce. Abaissez-vous donc sous la main puissante de Dieu, pour qu’il vous élève en temps voulu.
Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, puisqu’il prend soin de vous.
Soyez sobres, veillez : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui avec la force de la foi, car vous savez que tous vos frères, de par le monde, sont en butte aux mêmes souffrances.
Après que vous aurez souffert un peu de temps, le Dieu de toute grâce, lui qui, dans le Christ Jésus, vous a appelés à sa gloire éternelle, vous rétablira lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. À lui la souveraineté pour les siècles. Amen.
Par Silvain, que je considère comme un frère digne de confiance, je vous écris ces quelques mots pour vous exhorter, et pour attester que c’est vraiment dans la grâce de Dieu que vous tenez ferme.
La communauté qui est à Babylone, choisie comme vous par Dieu, vous salue, ainsi que Marc, mon fils. Saluez-vous les uns les autres par un baiser fraternel. Paix à vous tous, qui êtes dans le Christ.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 16,15-20.
En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création.
Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »
Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.


Cy Aelf, Paris

De saint Marc, on sait peu de choses. Faites une recherche : vous ne trouverez pas grand chose ! Il est apparu pour mieux disparaître. Son Évangile ne fut reconnu que bien après celui des trois autres. Somme toute, il est apparu parmi les apôtres afin de mieux disparaître derrière eux. Le texte de son Évangile a été reconnu comme étant le plus ancien des quatre, mais il fut le dernier à la publication - et il est aussi le plus court, avec seulement seize chapitres. Mais cette concision, au contraire de repousser le lecteur, permet à celui-ci d'entrer dans le mystère de Jésus, de sa présence certaine mais voilée. Et c'est encore ce "voile"qui permet au lecteur de reconnaître, en Jésus, le Seigneur et le maître.

Proche de saint Pierre qui l'a adopté comme un fils, voici donc un converti de la première heure qui s'appelle Marc, mais qui pourrait être chacun ou chacune d'entre nous. Essayez et vous verrez, vous le sentirez: nombre de scènes dont Marc dresse à peine le décor, vous entraîneront à le représenter par vous-même; et plus les mots se feront brefs, mieux ils vous entraîneront à rentrer, comme sur la pointe des pieds, dans la scène que Marc a rapportée.

Du reste, le choix de la première lecture ne repose pas tant sur la seule citation de Pierre au sujet de "Marc, mon fils", mais sur l'humilité - ainsi que le dit Pierre dans sa lettre :

"Dieu s’oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce. Abaissez-vous donc sous la main puissante de Dieu, pour qu’il vous élève en temps voulu."

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mar 26 Avr - 10:28

Le courage, une vertu essentielle


Le mardi de la 5e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 14,19-28.
En ces jours-là, comme Paul et Barnabé se trouvaient à Lystres, des Juifs arrivèrent d’Antioche de Pisidie et d’Iconium ; ils se rallièrent les foules, ils lapidèrent Paul et le traînèrent hors de la ville, pensant qu’il était mort. Mais, quand les disciples firent cercle autour de lui, il se releva et rentra dans la ville. Le lendemain, avec Barnabé, il partit pour Derbé. Ils annoncèrent la Bonne Nouvelle à cette cité et firent bon nombre de disciples.
Puis ils retournèrent à Lystres, à Iconium et à Antioche de Pisidie; ils affermissaient le courage des disciples ; ils les exhortaient à persévérer dans la foi, en disant : « Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu. » Ils désignèrent des Anciens pour chacune de leurs Églises et, après avoir prié et jeûné, ils confièrent au Seigneur ces hommes qui avaient mis leur foi en lui. Ils traversèrent la Pisidie et se rendirent en Pamphylie. Après avoir annoncé la Parole aux gens de Pergé, ils descendirent au port d’Attalia, et s’embarquèrent pour Antioche de Syrie, d’où ils étaient partis ; c’est là qu’ils avaient été remis à la grâce de Dieu pour l’œuvre qu’ils avaient accomplie. Une fois arrivés, ayant réuni l’Église, ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux nations la porte de la foi. Ils passèrent alors un certain temps avec les disciples.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14,27-31a.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.
Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi.
Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.
Désormais, je ne parlerai plus beaucoup avec vous, car il vient, le prince du monde. Certes, sur moi il n’a aucune prise,mais il faut que le monde sache que j’aime le Père, et que je fais comme le Père me l’a commandé. »




Cy Aelf, Paris

Saint Paul a été laissé pour mort après avoir subi une lapidation qui avait rassemblé une foule vengeresse. Les foules dans l'antiquité sont comme les foules d'aujourd'hui. Elles n'agissent guère selon le raisonnement, mais elle se fient aux émotions, aux slogans, aux arguments non vérifiables et se laissent saisir par les plus bas instincts.
Il est clair que l'apôtre devait être en très mauvais état lorsque ses persécuteurs l'ont abandonné hors de la ville ! Mais pour peu que les autres disciples l'aient entouré, il se relève aussitôt, et rentre dans la ville. Le texte ne nous dit pas la stupéfaction des habitants d'Iconium, de Listres et d'Antioche de Pisidie ! Mais il était important d'y retourner pour manifester que Dieu sauve ceux qui placent leur foi en Lui. En sorte que cet épisode (qui aurait dû être le dernier) ne fait que renforcer et établir sûrement la foi. La foi ne se nourrit donc pas de belles exaltations et d'envolées lyriques, mais bien d'épreuves subies et traversées avec succès.

A cette leçon s'associent naturellement, dans l’Évangile, les encouragements donnés par Jésus à ses disciples, des incitations à développer une foi "contre toute espérance" - du moins humaine.

C'est certainement ce qu'il y a de plus difficile à développer en nous. Nous aussi, nous voyons s'éteindre, les uns après les autres, les hommes et les femmes qui nous ont apporté beaucoup et qui ne sont plus de ce monde ! Ils se glissent souvent dans nos pensées, mais nous n'en tenons pas assez compte ! Comment nous faire entrer dans la tête que ce monde-ci n'est que celui qui passe et que le meilleur vient ensuite ?

Il nous faut donc nous y reprendre chaque jour. Je constate, pour ma part, qu'au jour de ma conversion, j'ai désiré "mourir tout de suite". Mais, à présent, j'avoue que je suis moins pressé qu'au début ! C'est dommage et c'est que je dois me convertir, encore et encore, et y engager le meilleur de moi-même. Jésus prit courageusement le chemin de Jérusalem : le courage est une vertu essentielle !

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mer 27 Avr - 10:47

De l'ancien et du nouveau

Le mercredi de la 5e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 15,1-6.
En ces jours-là, des gens, venus de Judée à Antioche, enseignaient les frères en disant : « Si vous n’acceptez pas la circoncision selon la coutume qui vient de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés. »
Cela provoqua un affrontement ainsi qu’une vive discussion engagée par Paul et Barnabé contre ces gens-là. Alors on décida que Paul et Barnabé, avec quelques autres frères, monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens pour discuter de cette question.
L’Église d’Antioche facilita leur voyage. Ils traversèrent la Phénicie et la Samarie en racontant la conversion des nations, ce qui remplissait de joie tous les frères.
À leur arrivée à Jérusalem, ils furent accueillis par l’Église, les Apôtres et les Anciens, et ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux.
Alors quelques membres du groupe des pharisiens qui étaient devenus croyants intervinrent pour dire qu’il fallait circoncire les païens et leur ordonner d’observer la loi de Moïse. Les Apôtres et les Anciens se réunirent pour examiner cette affaire.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15,1-8.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage.
Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite.
Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous.
Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »


La question de la circoncision va encore hâter la formation d'une structure capable de résoudre les questions théologiques, mais aussi de donner des directives à l'ensemble des disciples - qui plus tard seront appelés diacres, prêtres, évêques, avec un Pape à la tête de cet organisme vivant qu'est l’Église. Ainsi, sous la guidance de l'Esprit-Saint, même les problèmes de structures aboutissent à la fin à ce que la volonté de Dieu soit mise en œuvre auprès de tous les fidèles.

Il n'est guère étonnant que l'idée de faire circoncire tous les nouveaux croyants, tous ces "craignant-Dieu" devenus des fidèles, soit issue de ces "gens de Judée". Les menaces de mort, les bastonnades et les lapidations n'ayant abouti à rien, la controverse dans les échanges d'idée est plus pernicieuse : ne s'agit-il pas de troubler les consciences d'une manière ou d'une autre, toujours dans le but de contrarier l'évangélisation ? Car circoncire un homme adulte, c'est une toute autre chose que circoncire à la naissance ! Le rituel, qui paraît insignifiant à la naissance devient une véritable intervention chirurgicale à l'âge adulte.

Les promoteurs de cette nouvelle pratique ne savent-ils pas que la circoncision était pratiquée par les juifs selon le système de la génération ? Jésus lui-même fut circoncis comme étant fils de Joseph, de la descendance de David. La circoncision pratiquée par les juifs demeure, aujourd'hui encore, même après la Shoah toujours liée au au rite antique de la descendance et de la génération. Mais nous sommes, nous chrétiens, descendants de David et de la génération d'Abraham - qui est celle de la foi !

Comme j'exprime cette idée, je sais qu'elle ne vient pas de moi, car je lis en effet dans l'Evangile du jour :

- Vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite.
Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi
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La circoncision du coeur aboutit à l'effusion de l'Esprit saint est toujours à l’œuvre en chacune et chacun d'entre nous.

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Jeu 28 Avr - 10:34

La circoncision des coeurs a la primauté


Le jeudi de la 5e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 15,7-21.
En ces jours-là, comme la conversion des païens provoquait, dans l’Église de Jérusalem, une intense discussion, Pierre se leva et leur dit : « Frères, vous savez bien comment Dieu, dans les premiers temps, a manifesté son choix parmi vous : c’est par ma bouche que les païens ont entendu la parole de l’Évangile et sont venus à la foi. Dieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage en leur donnant l’Esprit Saint tout comme à nous ; sans faire aucune distinction entre eux et nous, il a purifié leurs cœurs par la foi.
Maintenant, pourquoi donc mettez-vous Dieu à l’épreuve en plaçant sur la nuque des disciples un joug que nos pères et nous-mêmes n’avons pas eu la force de porter ? Oui, nous le croyons, c’est par la grâce du Seigneur Jésus que nous sommes sauvés, de la même manière qu’eux. »
Toute la multitude garda le silence, puis on écouta Barnabé et Paul exposer tous les signes et les prodiges que Dieu avait accomplis grâce à eux parmi les nations.Quand ils eurent terminé, Jacques prit la parole et dit : « Frères, écoutez-moi.
Simon-Pierre vous a exposé comment, dès le début, Dieu est intervenu pour prendre parmi les nations un peuple qui soit à son nom. Les paroles des prophètes s’accordent avec cela, puisqu’il est écrit :
Après cela, je reviendrai pour reconstruire la demeure de David, qui s’est écroulée ; j’en reconstruirai les parties effondrées, je la redresserai ;alors le reste des hommes cherchera le Seigneur, oui, toutes les nations sur lesquelles mon nom a été invoqué, – déclare le Seigneur, qui fait ces choses connues depuis toujours.
Dès lors, moi, j’estime qu’il ne faut pas tracasser ceux qui, venant des nations, se tournent vers Dieu,mais écrivons-leur de s’abstenir des souillures des idoles, des unions illégitimes, de la viande non saignée et du sang. Car, depuis les temps les plus anciens, Moïse a, dans chaque ville, des gens qui proclament sa Loi, puisque, dans les synagogues, on en fait la lecture chaque sabbat. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15,9-11.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.
Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »



Cy Aelf, Paris

De toute évidence, ce n'est pas par les rites que l'homme sera sauvé, mais c'est de demeurer dans l'amour. Par trois fois, dans le même énoncé, Jésus dit, répète et insiste sur ce point.

Lui-même, Jésus est demeuré dans l'amour du Père en gardant ses commandements et c'est donc de la même façon, à l'imitation de Jésus, en gardant ses commandements, que nous demeurerons dans l'amour de Jésus et nous accomplirons la volonté du Père, à la suite du Fils, qui l'a lui-même accomplie.

Or, quel est le premier de tous les commandements ? C'est de la bouche de Jésus lui-même que la juste réponse a été donnée, dans l’Évangile de saint Matthieu 22, 35-40:

Un docteur de la Loi posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute de ton âme et de tout esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout ce qu’il y a dans l’Écriture dans la Loi et les prophètes dépend de ces deux commandements. »

Jésus y est demeuré parfaitement fidèle et par conséquent, tous les hommes qui désireront vivre dans la Vérité sont liés par ces grands commandements. Et nous ne pouvons certes pas faire mieux que notre Seigneur !

Le premier concile aboutit donc au rejet pur et simple de la question de la circoncision, puisque la véritable circoncision est celle du cœur.

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Ven 29 Avr - 11:03

Le premier des commandements


Lecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là, les Apôtres et les Anciens décidèrent avec toute l’Église de choisir parmi eux des hommes qu’ils enverraient à Antioche avec Paul et Barnabé. C’étaient des hommes qui avaient de l’autorité parmi les frères : Jude, appelé aussi Barsabbas, et Silas. Voici ce qu’ils écrivirent de leur main : « Les Apôtres et les Anciens, vos frères, aux frères issus des nations, qui résident à Antioche, en Syrie et en Cilicie, salut ! Attendu que certains des nôtres, comme nous l’avons appris, sont allés, sans aucun mandat de notre part,tenir des propos qui ont jeté chez vous le trouble et le désarroi, nous avons pris la décision, à l’unanimité, de choisir des hommes que nous envoyons chez vous, avec nos frères bien-aimés Barnabé et Paul, eux qui ont fait don de leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus Christ. Nous vous envoyons donc Jude et Silas, qui vous confirmeront de vive voix ce qui suit :
L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles- ci, qui s’imposent : vous abstenir des viandes offertes en sacrifice aux idoles, du sang, des viandes non saignées et des unions illégitimes. Vous agirez bien, si vous vous ardez de tout cela. Bon courage ! »
On laissa donc partir les délégués, et ceux-ci descendirent alors à Antioche. Ayant réuni la multitude des disciples, ils remirent la lettre.
À sa lecture, tous se réjouirent du réconfort qu’elle apportait.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »


Cy Aelf, Paris

Ce que l'on remarque en tout premier lieu, dans la réponse envoyée par les membres du premier concile, c'est que celle-ci ne fait aucune allusion à la question qui avait causé un émoi bien compréhensible : fallait-il, oui ou non circoncire les nouveaux chrétiens ? C'est l'Esprit Saint qui a répondu, mais à propos d'autres pratiques - qui pourraient - elles, beaucoup plus sûrement - causer des problèmes à l’Église naissante.

Ce sont :
- la consommation de viandes issues de sacrifices païen viandes non saignées (car, dans la Bible, l'âme d'un animal résidait dans son sang);
- la consommation de viandes sacrifiées à des idoles - qui pourrait être reliée au premier interdit;
- et dès ce premier concile : le bannissement de toutes les unions illégitimes.

En conclusion, ce qui est tout à fait remarquable, c'est bien l'absence de réponse au sujet de la circoncision des nouveaux chrétiens ! Mais cette absence dit tout en elle-même, elle brille par l'évidence : l’Église ne s'établira selon les rituels de l'ancienne alliance. L’Église toute entière repose sur l'amour même du Christ, lequel agit dans le cœur des fidèles.

Le commandement qui préside à tous les autres, c'est donc d'aimer à l'imitation de Celui qui donne sa vie pour ceux qu' il aime. Encore faut-il rappeler qu'il n'y a pas non plus que le martyre pour manifester l'Amour chrétien, mais il y a tous les gestes de charité et de miséricorde dont toutes et tous sont capables, dans toutes les circonstances de la vie.

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Sam 30 Avr - 11:16

Evangélisation rime avec persécution

Le samedi de la 5e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 16,1-10.
En ces jours-là, Paul, qui avait quitté Antioche avec Silas, arriva ensuite à Derbé, puis à Lystres. Il y avait là un disciple nommé Timothée ; sa mère était une Juive devenue croyante, mais son père était Grec.
À Lystres et à Iconium, les frères lui rendaient un bon témoignage.
Paul désirait l’emmener ; il le prit avec lui et le fit circoncire à cause des Juifs de la région, car ils savaient tous que son père était Grec.
Dans les villes où Paul et ses compagnons passaient, ils transmettaient les décisions prises par les Apôtres et les Anciens de Jérusalem, pour qu’elles entrent en vigueur.
Les Églises s’affermissaient dans la foi et le nombre de leurs membres augmentait chaque jour.
Paul et ses compagnons traversèrent la Phrygie et le pays des Galates, car le Saint-Esprit les avait empêchés de dire la Parole dans la province d’Asie. Arrivés en Mysie, ils essayèrent d’atteindre la Bithynie, mais l’Esprit de Jésus s’y opposa. Ils longèrent alors la Mysie et descendirent jusqu’à Troas. Pendant la nuit, Paul eut une vision : un Macédonien lui apparut, debout, qui lui faisait cette demande : « Passe en Macédoine et viens à notre secours. »  À la suite de cette vision de Paul, nous avons aussitôt cherché à partir pour la Macédoine, car nous en avons déduit que Dieu nous appelait à y porter la Bonne Nouvelle.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15,18-21.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi.
Si vous apparteniez au monde, le monde aimerait ce qui est à lui. Mais vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous. Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : un serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a gardé ma parole, on gardera aussi la vôtre. Les gens vous traiteront ainsi à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas Celui qui m’a envoyé. »

Cy Aelf, Paris

On peut s'étonner que saint Paul ait fait circoncire Timothée, après que le premier des conciles ait résolu que tous les chrétiens d'origine non-juive en soient dispensés. Mais c'est, tout simplement, de manière très concrète, que l'autorité de l’Église naissante supporte la contradiction dès le commencement et continue de progresser au travers de chemins difficiles.  Voici pourquoi non seulement Paul a fait preuve de prudence en faisant circoncire son premier disciple, mais aussi qu'au cours de ses nombreux voyages, il ait mainte fois changé de route afin de rendre courage aux communautés persécutées. C'est ainsi qu'on le voit, dans l'épisode de ce jour,   modifier son itinéraire pour répondre à l'appel au secours des Macédoniens.

C'est ainsi que s'établit un lien, tout à fait concret, entre la première lecture et l’Évangile au cours duquel Jésus déclare :  "Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a gardé ma parole, on gardera aussi la vôtre"

Il se trouve que, très récemment, le Pape François a de nouveau dénoncé les persécutions envers les chrétiens, car celles-ci se poursuivent comme aux premiers temps de l'histoire de l’Église.

A l’occasion de son homélie prononcée le jour de la fête de saint Étienne, il avait  dénoncé les deux formes de persécutions qui se poursuivent encore: persécution des esprits, persécutions de la chair vont toujours par deux :

Je cite :

«La persécution, je dirais, est le pain quotidien de l’Église. Jésus l’a dit. Nous, quand nous faisons un peu de tourisme à Rome et allons au Colisée, nous pensons que les martyrs étaient ceux qui étaient tués avec les lions. Mais les martyrs n’ont pas été seulement ceux-là. Ce sont des hommes et femmes de tous les jours : aujourd’hui, le jour de Pâques, il y a à peine trois semaines… Ces chrétiens qui fêtaient Pâques au Pakistan ont été martyrisés justement parce qu’ils fêtaient le Christ Ressuscité. Et ainsi l’histoire de l’Église avance avec ses martyrs.»

Le martyre d’Étienne amorça une cruelle persécution antichrétienne à Jérusalem, analogue à celles subies par ceux qui aujourd’hui ne sont pas libres de professeur leur foi en Jésus. «Mais, a observé François, il y a une autre persécution dont on ne parle pas tellement», une persécution «travestie de culture, travestie de modernité, travestie de progrès».

«C’est une persécution, je dirais un peu ironiquement, "éduquée". C’est quand l’homme est persécuté non pas pour avoir confessé le nom du Christ, mais pour avoir voulu manifesté les valeurs du Fils de Dieu. C’est une persécution contre Dieu le Créateur, dans la personne de ses enfants ! Et ainsi nous voyons tous les jours que les puissances font des lois qui obligent à aller sur cette voie, et une nation qui ne suit pas ces lois modernes, ou au moins qui ne veut pas les avoir dans sa législation, en vient à être accusée, à être persécutée "poliment". C’est la persécution qui coupe à l’homme la liberté de l’objection de conscience», a martelé le Pape François


Cette homélie est disponible en utilisant :

http://fr.radiovaticana.va/news/2016/04/12/
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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Lun 2 Mai - 7:15

Sixième dimanche de Pâques C

Solennité de l'Ascension du Seigneur


Si quelqu'un m'aime... » Comme toujours, tout est dit en quelques mots simples et profonds chez saint Jean. « Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole... »

Aimer, c'est avant tout écouter et accueillir la parole du Christ. Jésus nous redit donc ici une des clés de la vie chrétienne : la méditation fréquente de la Parole de Dieu, comme une sorte de sacrement, un « signe » de la présence de Dieu. Nous n'avons pas la présence sensible, physique du Seigneur. Mais pour celui qui aime Jésus, quelle joie que d'avoir sa pensée, écrite dans l'évangile, que de pouvoir écouter sa voix qui nous parle dans l'évangile.

Et Jésus ne parle certainement pas d'une parole reçue intellectuellement, mais d'une parole « à laquelle on est fidèle », d'une parole « mise en pratique », d'une parole vécue concrètement et qui, par là, rend réellement présent ce Jésus qui nous l'a apprise.

« Mon Père l'aimera et nous viendrons chez lui et nous établirons chez lui notre demeure ... » Pour celui qui accueille fidèlement une telle parole, celle-ci ouvre en lui un sentier par où le Père et le Fils descendent pour venir demeurer d'une façon unique dans son cœur profond. La Parole est une présence d'amour. Elle consacre en temple sacré l'ami du Christ. Le Christ ressuscité n'a plus maintenant d'autre présence que par les hommes aimants où il demeure.

Le Christ parle alors du « Défenseur, l'Esprit-Saint » . Ce dernier fera comprendre de l'intérieur cette Parole faite chair qu'est Jésus.

Jésus a tout dit. Mais l'Eglise n'aura jamais fini de comprendre tout ce qu'elle a enregistré dans sa mémoire d'épouse attentive. Au cours des siècles, l'Esprit Saint rafraîchira constamment les souvenirs de l'Eglise. Par là, il l'aidera à répondre aux problèmes sans cesse nouveaux des hommes. C'est pourquoi, elle aura toujours à demander l'assistance de l'Esprit pour qu'elle reste à l'écoute de Dieu et des hommes.

C'est dans cette intimité , que nous sommes enfin invités à trouver la paix et la joie. C'est dans la communion avec le Christ, que le chrétien puise la source de cette paix et cette joie qui rayonnera, à travers lui, sur ses frères.
Solennité de l'Ascension

Sixième dimanche de Pâques C


La question des apôtres dont nous parle l’évangile de ce jour prouve qu’ils n’ont toujours rien compris : « Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? » Les apôtres se font une image de la religion bien terrestre et bien matérialiste, une image limitée à leurs intérêts nationalistes. Ce manque de profondeur des apôtres montre à quel point ils ont besoin de l’aide du Saint Esprit. Non seulement les enseignements du Ressuscité pendant les 40 jours entre Pâques et Ascension ne les ont pas vraiment touchés, mais en plus ils ne semblent pas avoir été marqués par leur vie de trois ans auprès de Jésus. Ils ont oublié la réponse donnée par le Maître à la question des Pharisiens, bien proche de la leur : « Quand viendra le Règne de Dieu ? » - « La venue du Royaume de Dieu ne fait pas l’objet d’un constat. On ne va pas dire : Il est ici ! Il est là ! Et voyez, le Royaume de Dieu est au milieu de vous. »

Les apôtres ont aussi de quoi être troublés par la mission sans précédent que leur confie le Christ en les quittant : « Soyez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre... De toutes les nations faites des disciples... » Oui, il y a vraiment de quoi laisser tomber les bras de découragement ! C’est une autre parole de Jésus qui leur a sans doute donné la force de poursuivre sa mission : « Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde... Vous recevrez une force... l’Esprit Saint viendra sur vous... » Le signe du travail de l’Esprit Saint ? En voici un exemple : au 6ème siècle, le pape Grégoire le Grand enseignait que « le ciel, c’est l’âme du juste ». Entre les apôtres au jour de l’Ascension et le pape Grégoire, quel progrès ! C’est l’œuvre du Saint Esprit dans son Eglise qui a permis ce grand bond en avant, ce passage d’une religion matérialiste et nationaliste à une religion intérieure et universelle.

Nous fêtons donc Jésus qui monte au ciel. Essayons de traduire cette image. Nous fêtons Jésus glorieux qui disparaît à nos yeux de chair et qui introduit définitivement notre humanité dans la vie et la gloire de la Trinité. Le ciel, c’est Dieu Trinité. Jésus semble disparaître, mais il ne devient pas absent pour autant. Il sera présent par le don de l’Esprit, il sera présent dans son Eglise et dans le monde d’une nouvelle manière, à la manière du Ressuscité. Il ne connaîtra plus la limitation propre à ceux qui doivent encore passer par la mort : les limites du temps et de l’espace.

En montant au ciel, le Seigneur nous invite, comme il le fit pour ses apôtres autrefois, à un double passage :

Nous devons passer tout d’abord du particulier à l’universel. Les apôtres rêvaient de rétablir la royauté en Israël. Lui leur répond en leur donnant une mission universelle : « Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »

Nous devons ensuite passer d’une religion extérieure à l’intériorité de la foi. Et cela justement par le don de l’Esprit Saint, force venue d’en haut.

Depuis l’Ascension et la Pentecôte, Jésus veut être présent dans notre âme. Il n’est jamais absent. C’est nous qui nous rendons absents à cette présence intérieure, à cette habitation en nous de Dieu. L’Esprit du Christ Ressuscité ne cesse de nous redire intérieurement : « Le ciel, c’est l’âme du juste » ou, selon les belles paroles du théologien suisse Maurice Zundel, « le ciel, on n’y entre pas, il faut le devenir. »

Les hommes d’aujourd’hui ne manquent pas d’évangiles imprimés. Ils n’en n’ont d’ailleurs jamais tant eu. Ils ont besoin d’évangiles vécus, d’évangiles vivants, d’hommes et de femmes évangéliques. Lorsque nous laissons se développer notre vie intérieure avec le Christ, nous lui permettons de venir toucher les cœurs à travers nous.

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Lun 2 Mai - 10:37

Quelle est la qualité de notre foi ?

Le lundi de la 6e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 16,11-15.
Avec Paul, de Troas nous avons gagné le large et filé tout droit sur l’île de Samothrace, puis, le lendemain, sur Néapolis,
et ensuite sur Philippes, qui est une cité du premier district de Macédoine et une colonie romaine. Nous avons passé un certain temps dans cette ville et, le jour du sabbat, nous en avons franchi la porte pour rejoindre le bord de la rivière, où nous pensions trouver un lieu de prière. Nous nous sommes assis, et nous avons parlé aux femmes qui s’étaient réunies. L’une d’elles nommée Lydie, une négociante en étoffes de pourpre, originaire de la ville de Thyatire, et qui adorait le Dieu unique, écoutait. Le Seigneur lui ouvrit l’esprit pour la rendre attentive à ce que disait Paul. Quand elle fut baptisée, elle et tous les gens de sa maison, elle nous adressa cette invitation : « Si vous avez reconnu ma foi au Seigneur, venez donc dans ma maison pour y demeurer. » C’est ainsi qu’elle nous a forcé la main.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15,26-27.16,1-4a.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement. Je vous parle ainsi, pour que vous ne soyez pas scandalisés. On vous exclura des assemblées. Bien plus, l’heure vient où tous ceux qui vous tueront s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu. Ils feront cela, parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi. Eh bien, voici pourquoi je vous dis cela : quand l’heure sera venue, vous vous souviendrez que je vous l’avais dit. »


Cy Aelf, Paris

L'apôtre Paul, l'homme des révélations extraordinaires, qui a été enlevé tout vif jusqu’à de mystérieuses hauteurs des Cieux, qui est l'auteur d'une merveilleuse éloge de la charité... a pourtant très difficile d'accepter l'hospitalité d'une convertie d'origine païenne. Mais c'est avec humour qu'il déclare : "Elle nous a forcé la main", car en réalité, c'est le Seigneur qui l'a obligé à passer au-dessus de ses défiances d'ancien pharisien !

C'est dire combien nous-même pouvons - et pourrons encore - rencontrer de fortes difficultés intérieures, non seulement dans notre relation à Dieu, mais aussi à l'égard de nos sœurs et de nos frères dans l’Église . Nos idées préconçues et nos préjugés seront remiss en question - et, malheureusement, certains parmi nous, les fidèles, finiront par renoncer ... Inutile de rappeler que l'orgueil est un péché grave !

Dans l'évangile de ce jour, les mots de Jésus qui rendent compte de cette nécessité d'un changement intérieur lorsqu'il dit : "Ne soyez pas scandalisés". En effet, il est tout à fait possible que le Seigneur nous fasse confronter des situations qui pourront nous choquer - MAIS qui seront autant d'occasions de mesurer la qualité de notre foi.

Il est également écrit : "De la manière dont vous mesurez, vous aussi vous serez mesurés" (dans l’Évangile selon saint Luc, chapitre 6). Notre prêtre nous a évoqué une des messes dominicales de "Don Bosco", au cours de laquelle, ayant prêché a de riches fidèles... avait, ensuite, fait recommencer la quête par trois, car il s'exclamait : "Croyez-vous donc que le Seigneur soit dupe de votre avarice !"

Ainsi, lorsque saint Paul dit : "Elle nous a forcé la main", il fait de l'humour; en effet, il sait parfaitement que c'est Jésus qui vient de le mettre à l'épreuve dans ses anciennes considérations de pharisien à l'égard des femmes.

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Lun 2 Mai - 20:50

Septième dimanche de Pâques C

Si quelqu'un m'aime... » Comme toujours, tout est dit en quelques mots simples et profonds chez saint Jean. « Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole... »

Aimer, c'est avant tout écouter et accueillir la parole du Christ. Jésus nous redit donc ici une des clés de la vie chrétienne : la méditation fréquente de la Parole de Dieu, comme une sorte de sacrement, un « signe » de la présence de Dieu. Nous n'avons pas la présence sensible, physique du Seigneur. Mais pour celui qui aime Jésus, quelle joie que d'avoir sa pensée, écrite dans l'évangile, que de pouvoir écouter sa voix qui nous parle dans l'évangile.

Et Jésus ne parle certainement pas d'une parole reçue intellectuellement, mais d'une parole « à laquelle on est fidèle », d'une parole « mise en pratique », d'une parole vécue concrètement et qui, par là, rend réellement présent ce Jésus qui nous l'a apprise.

« Mon Père l'aimera et nous viendrons chez lui et nous établirons chez lui notre demeure ... » Pour celui qui accueille fidèlement une telle parole, celle-ci ouvre en lui un sentier par où le Père et le Fils descendent pour venir demeurer d'une façon unique dans son cœur profond. La Parole est une présence d'amour. Elle consacre en temple sacré l'ami du Christ. Le Christ ressuscité n'a plus maintenant d'autre présence que par les hommes aimants où il demeure.

Le Christ parle alors du « Défenseur, l'Esprit-Saint » . Ce dernier fera comprendre de l'intérieur cette Parole faite chair qu'est Jésus.

Jésus a tout dit. Mais l'Eglise n'aura jamais fini de comprendre tout ce qu'elle a enregistré dans sa mémoire d'épouse attentive. Au cours des siècles, l'Esprit Saint rafraîchira constamment les souvenirs de l'Eglise. Par là, il l'aidera à répondre aux problèmes sans cesse nouveaux des hommes. C'est pourquoi, elle aura toujours à demander l'assistance de l'Esprit pour qu'elle reste à l'écoute de Dieu et des hommes.

C'est dans cette intimité , que nous sommes enfin invités à trouver la paix et la joie. C'est dans la communion avec le Christ, que le chrétien puise la source de cette paix et cette joie qui rayonnera, à travers lui, sur ses frères.Une lumière de gloire enveloppe les lectures de ce dimanche. Sur la proue de cette fragile barque que fut l’Eglise de Jérusalem, Luc a sculpté avec amour la noble figure d’Etienne. Ce jeune juif devenu chrétien est mort, victime de sa largeur d’esprit, du courage de sa foi, de la passion de son amour au service de l’Evangile. Il est tué pour avoir proclamé hautement sa foi en Jésus, Fils de Dieu, mort et ressuscité, debout à la droite du Père. Son martyre, hors des murs de Jérusalem, tout près de la porte de Damas, ouvrit à l’Eglise les portes de l’évangélisation du monde. Il fallut ce meurtre, pour que le première communauté, déjà pourchassée, sorte des remparts de Jérusalem. Assez vite après, une autre jeune, témoin consentant de la lapidation, sortira par cette même porte pour gagner Damas. A son tour, il sera enveloppé par la gloire du Ressuscité. Saul de Tarse relaiera Etienne. Rien n’arrêtera la course de l’Evangile.

Le message de l’Apocalypse passe en un petit mot très souvent répété : « bientôt » (Ap 1,1 / 3,11 / 22,6,7,12,20). l’Eglise primitive l’a bien compris : la venue de Jésus parmi les hommes a marqué le commencement de « la fin des temps ». Avec sa résurrection, le drame de l’histoire est virtuellement joué, la victoire est acquise. Peu importe l’écart entre les deux avènements : tout désormais est gagné par le Christ. L’intensité de l’espérance chrétienne ne se mesure pas en durée de calendrier, mais en certitude de foi. Malgré la crue du péché et du malheur qui recouvre le monde, le salut est pour bientôt.

A ce « bientôt », murmuré par le Christ, répond le cri d’amour de l’Eglise-Epouse : « Viens ! » Ce dialogue entre l’Epoux et l’Epouse assure la vie mystique de l’Eglise. Tout est possible à celui qui aime, surtout quand la personne aimée est « l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin ».

L’évangile, enfin, nous place au cœur de la prière de Jésus. Il prie pour nous, qui avons accueilli les paroles de ses apôtres et croyons en lui. Et il insiste auprès de son Père pour que notre unité soit parfaite, c’est-à-dire à l’image de celle qui l’unit à son Père. Et qu’est-ce qui unit le Fils à son Père si ce n’est l’Esprit ?

Le dissentiment semble bien être la maladie chronique des chrétiens. Que de déchirures dues à l’absence de charité et de communion. Quelle recherche de l’opposition et du dissentiment. Et cela au nom de l’Esprit. Mais lequel ? Certainement pas celui du Christ : s’il est audace, il n’est pas révolte; s’il est amour, il n’est pas soupçon; s’il provoque des tensions, ce n’est pas pour nous pousser à nous entre-déchirer. C’est à cette condition que se fait l’évangélisation. Elle est d’abord le rayonnement silencieux d’une vie fraternelle.

Tendons à devenir une ébauche modeste mais réelle du Royaume de Dieu. A travers la qualité de nos relations fraternelles quotidiennes, au-delà de nos divergences, c’est un peu de ce Royaume qui émerge lentement au sein de nos cités.

kerit.be

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mar 3 Mai - 15:32

La raison qui dépasse toute raison


Fête de St Philippe et St Jacques (le mineur), apôtres

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15,1-8.
Frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée ; cet Évangile, vous l’avez reçu ; c’est en lui que vous tenez bon, c’est par lui que vous serez sauvés si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé; autrement, c’est pour rien que vous êtes devenus croyants.
Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures,
et il fut mis au tombeau; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures, il est apparu à Pierre, puis aux Douze;
ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois – la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont endormis dans la mort –,
ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres.
Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis
.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14,6-14.
En ce temps-là, Jésus dit à Thomas : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »
Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »
Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père, et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai. »


Cy Aelf, Paris

Les textes de ce jour nous sont donnés afin d'affermir notre foi en ces temps difficiles. Voici, en une ligne, le résumé de l'homélie de ce matin. Saint Philippe et saint Jacques ont vécu de la foi, par la foi et pour la foi. Et depuis le jour où ils ont reconnu Dieu en Jésus, le Père dans le Fils dans le Père, ils n'ont eu de cesse que de le retrouver. Et si nous avions la foi comme un minuscule grain de sénevé, tel qu'il fut décrit par Jésus, nous serions comme eux, pressés de donner nos vies pour entrer dans son royaume.

Et la question nous est posée de la sorte par le double témoignage des saints que l’Église fête aujourd'hui : de quelle qualité est notre foi ? Notre fidélité tient-elle vraiment du témoignage ou bien en sommes-nous devenus tièdes à la charité, à la compassion et la miséricorde ?

Pouvons-nous trouver mieux meilleur temps que ce mois de mai pour solliciter Marie d'adoucir nos coeurs devant la misère qui s'étale de partout ? Si l'aumône de quelques pièces de monnaie nous est difficile, alors raison de plus de nous y confronter ! Ou bien que vaut notre foi et quelle est notre espérance, si nous n'avons pas la charité ? (Par ces mots, notre prêtre ce matin nous a inviter à relire saint Paul - mais en se limitant, comme je le fais moi-même de citer :

- « Saint-Paul 1 Co 13, 1-13 »

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Mer 4 Mai - 9:55

Foi et raison ne tiennent pas le même langage


Le mercredi de la 6e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 17,15.22-34.18,1.
En ces jours-là, ceux qui escortaient Paul le conduisirent jusqu’à Athènes. Puis ils s’en retournèrent, porteurs d’un message, avec l’ordre, pour Silas et Timothée, de rejoindre Paul le plus tôt possible.
Alors Paul, debout au milieu de l’Aréopage, fit ce discours : « Athéniens, je peux observer que vous êtes, en toutes choses, des hommes particulièrement religieux.
En effet, en me promenant et en observant vos monuments sacrés, j’ai même trouvé un autel avec cette inscription : “Au dieu inconnu.” Or, ce que vous vénérez sans le connaître, voilà ce que, moi, je viens vous annoncer.
Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qu’il contient, lui qui est Seigneur du ciel et de la terre, n’habite pas des sanctuaires faits de main d’homme ; il n’est pas non plus servi par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous la vie, le souffle et tout le nécessaire.
À partir d’un seul homme, il a fait tous les peuples pour qu’ils habitent sur toute la surface de la terre, fixant les moments de leur histoire et les limites de leur habitat ; Dieu les a faits pour qu’ils le cherchent et, si possible, l’atteignent et le trouvent, lui qui, en fait, n’est pas loin de chacun de nous. Car c’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être. Ainsi l’ont également dit certains de vos poètes : Nous sommes de sa descendance.
Si donc nous sommes de la descendance de Dieu, nous ne devons pas penser que la divinité est pareille à une statue d’or, d’argent ou de pierre sculptée par l’art et l’imagination de l’homme.
Et voici que Dieu, sans tenir compte des temps où les hommes l’ont ignoré, leur enjoint maintenant de se convertir, tous et partout.
En effet, il a fixé le jour où il va juger la terre avec justice, par un homme qu’il a établi pour cela, quand il l’a accrédité auprès de tous en le ressuscitant d’entre les morts. »
Quand ils entendirent parler de résurrection des morts, les uns se moquaient, et les autres déclarèrent : « Là-dessus nous t’écouterons une autre fois. »
C’est ainsi que Paul, se retirant du milieu d’eux, s’en alla.
Cependant quelques hommes s’attachèrent à lui et devinrent croyants. Parmi eux, il y avait Denys, membre de l’Aréopage, et une femme nommée Damaris, ainsi que d’autres avec eux.
Après cela, Paul s’éloigna d’Athènes et se rendit à Corinthe.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16,12-15.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.


Cy Aelf, Paris

La rencontre de Paul avec un groupe d'intellectuels d’Athènes a été un tournant décisif dans sa mission et le commencement d'une nouvelle étape dans sa vie. Si jusque-là, il avait appris que Jésus crucifié était un scandale pour les Juifs, il découvre ici que, pour les Grecs, c'était une folie. Il quittera donc Athènes en direction de Corinthe où de nombreuses conversions le réjouiront beaucoup plus encore qu'il aurait espéré.

Dans cette affaire, c'est d'abord l'impuissance de la raison et de la logique humaines qui est ici dénoncée. Le langage tout à fait raisonnable conduit bien souvent à des impasses. Deux exemples pour illustrer cette défaillance de la raison : le bureau sur lequel est posée m'a tablette sera appelée rectangulaire par la majeure partie des gens; et cependant, il pourrait très bien exister une peuplade pour laquelle la forme rectangulaire est appelée ronde dans son vocabulaire. Ce ne sont que des jeux de mots, évidemment.

Mais lorsque l'on dit : si un homme a beaucoup de fièvre, il est aussi moins capable de faire des choix... eh bien, cela aussi, c'est faux. L'analyse raisonnable paraît logique et correcte, mais elle est fausse. J'en ai moi-même fait l'expérience: ayant attrapé un fort microbe, je me suis retrouvé la nuit avec une forte température... mais au lieu de me mettre à divaguer, d'un moment à l'autre, je me suis levé, et j'ai pris une douche... dont j'ai régulièrement fait baisser le régulateur de "chaud" à "froid". Ensuite, ayant fait baisser la fièvre, j'ai pu monter en voiture sans trembler et partir en ville pour acheter les antibiotiques prescrits. Plutôt que de me faire perdre mes moyens, la fièvre m'avait rendu "froidement raisonnable" !

De la même façon, il est inutile de chercher à prouver l'existence de Dieu de manière raisonnable. Mais la foi est une folie qui sauve, car elle éveille la pitié, elle suscite la miséricorde, elle permet d'espérer là où il n'y a plus d'espérance, elle suscite une joie au milieu de la détresse, elle nous conduit sûrement vers la vie éternelle.

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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Ven 6 Mai - 11:21

De l'obéissance à la confiance absolue !


Le vendredi de la 6e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 18,9-18.
À Corinthe, une nuit, le Seigneur dit à Paul dans une vision : « Sois sans crainte : parle, ne garde pas le silence. Je suis avec toi, et personne ne s’en prendra à toi pour te maltraiter, car dans cette ville j’ai pour moi un peuple nombreux. »  Paul y séjourna un an et demi et il leur enseignait la parole de Dieu.
Sous le proconsulat de Gallion en Grèce, les Juifs, unanimes, se dressèrent contre Paul et l’amenèrent devant le tribunal,
en disant : « La manière dont cet individu incite les gens à adorer le Dieu unique est contraire à la loi. » Au moment où Paul allait ouvrir la bouche, Gallion déclara aux Juifs : « S’il s’agissait d’un délit ou d’un méfait grave, je recevrais votre plainte à vous, Juifs, comme il se doit.
Mais s’il s’agit de débats sur des mots, sur des noms et sur la Loi qui vous est propre, cela vous regarde. Être juge en ces affaires, moi je m’y refuse. »   Et il les chassa du tribunal. Tous alors se saisirent de Sosthène, chef de synagogue, et se mirent à le frapper devant le tribunal, tandis que Gallion restait complètement indifférent. Paul demeura encore assez longtemps à Corinthe. Puis il fit ses adieux aux frères et s’embarqua pour la Syrie, accompagné de Priscille et d’Aquila. À Cencrées, il s’était fait raser la tête, car le vœu qui le liait avait pris fin.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16,20-23a.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira ; vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie. La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde.
Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera.
En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions.
»

Cy Aelf, Paris



Pour commenter les textes du jour, notre prêtre nous a d'abord dépeint une "relation privilégiée" (pour les juifs avec Dieu) et d'une "relation fusionnelle" (pour les disciples avec Jésus).

L’Évangile emploie en effet l'image de la femme enceinte et de l'enfant à naître pour décrire les relations nouvelles qui s'établissent entre les hommes et Dieu. Jésus ne cache pas à ses disciples qu'après la résurrection, ils connaîtront eux aussi un temps de douleurs et de gémissements, ils seront remplis de crainte, ils verseront des larmes, ils devront réapprendre à faire des choix.

Quant aux juifs, ils avaient, eux aussi, par la voix des prophètes, bénéficié d'une relation toute simple avec Dieu : s'ils obéissaient, tout allait bien; s'ils désobéissaient ils supportaient des châtiments. Ce mode de relation est également révolu, puisqu'ils n'ont pas reconnu le Christ.

Ceci posé, les lectures de ce jour donnent une illustration de ce changement de mode de relation entre les hommes et Dieu.

D'un côté, parvenant à Corinthe, Saint Paul connaît un moment de doute et de découragement. Il avait cru pouvoir facilement convaincre les Grecs, mais ce fut un échec complet. Quelle déconvenue, quelle déception ! Comment donc aborder les Corinthiens ? Mais dans une vision, Jésus répond à ses craintes et lui rend courage. Certes, on n'est plus du tout dans une "relation fusionnelle" : l'apôtre a eu la réponse à son doute, il ne lui reste qu'à suivre, marcher, parler, bref : obéir .

Et, de l'autre côté, on voit les juifs qui, ne sachant plus comment se concilier Dieu, vont s'en remettre aux Romains - ce qui manifeste à quel point ils se sont fourvoyés hors de l'Alliance !... Dans cette épisode, ils finissent par molester Sosthène, le chef de leur propre synagogue, devant Gallion, le proconsul romain - ce qui l'aura surement amusé beaucoup !

Notre prêtre a conclu en nous encourageant à passer, nous aussi, d'une relation enfantine avec le Seigneur, à une foi fondée tant sur une pratique rigoureuse que sur une confiance renouvelée dans l'amour de Jésus - lequel est sans cesse sur notre chemin et nous veille - pourvu que nous demeurions fidèles.




Dernière édition par etienne lorant le Ven 6 Mai - 17:00, édité 1 fois (Raison : Correction)
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MessageSujet: Re: Meditations et Homelies   Sam 7 Mai - 15:48

Dociles à l'oeuvre de l'Esprit en nous


Le samedi de la 6e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 18,23-28.
Après avoir passé quelque temps à Antioche, Paul partit. Il parcourut successivement le pays galate et la Phrygie, en affermissant tous les disciples.
Or, un Juif nommé Apollos, originaire d’Alexandrie, venait d’arriver à Éphèse. C’était un homme éloquent, versé dans les Écritures.
Il avait été instruit du Chemin du Seigneur; dans la ferveur de l’Esprit, il parlait et enseignait avec précision ce qui concerne Jésus, mais, comme baptême, il ne connaissait que celui de Jean.
Il se mit donc à parler avec assurance à la synagogue. Quand Priscille et Aquilas l’entendirent, ils le prirent à part et lui exposèrent avec plus de précision le Chemin de Dieu.
Comme Apollos voulait se rendre en Grèce, les frères l’y encouragèrent, et écrivirent aux disciples de lui faire bon accueil. Quand il fut arrivé, il rendit de grands services à ceux qui étaient devenus croyants par la grâce de Dieu. En effet, avec vigueur il réfutait publiquement les Juifs, en démontrant par les Écritures que le Christ, c’est Jésus.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16,23b-28.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.
Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite. En disant cela, je vous ai parlé en images. L’heure vient où je vous parlerai sans images, et vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père.
Ce jour-là, vous demanderez en mon nom ; or, je ne vous dis pas que moi, je prierai le Père pour vous, car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti. Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. »




Le projet de Dieu s'accomplit quoi qu'il advienne, en empruntant des chemins auxquels les hommes n'auraient jamais pu songer par eux-
mêmes. Durant tout le premier siècle, comme le rapportent les historiens, l’Église n'a pas cessé de se dégager du judaïsme - mais sans pour autant le renier tout entier - ce qui eût été une grave erreur et une grande faute.

Pour s'en convaincre, il suffit de relire ce que Jésus avait déclaré à la Samaritaine : "« Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons, nous, celui que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » "

La leçon que nous livrent les textes d'aujourd'hui, c'est donc qu'il nous faut laisser docilement s'accomplir l’œuvre de Dieu en nous - mais aussi hors de nous-mêmes, en demeurant simples et humblement soumis à l’œuvre de l'Esprit Saint. Après avoir quitté Athènes quelque peu dépité, Paul s'est trouvé, avec les Corinthiens tout un peuple de croyants. Et d'autres apôtres apparaîtront et repartiront, non pas selon un plan humain, selon une stratégie raisonnée, mais en se laissant entraîner par l'action de l'Esprit saint.

C'est aussi ce qui nous est demandé, à chacun d'entre nous - et c'est, encore, ce qui suscite notre joie !

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